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mardi 3 novembre 2009

Le Maillon d’Hautepierre rouvre ses portes avec une FUNK'IN PUMPKIN PARTY

Fermé il y a quelques années par un incendie provoqué par une voiture bélier dans la bibliothèque et le théâtre, le Maillon Hautepierre rouvrait la semaine dernière grâce à l’association Soundsitiv, qui y proposera en janvier une programmation artistique basée sur les échanges entre les arts musicaux, urbains, picturaux et théâtraux. Pour la réouverture, la programmation originale (DJ Flying Fileas alternant avec trois groupes locaux : Soulfight-Gothic Soul, Julie Claden-chanteuse Funk Soul Groove et 7ème Soul-formation Funk Soul à la bonne section de cuivres) illustrait trois modernisations locales de l’esprit Soul.

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Tout d’abord, on a pu entendre Soulfight, formation créée en 2007 par: Aalik (voix, basse, guitares, et claviers) et Slybwoy (sampling and sound tweaking , art work) et la chanteuse Mélody dite Lil' Sugar, rejoints par Alex à la basse pour la scène.

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Slybwoy et Aalik viennent du monde de l’image, et ont appliqué aux compositions de Soulfight des procédés habituellement visuels de collages de samples.

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Dès les premières notes de claviers et les samples vocaux de « Princess Nothing » (interprété lors d’une prestation aux Nancy Jazz Pulsations), on entend avec une guitare Coldwave à la A Forest de The Cure, une de leurs influences new Wave (c’est quand même presque Halloween). La chanson parle d’une petite princesse idiote. En effet, Mélody la sublime du Lil Sugar (petit sucre) de l’émotion de sa voix veloutée et mélancolique.

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«I’ll Rise » est plus proche d’une autre influence du groupe, « Massive Attack », qui inventa le terme de « Gothic Soul » avec sa rythmique trip-hop et sa montée de claviers sur la basse funky. Aalik prend le rôle de Tricky asthmatique sans ventoline dans « Pumpkin » dans son vocal Hip Hop, etandis que Melody/Lil Sugar chante de manière aussi émouvante et sensuelle qu’Allysson Goldfrapp, une de ces chanteuses qui illuminent les deux premiers albums de Massive Attack et m’y font fondre, ou Portishead dans « Glory Box ». Mais la chanson parle d’une rupture amoureuse dont l’homme promet qu’il se relèvera.

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A un autre moment, Slybwoy introduit un sample de voitures dans le martélement dramatique du clavier sur la rythmique breakbeat d’une mélodie lente, envoûtante, vénéneusement persistante dont Lil Sugar est la sirène portée par les vagues sonores.

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Slybwoy introduit encore une ambiance de sanglots et souffles étouffés installent une ambiance sur des cris lointains, tandis qu’Aalik prend sa guitare, accompagnés de pas sonores dubbés, solitaires et fuyants, puis de plus en plus lourds comme les éléphants d’Hannibal ou ceux d’une armée dans des vagues de brumes fumigènes.

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La basse lourde et la guitare commencent « Tears On The Ground », autre émouvant duo de Lil Sugar et Aalik, sur le terrorisme, où deux terroristes sont prêts à agir, le garçon dit qu’il est temps, mais la fille pense aux futures victimes et prend peur, renonce, avec une belle voix ethnique en fond. Leurs chansons sont dramatiques dans leurs progressions comme des films sonores, racontent des histoires de notre monde troublé.

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Les lumières scéniques envoient des feux d’artifices rougeoyants autour d’eux sur une voix féminine samplée qui glisse, comme lisse. Mélody s’envole les bras étendus, puis sa voix puissante, profonde et orientale à la Dead Can Dance. Comme sa chanteuse Lisa Gerrard, Lil Sugar trouve pour "The Island" (critique de la télévisision comme une île déserte et autistique) au fond de sa voix la ferveur de musiques traditionnelles ou de spritualités apatrides car issus d’un folklore imaginaire qui leur est propre, se dédoublant, croisant le chemin des folklores existants, mais touchant universellement par leur émotion, accédant à un au-delà tribal urbain des langues et des traditions connues

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Lil Sugar chante ensuite « My (Little) Secret », autre chanson à secret où l’héroïne cache un crime qu’elle aurait commis sur la guitare wah wah, avec une voix à la Björk.dans sa fragilité Nordique. Slybwoy et Aalik ont écrit le scénario du futur clip de cette chanson, dont voici quelques photos, qui sera bientôt réalisé, et nous en apprendra plus sur ledit secret.

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Ils terminent par un sample en référence au Cinéma (David Cronenberg et Lost Highway de David Lynch, qui leur inspira « Ghost Highway » font aussi partie de leurs influences pour les ambiances sonores). Ils terminent par la musique de la scène finale de « Shining » de Stanley Kubrick, avec Jack Nicholson, musique à la fois Jazz nostalgique, européen par Ray Noble, avec un crooner sirupeux (« Midnight with the stars and you »), mais rendu inquiétant par le traitement sonore fantomatique et nébuleux et les réminiscences du film.

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Bref, Soulfight a prouvé qu’il avait un véritable univers fascinant à la fois séduisant et inquiétant, toujours émouvant.

En seconde partie, on pouvait entendre Julie Claden, qui vient de sortir son album « Behind The Line », avec la guitare funky de Kevin Weiss, accompagnée de Pilou Würtz à la basse électrique, et à la voix plus Soul.

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Grande et très belle, ses jambes immenses de libellule perchées sur des hauts talons, elle a un jeu de scène gracieux aux mouvements de bras amples comme les ailes d’un oiseau.

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Toutes ses chansons, aux textes en français, composées avec le pianiste de l’album Emmanuel Hoff et Gérard Raufast, parlent de la quête de soi, spirituelle et musicale, et du courage de s’assumer ensuite comme ce que l’on est sans concession.

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Elle commence « Behind The Line » ( titre éponyme de l'album interprété sur l’album avec la bonne attaque variée de Franck Wolf au saxophone et Serge Haessler comme section de cuivres à la Prince efficace et Grégory Ott sur la version acoustique et les chœurs des « Clac-Hoff »), sur laquelle elle s’envole sur la rythmique en français après le refrain en anglais sur sa renaissance grâce à cet album.

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Plus Bluesy, « Chacun Sa Place » parle aux autres avec compassion et tolérance, s’ouvre aux autres, les invitant à dépasser comme elle la fatalité malgré la dureté et la violence du monde, à prendre le contrôle de leur vie, parce que « chacun a une place, sa place ». « Ça ‘s passe » parle aussi de cette prise risque pour devenir soi-même, malgré la frilosité des autres qui disent de ne pas y aller.

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Plus calme et émouvante, « Mémoire » remonte au plus profond de ses souvenirs, de son histoire, jusqu’à la Shoah, puis « L’Empreinte De Cette Terre », plus ethnique et orientale, avec des voix orientales envoûtantes entre Real World et Dead Can Dance dans les violons arabisants, parle de son voyage initiatique au Maroc, aussi spirituel que géographique, jusqu’à l’illumination de la découverte du désert et de l’Atlas, avec un beau texte et une belle progression dramatique. Finalement, si ce n’est plus du Funk, c’est une façon aussi de l’orientaliser, de le faire voyager en d’autres contrées, de lui offrir d’autres paysages, moins urbains grâce à cet excellent arrangement. La Soul l’âme s’ouvre à ces ailleurs, à l’Orient, et à la propre histoire de Julie Claden.

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Finalement, Julie Claden a investi le Funk et la Soul de ses mots, de ses expériences, les a fait siens par cette quête de soi jusqu’à s’assumer totalement, de « Troque Ton Groove » scandant «Secouée, Obsédée» repris avec le public, sa passion de cette musique jusqu’à « J’me casse la gueule pour y arriver », à « L’Expérience » d’être elle-même envers et contre tout et tous et d’inviter les autres à faire de même dans « Chacun Sa Place », puis à s’élever enfin contre toutes critiques dans « Je Transgresse », s’assumer comme elle-même avec courage et splendeur. Cela donne à son album, et à sa prestation qui le fait partager, l’aspect d’un concept album ou «album d’apprentissage » comme on dit de certains romans, dans le partage avec les musiciens et le public.

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Elle a tracé dans le Funk et la Soul son propre chemin, faisant sienne cette musique née dans la revendication des droits civiques noirs et depuis non pas obsolète mais obtenue aux Etats-Unis, l’a intégré en elle-même pour raconter par chansons-flashs sa propre histoire jusqu’à l’acceptation d’elle-même, du collectif à l’individuel, au collectif, puisqu’elle les invite à faire de même.

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Si elle n’est ni noire ni Aretha Franklin, au moins a-t-elle habité cette musique, puis l’a habillée de ses propres mots, faite sienne, ce qu’aucune chanteuse Funk ou Soul n’eût pu faire à sa place, n’étant pas elle, et inversement. Finalement, Julie Claden touche par son univers, son courage et son énergie sur scène et ses textes simples mais forts et sincères.

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En troisième et dernière partie, on pouvait entendre le groupe Soul Funk 7ème Soul (parce qu’ils sont 7 et vous mènent au 7ème ciel de la Soul), qui a déjà joué au Parlement Européen et au Palais de la Musique et des congrès, tout à fait fidèle musicalement aux grands noms de cette musique tant dans la rythmique de Lionel MEYER (Guitariste) François KOEHLER (Bassiste) et Vivien RAUCH (Batteur) que dans la mise en place impeccable entre Rythm’N’Blues et JB’s de la section de cuivres (le plus difficile dans le funk, car elle remonte au Jazz, et même aux parades de la nouvelle Orléans comme la garante de l’authenticité de la Black Music) de Luc HENRY (Saxophoniste) Melanie DECQ (Tromboniste) et Alexandre SCHMITT (Trompettiste) , et aux textes en français composés par le chanteur Raphaël Bloch au total look Blues Brother (costume et chapeau noir, cravate noire et chemise blanche, lunettes de soleil). On sent que la Soul Music et le Funk, c’est sa vie, jusque dans un rapport spirituel à la musique, comme peut l’être le Rastafarisme pour certains fans de Reggae.

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Ils commencent par « Se réinventer », aux bons cuivres bien en place, sur le dépassement d’une rupture amoureuse, citant même l’ivresse Baudelairienne « de vie, de poésie, de vertu » pour oublier. La Soul Musique est la musique de l’Âme (Soul en anglais) humaine, de ses chagrins profanes et sentimentaux, adaptée du collectif noir à l’individuel universel), avec une belle introduction et un solo de trompette d’Alexandre Schmitt (ancien élève de Serge Haessler en trompette classique). Les textes de Raphaël Bloch parlent à l’âme humaine de ses soucis universels avec simplicité et force, et cette Soul dans la voix qui rendaient Otis Redding et Marvin Gaye irrésistibles. Simplement parce que Raphaël vit et traduit à la manière de cette Soul Music.

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« Chacun sa Reine » à la basse bien slappée et à la guitare funky, tous cuivres dehors, fut écrite par le cousin de Raphaël Bloch, et on y trouve cette phrase d’une poésie assez surréaliste : « Elle a mis du sel dans ma vie de girafe » ! On a pu entendre aussi un bon solo de saxophone sur la guitare wah wah.

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Ils jouèrent ensuite « Rencontre », sur une rencontre d’un chanteur Soul avec une chanteuse qui se voient d’abord sur scène, avec un bon solo de guitare.

Mais il leur arrive aussi de mêler la Soul à d’autres musiques plus latines comme la Bossa nova sur la clavé Brazil de la batterie sur « Toutes Ces Habitudes » qui appelle au courage de casser sa routine pour suivre sa propre voie vers sa passion, comme le fait Raphael Bloch, à ne pas se contenter d’êtres des parodies, des clones. Le mélange en tous cas est réussi et irrésistible, à la Banda Black Rio (le meilleur groupe de Funk Brésilien à mon sens) dans la section de cuivres un peu en arrière presque Ethio-Jazz ou fanfares dans cet habile décalage faisant sonner les mots du chant avant un bon break à l’ancienne et un bon solo de trompette. Ça groove bien souplement sur cette Soul Funky et légèrement Tropicale.

