STEPPAH HUNTAH INVITE MARYA VALETTA A LA GROTTE POUR LA SORTIE DE SON ALBUM
Par Jean Daniel BURKHARDT le mercredi 16 avril 2008, 14:23 - ELECTRO - Lien permanent

Marya Valetta est une chanteuse Jazz/Soul Slovaque originaire de Bratislava qui vit à Strasbourg. Sur son lien « My Space » , on peut entendre sa voix sur des ambiances Groove/Jazz-Rock avec une touche de rythmes Brésiliens qui fait penser à «Return To Forever», groupe de Chick Coréa (claviers), Airto Moreira (percussions) et Flora Purim (chant) en 1972.


Depuis son arrivée à Strasbourg, elle a collaboré, dans un contexte « nu-jazz », au second album du groupe « Nu Tropic » et à la compilation «Tokyo House Lovers ». Sa rencontre avec le groupe Steppah Huntah (dans sa forme électro : la russe Olass T, qui fait des mouvements de Qi Gong traditionnels puis danse avant le concert aux claviers, le bassiste Steven J ici aux breaks laptop d’un Mac et effets, et Fabrice Lauer au saxophone soprano, flûte et effets sampler), dont les compos dépassent déjà Strasbourg en étant jouées par Gilles Peterson, lui a permis de se concentrer sur un projet d’album présenté en exclusivité pour la première fois sur scène à La Grotte le 11 avril dernier.

Comme le « My Space », le concert commence par la superbe ballade « Jessica », succès Jazz/Soul Funky de Roy Porter de 1974 sur lequel je dansais au Café Des Anges sans savoir qu’il était déjà le batteur que j’écoutais dans la séance d’ « Ornithology » et ce bouleversant "Lover Man" de Charlie Parker à Los Angeles en 1947, avant que le DJ résident El Gilson ne me le fasse remarquer… Ici, beats, fender rhodes et flûte entourent la voix de Marya d’un son complet illuminé de violons, avant le solo de fender rhodes réverbéré d’échos puis celui de la flûte avec effets et un second chorus scat/groove de la chanteuse dans la forêt groove urbaine où crient de loin de leur canopée les oiseaux du Brésil.

La seconde reprise est plus surprenante encore, car absente du My Space, «Speak Low » de Kurt Weill, la seule chanson latino enregistrée par Billie Holiday avec quelques percussions, reprise ici en New Brazil très rapide, carrément groove et festif, dépassant complètement le tragique de l’original (qui était dans le style final de Billie mais que la chanson ne justifiait pas forcément). Marya chante avec la classe d’une Shirley Bassey dans le générique de «Goldfinger» (James Bond avec Sean Connery), les beats brasil accompagnent le solo de fender rhodes, avant un solo de saxophone soprano Jazz-Rock entre Michael Brecker et Wayne Shorter sur les rythmes samba des claviers, une basse groove et des percus Brazil. Le scat, après la strophe « grande chanteuse» Jazz/Soul confirmée, est presque enfantin d’aisance et de folie, et la distance entre ces deux tendances montre la palette de Marya entre le sérieux de l’émotion lyrique et la folie de l’enfance retrouvée du scat.

Fabrice Lauer présente le groupe et le répertoire, composé de reprises et de compositions de Marya et Steppah. Suit une batucada folle dépassant l’humainement possible des percussions, introduisant un « Milestones » de Miles Davis repris en «vocalese» (improvisation de paroles sur la mélodie d’un instrumental Jazz inauguré par King Pleasure sur « Parker’s Mood », puis Eddie Jefferson et Dave Lambert, John Hendricks & Annie Ross, et les Double Six en France) sur un texte de Mark Murphy, autre spécialiste du genre, puis en scat, avant un solo d’Olass T au piano sans effet aucun, ce qui est rare. Leur version dépasse complètement la structure des versions fugue/chase de la trompette de Miles courant après le saxophone de John Coltrane à la période Hard-Bop du premier quintette du trompettiste dans les années 50s.

