SOKO STEIDLE et LOUIS SCLAVIS à Pôle Sud pour JAZZDOR
Par Jean Daniel BURKHARDT le jeudi 20 novembre 2008, 18:03 - JAZZ - Lien permanent
Autre plateau franco-allemand, ce dimanche 9 novembre à Pôle Sud : le groupe Soko Steidle avec Rudi Mahall (clarinette basse) et Oliver Steidle (batterie), deux des trois « Der Rote Bereich » bien connu au festival, le bassiste Jan Roder de « Die Entaüschlung » (trio avec Mahall) et Heinrik Walsdorff au saxophone alto, puis le projet « L’imparfait des Langues », dernier en date de Louis Sclavis avec Maxime Delpierre à la guitare.

Après l’avoir vu avec Der Rote Bereich, Aki Takase (dans un projet Fats Waller) et Louis Sclavis, j’avoue n’avoir jamais apprécié à ce point Rudi Mahall. J’ai trouvé en outre le batteur Oliver Steidle d’une liberté rythmique hallucinante, capable de tenir le tempo, d’expérimentations modernes à la manière de Jim Black et d’échappées libres. Le bassiste était lui aussi libre et au taquet, quant à Heinrik Walsdorff, il assurait une seconde voix empêchant Mahall de jouer droit ou le soutenant avec à-propos.

Si j’avoue n’avoir pas toujours tout compris (mais la musique est-elle là pour être comprise ou ressentie?) et n’ai pu accrocher au vol toutes les pistes volatiles lancées en bouts de standards, j’ai apprécié cette sorte de Hard Bop très libéré, dont l’énergie et la situation dans notre époque m’a inspiré cette comparaison : leur enthousiasme débridé m’a fait penser à celui des « Chicagoans » blancs de Chicago (Milton Mezz Mezzrow, Muggsy Spanier, Gene Krupa, voire Bix Beiderbecke, puis Benny Goodman à ses débuts de «tourelle»). Ces jeunes blancs-becs fous de Jazz authentique New Orleans en voulaient avant et contre tout le monde, quand personne n’en avait cure ni ne le considérait comme de l’art, et Gene Krupa fut un jour traité ce «cannibale » par une bourgeoise choquée de tant d’ardeur à la batterie. D’autres jeunots européens nourrissaient la même passion à Paris ou Berlin dans les cabarets en jouant « L’Opéra de Quat’Sous » de Brecht et Weill. La passion et la vitalité, l’énergie leur tenait lieu de talent au départ, et ils y croyaient si fort qu’à force de jouer nuit et jour ils apprenaient sur le tas, ou jamais, inventant comme Pee Wee Russell le free sans le savoir en jouant très imbibé d’éternels Blues éculés d’avant-guerre, puis parfois Monk in extremis après-guerre…

Rudi Mahall et ses collègues partagent cette passion exclusive, cette fièvre aujourd’hui, presqu’un siècle après, où personne ne veut PLUS du Jazz, ou pour tout lui prendre sans jamais rien lui rendre. Evidemment ils y sont revenus par des moyens très détournés : le free, l’harmolodie d’Ornette Coleman, le Rock pas forcément Jazz, le punk ou la scène underground Berlinoise, mais l’aventure est belle et vous emporte malgré vous, vous charrie en canyoning sur leurs solos torrentiels, et finalement seule compte l’énergie déployée, partagée, brûlée par les deux bouts.

Arrivons à un autre enfant terrible, d’expérience(s), celui-ci, le clarinettiste Louis Sclavis. Né en 1953, il abandonne Lycée et Conservatoire en 1970-71 pour sa vivre sa passion du Jazz impovisé, joue pour le théâtre en live, puis entre au Workshop de Lyon et au Marvellous Band aux tuyaux divers, rencontre les pionniers historiques du Free français Bernard Lubat ou Michel Portal.

En 1985, il enregistre « Clarinettes », composé et joué seul en live, tout un univers interprété par ses seules clarinettes en re-recording. Le répertoire, il s’y colle, à la tête d’un « sextette de chambre» pour s’en détacher, comme Ellington ou dans « Le diable et son train » recherche les « Violences De Rameau », respectant le menuet quelques secondes pour ensuite partir dans une course folle sur un rythme ska.

En 1995, on le retrouve en Afrique avec Henri Texier et Aldo Romano, autres vétérans du free. Au tournant du siècle, pour changer de millénaire, il recrute des musiciens plus jeunes que lui comme le violoncelliste Vincent Courtois pour « L’Affrontement des prétendants » et le trompettiste, cornettiste de poche et vocaliste fou Médéric Collignon pour « Napoli’s Wall», chantant la sérénade sicilienne modifiée par porte-voix dans « Divinazione Moderna » et dans le "Big Napoli", engage même des slammeurset rappeurs.