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« Jeu de Maux » parle aussi d’une relation entre deux personnes pas toujours simple. La Soul est, comme le Blues, le dépassement de la souffrance par la catharsis musicale, mettre des mots sur les bleus de l’âme pour les rendre plus supportables, ou au moins les partager avec le public, en faire de l’art, avec un beau solo de trombone lent de Mélanie Decq (que tout le monde appelle Miel, aussi venue du classique après un passage par le ska festif).

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Raphaël Bloch est avant tout un « Fan De Soul », d’Otis Redding, qui respecte jusqu’aux origines de cette musique dans l’intro comme un chœur de Gospel de « voix noires » passé dans le Jazz et le Do-Wop, puis dans la Soul, et qui évolue ensuite en Funk sur la guitare, refait tout le parcours ce ces musiques noires, « fan de soul et de Funk », de ce Soul Power de James Brown, montre qu’il en connaît aussi l’origine. Ils ont amené aussi un nouveau titre (en tous cas qui n’est pas sur leur disque ou My Space), critique des rencontres sur internet avec Miel et Alex bien en place sur les riffs de guitares et au texte gentiment ironique. Les paroles de Raphaël Bloch sont aussi un avertissement pour nous et notre monde, montrent ce que le monde perd avec son âme, sa Soul naturelle, dont il est l’un des meilleurs représentants localement. «Double Jeu » (http://www.dailymotion.com/video/x9b8nn_7eme-soul-en-concert-au-parlement-e_music ) est une bonne synthèse, sur une guitare digne du Blufunk de Keziah Jones dans « Rythm Is Love » (http://www.youtube.com/watch?v=8kKZxbgBL68 ) puisqu’il y adapte dans un texte à double-sens le vocabulaire amoureux à la musique, à son désir et à son manque dans le silence où il sent encore « l’essence de sa présence » , comme les mystique orientaux parlaient de Dieu comme l’Adoré. Bernard Lavilliers a aussi écrit une belle bossa nova sur ce thème : « La Musique ». Enfin, ils terminèrent par un bis avec un scat de Raphaël Bloch.

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Bref, cette soirée a montré que le Funk étaient bien présents dans la scène locale, mais plus que copiés en vain de leurs pionniers, ils avaient évolué vers la New Wave avec Soulfight, accompagné le parcours de Julie Claden jusqu’à l’Orient, et étaient toujours vivaces chez 7ème Soul, modernisés par des textes simples et universels qui parlent à l’âme, ce qui est l’essentiel…

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 30 octobre 2009

NICOLAS FRAISSINNET, MONSIEUR LUNE, LEOPARLEUR et YAN CAILLASSSE au Préo d’Oberhausbergen pour Amnesty International

Ce samedi 24 octobre, Nicolas Fraissinnet venu de Paris, Lausanne et de l’Antarctique, Monsieur Lune de Paris, Léo Parleur (originaires de Strasbourg, même si leurs tournées les emmènent souvent loin d’ici) et Yan Caillasse (le groupe de Yan Siptrott, comédien que j’ai connu au lycée il y a vingt ans, devenu compositeur et chanteur de « Rock à texte » à Paris). Bref, deux à découvrir et deux retours chez nous.

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On a pu voir d’abord Nicolas Fraissinnet et son univers fantastique, humoristique de pingouin et de fée partant « Avec le vent ».

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Il a quelque chose de Nilda Fernandez dans la fêlure de la voix, sans l’exotisme hispanisant et les cheveux, ou Louise Attaque mais avec un tempétueux piano et des envolées magnifiques.

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En seconde partie, on a pu voir Monsieur Lune et son groupe intéressant à voir pour sa diversité capillaire : Monsieur Lune a une tête un peu ronde et les cheveux parfaisant sa tête de lune ronde, « Cheveu », le guitariste, aussi au cavaquinho et à la mandoline avec des cheveux longs et des pattes à la Stéhan Eicher, un violoniste barbu de trois nuits, un bassiste aux cheveux courts laissant pointer la banane comme les Forbans ou L’Affaire Luis Trio, et un batteur surnommé John Malkovich aux mèches chouette effraie au tour du crâne dégarni.

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Nicolas Pantalacci, chanteur de Monsieur Lune, a une voix qui me rappelle dans son innocence le premier chanteur que j’aie vraiment aimé : le Yves Simon des années 70ies celui de « Diabolo Menthe » découvert trop tard, bien après le lycée mais qui émeut quand même et de « J’timagine », des « Merveilles de Juliet » ou de « J’ai Rêvé New York » pour l’Amérique et la révolte Rock, un texte en collage de citations, des guitares folk et des illusions Baba Cool de « L’Amour Dans L’Âme », de la folie de croire encore en ses rêves ou à un monde meilleur, qui fait encore du bien même trop tard.

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Un côté américain d’ici, aussi dans les arrangements, parfois country à la Française pour « Lunette », qui « n’en porte pas et lit des bouquins trop longs », personnage émouvant, Sud-Américain dans le cavaquinho, Napolitain dans la mandoline, chanson française mais assez d’ailleurs pour nous faire voyager.

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Et puis dans les textes et la musique, il y a cette émotion qui parfois vous prend le cœur jusqu’au bord des larmes, quand il nous parle de ses rêves d’astronaute avortés, mais nous dit que les chansons, la musique servent à « se rappeler, oublier » nos rêves, et lui permet de partager avec nous les siens.

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Quelquefois il s’abandonne à la violence Rock, comme dans « Reviens Pas », repris en chœur avec le public, trop ironique pour qu’on y croie, « T’es bien plus belle quand t’es pas là », mais où il est bien moins ridicule que notre Johnny national sur un texte équivalent et tellement plus frais, moins réchauffé, moins maccho, car il n’a pas peur de montrer sa fragilité aussi plus proche de nous.

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Il détourne aussi avec tendresse et irrévérene les classiques comme « La Belle Au Bois Dormant » de Charles Perrault quand elle lui manque.

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Enfin, il flirta avec la science-fiction avec Benjamin Gage et la Fin Du Monde, et se souvint avec émotion des premières bises au Lycée (quand on se dit que c’est sans conséquence) quand son père disait que « jamais Yannick Noah ne gagnerait Roland Garros ».

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Bref, sa voix rappelle un peu celle de Raphaël, mais son univers est tellement plus varié qu’il mériterait au moins le même succès, sinon davantage…

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En troisième partie, on pouvait entendre les Léoparleur, groupe local à l’origine, qu’on a connus Funk-Rock Psychédélique «Fonkadélic Méthane » en 1992-1999, Chanson Française mêlée de musiques traditionnelles pour leur premier album acoustique « Revoir La Mer » en 2002, plus hispanisant/latino voire punk pour leur troisième « Tout Ce qui Brille » en 2006 et qui, à force de tourner partout ailleurs qu’ici dans leur petit camion bleu, ont trouvé le moyen de sortir leur dernier album « Faut Du Rêve », enregistré dans le désert d’Andalousie, en Allemagne, au Japon, mais pas encore en France!

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Je plaisante, je les aime trop et suis trop content de les revoir, j’avais oublié qu’ils étaient aussi bons. Bien sûr le temps passe, il ne reste des pionniers que les inséparables frères Oster : Josef à la guitare et au chant, et Simon à l’accordéon, et bien sûr la Toulousaine Maya Martinez, multi souffleuse qui après le saxophone dans « Le Grand Lustucru », berceuse horrifique anti-fasciste de Kurt Weill, reprise sur chacun de leurs concerts, joue maintenant de la clarinette (comme leur invité Denis Léonhardt des Weepers Circus), du trombone (comme Jean Lucas), des castagnettes et chante également. Il y a un nouveau batteur (mais l’ancien est passé chez Yan Caillasse) et un bassiste électrique a remplacé la contrebasse Gavroche de Grégory Pernet depuis un an, et une violoniste est là spécialement pour ce concert ce soir-là.

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Maya assure les textes en espagnol, dont « El Caracol Azul », écrit par son père, souvent suivie de Simon. Ils ont toujours la même énergie sur scène, un peu Rock desperado, entre Chanson Française pour les textes et attitude punk à la Ramones ouverte aux musiques traditionnelles.

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Sur le dernier album, ils ont mis en musique un nouveau texte de leur parolier officiel Yunus Emré (poète derviche turc du XIIIème) ajoutant « C’est mon affaire » (chanson de révolte contre Dieu qu’il aille à la Taverne ou le regrette à la Mosquée), qui précède « Ma Vie » (questionnement en abîme sur le sens de l’existence humaine allant jusqu’au refus du suicide) sur un rythme Flamenco Rock finissant en ska quand le rythme s’accélère. Entre un Djalal-od Din-Rûmi mystique et fondateur des derviches tourneurs (à qui il lança un jour « Si t’as trouvé, pourquoi tu tournes ? ») et un Omar Khayyâm poète astronome et jouisseur aimant les femmes et le vin désespéré accusant Dieu quand sa coupe se brisait (« Tu m’as barré la route du plaisir, Seigneur/ C’est moi qui bois, c’est toi qui es ivre Seigneur ! ») dans ses Robayat, Yunus Emré avait une position médiane ou passait de l’un à l’autre : à la Taverne un jour et se repentant ensuite de poèmes à l’Adoré, Mystique à l’état sauvage comme Arthur Rimbaud trouvant dans ces allers-retours sa liberté et une ferveur égale répondant aux questions que pose la souffrance humaine, mais y trouve aussi sa profonde humanité et sa modernité presque Baudelairienne, entre révolte et Mysticisme.

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Ce qu’on entend du dernier album promet qu’il sera tout aussi intense que les précédents, et apportera son lot de nouvelles influences, cubaines électriques côté guitare avec une citation de la version « El Carretero » de Guillermo Portabeles à la manière du Buena Vista Social Club et avec un style plus énergique de Papo Ortéga Y Cubanoson, voire électrique de Marc Ribot reprenant Arsénio Rodriguès l’aveugle merveilleux du très Cubain lui-même.

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Autre grande et surprenante réussite, dépoussièrante au possible, leur version punk toute coulisse de trombone dehors du classique musette « J’ai l’Cafard » de Fréhel, chanté par Simon Oster l’accordéoniste, faisant de cette chanson désespérée à se jeter au fleuve l’expression d’une saine et rageuse révolte..

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Ils finirent ce set, raccourci de leurs super-ultra-utiime Bancos de bis successifss par l’heure tardive et la venue encore de Yan Caillasse par « Les Adieux », extrait de leur album «Tout Ce Qui Brille » et sa guitare desperado et le saxo de Maya puissant mais suivant dans ses riffs sa ligne oblique entre Lester Young et celui des Béruriers Noirs. Bref, les Léoparleur se sont rappelés à nos cœurs, et on attend avec impatience le prochain concert et la sortie de leur prochain album dans leur propre pays et à Strasbourg !

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En dernière partie, Yan Caillasse, groupe de Yan Sipptrott, que je connais depuis au moins vingt ans, puisque nous étions ensemble au Lycée et à l’Université de Lettres, puis il s’orienta vers le Théâtre et devenu Comédien monta à Paris, créa ce groupe de « Rock à Texte », pour lequel il écrit les textes à la fois poétiques et librement engagés et dont il est le chanteur, avec Lionel Fouchet à la guitare, Grégoire Butraeye au violon et à la 2ème voix, Eddie Claudel à la batterie et Morgan Michaud à la basse.