Suit «Little Sun Flower », de Léon Thomas, chanteur scat et vocalese dans l’aïgu qui illumina "The Creator Has A Master PLan" sur le disque "Karma" du saxophoniste Pharoah Sanders et dédicaça ce « petit tournesol » aux enfants d’Afrique, du Soleil et de la Lune, si j’en crois l’introduction parlée, après les percussions en clave cubaines programmées, et saxophone en écho. Puis le chant se développe sur une rythmique soudain Brazil sous des tempêtes de percussions à graines, s’envolant sur la base de la clave et mêlant ces deux continents musicaux essentiels rarement réunis. Un solo de claviers très smooth égrène les pétales comme le soleil ses heures sur ses fleurs : graines poussées en Afrique que le vent de l’histoire et le destin malheureux des peuples souffla pour qu’elles germent dans les Caraïbes à Cuba et au Brésil. Suit un solo de flûte oriental/afro ethnique sur la clave, puis soudain crié dans les aïgus à la Hermèto Paschoal, sorcier fou Brésilien barbu. Un scat cool étire la mélodie sur la batucada pour les pères, les mères et jusqu’à la mer de la «Little Sun Flower», se faisant New Brazil par ses danses vocales rapides à la manière inaugurée par les groupes «Brazil 66 » et « Brazil 77» du claviériste Brésilien Sergio Mendes dans le rapport pop et jazz-rock entre les voix et les rythmes, qu'on retrouve également chez Marcos Valle en 1968 dans sa version à couper le souffle de "Crickets Sing Ana Maria". Le clavier groovy, de samba part soudain à son tour en salsa, le saxo se mêlant à la transe comme une autre voix citant dans son solo deux mesures d’ «A Tisket-A Tasket » (premier succès adolescent d’Ella Fitzgerald chez Chick Webb dans les années 40s). Dans ce contexte, Marya Valetta se révèle une vraie petite libellule annonçant le printemps, nous envoyant ses bonnes vibrations en brassées de fleurs pour conjurer la pluie du dehors, avec la participation du public qui frappe des mains au rythme de la clave Cubaine.

Mais Marya Valetta est aussi compositrice de ses propres chansons comme « Without Your Love », aux percussions plus électro dans leurs beats, sur une basse disco et un clavier adoucissant/liant l’ensemble avant son solo très rapide qui soudain part en salsa sur les beats. Puis Marya part dans un scat, trouvant des violences nordiques dans les aigues à la Björk.

Suit une compo de Steppah Huntah dont Marya a écrit les paroles, introduite au saxophone sur des beats aquatiques au feeling playa Brazil 77 léger mais complexe où se ballade la voix de Marya me rappelle l’interprète inconnue d’un titre d’une compilation « Jazztrospection 2» que m’avait faite le DJ Funk Brazil local Tal Stef chantant «I’ll see later on for sure» à la manière exotique d’Anita O’ Day sur «An occasionnal Man» sur le vibraphone de Cal Tjader.La chanson semble parler en effet de marcher sur la plage en bord de mer. Le saxophone imite une cuica pendant son solo sur un rythme samba groove, invitant le public à de grands signes de sémaphores marins avec leurs bras de gauche à droite pendant le solo de piano un peu à la Antonio Carlos Jobim par son minimalisme mais poussant quand même au fond de chaque touche à la Keith Jarrett (une des influences d’Olass T) avant le final du soprano.

Les origines slovaques de Marya Valetta sont le prétexte de «Slovaquian Beans» (haricots slovaques), mais là encore cuisinés à la sauce rythmique syncopée clave/batucada groovant sur des beats un peu plus industriels. Marya s’y fait petite fée slovaque nous entraîne à cheval sur les étincelles de son scat dans les forêts et les montagnes de Slovaquie, aux trousses d’un solo de saxophone soprano balkanique à la Julien Lourau dans le quartet de Bojan Z, puis tournoyant comme Alex, fourmi aux yeux verts dansant en ouragan des soirées funk « Cosession» et «Faces».

Suit une autre composition de Mark Murphy, «Why And How», qu’on retrouvera sur le My Space, au début plus lourd et syncopé, avec des cuivres aux riffs funky en fond dont émergent un fender rhodes cristallin et la voix, puis un solo de saxophone cette fois plutôt Jazz classique soutenu par le clavier et des beats samba, auquel se mêle le scat.

Marya a écrit les paroles de la composition suivante de Steppah Huntah, plus électro-Jazz, très soul et rythmée brazil, où sa voix vole joliment sur une mélodie à la Jamiroquai.
Pour le Bis, «On vous a quand même préparé quelque chose» dit Olass T : « Julia», un dernier titre electro Jazz entremêlé avec une voix soul acidulée du genre de celles qui illuminent les premiers albums de « Massive Attack ».