Mais Sclavis aime aussi à brouiller les pistes. Après ce bain de jouvence, il reprend ses souvenirs d’Afrique avec « African Flashback », puis recrute le jeune guitariste Maxime Delpierre du groupe « Limousine » sur le label Chief Inspector pour « L’Imparfait des Langues» en 2007, au son très Jazz-Rock contemporain, dont il a déjà changé le personnel de moitié, le clavier parti, Matthieu Metzger au saxophone ayant pris la place de Marc Baron, Olivier Lété arrivé à la basse, Maxime Delpierre resté à la guitare et François Merville, son vieux complice de « Ceux qui veillent la nuit » (1996) toujours à la batterie.


Sclavis est toujours entre deux trains, deux avions, deux concerts. Dans sa carrière aussi il est toujours, comme ici, entre deux disques, deux groupes, deux projets. « L’Imparfait des Langues», après un an et déjà un concert dans la région au grand complet, il le conjugue déjà, justement, au passé, dépassé, forcément « imparfait » car étape d’un «work in progress » permanent où le voyage importe plus que les stations, juste des balises pour marquer l’instant, graver un signe. Comme pour Steve Coleman outre-atlantique, la commercialisation des disques par les labels sera toujours trop lente pour lui. Il enregistre un disque, joue son programme en concert quelques mois et on l’imagine déjà s’échappant vers de nouvelles aventures.


La grand don de Louis Sclavis, son talent, c’est cette curiosité envers l’autre, cette adaptation de son jeu au jeu Rock de Delpierre qui lui permet d’être par moments AUSSI LUI-MÊME qu’avec ses potes de « Limousine » avec qui il jamme depuis des années tout en pouvant dire qu’il a « joué avec Sclavis », ce qui finit par faire quelque chose, même si lui-même n’en a cure. Et à la fois Sclavis, s’il apprend de ses jeunes acolytes, reste lui-même, dans ses titres les plus composés. On y retrouve la beauté des mélodies naissant parfois du chaos de l’improvisation, son Free Balkanique à l'énergie Rock sorti de son Folklore Imaginaire, ce côté Dolphy dans le cri "Out To Lunch" (disque qu'il considère comme un disque Rock par son beat).