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Nous entrons dans son univers par « 100 Bêtes de Foire » qui ouvre son second album « (Remuer) Ciel et Terre », qui fait suite à « Un Chien De Ma Chienne », Cirque fantastique et horrifique, avec « la femme en sucre, qui ne peut s’empêcher de s’auto dévorer », avec un côté Freaks, mais qui ressemble aussi à notre monde, où l’on trouve « des politiciens, les derniers de leur race ». Et tout de suite, c’est sa puissance vocale à la Bertrand Cantat (c’est lui d’ailleurs qui me fit découvrir « Aux sombres héros de l’amer ») qui surprend, par rapport à sa voix un peu baba cool/guitare sèche d’il y a quelques années. Le cheveu, qu’il portait long, est plus court, mais sa formation théâtrale lui a donné une énergie et une ubiquité scénique irrésistible sur ses chaussures à pointes montantes, il agrippe le micro comme un mât dans la tempête, court et saute de toutes parts, défie ses musiciens ou tambourinesur l'ampli. Quant à la musique, on retrouve le fan de Métallica (au rouleau compresseur duquel il ne me convertit jamais) et d’Angepour le côté Rock poétique psychédélique, que nous vîmes ensemble le Jour Des Anges au Café Des Anges en 1990.

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Il poursuit avec « Le Ciel se couvre mais on s’en fout », plus dans sa première manière entre Musette et Rock’N’Roll, à propos du le réchauffement climatique sur une valse trash façon « Vie De Chien » des Négresses Vertes à la guitare sinueuse et avec un violon Folk à la Malicorne (autre découverte que je lui dois, dont nous essayions, en vain, de reproduire le bourdon vocal).

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La chanson suivante est un Reggae Trash au texte en forme de supplique Moyenâgeuse priant Dieu et Jésus ironiquement (les murs de l’amphi tremblent encore de son « We Will Rock You » de Queen à un professeur d’Ancien Français!), entre Folk Moyenâgeux Malicornien (qui nous était plus utile comme support d’Ancien Français que les Chansons de Geste ) et énergie Rock. L’apport de Malicorne est d’avoir su reprendre de vieilles Chansons Moyanâgeuses avec des mélodies magnifiques, mais avec des arrangements Folk-Rock Psychédélique plus modernes, sans les dénaturer.

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De l’Ancien Français, il remonte au latin avec « Memento Morti », critique de toutes les Religions et idéologies meurtrières au nom de leurs morts dont « les crânes en charpie supplient qu’on les oublie » auxquels il oppose « La Vie coûte que coûte » (Quoique lui prétende « n’en déplaise aux experts de tous poils, cette chanson ne peut se chanter qu’en pensant à la cueillette des champignons »), de plus en Rock. Virage plus Rock avec « Entre Ciel et Terre » (presque le titre éponyme de l’album «(Remuer) Ciel et Terre », sur la guitare à la Métallica (plus dans les solos que dans la rythmique en fait) et le violon Folk, et Yan claquant la cymbale entre ciel et terre.

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Si « C’est un plaisir partagé », il ralentit tout de même le tempo avec « Chien Caillou Chien Fou », mélopée sur les résonances de la guitare et de la basse entre la soumission canine et le côté sauvage, loup qui demeure (« Tu peux compter sur ma mâchoire pour devenir le gardien de tes jours »), qui sur un guitare psychédélique évolue en gutturalités mongoles presque diphoniques, puis se fait de plus en plus Rock lorsqu’à la fin Yan « Lâche les chiens ». Le meilleur ami de l’homme est encore un loup apprivoisé, et certains même en font une arme...

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Suit après une intro de guitare à la Pink Floyd dans « Confortably Numb » extrait de «The Wall » (qu’il m’a fait découvrir, mes parents s’étant arrêtés à « Meddle » et « More ») suivi d’un violon qui en rappelle les cordes, « Avec Moi », qui part plus Rock avec un texte aux magnifiques métaphores poétiques visuelles («harponne quelques comètes allées/hâlées/Halley ») et sonores (« perpétuelles tours de Babel aux toits amourachés ») à la beauté apocalyptique et à l’esthétique fantastique un peu BD à la Bilal ou Caza («On s’est couché sur les adrets… A l’horizon le bord du monde s’est mis à rougeoyer »). Avec quelques autres, comme « Vaches Sans Terre » sur l’exode rural, ce titre montre à la fois l’attachement à un terroir les deux pieds bien ancrés dans le sol et l’envol de l’imaginaire fantastique qui se cache au fond des forêts, qui ont toujours fait partie de l’univers de Yan Sipptrott avant Yan Caillasse.

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On part ensuite pour les tempêtes marines des « 40èmes Hurlants » sur un tempo d'enfer, hantés de sirènes pirates, corsaires, très Rock Celtique à la Louise Attaque dont la violence des vagues frise le Rock avec violence façon Noir Désir.

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Autre requin, mais de bureau celui-ci, mais qui n’en est pas moins vorace pour nous « tondre le dollar sur le dos », le fonctionnaire des Impôts « Ernest La Peste » qui rime avec « funeste », avec un côté du comédien Yan baladin ironique ménageant violence rentrée et douceur critique, un peu à la manière de Léo Ferré dans « Monsieur William » (Yan Caillasse a également dépoussiéré façon Zoo son «Merde à Vauban » sur un texte de Pierre Seghers), et un bon solo de batterie sur le violon.

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Plus violent et Rock, « Os Contre Béton » (enregistré avec Kemar des « No None Is Innocent » pour son débit rapide presque Hip-Hop, ou Hip-Rock, dont l’ingénieur du son Mazarin a enregistré les deux albums de Yan Caillasse.

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A cette soirée Amnesty International, ce texte prend tout son sens : « On ligote mes frères sur du poison, Os Contre Béton », avec un solo de guitare, citant les montées de l’intro de« Welcome To The Jungle » de Guns’N’Roses (Slash fut quand même un des meilleurs suiveurs de Jimi Page après Led Zeppelin), puis une accalmie, le creux de la vague (« Pour ta peine et pour longtemps, laisse-la planter ses dents ») avant la reprise de plus belle jusqu’au final.

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Après la violence de la bataille, Yan s’abandonne à une autre mélopée apocalyptique avec cette prière au « Dieu des cendres » (assez proche finalement du bourdon Malicornien) rythmée par une basse funky et des riffs rageurs, qui parle de la dérive sécuritaire où « Alice au pays des alarmes se balade la fleur au fusil », avec sa comptine détournée (« Prête-moi ta cage pour y faire un nid») de plus en plus violente de la « rage des vivants » qui ont perdu leurs illusions et leurs rêves . Il n’y a pas de renoncement, « J’entretiens mes charbons ardents jusqu’à ce qu’une solide main de fer nous impose une muselière », tandis que violon et guitare finissent dans les aigus. Cet album est plus sombre que le précédent, mais le monde l’est devenu aussi, et la rage soutient l’éveil de la conscience. Et Hubert Félix Thiéfaine et son "Chant Du Fou" fait aussi partie des références musicales que je lui dois.

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Autre critique prophétique de la dérive sécuritaire, « Welcome in Youpiland » (là encore du pur Yan), écrite avant l’élection présidentielle «de la chair à l’audimat pour faire de l’œil à l’Extrême Droite », avec son humour acide à la Reiser et Charlie Hebdo (« Trop de couleurs dans nos avenues, mais faut bien Germaine, qu’on nettoie les rues »). Le pire c’est que cette fois-ci « On l’a voulu ».

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Le concert se termine avec la Communion avec le public « Du Feu », d’abord Reggae comique, puis plus rock au refrain sur le pizzicato du violon : « Nous c’qu’on veut, c’est du FEU », des feux de St-Jean même en hiver, des feux de bengale tous les soirs!

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Yan Caillasse a trouvé sa Poésie Rock. Finalement Jim Morrison n’est jamais arrivé à rendre la sienne aussi universelle.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 21 octobre 2009

La Minor, Yom et le Koçani Orkestar terminent les Nuits Européennes par une grande soirée festive à Schiltigheim

Pour cette dernière soirée des Nuits Européennes 2009, on put entendre, lors d’une grande soirée festive, le groupe Russe de St Petersrbourg La Minor le « Nouveau Roi de la clarinette Klezmer » Yom, et la fanfare Macédonienne le Koçani Orkestar.

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La Minor est un groupe de Chansons des Rue, Cabaret et Chanson de Rues Jazy de St-Petersbourg, ville de Russie avec laquelle « Les Nuits Européennes ont tissé au fil des années un partenariat privilégié, y envoyant se produire le groupe Strasbourgeois signé par le label Tzadik de John Zorn Zakarya avant le festival et amenant La Minor à Strasbourg.

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Le chanteur Slava Shalygin a tout le charisme russe, entre mélancolie slave et invitation festive digne des boyards. Le saxophoniste Igor Boystov le suit tant pour vous fendre l’âme par une ballade que pour vous faire danser Jazz sur un standard New Orleans Russisé, ou partir en ska à la Madness, tandis que Sanja Ezhov à l’accordéon chromatique biélorusse (appelé bayan) est le garant du désespoir des marins russes, alors que Vassily Telegin offre un soutien solide à la contrebasse, que Voya Uspensky (guitare et banjo) ajoute une touche de jazz manouche façon balalaïka et et que Zhejna Bobrov à la batterie est à l’aise tant en rythmique qu’en solos.

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Comparé à Billy’s Band, invité pétersbourgeois des deux précédents festivals, imitateurs de Tom Waits à la Russe, je dirais que La Minor se rapproche plus de l’idée qu’on peut se faire à la base d’un groupe de cabaret Russe dans nos fantasmes. La touche qui sort de la seule Russie avec des velléités de passage à l’Ouest chez eux serait plutôt la furie du Jazz à l’ancienne qui les emporte de St Petersbourg à New Orleans, York ou Kingston via Chicago … Une bonne mise en bouche, festive et alléchante pour la suite…

En deuxième partie, on pouvait entendre Yom, qui s’est autoproclamé « Le Nouveau Roi De La Clarinette Klezmer », en hommage au premier Roi de la Clarinette Klezmer, NaftuleBrandwein (1889-1963), né en Ukraine, il en gardait des influences Grecques, Turques et Tziganes, et devint aux Etats –Unis la première star de la musique klezmer au temps du 78 tours. L’homme se produisait dans les années 20s avec autour du cou des néons rouges rappelant son nom, et jouait parfois pour le syndicat du Crime!

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Mais en ces temps d’ersatz et de contrefaçons musicales si souvent décevants une fois ouvert l’emballage prometteur, son titre n’est pas usurpé, d’abord parce que l’album de Yom «New King Of Klezmer Clarinet » joue, à une composition personnelle près, celles de Brandwein, ensuite parce qu’il les joue dans le respect de leur style original tant au disque que sur scène, accompagné d’une formation de jeunes musiciens équivalente avec Denis Cuniot (piano), plutôt classique ou jazz, et les frères Giffart, Alexandre au tapan (grosse caisse de fanfare balkanique) surpuissant et fidèle au style Balkanique, citant « Mesecina » de Goran Bregoviç et Benoît au tuba et trombone hurlant dans les aigus, dans l’énergie mais toujours dans la musicalité. Pour la mégalomanie du personnage, il se montre sur le disque sur un trône habillé de rouge, couronne sur la tête et lunettes de soleil, brandissant sa clarinette et sceptre sur les genoux, mais se produit vêtu d’une tunique noire à l’ancienne.

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Mais le JEU, lui ne trompe pas, Yom n’a pas volé sa couronne, et ne l’a pas obtenue par filiation lointaine, si respectueuse fût-elle, mais la défend bec et ongle sur scène. C’est bien le plus grand clarinettiste Klezmer que j’aie jamais vu jouer, des aigus perçants aux descentes vertigineuses, des notes tenues sur la longueur jusqu’au cri strident, ultime, mais toujours musical aux arrêts brusques ménageant la surprise.