Après cette prometteuse première, souhaitons bonne chance à Marya pour son album et bonne continuation à Steppah Huntah, et pour nous le plaisir de les revoir bientôt sur nos scènes…
Jean Daniel BURKHARDT
Commentaires
Bonjour !
je commence à lire ton nouveau billet et je vais terminer, mais d'abord il faudrait que tu actives tes liens dans tes billets ; ainsi, par exemple, le lecteur pourrait aller direct sur MySpace, par exemple. Vois les conseils du modérateur sur ce billet : http://moderateur.blog.regionsjob.c...
bon je continue ma lecture !
Merci Carole,
J'ignorais que c'était à faire, pensant que mettre l'adresse suffisant, puisqu'elle se colorait.
Jean Daniel
Merci Carole
de m'avoir fait remarquer que l'on pouvait actualiser, et comment je pouvais donc renvoyer concrètement aux musiques/ artistes/ chansons dont je parle.
Jean Daniel
merci pour ce bel article !
que du positif dans cet article ! et avec des références qui révèlent un connaisseur... je suis touchée. MERCI.
Marya Valetta
Bonsoir Marya,
Je viens de rentrer de la Jam l'Artichaut, où s'accordait une "Lu la la la la oooh"-by in Birdland avant que je ne voie briller vos lunettes, entende votre rire, puis votre folie vocale dès les vocalises qui s'accordent avec Gregory Ott: Marya Valetta avec son T-shirt de langue/fleur de Léon Thomas(cf la photo que j'ai mise sur mon blog).
Je voulais juste vous remercier avant de me coucher pour en rêver encore, de cette version sublime de "Desafinado/
Slightly Out Of Tune", la version la plus personnelle, la plus solaire que j'aie jamais entendue, car dépassant le texte pleurnichard de l'incompris Antonio Carlos Jobim contre les détracteurs de la guitare bègue et du chant susurré de João Gilberto et de la Bossa pas très Samba, trop Nova: "Tu ne m'aimes pas mais je t'aime tant, Amour et Musique, snif snif bouhouou".
Votre texte parle d'un autre soleil, différent, qui a dépassé la nostalgie comme un nouveau jour se levant sur la mer avec un claquement de langue au cheval des vagues.
Je ne vous avais jamais vue dans un contexte aussi "Jazz classique", mais je suppose que vous avez commencé ainsi avant de chanter avec Tokyo House Lovers et Steppah Huntah.
Mais je ne vous avais jamais entendue dans ce contexte, qui est je pense plus difficile que l'électro car plus musical.
Finalement c'était Grégory Ott qui assumait le rôle de Jobim pianiste minimaliste, "maestro de uno dedo so" pour sa "Samba de uma nota so",comme dans sa version de "Triste/Sad" de "Terra Brasilis" sur ces cordes doucement rythmiques, puis lui faisait passer le bras de mer vers Cuba et sa Salsa, conciliant ces deux caraïbes qui se sont rarement rencontrées, les marriant: le Brésil et Cuba.
Merci pour la version la moins "Désafinadée", la plus "slight in the tune" de ce thème que j'aie jamais entendue. Le texte était-il de vous ou d'un de vos chers chanteurs de vocalese: Léon Thomas, Eddie Jefferson, John Hendricks ou Mark Murphy, que Kurt Elling, hélas plus connu, n'a égalé que jusqu'à "Tanya Jean"?
Ce sont ces moments de surprise miraculeuses qui font la magie du Jazz, le fait de redécouvrir une chanson dans une version différente, métamorphosée par le talent de l'interprète, vocalesée pour créer un autre texte, raconter une nouvelle histoire sur l'air de l'ancienne. Merci de m'avoir une fois de plus étonné, fait presque peur, puis ému, avec votre voix de fleur solaire purrimienne. Merci de nous avoir fait voir un autre soleil de cette chanson. Vous êtes aussi une grande chanteuse de Jazz, post-standard capable de renouveler un standard.
Vous étiez déjà partie très vite et je ne vous ai plus retrouvée, donc je vous l'écris sur votre space, et l'ajouterai en commentaire de mon article sur mon blog.