Mais par humilité ou dégoût de s’installer, Sclavis a toujours refusé d’être érigé en statue, de s'endormir sur ses lauriers pourtant bien mérités, a toujours préféré fuir, être en marche, et lorgne déjà sur son prochain groupe, son prochain disque, et en a joué déjà quelques titres : « Lost On The Way » (ça ne s'invente pas et ça promet!), pour nous y perdre et avoir la joie de nous retrouver ensuite dans l’éternel « Imparfait des Langues ».
Jean Daniel BURKHARDT
Commentaires
bonjour Jean Daniel,
di-alecte comprends pas pourquoi et alecte alors ques que ca veut dire et qu'est ce qu'il fait sans di, je ne comprens rien... l'imparfait des langues je rechercherai plus la perfection dans l'émotion.... en musique de facon personnelle c'est que bien évidemment c'est ce que je préfère c'est lorsqu'elle me touche, mais j'ai bien été touchée par cette musique et cela m'a plus que surprise même si l'imperfection n'est pas toujours facile a digérer il y a des éclaircies sporadiques qui raccrochent.... la musique de Louis Sclavis demande à être réecouter , elle n'est pas d'un accès très facile mais à la réecoute elle peut devenir agréable, je préfère ici le disque au live, pour le temps d'analyser l'information dense qui a tendance un peu à m'agresser en temps réel et je ne parle pas de la prise de tête éventuelle que peut poser l'adjonction des mots dans la musique, a ce niveau son cas est grave!!!!!
Mais... aussi... j'ai eu le grand plaisir de pouvoir assiter à quelques prestations magistrales d'un grand maestro de la clarinette, redoutable.... dans la nuit, si je me rappelle, le film quelques part c'est de la pure magie ce mix génial entre la musique et l'image et aussi sa réelle ouverture à l'autre et a la voix lorque dans divinazzionne morderna elle sublime tout l'instant musical dans un moment d' émotion intense qui scotche sur son siège et vous ne fait pâs regretter votre place....Louis Sclavis, l'ouverture,le partage, l'humanité humble à découvrir sans tarder....comprendre, je ne sais pas aussi s'il faut même essayer de comprendre quelquechose.....j'en suis toujours au j'aime ou j'aime pas, je sens ca comme ca, sa production est monstrueuse il ya de quoi écouter mais ou est le temps d'écouter?
comme ca en passant, jean Daniel cet article n'est pas comme les autres dans le style bio pas mal mais dites moi en un peu plus svp
bien à vous Lili
Bonjour Lili
Le Dialecte, on connaît en Alsace, cet alsacien, proche de l'allemand, que je ne pratique pas. Ma culture Jazz, Rock, Funk, mon amour pour Kerouac et Bob Dylan, m'ont fait davantage pratiquer l'anglais, dont j'aime la beauté rythmique et la liberté d'ordre des mots dans la phrase, plus efficace parfois que le français
Ma théorie du dialecte trouverait son origine dans ce que fait dire Alain Gerber à Lester Young, premier saxophoniste individualiste non-Hawkinsien (pour moi sans lui ni Bird ni le Bop n'auraient pu advenir): "Les autres, ils sont tous les mêmes" ("Charlie").
D'où l'idée pour moi d'un courant commun, d'un langage musical mainstream, commercial, collectif, fait de suiveurs à la queue leu leu pour des raisons commerciales, de paresse artistique, ou par goût, opar influence, que j'appelle le lieu commun: la Langue: compréhesible par tous et entre eux, car fondée sur des conventions qu'ils ne bousculent pas.
Les francs tireurs (Lester, Portal, Sclavis) ne peuvent /ne veulent pas se CONTENTER de suivre, s'ennuient à rejouerles mêmes standards tous les soirs.
D'où la création d'une liberté, d'une langue, d'une voix/voie PROPRE ("Clarinettes, mais c'était déjà un dialogue ou tri/multilogue avec ses clarinetteS dans la création d'un univers très riche à lui tout seul) et n'appartenant qu'à eux seuls, qui s'érige en dialecte, quand ils finissent par faire école, être suivis à leur tour, ralliés par d'autres individualistes ou suiveurs passionnés.
Enfin, l'acte de générosité ultime, où cette posture frondeuse (jouer Baroque, puis le faire détruire en rock/Ska/free dans "Le Diable et son train" des " Violences de Rameau") qu'on pourait juger, à la base, égoïste, élitiste, juste refus de la convention et du courant principal, est ce pARTAGE avec d'autres univers ou le Dialecte personnel se fait DU-ALECTE, DIA-LOGUE de deux dialectes, langage partagé, échange, à deux ou plus, trangénérationnel, dépassant ou alliant les références, Jazz, Rock ou Trad, les clivages dans l'ACTE musical.
Le courage e Sclavis c'est de prendre des musiciens très jeunes, comme Delpierre, qui n'est pas de sa "famille" musicale Free (comme Portal, Texier, voire Lubat),mais venu au Jazz par le Rock, et non l'inverse comme dans les années 70s avec le Jazz-Rock, Rock-Jazz, si l'on veut.
Depuis 2000 et "Naploi's Wall", Scavis s'est frotté à l'actualité, à l'évolution musicale, avec Médéric Collignon, un côté légèrement électo dans la guitare d'Hasse Poulsen, puis des rappeurs dans le "Big Napoli".