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Il se montra plus sensible dans un duo mélancolique avec le pianiste, proche à un autre moment du Louis Sclavis de « Clarinettes » dans les basses d’un de ses solos puis repartit sur des rythmes plus fous encore.

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Certes David Krakauer, à sa place l’année passée, a modernisé le klezmer par l’énergie du rock et les interventions de Socalled le langage du Hip Hop, mais il n’a plus cette fougue conquérante, ayant déjà fait ses preuves, et rien ne vaudra jamais l’émotion d’un retour aux sources, aux origines de ces musiques par ces jeunes musiciens vraiment fidèles à son esprit, et l’émotion de voir le public aussi jeune qu’eux réagir à cette musique comme à un mariage juif universel, dansant, tournoyant, sautant en l’air, se prenant dans les bras, et l’ami Laurent Danzo en la plaza poussant son cri de mégaphone amplifié de ces mains comme une corne de brume….

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Bref, Yom et son groupe montrèrent que l’on pouvait allier respect de la tradition et du répertoire, folie du jeu avec un impact public maximum. Et ça rassure!

Enfin, la fin de soirée fut assurée par le Koçani Orkestar, fanfare Macédonenne de Koçani (), et la première à avoir rencontré le succès international grâce au « Temps Des Gitans » d’Emir Kusturica en 1997 avec « Kustino Oro », puis sortit « L’Orient Est Rouge », produit par le même producteur que le Taraf Des Haïdouks () Stéphane Karo et Michel Winter.

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Mais en 1999, le trompettiste leader Naat Veliov (http://www.youtube.com/watch?v=kvNc4xoQzW8 ) vendit leur nouvel album « Gipsy Mambo » au label turc Dunya sans consulter les autres, d’où la rupture car ils refusent de jouer avec une boîte à rythme.

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La scission des plus jeunes du Koçani Orkestar a donc abouti, étonnement, à un retour au style traditionnel avec l’arrivée du chanteur Ajnur Azivov, auquel ses cheveux longs donnent l’air d’un Indien d’Amérique du Sud (certains « cueilleurs », aux temps préhistoriques, ancêtres des turco-mongols, passèrent le détroit de Behring et s’installèrent en Amérique, d’où parfois cette ressemblance frappante, et la structure très proche des yourtes et des tipis) et chante admirablement, tant dans le festif que dans l’émotion, avec des prolongements extraordinaires des notes dans ballades, qui évoluaient parfois vers une atmosphère plus rythmée, mais laissa aussi la fanfare s’exprimer sans lui.

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Outre les cuivres, les anches et le tapan, l’accordéoniste fit sortir des chants d’oiseaux jusqu’au bout des touches du clavier dans le parfait styles des banquets de mariages tzigane roumains.

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Après les titres de leur album « The Ravished Bride », ils interprétèrent quelques succès de Goran Bregoviç pour Emir Kusturica dans «le Temps Des Gitans » comme « Borino Oro » ou « Underground », comme « L’Alouette » Roumaine, morceau de bravoure des violonistes Tziganes, modernisé en thème de fanfare militaire sous le nom de « Kalaçnikov » entrecoupée d’éclats de voix à la gloire des Tziganes, et « Meseçina » et même « Hava Naguila ».

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Ils reprirent ensuite pour le Bis leur rôle de fanfare au sens le plus ambulatoire du terme, descendant de la scène au cœur du public en délire, puis finirent par l’entraîner hors de la salle, jusque dans le hall de la Salle des Fêtes de Schiltigheim, sur «Moliendo Café » du Vénézuélien Hugo Blanco passé dans la Salsa. Mais ils firent toujours des emprunts aux musiques non-tziganes ou Macédoniennes avec succès, et on se souvient de leur extraordinaire version du Nyabinghi Jamaïcain « Oh Carolina » de Count Ossie & The Mystic Revelation of Rastafari, futurs Skatalites après mais plus authentiquement que Shaggy

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Bref, une soirée festive et riche en talent et en surprises pour terminer ce festival.

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 16 octobre 2009

Niels Peter Molvaer et Bumcello à la Salle Des Fêtes de Schiltigheim

Hier soir jeudi 15 octobre, Les Nuits Européennes invitait le trompettiste Norvègien Niels Peter Molvaer et le duo Tribal Groove Bumcello (Cyril Atef à la batterie et Vincent Segal au violoncelle électrique).

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Niels Petter Molvaerest, avec Erik Truffaz, l’autre grand trompettiste de la scène Jazz/Electro Européenne et depuis « Khmer », en 1997, continue sa carrière en évoluant avec différents musiciens sans perdre le fil de sa ligne musicale.

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Il était accompagné d’Audun Kleive à la batterie et à un intéressant solo de cymbale entre ses mains et d’Elvind Aarstedt à la guitare, tandis qu’un vidéaste diffusait des images de traits bleus coulant comme des stalactites se croisant, d’explosions blanches d’action painting à la Pollock sur la batterie puis des musiciens en hologrammes blancs ou verts d’eau sur fond noir.

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Comparé à Truffaz, Molvaer est davantage un chanteur qu’un joueur volcanique et intuitif, et chante d’ailleurs souvent sur scène dans le micro du pavillon de sa trompette retournée, mais aussi à travers sa trompette, s’exprime dans un style très vocalisé).

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Comme technologie annexe pour changer le son, il utilise un laptop au lieu d’effets sur l’instrument pour entourer sa musique de beats naturels et de boucles, crée un univers – écrin, un paysage ethnique presque pictural, des échos lointains où il prend place.



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La référence à Miles Davis est la plus évidente là encore, mais si Truffaz s’inspire du Miles électrique des effets de Bitches Brew et de l’Isle de Wight, Molvaer aurait plus repris le flambeau du Miles atmosphérique des ballades, de « Kind Of Blue », à la présence entêtante car se fondant dans l’espace, l’occupant entièrement, l’enveloppant de ses douceurs, ou le contaminant au point de ne plus pouvoir faire la différence entre les deux et du dernier Miles de « Doo Bop » finalement inchangé quant au son même dans un contexte Electro-Hip Hop..

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Mais on peut aussi penser pour la magie inexplicable de son lyrisme, au charme mystérieux d’un Chet Baker, mort en Hollande, plus près de chez lui que des Etats-Unis, à cette justesse de l’émotion au-delà de la volonté même de l’artiste, sublimant sa vie tourmentée, quelque chose aussi de ce qu’il appelait le « mellow of the sound » (le moelleux du son). Qui l’empêchait de faire nettoyer sa trompette pour ne pas le perdre.

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[Enfin, peut-être est-ce justement le contexte où sont nés et évoluent Truffaz et Molvaer qui les rend différents : Truffaz plus urbain, souvent presque violent, capable de pousser les aigus jusqu’au cri ou de faire de sa trompette presque une guitare électrique, Molvaer plus proche des grands espaces de sa Norvège natale, où l’on croit entendre craquer/ chanter les glaciers fondant au réchauffement climatique, les grands espaces s’étendant jusqu’à l’horizon sans fin. Truffaz serait plus militant, ayant décidé de lutter contre le monde insupportable avec les armes du Rock ou de l’Electro, Molvaer plus contemplatif, en contemplerait des beautés rêvées ou réelles, ou un monde apocalyptique encore désolé vierge, ou déjà déserté.||http://www.youtube.com/watch?v=fh7b3G4cl1U&feature=related]

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Pour reprendre une comparaison littéraire, Truffaz peint le monde tel qu’il EST, Molvaer le rêve tel qu’il DEVRAIT ÊTRE. (http://www.youtube.com/watch?v=RQYbHCLn7cE&feature=related ). On a besoin des deux, selon les moments, les instants ou les choix de nos vies.

En seconde partie, on pouvait entendre le duo Bumcello, composé de Vincent Segal (l’un des pionniers du violoncelle électrique avec son album « T Bone Garnerius », effets et samplers ) et Ciryl Atef (batterie, percussions, samplers), musiciens de M(‘atthieu Chedid).

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Ils viennent de sortir leur sixième album « Lychee Queen ».

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Ils inventent en direct un folklore urbain improvisé, "animal sophistiqué", où le violoncelle de Vincent Sègal, parfois baroque et boisé, peut aussi être utilisé comme une guitare électrique destroy aux effets Hendrixiens, est samplé, envoyé, ou stoppé, utilsé avec des effets de reverb ou de distorsion, fait la basse à cordes ou reprend son rôle d’instrument à cordes frottées, étendu jusqu’aux vièles orientales () ou à la morin khur mongole, à un cheveu de crinière de cheval, fil musical distendu, et joué jusqu’à ce qu’il casse voire sirène electronique à la Kraftwerk sur le Boléro de Ravel et Police..

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Cyril Atef a enregistré « Olympic Gramofon » avec Julien Lourau. Ses looks ethniques sont déjà une attraction, entre turban, coiffes africaines ou masque de kendo (là il était en pyjama africain et bonnet gnawa tournoyant, plutôt sobre), et il joue de la batterie, du bidon d’eau, des percussions (se mettant des clochettes sur les yeux pour ressembler à un hibou-robot et venir au devant de la scène) et sampleurs lui faisant une voix de ballon à l’hélium, lance aux public des imprécations/incantations invitant à la danse et à la libération des corps, se fait chanteur Funk Soul, marquant les temps baragouinant son groove dans « Bakin’ in The Sun », vocaux hip-hop ou chant arabisant pour « Dalila », voire africanisant.

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En Bis, Vincent Segal, qui a une autite qui le rend « sourd comme Keith Richards ou Beethoven", parle des Rolling Stones à Hyde Park et cite «Simpathy For The Devil ».

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C’était le dernier Concert de Bumcello avant plusieurs mois, chacun partant vers ses propres projets, Segal avec Bassèkou Kouyaté, Cyril Atef avec Congopunq (http://www.youtube.com/watch?v=gp8zN22vA4k), son nouveau projet, le 15 décembre au Cheval Blanc de Schiltigheim.

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Le Festival s’achève ce soir avec une grande soirée festive : La Minor (Cabaret Russe), Yom (Le Roi Du Klezmer) et le Koçani Orkestar, à la Salle Des Fêtes de Schiltigheim.

Ce soir également, le Soul Jazz Orchestra, groupe d’Afro-Beat Canadien, sera à la Salamandre à 21 h 30!

Jean Daniel BURKHARDT

Mélissa Laveaux et Aronas : Les Nuits Européennes au-delà des mers

« Les Nuits Européennes » nous emmenaient jeudi soir 14 octobre bien au-delà de l’Europe et des mers, en présentant à la Salle Du Cercle de Bischheim la chanteuse et guitariste de Blues Haïtienne vivant au Canada Mélissa Laveaux et le trio du pianiste Néo -Zélandais Aron Ottignon Aronas.

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Mélissa La veaux est une chanteuse de Blues Canadienne d’origine Haïtienne qui est devenue la sensation de la scène Folk Blues Parisienne du Trabendo.

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Elle est accompagnée de Mano, contrebassiste joliment fredonnant en seconde voix et du batteur et percussionniste Sébastien Lété.

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Elle a sorti après de nombreuses scènes son premier album « Camphor & Cooper » (le camphre et le cuivre, deux thérapeutiques avec parcimonie, dangereux à forte dose, qui ont le même charme insidieux que sa voix et sa musique, à consommer sans modération).

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Extraordinaire guitariste de Blues skiffle, elle se dit d’ailleurs « amoureuse de ses guitares » pour introduire la chanson « My Boat », qu’elle lui dédie, la comparant à un bateau dans lequel «elle rêve de long en large».

