Vendredi 26 février, la rousse chanteuse de Gospel Norvègienne Kristin se produisait à la Salle Du Cercle de Bischheim avec son groupe.

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Kristin Asbjornsen est née en Norvège, fille de pasteur coutumière des chants choraux, elle se passionne pour les Gospels Afro-Américains qu’elle tient de la chanteuse afro-américaine Ruth Cleese dont elle fut la dernière élève.

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En 1990, elle découvre la musique Africaine de la griote malienne Kandja Kouyaté, et voyage au Mali, où elle mâtine ses Gospels (déjà la forme musicale afro-américaine la plus proche des racines Africaines) d’influences plus ethniques et Africaines, tribales.

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Elle passe à l’école de Jazz de Trondheim, débute sur scène dans les groupes pop Dadafon (pop et balafon) et Kroyt.

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Avec Dadafon, elle a participé à la BO du film Factotum d’après Charles Bukowski.

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Ses versions personnelles de ces Gospels devenus pour elle des mantras constituent le répertoire de son premier album « Wayfaring Stranger , A Spiritual Songbook», double disque d’or en 2006 (50 000 exemplaires vendus).

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Elle a enfin sorti en 2009 « The Night Shines Like The Day », un nouvel album de compositions personnelles accompagnées par des cordes (guitares, violoncelles et ngoni et percussions). Elle a gagné le Babel Med Mondomix en 2009.

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Physiquement, sous sa chevelure rousse et bouclée, le visage de Kristin Asbjornsen a quelque chose de léonin et Nordique à la fois dans ses yeux verts. Elle danse sur scène de manière très Africaine et libre, vêtue d’une robe noire constellée d’éclats de verre, avec des bracelets de clochettes résonnant à ses pieds.

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Son groupe est composé de cordes : tous jouent de la guitare, doublant tour à tour au n’goni (son instrument africain préféré), lapsteel (guitare jouée à plat, assis, sur les genoux en utilisant des slide pour faire des glissandos sur les cordes) ou de la contrebasse et chantent les chœurs gospels avec des arrangements très folk 70ies, sauf le batteur qui tape, en plus de sa batterie, sur des bouts et caisses de bois et divers petits objets, mais trouve parfois une modernité drum’n’bass. Minimalistes mais efficaces.

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D’une voix rappelant par sa ferveur celle de la chanteuse de Blues blanche Janis Joplin dans son Gospel profane Mercedes Benz, la chanteuse alterna Gospels comme Ride up The Chariot, qu’elle présente comme des Travelling Songs : chansons de voyage, de travail, de marche et de fuite vers le Nord de la ligne Mason Dixon pour les esclaves noirs s’identifiant au peuple juif esclave en Egypte, ou espérant le repos éternel après une vie de labeur dans la mort, et ses chansons personnelles issus du dernier album, chants profanes plus sentimentaux et intimes sur ses propres émotions affectives et sentiments sur des arrangements plus modernes, des tempos plutôt lents, mais ceux qui le semblaient un peu trop au disque prenaient en Live une force plus prenante, parfois groovy ou même afro-groove comme « Snowflake ».

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Grâce à elle, les Gospels sont un peu moins orphelins de l’Afrique, et la Norvège n’en est pas si loin...

Jean Daniel BURKHARDT