Et avec L'imparfait des langues"( imparfaites pour ne pas rester dans le passé, mais dans une perfectibilité constante qui avance, en création permante), il a osé faire un disque Rock-Jazz..
La générosité d Sclavis, c'est de laisser Delpierre aussi libre qu'avec ses potes contemporains de "Limousine" (super groupe, à écouter!)
Bref, Sclavis ne s'encroûte pas car il joue avec des jeunes, accepte d'apprendre de leur jeu autant queux de lui, alors qu'il pourrait, avec sa carrière, se reposer sur ses lauriers, s'ériger en piédestal, en monument, en école, en marche à suivre. Mais il préfère avancer à s'enfermer.
Jean Daniel
Concernant la taille plus courte de cet article, j'essaie quand le concert n'est pas une progression musicale constante (ce qu'ils ont presque toujours, c'est bien là le problème), de synthétiser/thématiser un discours plus général et personnel que seulement narratif, pour faire plus court, aussi.
Mais j'ai alors l'impression de ne pas rendre justice à l'exhaustivité du concert, de la prestation, d'avoir noirci mes feuillets pendant la prestation en vain (parfois 50/70 pages de carnets improvisées sur le vif, répondant aux musiciens avec mes mots, mes émotions, mes références, les images qu'ils m'inspirent).
Il est plus simple quoique plus long de tout taper et mettre en ligne et cela donne un sentiment de puissance qui ne dépasse pas la mise en ligne...
Donc je suis toujours écartelé entre la narration/description sur le vif et les idées personelles. La synthèse est un sacrifice pour moi, comme si je m'arahais un bras avec chaque mot. Pourquoi retenir ce passage plutôt que celui-ci?
Dans ce tout ou rien, je suis mauvais juge, alors je préfère souvent livrer en vrac mes impressions au fur et à mesure, en espèrant que les lecteurs trouveront dans cette auberge espagnole ce qu'ils sont venus chercher,à boire et à manger, de quoi rire, être ému ou réfléchir...
La seule solution pour synthétiser/faire court est de ne pas utiser mes notes DU TOUT, me fier à mon souvenir.
Quel plan adopter alors? Par musicien? Par émoion si elles se épètent, mais ce n'est jamais pareil... Un concert pour moi c'est comme un livre, un film, une histoire avec début, milieu et fin, et c'est SA logique, qui est le mieux décrite par voie narrative/ descriptive.
Pour cet article précis, je pense avoir fait un mix sans y regarder entre l'hommage écrit pendant le concert à Sclavis pour toute sa carrière dont je vous avais envoyé un résumé de mémoire le soir-même et ce que j'ai écrit pendant le concert, parallèlement et en même temps, recopiant/reprenant des phrases, arguments, idées et images dans les deux comme me battant sur deux fronts ou comme on se noie dans non pas un mais DEUX fleuves ou flaques d'eau.
Je trouve le résultat, vu tout cela, réussi par son côté hybide et avoir quand même retrouvé une unité formelle, qui n'est PAS celle du seul concert.
Jean Daniel
Bonjour J.D.
merci J.D. pour cette réponse j'aime toujours autant votre métatexte autobiographique...
la polysémie propre au mots créatrice d'isotopies utopiques puisque jamais personne ne pourra nous dire ce que l'autre a dans la tête lorsqu'il écrit, inscrit ce simple syntagme de façon innocente ?
Quel rapport peu bien entretenir un mot avec de la musique? le mot, le titre est aussi important que l'oeuvre? l'oeuvre serait elle la même sans le titre?
that is the questions......
C'est intéressant ce que vous dites, lili,
La différence pour moi entre la musique et les mots, étant un litéraire déçu de ce que la littérature ne change pas le monde et la vie en les rendant plus beaux, en les décrivant, poétisant, narrant même.
La musique,au moins, n'impose pas de SENS prétabli, sans aller jusqu'aux numéros improvisés de Derek Bailey. Baptiste Trotignon, par exemple, déteste l'idée d'aiguiller le public vers une émotion ou une autre par le titre de ses copositions...
En ce qui me concerne, j'aime l'abstraction musicale en ce qu'elle me permet d'écrire en m'inspirant des imges/métaphores/références qui me TRAVERSENT en l'entendant, j'aime à n'être que le scribe, le tuchement de ces émotions qui sont celles de artistes et deviennent miennes tout de même.
Pour la première fois, je m'oublie et à la fois pour la première c'est MOI qui suis ému, MOI QUI ECRIS, pas juste une génuflexion dévote devant Baudelaire ou un autre, enfin j'existe.
D'un autre côté l'aspect purement jounalistique, publicitaire, factuel des choses ne m'intéresse pas. Je continue d'utiliser des moyens littéraires: narratifs et descriptifs, parfois des idées, des références ou une prose poétique que j'essaie de rendre universelle pour me faire comprendre et traduire ces paysages intérieurs que la musique m'évoque et m'inspire.
ça peut paraître une forme de vampirisme ne s'avouant pas comme tel, mais je pense aussi RENDRE à l'ART par ma vision, les émotions qu'il m'a données et le servir en les partageant avec d'autres...