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Elle chante d’une voix sensuelle, parfois enfantine, puis profonde en anglais, français (magnifique « Chère Trahison » ou « Koudlo » «C’est un coup de pied dans le ventre, …obligée d’expirer les chagrins …Je te déchirerai la langue ») , : et Créole, semblant parfois mêler les deux dans des expressions à syntaxes anciennes entre insulaires et cajuns qui nous semblent savoureuses et poétiques (« C’est un où qu’on aille »), même si l’on en comprend qu’un mot de temps en temps, devinant le reste. C’est un peu l’exotisme Haïtien Et Canadien qu’on trouve réunis en elle, un Créole d’Outre-Mer sur la guitare Blues très authentique et parfois des rythmes un peu Bayou.

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Du folklore Créole, elle reprit une Berçeuse Créole Haïtienne trouvée sur un vinyle de Marianne Jean-Claude après l’avoir entendu au Canada dans l’émission enfantine « Passe-Partout », disant à un enfant que «s’il ne se couche pas, des crabes vont venir manger ses parents », et ajoute, ironique, « maintenant, y’a pire que les crabes en Haïti et pas qu’en Haïti ».

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Elle reprit aussi «Evil » (démoniaque) du répertoire sa première idole Eartha Kitt (décédée le 25 décembre 2008), composée comme une allégorie de la chanteuse sorte de Screamin’ Jay Hawkins au féminin (mais ça fait plus peur au féminin) à la voix acidulée et à la présence extraordinaire, qualifiée « La femme la plus excitante du monde » par Orson Welles qui en fit son Hélène de Troie

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En seconde partie, on pouvait entendre Aronas, quartet Anglais du pianiste Néo-Zélandais Aron Ottignon avec Nick Fyffe à la basse électrique carrément funky et deux noirs, Jerry Brown à la batterie, trio enrichi de Samuel Dubois aux percussions caribéennes (où se retrouvaient une batterie et quelques toms brésiliens, quelques rondins caraïbes frappés transversalement, (merci à Axelle pour ces précisions en cmmentaire) ET, ce qui est plus rare -je crois n’en avoir jamais vus en vrai-, deux steel-bands originaires de Trinidad, sculptés dans des fonds de bidons d’essence depuis 1945, faute d’instrument sur l’île pour fêter la victoire alliée), qui n’ont jamais joué musique si moderne, utilisé, pour le steel band, presque comme un fender rhodes pour donner plus d’harmonies.

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Ils ont déjà sorti « Culture Tunnels», leur premier album.

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Ils définissent leur musique comme du « Jazz+Punk+Dance ».

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Le Jazz, indubitablement, est la base du répertoire de leur musique: on reconnaîtra un peu des Gymnopédies de Satie, ou le début de « What I’d Say » de Ray Charles dans « Hot Tub », ralenti, décomposé, puis hystérique, partant rencontrer le Coltrane d’« A Love Supreme », sur la plage du carnaval steel band, et reste la base aussi de la technique pianistique d’Aron Ottignon, de ses montées - descentes époustouflantes stride d’ « Happy Song » mais du Jazz il semble n’avoir pris que les crêtes d’intensité et les moyens d’y parvenir, appliquées à d’autres musique.

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Le punk est surtout dans l’attitude iconoclaste, l’envie de bousculer le Jazz, le look (Aron Ottignon arrive en veste fluo rose et verte sur un t-shirt de femme nue), avec des lunettes de soleil aux montures camouflage léopard camouflage et porte une crête frisée sur son crâne rasé, le bassiste a les cheveux longs et une barbe et fêta son anniversaire sur scène avec un bouteille de Vodka Absolut, et ils boivent de la bière. Peut-être les punk rigolos quand ils dansent leur danse « Starfish » (comme un étoile de mer allongée sur le sol), le bassiste jouant même couché sur le dos, invitant le public à faire de même!

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Et cette modernité est issue uniquement de leur jeu live, deleur mise en place et de leur énergie propre, SANS EFFET ELECTRONIQUE AUCUN, simplement chacun amène sa touche Jazz, Funk ou Trad à propos pour un bonne mise en place pour amener l’ensemble à une intensité rare dans le Jazz.

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Et quand le public se lève irrésistiblement pour danser devant la scène commence la troisième dimension « Dance» de leur musique, reprenant des chansons connues, mais utilisant juste une intro de trois notes de «Tainted Love » de Gloria Jones encore plus modernisé que par Soft Cell de l’inconscient collectif, réduit à un reiff et la répétant en remix live acoustique sur la basse disco funky jusqu’à la transe, si bien qu’à la fin on se croirait dans une discothèque intelligente quand ils font monter la jeunesse sur scène.

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Justement, il faudrait remplacer la techno inculte par des musiques de ce genre, vivantes, ancrées dans une tradition, remettant au goût du jour les traditions percussives qui ont fait danser le monde, mais modernes et intenses.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 14 octobre 2009

Suite de la Saison de la turquie aux Nuits Européennes : Gevende et Ilhan Ersahin invitant Erik Truffaz au TNS

Pour cette seconde soirée de la Saison de la Turquie en France des le festival Les Nuits Européennes invitait le groupe Stambouliote Gevende et le saxophoniste Stambouliote, mais vivant à New York, Ilhan Ersahin invitait le grand trompettiste Suisse Erik Truffaz à ses « Istanbul Sessions », une exclusivité "Nuits Européennes 2009" qui n'a fait qu'une date à Paris et reprendra ses concerts en 2010.

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Gevende (http://www.myspace.com/gevende) est un jeune groupe rock-psyché-folk Turc formé d’Ahmet K. Bilgic (chant, guitare), d’ Omer Oztuyen (violon), d’Okan Kaya (basse électrique et chœurs), de Gokce Gurcay (batterie) et de Serkan Ciftci (trompette) et ont été influencés par leurs voyages en Inde, en Iran et au Népal.

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Le chanteur commence d’une voix très douce sur les percussions élastiques de la batterie, avec basse, violon et trompette presque sourds dans leurs échos en fond sonore. Soudain la basse se fait plus Jazz-Rock et l’archet du violon plus sonore en pizzicato, soutenant la spiritualité de ce chant spirituel et intime, et la trompette finit par jouer très doucement.

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Le guitariste actionne un sample ou une boîte à musique de l’hymne national Turc en introduction au second titre. Cette fois le chant plus rageur est scandé, rythmé sur la batterie par le chanteur avec des dons de comédien certain, où ses mains, ses poings, suivent les mots de son chant, même si on ne comprend pas les paroles. Soudain il sort de sa guitare un éclat de rire – déflagration, suivi par le violon. Le chant monte en intensité jusqu’au cri, suivi d’un bon solo de basse psyché sur les cymbales pendant cette déflagration rock de la guitare en écho, puis la soutenant, comme le solo de violon baroque sur la cymbale et enfin la trompette à la Truffaz, bleutée, ouatée, poétique, comme étouffée. Le violon termine sur la batterie martiale, et ils finissent tous de concert.

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Enfin quelques explications du chanteur, en anglais : «C’est notre 8ème ou 9éme fois France, la première fois dans un théâtre. Nous venons d’Istanbul, pas de Turquie, et ce que nous chantons n’est pas du Turc mais une langue improvisée par nos émotions ». Ils ont indubitablement les qualités d’inventivité individuelle et de jeu collectif de groupes Rock-Jazz comme Rocking-Chair, en plus traditionnel.

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Suit une belle valse par le violon aux trilles classiques et dramatiques sur la basse et trompette, puis un solo de la guitare partant d’un larsen aigu maîtrisé par le slide et évoluant en psyché 70ies sur la basse rock mais très musicale. La guitare se mêle à la basse en un cri de souffrance à l’unisson, une clameur rythmée, reprise au vol part la trompette dans un solo tragique s’incurvant de plus en plus vers le cri. La basse donne une mélodie aux frottements dramatiques du violon sur la cymbale musicale, la guitare arrête le tout brusquement d’un break, et la batterie reprend en dub. La guitare reprend en grattant les cordes, puis le violon et la trompette assourdissent la fin en silence. Sur ce morceau-là, il y avait vraiment une progression dramatique très forte.

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La chanson suivante, « Nayu », utilisée dans un dessin animé de Denizcan Yuzgul et Burcu Urgut offre un bon exemple de cette langue imaginaire improvisée sur une superbe partition. On dirait de l’indien, mais avec une technique gutturale turque. Peut-être le fantasme, l’idée qu’on pourrait se faire de l’indien sans le connaître ni le comprendre, une idée de l’Inde, une impression, une émotion, un rêve d’Inde. La voix s’envole, puis chute, dans le nœud mélodique formé par la violon et la trompette, puis s’assourdit jusqu’au silence. Mais peut-on vraiment improviser ainsi une langue inconnue, oublier les langues sues et connues et leur sens pour leur substituer un autre sens d’émotion mélodique pure, et serait-elle, alors, universellement émouvante?

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Finalement, ils ne sont pas complètement hors du monde, dans une « Music From Neverland » (titre de leur album : »Musique du Pays où l’on n’arrive Jamais», d’un pays Imaginaire de Peter Pan et Michael Jackson), puisqu’ils reprennent AUSSI un thème traditionnel Pakistanais, où ils ont voyagé comme en Inde, en Iran, au Népal, sur une tournée de 12 000 kms.

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Ce thème rappelle en effet un thème de rèbab du Kashmir Pakistanais, puis la guitare et la basse partent en Rock, la batterie en drum’n’bass, et les belles harmonies vocales (le violoniste chantant dans le micro de son violon) rejoignent celles de Nusrat Fateh Ali Khan et ses frères.

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Leurs voyages leur ont donné ces rythmes entêtants aux temps innombrables à la Steve Coleman, , que lui est allé chercher dans la numérologie Egyptienne mais qui évoquent aussi les mégalopoles urbaines quand on ajoute comme le chanteur un scat Hip Hop aux breaks violents de la batterie drum’n’bass.

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Evidemment Gevende est un groupe de Rock aux inspiré par les musiques traditionnelles plus qu’un groupe de Jazz, et ils ajoutent donc la destruction sonore iconoclaste, lorsque le guitariste pose sa guitare au sol pour obtenir des craquements, des grincements de larsens distordus de cette cithare sur sol destroy, tandis que la trompette s’envole, puis souffle dans ses pistons pour trouver un sifflement, des effets inouïs, sur une basse groovy à la Primus, puis dramatique soutenant le violon et la batterie drum’n’bass. Le rapport au sol, à la poussière, à la terre à travers la scène est peut-être leur forme de destruction Hendrixienne traditionnelle.

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Enfin le chanteur chante, clame et déclame leur dernier titre, proche des langues Pakistanaises et très énergique, « Celik Comak », où se retrouvent leurs influences World et leur traitement Rock psyché, sur lequel il présente les musiciens, mais ne joueront pas la reprise finale de percussion Pakistanaise de la version album (peut-être éxécutée par une rencontre ou un invité).

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Ils revinrent en Bis, remerciant comme on s’en va, pour un dernier titre indianisant et Folk 70ies (http://www.youtube.com/watch?v=PUxK5XjVvXg&feature=related ). Un groupe à suivre, indubitablement, qui a déjà un univers et un langage fascinant, quelqu'il soit.

En seconde partie, on pouvait entendre le saxophoniste Ilhan Ersahin, né en Suède de père Turc, mais qui vit à New York où il a un Club, qui invitait le trompettiste Suisse Erik Truffaz pour ses « Istanbul Sessions » (disque en pressage à Istanbul) mais qu’ils ont joué ensemble à New York, Istanbul et Izmir, avec des musiciens Turcs : Alp Ersönmez (basse), Turgut Alp Bekoglu (batterie) et Izzet Kizil (percussions), qui ne sont, eux, jamais allés aux Etats-Unis « parce que la Turquie doit d’abord se conduire en bon pays Européen », ironise Ersahin à propos de son entrée éventuelle dans l’Union.