Je suis rentré en écoutant Elis Regina & Tom Jobim dans "So Tinha De Ser Com Voce" et "Brigas Nunca Mas", si modernes rythmiquement dans leurs syncopes que pour les remixer, la New Brazil n'eut qu'à partir des dernières notes et les repasser en boucle pour faire danser à l'infini des nuits le caveau du Café Des Anges dans les années 90s-2003...
Jean Daniel BURKHARDT
réponse de Marya Valetta sur My Space
merci beaucoup, ça m'encourage beaucoup...
cette version de desafinado plus swing, je la dois à ella fitzgerald... les paroles d'hier aussi, c'est ella qui les a déjà chantées. mais après, j'essaie toujours d'être personnelle en chantant, je ne veux copier personne...
eh puis vous avez raison, avant de me lancer dans les musiques électroniques, je faisais les standards de jazz... et j'en fais toujours, j'aime le jazz, j'aime les boeufs de jazz, les musiciens de jazz...
merci encore une fois, je suis vraiment contente que ça vous a plus hier...
marya valetta
Voilà la chronique du disque de "Nu Tropic", auquel a participé Marya Valetta, que j'ai écrite sur une commande du site "Drum'N'Bass.Net", mais qui n'y sera publié qu'à la sortie de l'album, début 2009:
NU TROPIC : KINGDOM OF LOVE
Après un premier album «Vocé Sabé» déjà très remarqué, le duo Strasbourgeois Nu Tropic (Amar Kabouche, alias « Jazzamar », flûtiste et collectionneur de vinyles et DJ Link, DJ fou du Brésil où il a séjourné et de ses musiques) viennent de sortir leur second album «2nd Part : Kingdom Of Love».
Ils ont mis à contribution la scène Jazz-Funk d’influence Caraïbe locale : le duo Steppah Huntah (Olass T, pianiste russe aux claviers et Steven Joyce Ames à la basse) et leur saxophoniste Fabrice Lauer, Alexandre Savordelli (guitariste du trio Jaboti), Guy Broglé (percussionniste du groupe de Salsa Sonando) et même un featuring du trompettiste Stéphane Belmondo.
Dès les premier titre, « Can’t You Live », on est frappé par le son Live si on a entendu DJ Link ou Jazzamar en DJ set, les cuivres funky et le rythme irrésistiblement groove à la Trio Mocoto entourant la voix de Clara Mendès, chanteuse Brésilienne de Stockholm qui n’a aucun lien avec le pianiste / claviériste Brésilien Sergio Mendès, mais son esprit est là dans les harmonies vocales de « Ve Se Agora Vai » qui rappellent celles de ses Brazil’ 66 avec un trombone digne de ceux qui ornaient ses premiers disques de Jazz.
On sait les Nu Tropic grands découvreurs de chanteuses sublimes, pour les voix desquelles leurs compositions sont autant d’écrins. On retrouvera ici, outre Clara Mendès, alliant l’expérience à la fraîcheur de Mayra Andrade, celle du premier album Anna Torres, plus Hip Hop prêchant l’évolution de la « Revolucion » avec un timbre rappelant la voix d’Elis Regina. On découvrira aussi Marya Valetta, chanteuse Nu-Jazz d’origine Slovaque, qui a apporté « Dance Of The Little Children » chanson solaire 70ies sur des claviers irisés et « Kingdom Within You », où elle joue le rôle de la James Bond Singer (qui ont toujours été pour moi les plus belles des James Bond Girls) sur la flûte de Jazzamar sur une rythmique passant du Jazz Chick Coréen à une rythmique Drum’N’Bass, et offre une sublime version du « Jessica » de Roy Porter avec Stéphane Belmondo au bugle en invité. La chanteuse des Dynamics « Mounam » est une Funky Soul Sister comme on n’en fait plus sur « I Am Your Girl Baby » ,dernier titre très groovy.
Enfin, Jazzamar va aussi fréquemment au Japon, et y a rencontré la chanteuse Japonaise Isabelle Antenna, gagnante de l’équivalent Japonais de notre Eurovision, qui chante avec innocence et soul le seul titre en français de l’album : « La Voix de Flora », dédié à Flora Purim, chanteuse de Return To Forever avec Chick Corea et Airto Moreira.