Reste en effet qu'entre les mots et la musique il y a pafois ce hiatus de ne SAVOIR, de ne POUVOIR écrire ou décrire ou de ne parler que de soi, fantasmatiquement, de rechercher comme notre prpopre Hamlet au théâtre notre propre concert idéal, film idéal, livre idéal...
La différence entre moi et vous, lili, est que vous connaissez la musique par ses ficelles, sa techniqe, ses portées, comment ça marche, fonctionne, entre composition et improvisation.
POur moi j'ai appris les ficelles de la lIttérature mais y ai perdu le mystère, la passion, l'envie, de connaître les rouages...
Moi c'est peut-être PARCE QUE je ne suis qu'un amateur passionné et cultivé de références qui forcément orient mon audition pour placer ce que j'entends dans des "cases", réductrices mais qui sont souvent la seule chose à quoi je puisse me raccrocher pour m'exprimer et qui soit justement autre chose de plus universel que mes délires personnels.
C'est en ceci que nos conversations se complètent comme aucune autre.
Jean Daniel
Je suis tout à fait désolée que vous soyez un litteraire déçu mais a suivre ce raisonnement logiquement rien n'est susceptible de le changer (le monde...), ce n'est sans doute pas le but mais, tous ces arts ont pour objectif de nous plonger dans un univers musical, pictural, poétique qui fait appel a l'imagination qui n'est sans doute faite que de nos références et de notre vécu, des mondes connus ou inconnus dans lesquels nous projette un simple mot, un titre ou éventuellement devant un écran totalement vide pour cause d'imagination tarie ou de manque de culture , de références..et alors place au ressenti et fi du titre qu'est ce que cela change au final?
Le titre ouvre l'écoute entretient un lien avec l'oeuvre, maintenant ils peuvent etre aléatoires et n'avoir qu'un rapport abstrait ou nul avec ce que l'on peut entendre tout cela dépend de l'artiste... ils ont tous surement un rapport proprement subjectif au titre....et pour certain comme Baptiste c'est une épreuve qu'il ne veut pas connaître ou dont il ne voit pas l'utilité, moi cela m'intéresse pas mal tout ça mais ce sont seuls les artistes qui pourraient en parler..
bien a vous J.D. vous êtes une source intarissable
Je viens d'écouter de charybde en scylla, j'aime beaucoup le clip sous l'agréable batterie et particulièment certaines images, les rythmes se regardent , un souffle
de freeenjazzéifié sonne (new) , superbe bonne replique musicale des bruits a tisser, plus moderne, contemporaine, je vais trouver la voie de l'achat ...
Lili
C'est vrai que la batterie est intéressante dans " De Charybde En Scylla": nous parlons du clip visible gratuitement sur le MySpace de ous Sclavis et "LOst On The Way ( " http://www.myspace.com/louissclavis), à la fois drum'n'bass et ethnique, naturelle dans sa frappe et imperturbable,à la fois précise et librement hasardeuse. François Merville travaille avec Sclavis au moins depuis "Ceux Qui Veillent La Nuit",
Les images aussi de l'écume des vagues sous la vitesse des brisants comme vue de la cale d'un bateu, en voyage, en traversée. Cette pulsation Jazz-Rock nquiétante, précise et sinueuse de la guitare de Delpierre soutenant librement de ses accords les serpentements de la clarinette qui y trouve une ferveur à la fois naturelle et d'une intensité trad, balkanique ou rock.
A 2 minutes 40, également, on voit de belles toiles anciennes (romaines?), de ces Charybde et Scylla mythologiques qui menaçaient le retour d'Uliysse dans l'Odyssée: au large de la Sicile dans le détroit de Messine, si les marins échappaient au récif Charybde (monstre femelle née de la Terre et de Poséidon, châtiée et engloutie sous les eaux par Zeus pour avoir mangé trop d'animaux), les vagues les rejetaient vers ceux de Scylla (née du dieu marin Phorcys et que la magicienne Circé, qui enchanta Ulysse, avait affblée par jalousie d'une ceinture de chiens féroces). Héraklès finit par affronter et tuer les deux créatures, mais eles cotinuent de tourmenter les marins. D'où l'expression "aller de Charybde enScyla , de mal en pis.
A 3:17, on aperçoit dans un joli flou artistique en fondu enchaîné entre les vues réelles des vagues et les vieilles gravures, les deux femmes semblant implorer Ulysse, à moins que ce ne soient des sirènes (il semble attaché au mât pour ne pas aller en suivant leurs chants vers les récifs), ceci sur les lignes de basse en gouvenail, la guitare tanguante et la batterie battant les flancs du navire, la clarinette creuse le sillon de son échappée dans l'écume, à la fois linéaire et serpentant telle l'hydre de Lerne ou du Loch Nes, rejoint par le soprano de Matthieu Metzger, avant le retour du thème collectif balkanique et oiseleur agile par les deux souffleurs.
C'est vrai que c'est intéressant. ce rapoport entre les mots, les images modernes ou ancestrales, les légendes et ce qu'on imagine à l'écoute de la musique.
Dans Napoli's Wall" aussi, l'idée de départ étaient les lithographies Napolitaines d'Ernest Pignon-Ernest sur les murs de Naples.
Jean Daniel