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C’est sûr qu’ils feraient un tabac aux Etats Unis : le bassiste est surpuissant d’obstination rythmique dans ses réitérations des mêmes accords, tant dans le Rock que dans le groove et tout en musicalité, le batteur carrément Rock (plus encore que Gevende) et le percussionniste joue à la fois d’une conga et de percussion turques (darbouka, dhol sur trépied et à la main et clochettes : des sidemen de rêve, mais qui n’obtiennent pas de visa pour le Nouveau Monde.

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Sur ce répertoire encore inédit inspiré par la ville d’Istanbul, ses anecdotes, ses chats, ses problèmes aussi (le manque de Liberté en Europe est abordé dans « Freedom ») ou ses légendes, chacun donna le meilleur de lui-même.

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Ilhan Ersahin, que je ne connaissais pas, a la lisibilité cosmopolite d’un Wayne Shorter, parfois la puissance sonore d’un Akosh S sans ses dissonances et le groove d’un Ellery Eskellyn quand ce dernier veut bien jouer collectif, grâce à une colonne d’air imperturbable, mais est beaucoup plus égal que lui, toujours passionnant tant dans l’oriental que dans le Rock ou dans le Groove.

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Pour ce qui est de Truffaz, on connaît son parcours et son talent, mais je ne l’avais jamais vu jouer d’aussi près, ce qui ne m’a pas fait davantage comprendre les arcanes et les mystères de son utilisation des effets (samplers, wah-wah, distorsions et réverb) qui donnent à sa trompette des sonorités inouïes, comme s’il en prolongeait le souffle de l’unique tuyau à pistons en un orgue imaginaire grâce à eux. Si Médéric Collignon est le meilleur héritier de Miles Davis en France pour le jeu pur, et le dépasse par sa propre folie vocale et instrumentale, Erik Truffaz est, après avoir montré son talent pour les ballades soulfull avec Nyah qui amenèrent au jazz un public plus large, le plus bel héritier des effets du Miles électrique de Bitches Brew, et là aussi le surpasse par des effets plus contemporains, et la technologie a évolué, depuis qu’il a pris un virage Rock avec « The Walk Of The Giant Turtle », et s’ouvre maintenant à des projets World entre Paris avec Sly Johnson, Bénarès avec Talvin Singh, Mexico avec Murcoff et Istanbul avec Ersahin. Il est peut-être celui qui sait le mieux, au sein d’une même phrase, passer de la douceur miel à nos oreilles au cri ultime, organique ou électroniquement modifié.

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Porté par cette rythmique imparable, leurs échanges furent très complices dignes de ceux de Miles et Coltrane, Miles et Wayne Shorter, se suivant à la note, au souffle, à l’effet près dans leurs échanges, et la cohésion du groupe indubitable et bluffante.

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A Strasbourg, le Festival se poursuit avec ce Mercredi 14 octobre à 20 h 30 à la Salle Du Cercle de Bischeim la guitariste et chanteuse de Blues Haïtienne Mélissa Laveaux et le phénomène du « Jazz-Punk » Néozélandais, le trio Aronas d’Aron Ottignon!

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 13 octobre 2009

Les Nuits Européennes amènent Istanbul à Offenburg

Le Festival Les Nuits Européennes est l’un des rares festivals Strasbourgeois à relayer cette année La Saison de la Turquie en France, avec le Festival Strasbourg Méditerranée qui se tiendra du 21 novembre au 5 décembre.

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Pour cette deuxième soirée à La Reithalle d’Offenburg, c’est la scène Stambouliote qu’il y invite, avec tout d’abord le groupe de musique musique soufie/ electro / vidéo « Istanbul Calling » puis le grand darboukiste et chanteur Burhan Öçal et son Ensemble Oriental d’Istanbul, jouant de façon plus traditionnelle le répertoire savant, populaire et Tzigane Turc avec des Tziganes Turcs. Le public Turc, allemand et français par l’ASSTTU s’est déplacé et cette belle jeunesse turque bouillonnante ajoutera ses danses et sa joie de vivre au spectacle de la scène.

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Istanbul Calling est une formation du producteur Oguz Kaplangi (synthétiseur et sampler), ex membre du collectif Zi Punt avec Huseyin Bitmez (oud et chant ghazel), Ayyup Hamis (ney, duduk, zurna), Amdi Akatay (darbouka et bendir) et Efe Isildaksoy (vidéo), qui a sorti son deuxième album en 2007 sur le label « Elec-Trip Series ».

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Dès «Her Daim » de l’oudiste et chanteur Hüseyin Bitmez, où le ney (flûte de bois turque utilisée dans la musique soufie) plane sur des percussions orientale est des basses beats du DJ, puis un dub oriental hypnotique à la Transglobal Underground, auxquels se mêlent bientôt la voix orientale émouvante et les cordes du compositeur sur le bonnes guitares rock groovy du DJ. On entend que, par des compositions respectueuses de l’improvisation collective et une mise en place sonore aux interventions bien réglées, musiciens Live et DJ cohabitent avec bonheur dans cet univers musical unique mais évoquant fortement la scène des clubs Stambouliotes des clubs (l’une des villes les plus actives musicalement), avec le même charme Cinétique universel que le Cinematic Orchestra, et l’exotisme de l’Orient en plus.

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Les vidéos ajoutent au tableau des vues magnifiques d’Istanbul, aux couleurs modifiées par des effets visuels fascinants où l’on retrouve toutes les images qu’on rapporte à cette ville : une danseuse du ventre vert lapis-lazuli, le pont sur le détroit du Bosphore entre Orient et Occident, qui traverse Istanbul entre Ortaköy (sur la partie européenne) plus urbaine où se concentre l’activité économique et Beylerbeyi, plus naturelle (sur la partie asiatique) parcouru par les ferry très appréciés par les habitants (dont certains vivent sur la rive Asiatique pour la qualité de vie et travaillent sur la rive occidentale), la Cathédrale Ste Sophie, devenue un Temple à la Sagesse après avoir été disputée par Chrétiens et Musulmans pendant longtemps, des autoroutes nocturnes aux voitures lumineuses, et des vues se mêlant en papillons, et finit dans les étoiles et sous la mer, accompagnant magnifiquement la musique.

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Sur « Tansu Kaner » (Sleepless Constantinople : Constantinople qui ne dort jamais), le DJ rajouta la magnifique voix de la chanteuse Ceren (comme l’héroïne de la Légende des Mille Taureaux de Yachar Kemal) Bektaç (comme le soufi Haçi Bektash Veli , fondateur des Janissaires et disciple de Rûmi, fondateur des derviches tourneurs). Il rendit aussi hommage au quartier musical d’Istanbul Beyoglu. Sur un autre titre, le flûtiste et parfois chanteur Eyup Hamis utilisa, après le ney et le kawal (flûte plus petite) le zurna, sorte de petite clarinette turque, qui souvent précède les manifestations publiques, avec un intensité Jazz et presque Rock dans le son perçant.

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Enfin, le percussionniste Hamdi Akatay termina à la percussion dhol arménien (gros tambour joué à mains nues ou avec des mailloches dans les manifestations ou par les janissaires partant au combat), sur un rythme qui, de Constantinople, inspira la musique Irlandaise.

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De jeunes Turcs et Turques dansèrent en ligne en se tenant par le petit doigt comme aux mariages et autres manifestations, ajoutant leur authenticité spontanée au concert.

En seconde partie, on pouvait entendre le percussionniste Turc mythique Burhan Öçal à la darbouka et l’Ensemble Oriental d’Istanbul, composé de Tziganes comme Ahmet Demikiran au cubus (sorte de banjo tzigane turc)., Vesar Akirlar (clarinette), Umit Adakale (seconde darbouka), le turc Mehmet Celiksu au kanun (cithare orientale habituellement sur table, jouée ici sur les genoux et sans plectres avec les doigts) et le grec Ismail Papis au violon, dans un répertoire Tzigane, Classique Ottoman et populaire Anatolien.

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Je me souviens d’avoir vu Burhan Öçal en solo à la darbouka au milieu des années 90s au Cinéma l’Odysée de Strasbourg.

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La prestation était dans l’esprit de son album « Grand Bazaar » et de celui déjà présenté devant Paris Hilton qui dansa à sa musique.

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Le temps qu’Ahmet Demikiran accorde le jack de son instrument, à la demande du public, Burhan Öçal fit entendre un duo de darbuka improvisé avec son percussionniste Umit Akadale.

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A la darbouka, il utilise toutes les ressources de l’instrument, avec un micro est placé à l’arrière pour rendre les effets intérieurs sur la caisse de résonance, tandis que l’autre main assure les percussions digitales, joue d’ailleurs aussi bien de cette manière transversale sur le genoux qu’à plat entre ses cuisses.

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Il commencèrent la première suite par le tango Egyptien «Ya Habibi Ta’ala » de la diva arabe Asmahan, récemment repris par le Kronos Quartet dans son dernier album, puis bifurquèrent vers la musique classique Ottomane de cour (qui utilisait plutôt l’oud et les percussions, peu la clarinette ou le violon), mais ravivée par cet instrumentarium plus Tzigane qu’Ottoman, où Burhan Öçal se révéla aussi un extraordinaire chanteur dans le style de Cinuçen Tanrikurir dans ses concerts de Fasil à la voix profonde et rallongeant les voyelles sur les rythmes arabes et turcs sur de longues suites où les titres se suivent sans pause, comme à la cour d’Istanbul ou encore dans la musique Tadjike, puis change de rythme comme une cavalerie bifurque en plein désert vers d’autres thèmes, tout en restant dans le même thème. On entend, même sans connaître ce répertoire, combien la musique arabe, turque et tzigane se mêlent sous les doigts de ces musiciens émérites.

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Les solos de clarinette entre tzigane, Jazz et klezmer, puis de violon dans les aigus, et Mehmet Celiksu au kanun, plutôt discret en rythmique, fut surprenant de finesse dans son solo, proche d’une harpe celtique à la Alan Stivell.

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Enfin, après ce répertoire classique mêlé de rythmes populaires, il termina par une surprise en terminant son set au tanbur (sorte de guitare turque effilée, instrument des baladins et des montagnes) et au chant par des Chants d’Amour et de Sagesse d’Anatolie, mêlées de danses populaires de cette région montagneuse et sauvage..

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Je n’avais pas vu la jeunesse turque danser, mais elle était plus nombreuse à le faire, de l’autre côté de la scène.

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Le Festival se poursuit ce soir 13 octobre 2009 à 20 h avec une autre soirée Turque : Ilhan Ersahin, saxophoniste porte-drapeau de la Saison de la Turquie en France invitera le trompettiste Erik Truffaz dans un projet Oriental Electro Jazz, puis Gevende, un jeune groupe Turc aux influences voyageuses de l’Inde au Népal et à l’Iran dans un esprit folk-rock psychédélique.

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 10 octobre 2009

GIANMARIA TESTA & Iva BITTOVA ouvrent Les Nuits Européennes 2009

Hier soir, vendredi 9 octobre, le Festival « les Nuits Européennes » ouvrait sa quatorzième saison à La Reithalle d’Offenburg, où il sera encore ce soir, mais un système de Covoiturage est organisé par « Passe Me Prendre », sur simple inscription sur le site, au départ du parking du Campus d’Illkirch, accessible en Tram, départ à 19 h 30.

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Hier soir, Les Nuits Européennes recevaient donc deux musiciens Européens de renommée internationale en solo : le chanteur et guitariste Italien Gianmaria Testa et la chanteuse et violoniste Tchèque Iva Bittova.

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Gianmaria Testa est un habitué de la Reithalle et de la salle Des Fêtes de Schiltigheim. Il se produisait en solo, comme sur son dernier disque « Solo Dal Vivo », jouant alternativement d’une guitare acoustique, d’une Stratocaster blanche et d’une guitare électrique noire pour le dernier titre.