Mais ce qui est plus difficile, en plus de cette grâce musicale et vocale constante, et à quoi Nu Tropic parvient sur deux titres, c’est justement de rassembler les deux inconciliables tropiques en un seul : Cuba et le Brésil, la Samba et la Salsa, la Batucada et la Clave, ce qui ne fut presque jamais fait live, pour des raisons d’éloignement géographique évidentes, mais constituent pour beaucoup un fantasme musical que seuls des DJs peuvent satisfaire.
La fusion est parfaite sur l’instrumental « Latin Pieces » avec un piano à la Chick Coréa mêlé à des cuivres rappelant le frevo, fanfares du Nordeste Brésilien sur des nappes sythétiques, puis part en Salsa sur le deuxième chorus sur la basse groove.
Autre fusion Cubano-Brésilienne, « Que Linda Mi Cuba », mêlant sur une rythmique dancefloor raggaton restant funky un petit cavaquinho Brésilien et un piano Salsa soutenant la voix du chanteur Cubain Wilfredo, rencontré à Nantes et une trompette virtuose.
En un mot, avec cet album de Nu Tropic, vous passerez l’hiver sous les deux tropiques, envoûté par des sirènes sublimes, pourrez écouter ces musiciens de Jazz dans un contexte exotique fascinant, danser jusqu’au bout de vos nuits de rêve où leur musique vous poursuivra encore…
Jean Daniel BURKHARDT
Yop JD
finalement la sortie de l'album a été avancé a ce mois ci au japon, donc la chronique est dispo sur le site de Drum-bass : http://www.drum-bass.net/Nu-Tropic-... .
peace
Excellent ta publication sur Drum-bass Jean-Daniel ! Excellent article, comme à chaque fois sur ton blog
Annonce à Marya sur Myspace et tous les auditeurs potentiels de mon émission de ce soir. D'autant que le concert de Kurt Elling au Cheval Blanc est complet depuis des mois, comme chaque année!
Salut Marya,
Juste un petit mot pour te dire, à toi que je considère comme la plus grande chanteuse de vocalese à Strasbourg, que ce jeudi soir (22 janvier) à 21 h-22 h, dans mon émission "Jazzology" sur radio Judaïca (102.9 FM ou "wwww.judaicastrasbourg.com"), je parlerai de Kurt Elling, qui est pour moi l'un des plus grands chanteurs de vocalese de la jeune génération, ne serait-ce que pour ses deux premiers albums "Close Your Eyes" (1995) et "The Messenger" (1997) rien que pour "Tanya Jean" (que je passerai dans le second quart d'heure je pense, entre 21 h 15 et 30, je pense).
C'était un grand poète et un fou furieux (même s'il n'est pas aussi swing que John Hendricks, ni aussi groovy que ton cher Mark Murphy), au niveau du texte il amenait vraiment quelque chose en terme poésie Bop Beat post Kerouacienne.
Le problème est que depuis les années 2000s il a un peu pris la grosse tête ou la grosse "voix de veau" (comme disait Boris Vian) et chante plus de standards que de vocalese pour accéder à plus de reconnaissance comme crooner. Mais un crooner a peut-être plus de succès auprès de plus de public dans notre monde en crise où les gens veulent être plus consolés sans se poser de questions par le confort d'un velouté vocal pas difficile à digérer, que de faire l'effort de comprendre un texte en anglais qui ravirait leur âme et leur esprit! perut-être aussi a-t-il mis le meilleur de l'inspiration de ses jeunes et plus sauvages années dns ses deux preiers disques avant de devenir un chanteur à plusieurs facettes, ce que lui permet sa technique vocale époustouflante diont il use avec un peu trop de morgue. Mais il place toujours quand même au moins une vocalese sur tempo rapide dont il est l'auteur par disque, et pourrait aussi bien ne pas le faire et n'être QU'UN chanteur commercial, comme Harry Connick JR qui aurait vraiment pu être le Sinatra de ce début du XXIème siècle s'il n'avait pas laissé tombé pour faire un album de Funk/un album de Jazz crooner pour les dames à la période de Noël.
Jean Daniel
Maria Valetta a formé Sixtease, trio vocalese et Jazz avec Martial Muller (batteur d'Old Papy) et Eric Theiller. Retrouvez-les sur My Space:
Je me doute que ce doit être de l'humour, mas le nom de Sixtease pourrait être interprété pas seulement comme un sextette musical et vocal par certains esprits masculins mal placés, qui pourraient se montrer alléchés à l'idée de Six Tease pour le prix d'un, alors que vous ne mettez à nu que vos émotions, et non des Sixties qui vous sont chères!
Trêve de plaisanterie, je suis content de vous entendre, ou réentendre pour Maria Mrozkova que je connaissais comme Valetta, certes plus prononçable et mnémotechnique), et Martial Muller (et non Gérald, contrebassiste, comme je l'ai cru tout d'abord, que sa "grand-mère" m'excuse!) à la batterie que j'ai vu un nombre incalculable de fois avec le regretté "Old Papy & les Young Swingers" ( au point de me demander s’il n’y avait qu’eux à faire du Jazz dans la région en tombant toujours sur ce batteur que ressemblait, trouvais-je, à Claude Nougaro !).
Je suis content de revoir et réentendre aussi l'excellent trompettiste entre Chet, Miles, Clifford et parfois Dizzy Eric Theiller, qui les accompagnait souvent au Pub D'Austerlitz les dimanches, et que j'avais entendu l'an passé avec Michel Hausser au Munster Jazz Festival!
Bonne réunion de musiciens que j'adore, mais que je n'aurais pas pensé à associer, n'ayant entendu, sauf en Jam, Maria que dans des contextes plus groove que Jazz avec Steppah Huntah.
Apparemment la première a trouvé le trio vocalese de ses rêves, sa moitié de "Double-Six" pour chanter comme l'une de ses idoles Annie Ross entre Dave Lambert et John Hendricks, et elle ne pouvait rêver meilleur rythmicien que Martial Muller, rompu à tous les styles de Jazz de Bab Dodds et Gene Krupa à Jo Jones, Shelly Manne, Kenny "Klook" Clarke, Art Blakey ou Max Roach.
Ceux qu'il ne me semble pas connaître sont Christophe Erard et Frédéric Heinrich (chant), Michel Lotz (piano) et Alan Salmon (contrebasse).
-The New ABC: commence à la Jacques Loussier très baroque à la Jean-Sébastien Bach, avec une belle harmonisation, puis soudain WoW! On est soufflé par votre cohésion, votre peps, on se croirait face à un de ces goupes vocaux de l'immédiat après-guerre, modernisé à la manière du "Sweet System" de Dany Doriz. Et la reprise finale est folle puis en stop-time sur la basse. Excellent!
-"Blue" est un écrin de celesta céleste comme la neige et les étoiles pour la voix de Betty Boop aciduée de Maria, puis de belles vocalises merveilleusement harmonisées des deux autres vocalistes. Est-ce une composition ou un standard qui me serait inconnu? ça me fait penser à "The Blues" de Duke Ellington pur "Black, Brown & Beige", dans la version d'Hellen Merrill dans "You've Got a Date With The Blues"
-"Rocks in My Bed", cette fois je connais ce Blues, je crois par Jimmie Lunceford ou Anita O’Day, mené par les hommes, mais dont Maria se détache joyeusement dans le premier chorus en élément perturbateur dans l’aigu avec la folie d'une Annie Ross. L'orchestration des fonds sonores vocaux derrière son solo me font penser aux "Double-Six" dans leur "Walking" au Bois de Boulogne.
-Yeh!Yeh!: J'ai surtout connu la version de Matt Bianco dan les années 80s qui n'était pas la plus Jazz. Original de le reprendre sur un tempo latino sur lequel Martial Muller a toujours excellé et d'y ajouter Eric Theiller à la Chet Baker.Autre idée, pensez au saxophoniste Michel Viès si vous en cherchez un, qui peut se révéler aussi swing, ou Lesterien dans les ballades ou bop que latin.
Content que vous travailliez ensemble. N'hésitez pas à me prévenir de vos concerts à venir ou sortie de disque éventuelle, j'ai toujours mon émission de Jazz et me ferai un plaisir de les y présenter, ou de vous y inviter pour sa sortie. Il n'y avait dans la région que les SoloSix, du Big Band de Bischeim, et vous dépoussiérez le genre de plus aventureuse manière tout en en respectant l’esprit..
Jean Daniel