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Il a une voix plus sourde et intimiste que Paolo Conte et siffle parfois comme un oiseau du Décaméron de Boccace, ou rythme ses chansons un peu plus Rock comme du rythme d’une traversée Transatlantique, puis ralentit.

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Ces chansons, qu’il présente en français, sont aussi concernées par la situation en Italie, à commencer par « l’une des premières chansons de Francesco De Gregori : quand quelqu’un se prend l’envie de te communiquer que le Père Noël n’existe pas. Et pourtant, il y a urgence, ici et surtout en Italie, que le Père Noël existe. » En effet, avec les tremblements de terres qu’ a subi l’Italie et les frasques de Silvio Berlusconi, ils en ont vraiment besoin.

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J’ai fait un peu de latin, mais l’italien reste pour moi, comme le portugais, une langue d’une musicalité touchante mais incompréhensible, dont je capte parfois des mots de voyage et d’amour.

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Gianmaria Testa est aussi un homme engagé, comme l’a montré son disque « Da Qesta Parte Del Mare » et ses présentations de chaonsons : « L’Italie a été, depuis le XIXème siècle, ujn pays d’émigration. Maintenant ce qui m’a touché négativement, c’est qu’on accueille de façon si indigne nos propres immigrés par des lois iniques votées au Parlement. Pour moi c’est incompréhensible qu’on puisse oublier en une seule génération combien il est dur de quitter sa propre terre. » Puis il chante, finissant d’une voix plus sourde encore, comme venue de très loin, très près du micro, un murmure d’émotion profonde comme dans une autre langue.

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A d’autres moments, il est comme transfiguré de jeunesse, un peu comme Adriano Cellentano, tout jeune Rockeur chantant Reddy Teddy dans La Dolce Vita de Fellini, puis s’envole dans les aigues, comme trouvant une langue intérieure.

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Toujours sur les sans-papiers, une autre chanson évoque « ces bateaux qui partent des côtes de l’Albanie ou de la Libye avec à leur bord de 15 à 70 personnes, et parfois un de ces bateaux coule, et ces hommes et ces femmes se noient dans cette grande flaque d’eau qu’est la Méditerranée. » Là encore chanson magnifique, où « au fond de la mer chante une sirène ».

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Certains arrivent en Italie, et l’un d’eux « habite chez nous depuis des années, a trouvé on travail et même un logement à louer. Il est un « extracommunautaire intégré (comme les Suisses!). Maintenant ils laissent si peu de choses derrière eux. Avant ils envoyaient de l’argent, une carte pour Noël, à une adresse… Lui a vu une femme sur le bateau, et a trouvé dans ses yeux, dans son regard, la force de se battre. Puis, n’étant pas en parenté, ils furent séparés à leur arrivée à Lampedusa. Et un jour il se dit qu’il est temps, qu’il est vraiment temps, de retrouver cette femme.»

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Pour moi, avant d’en entendre parler à propos de l’arrivée de ces immigrés en Italie, je croyais que Lampedusa n’était que le nom de Giuseppe Tomasi Di Lamedusa, auteur du « Guépard » qui inspira un film magnifique à Lucchino Visconti en 1963 sur la fin de cette dynastie noble sur fond de guerre d’indépendance menée par Garibaldi. Le personnage de vieux Prince Salina humaniste mais lucide joué par Burt Lancaster avait un discours magnifique sur la Sicile en refusant de se mêler à la Révolution car la Sicile ne peut changer : « Les Siciliens ne voudront jamais s’améliorer, pour la simple raison qu’ils sont parfaits : leur vanité est plus forte que leur misère; toute intromission étrangères aux choses Siciliennes, soit par leur origine, soit par la pensée (par l’indépendance de leur esprit), bouleverse notre rêve de perfection accomplie. Parce que nous sommes des dieux », et disait que rien ne changerait, ou en pire, après «les guépards, les lions » venant « les chacals, les hyènes », ses mots se perdant dans la poussière de la route et du temps et de l’histoire. Evidemment, cela vient d’un monde ancien, aristocratique, qui s’oppose aux pensées modernes de gauche, mais je trouve qu’il y a là une beauté surannée, enfuie à jamais.

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Est-ce l’engagement personnel de Testa, et y-a-t-il beaucoup d’artistes défendant ainsi les immigrés en Italie (je me souviens que Paolo Frésu avait fêté à Pôle Sud avec son PAF Trio le remplacement de Berlusconi par Romano Prodi). Berlusconi a quand même été réélu à la majorité. Mais j’aime à penser qu’individuelle ou collective, c’est d’avoir été souvent émigrants qui donne aux Italiens cette générosité envers leurs immigrés, et j’avoue que comparativement, quand je pense à la destruction de la Jungle de Calais et au projet de renvoyer ces afghans dans un pays en guerre civile contre les talibans, j’ai honte par rapport à cette générosité de voir ces sujets si peu abordés par la Nouvelle Chanson Française.

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Et pour en revenir au Concert, et à cet « extracommunautaire intégré », Gianmaria Testa imagine que, faute de retrouver cette femme, il lui écrit une « Chanson d’amour Hypothétique, 3/4 », parlant de lune, de roses et de toutes choses, du courage que seule elle lui a donné à lui, seul.

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Pour terminer cette série en appelant à l’engagement citoyen, Testa chante une autre chanson, «Al mercato di Porta Palazzo », racontant qu’ «A Turin, il y a une place avec un grand marché qui est devenu une casbah pleine couleurs et de senteurs. Mais en Italie, il ne suffit pas d’être né sur le sol Italien pour être Italien. Alors une femme accouche sur la place, met son bébé dans la corbeille de fleurs d’un marchand, et un carabinier arrive, et demande, malgré ce miracle, les « documenti » (papiers). Et toutes les personnes présentes sur la place achètent toutes les fleurs du marchand et vident le panier. La place vide, et seul reste le Carabinier réclamant toujours ses « documenti » ». L’histoire est si belle que les applaudissements précèdent la chanson, qui me rappelle par son rythme Georges Brassens, et par son sujet son «Hécatombe » du Marché de Brive La Gaillarde. Brassens aurait-il de nos jours parlé des sans-papiers au lieu des voleurs de pommes comme « Celui qui a mal tourné ». Gianmaria Testa fit du public un cœur approbateur.

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Gianmaria Testa continua par une vieille chanson d’exil de 1927 qu’il tient de sa mère.

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En Bis, il chanta, en anglais, comme lors de son premier passage à New York, une chanson que la chanteuse Allemande Marlène Dietrich avait popularisée en Allemand («Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt ») (Je suis faite pour l’amour des pieds à la tête » de Friederick Hollander en 1930, devenue en anglais par Sammy Lerner (mais avec un sens très édulcoré par rapport à loin l’original) « Falling In Love Again (Never Wanted To) dans « Der Blau Engel » de Josef Von Sternberg, rendant tout de même, fût-il de seconde main, cet hommage à une grande artiste Allemande.

En seconde partie, la violoniste et chanteuse Tchèque Iva Bittova, née en 1958, déjà venue aux Nuits Européennes au TNS en 2002, qui vit maintenant près de New York dans la forêt et offre ici son seul concert Européen, vêtue d’une robe indienne fleurie et ses cheveux frisés et noirs retenus d’un ruban vert.

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Elle commence d’une voix bouleversante par un chant Tzigane ou Bittovien, s’envole d’une voix d’enfant terrible, qui devient ensuite plus profonde et mature, aigue comme celle d’une diva folle avec dans ses yeux l’innocence.

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Elle prend son violon et joue un bourdon aigu dissonant, y posant des yeux étonnés, puis un bourdon grave sur sa voix grave, presque Rajastani dans « Latcho Drom » de Tony Gatlif, mongole, diphonique dans ses aigus, suit son violon en des appels tziganes forestiers, sauvages, dans un au-delà des langues et des folklores n’appartenant qu’à elle, et qui les rassemble toutes et tous en elle, dans cette liberté capable de tout.

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Elle continue par un thème Tchèque spirituel, mais s’en échappe EST elle-même toutes les musique et son propre univers, du cri jusqu’à ce halètement grave, ce langage siffleur d’oiseau universel, retrouvant les babillements de l’enfance, dans cette rêverie passant les pays et les âges à tire d’elle, et lâche l’oiseau d’un baiser sec dans la salle.

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En fait il s’agissait d’une chanson sur « une fille qui demande à sa mère si elle est en âge de faire l’amour, mais elle doit encore attendre un peu », dans son style « imité des oiseaux » (elle aime la nature).

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En 2002, au TNS, elle était arrivée avec un plein sac de jouets sonore, en avant lancé un dans le public et avait improvisé un duo sonore avec une personne du public avant de réclamer le retour de l’objet.

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La voix se mêle à l’archet frotté, aux pizzicati, aux glissements, semble bailler, vient de sa gorge, bouche close, comme si ses cordes vocales répondaient à son violon, tandis que dans son regard passent des lueurs de folie, avec cette voix de gorge criante ou diphonique, d’oiseau bouleversant chantant sur la branche du violon, alors que son regard est, comme une enfant, effrayée de sa propre voix., qui s’élève jusqu’à une diva sauvage et forestière, puis le Piano sous La Mer de st Preux, et bifurque vers la baroque Johânn Sébastiân Bâch.

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Elle reprend ensuite « Auschwitza » () de Latcho Drom, sur le génocide tzigane, triste mais belle. Sa version est plus gaie et folle, jeune que celle de Margita Makulova dans le film, semble redonner vie à cette mélodie, plus rageuse que mélancolique.

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Elle joue du kalimba (petit piano à pouce africain) avec la régularité d’une boîte à musique tout en chantant d’une voix enfantine, puis profonde. De la même manière, dans le film « Step across the Border » de Fred Frith en 1989, elle bâtissait un morceau autour d’un réveil matin dans leur chambre d’hôtel avec le guitariste Pavel Fajt, alors son mari.

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Elle continue avec « Rodrigo », un berceuse Espagnole Judéo-Hispanique de l’exil après la reconquista,, rallonge la mélodie en la faisant vibrer en n’en gardant que les fins de mots et les r roulés, la ramène de Turquie en Espagne sur les ailes des œufs de percussion dans ses mains de sa voix d’enfant femme, passant au-dessus des montagnes et des forêts, puis claque de la langue et jette les œufs à terre comme des jouets dont elle se serait lassée.

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Elle continue avec une chanson en allemand, une histoire de chat (katz) qui saute, descend dans la salle, attire l’attention d’une personne du public crie, utilise l’archet en pizzicato percussif presque élastique, tourne comme une derviche folle sur elle-même.

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Elle enchaîne sur une improvisation débridée , avec une voix à la fois née du dernier orage et descendue des glaciers millénaires, sans âge ou de tous les âges, où sa voix part avec sion violon et vice versa. Elle a dit un jour que son violon était une partie d’elle, diabolique de possédé par elle et toutes les danses du monde et inversement, de la gravité à la folie. Elle utilise la chaise pour jouer avec l’espace, nous arrivant des profondeurs d’une forêt ou toute proche. Je crois que c’est bien la chanteuse la plus génialement folle que j’aie vue de ma vie.

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Autre Berceuse, de John Lennon, « Good Night », chantée par Ringo Starr, qui fermait le « Double Blanc » des Beatles, remplaçant les violons symphoniques par ses pizzicati, l’archet puis scatte.

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Malgrè toutes ces Berceuses, elle serait une Mary Poppins à ne pas fermer l’œil de la nuit pour en entendre toujours un rêve de plus de plus , finit par souffler dans un kazzo comme un oiseau fou en roulant des yeux.

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Pour le Bis, elle revient saluer, trépigne comme une enfant puis finit par Mozart : elle a joué Dona Elvire dans « Don Giovanni » dans sa jeunesse comédienne. Gageons que Dom Juan lui-même se serait laissé prendre, à force de ne pas s'en lasser…

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 9 octobre 2009

ABD AL MALIK chante « à domicile » à Schiltigheim

Le samedi 4 octobre dernier, le chanteur Slammeur de Hip Hop Abd Al Malik () était sur la scène de La Salle des Fêtes de Schiltigheim.

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Avant le concert, des fumées d’encens parfument la scène et la Salle des Fêtes de Scchiltigheim. Quoique n’étant pas de Schiltigheim, il revenit presque chez lui, puisque, né Régis Fayette-Mikano en 1975 d’un père haut fonctionnaires Congolais, après avoir grandi à Brazzaville entre 1977 et 1981, c’est au Neuhof, une des banlieues de Strasbourg, qu’il passe sa jeunesse et va à l’école Reuss, puis échappe à la petite délinquance en entrant au Collège Privé Ste Anne, au Lycée Notre Dame Des Mineurs, et fait des études de Lettres Classique et Philosophie à l’Université Marc Bloch.

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Il fonde avec son frère Bilal et son cousin Aissa le groupe de Hip Hop N.A.P. (New African Poets). Converti à l’ Islam soufi, son nom Abd Al Malik est la traduction littérale de son prénom Régis (roi en latin, comme Malik en arabe), et disciple du Maïtre Marocain Sidi Hamza al Qâdiri Boutchichi Marié avec la chanteuse Wallen, il a un garçon, Muhammad Hamza.

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Il a sorti trois albums « Le Face à Face des Cœurs » en 2004, « Gibraltar » en 2006 (Prix Constantin du disque et Prix de l’Académie Charles Cros), avec une reprise de « Ces Gens-Là » de Jacques Brel, accompagné par son pianiste Gérard Jouannest, mari de Juliette Gréco , pour laquelle il a écrit des chansons, puis enfin « Dante » (pour son choix de passer du latin à l’italien en écrivant « La Divine Comédie », pour la rendre accessible au plus grand nombre avec le même décloisonnement qu’Abd-El Malik aujourd’hui) en 2008, avec certains titres arrangés par Alain Goraguer (arrangeur de la première période Jazz de Serge Gainsbourg), Victoire De La Musique « Musique Urbaine ».

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En plus de cette qualité musicale née de son respect pour la Chanson Française, ses textes montrent une véritable sagesse s’adressant à tous avec des mots simples et un message positif.

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Il entre en scène sur « Soldat De Plomb», extrait de « Gibraltar », inspiré par sa jeunesse au Neuhof, marche au pas et salue comme un de ces soldats-robots, un de ces «Zombie» militaires que condamnait Fèla Kuti, danse avec des gestes dégingandés. Au-delà du cas personnel d’Abd Al Malik et tant d’autres, manipulés par la drogue, on peut aussi appliquer ce terme aux enfants-soldats d’Afrique comme Emmanuel Jal, sauvé par le Gospel et le Hip Hop qui pense avoir survécu pour témoigner des guerres Soudanaises, et tant d’autres qui ne décident pas de leurs destins, et jusqu’à la haine collective des batailles rangées des Cités. Mais le message final d’Abd Al Malik est positif, refusant celui de ce journaliste qui lui dit que « Parler de paix et d’Amour, ça ne sert à rien si ce n’est divertir », lui leur rend hommage, et espère encore que l’éducation, la culture, peuvent rendre le monde meilleur, lui et les autres, les faire évoluer, et dans l’idéal beau à pleurer d’une « France Arc-En Ciel unie et débarrassée de toutes ses peurs» et tend la main. Parce que le racisme ordinaire est lui aussi une forme de manipulation, plus ancienne.

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« Ce soir on joue à domicile, comme on dit dans le jargon du football, et on va leur montrer qu’on est les meilleurs», dit Abd Al Malik, certes pas avec Jouannest et Goraguer, mais avec ce petit groupe avec Or Solomon aux claviers (déjà vu avec un autre Malik, « Magic », celui-ci, le fûtiste Magic Malik Mezzadri), une bonne guitare funky rock, une contrebasse, un batteur aussi aux percussions, son grand frère Bilal aux machines et un jeune accordéoniste. C’est bien que son Hip Hop Jazz soit soutenu par un vrai groupe Live de jeunes musiciens de Jazz.

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Suit sur la guitare funky «Lorsqu’ils essayèrent » () (de réanimer Malik), (Malik Oussékine, mort d’une bavure policière en 1986) arrangé sur « Dante » par Régis Ceccarelli, critique des idéaux bon enfant de « Touche Pas A Mon Pote » ou de La Marche Des Beurs, qui finalement ne changèrent rien au Front National mais jugèrent les bons et les mauvais, et finalement confisquèrent la parole aux Cités, « quand Malik hélas ne se réveilla PAS », d’où une aggravation de la situation sur le long terme.

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Dans le clavier Jazzy, il y a quelque chose de « Riders on The Storm » des Doors, cette Soul veloutée et mélancolique invitant à la réflexion sur les mots du dernier Jim Morrison posant sa « Prière Américaine », mais qui ne parut qu’après sa mort, avec cette pluie rajoutée a posteriori.

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La Poésie d’Abd-Al Malik est vraiment portée par ce groupe, lui donnant un côté Gil Scott Heron dans « The Bottle » ou Marvin Gaye avec ce backing Soul& Funky derrière lui, lui donnent cette prestance, comme malgré lui.

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Autre personnage inconnu mais émouvant de Dante sur un autre bel arrangement groovy, lent, jazzy et dramatique de Regis Ceccarelli, « Gilles » (lequel est-il dans ce clip, dont les catastrophes semblent évitées de justesse ?), qui « écoute un disque de rap et fond en larmes », qui parle de la poésie et de l’espoir que l’on peut trouver dans le rap, de Spinoza, achète un disque de rap « car écrire (et les rappeurs écrivent) », n’en veut même pas au monde d’être décevant, puisqu’il n’en a pas conscience, qui vit sans le savoir Rue Nolet comme Verlaine, « pensait entendre un disque rap classique » mais « fond en larmes », avec un phrase du Cheikh d’Abd Al Malik tournoyant dans le refrain : « Lorsqu’on fait quelque chose, il s’agit d’y rester et d’en sortir. Lorsqu’en fait quelque chose, il s’agit d’en sortir, et d’y rester.», qu’on pourrait tourner et méditer longtemps dans sa tête et appliquer à tant de choses, d’idées, à tous nos actes et nos pensées, mais qui resterait pure, claire, évidente et limpide comme un koân bouddhiste zen, ou soufi, voire rasta comme Jah, qu’Abd Al Malik cita également à la fin: quand sommes-nous nous-mêmes dans nos actes et nos paroles, quand est-ce le monde ou les autres qui parlent à travers nous, et ne sort-on jamais de l’un ou l’autre tout ensemble?

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Cette chanson parle aussi d’espoir et de la manière dont juste un disque de rap, par sa poésie, un livre ou une rencontre peuvent illuminer une journée l’espace d’un instant et nous émouvoir jusqu’aux larmes d’émotion pure, pas de tristesse, presque de joie, presque des larmes philosophiques de l’Eurêka lorsqu ‘on comprend que ce qu’on a toujours cherché était juste là à portée de pensée. Evidemment ces disques sont rares, et Abd Al Malik en fait partie. En ce qui me concerne, seul « Ombre Est Lumière »d’IAM et son message spirituel cosmique ont provoqué, à part lui, en moi cette émotion poétique et spirituelle, pure mais il doit y en avoir d’autres, et chacun peut avoir les siens.

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Je l’ignorais mais c’est le grand frère d’Abd Al Malik, Bilal, toujours aux machines et vocaux derrière lui, qui lui fit entendre « Paris Mai » de Claude Nougaro. Abd Al Malik l’a repris à son compte, mais à sa manière, avec ses mots, en faisant « Paris Mais… » ( ), rajoutant son grain de sel.

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Nougaro sur ce titre ne chantait pas, déclamait, slammait déjà sans le savoir en talk-over, Abd Al Malik chante rarement, est plus un conteur à l’élocution parfaite, un poète aux mots compréhensibles par tous, un philosophe péripatéticien au sens d’urbain, même quand il reprend de la chanson française, rajoute ses propres mots, mais les place dans les traces des mots, de la rythmique de Nougaro, les fait siens ici et maintenant. S’il ne pose pas les mêmes questions que Nougaro en 68, il est plus proches de nous et de son public, et en ce sens le continue, reprend le flambeau.

Il y ajoute ses propres références à Augustin (Meaulnes ?), foudroyé de balles vocales et de mots, retrouve Nougaro à « Nougayork » où il ignorait qu’il irait ruiné ressusciter tel le phénix en 68, « MalcolmiXe les banlieues », et lui « racaille » qui lit Sénèque sous sa casquette fut cet aigle noir qu’on soupçonne plus qu’un oiseau de feu d’Igor Stravinsky, dans ce Neuhof qui fut sa Sorbonne (Place de la Sorbonne où il chanta aussi d’ailleurs en concert sauvage en 2006) et danse un Tango HLM. Il est venu à Paris du Neuhof ou de Strasbourg, comme Nougaro de Toulouse. Leurs deux univers géographiques et temporels sont deux richesses, deux messages envoyés à Paris hier et aujourd’hui.

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A Paris, il nous y emmène sur une musette qu’il y a amenée de chez nous jusqu’au Grand Rex, « Conte Alsacien », qu’importe c’est la même valse, la même innocence dans l’histoire d’amour simple et belle, comme « Adam et Eve », d’où qu’ils viennent, arrivés ou natifs, et il rappe le refrain en Alsacien (mr dat seye elsass do wo dar’t er harz het ») et jusqu’en Afrique (« von Brazza zu Kinshasa »), et la chute, le dernier de ces personnages est magnifique, qui voit sa mère au parloir et « c’est cette Afrique qu’il ne connaît pas qui soleille sa peau et sourit derrière son accent alsacien. », lui offrant ce soleil Africain qui nous manque, nous donnant des raisons d’aimer cette région « où la terre à un cœur », auxquelles nous-mêmes n’eûmes pas pensé, où que nous oublions comme une évidence.

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« C’est du Lourd» applique cette même reconnaissance de l’âme à la France, à sa mère, à ceux qui vivent honnêtement dans l’amour en assumant leur enfant et en travaillant contre les dealers, aux filles de cité qui se sont sorties des insultes comme celles de « Ni Putes Ni Soumises » , et « Quand tu insultes la France, c’est toi-même que tu insultes », contre cette révolte haineuse que même la misère ne justifie pas et contre le racisme, arrive encore à trouver que « La France elle est belle » avec « ces visages qui s’entremêlent », que l’idéal d’une France riche car multiculturelle est encore devant nous à bâtir et un défi magnifique pour le XXIème siècle. Et c’est une question de bon sens, de générosité que d’arriver ainsi à dépasser la révolte par l’amour universel, pas une lâcheté. La lâcheté c’est de laisser aller, d’où que l’on vienne, à la violence et à la malhonnêteté. Et ce n’est pas être Sarkoziste (http://www.youtube.com/watch?v=txsmtS7zulo) ou moralisateur que dire cela, juste humain et sensé, du côté de la vie. Et c’est beau aussi que ce langage poétique de la rue inverse comme le verlan la valeur des mots « lourd », « violent » ou « malade » en leur donnant un sens positif comme le jive des musiciens de Jazz noirs.

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Autre personnage qu’Abd Al Malik a rencontré au Neuhof, « Le Marseillais » et son histoire présentée comme un conte, lu dans un beau livre de cuir, ancien grimoire où lui-même l’a écrite, avec son frère ajoutant sa voix sur un magnifique sample du «Petit Garçon » de Serge Reggiani. Là aussi Abd Al Malik nous raconte son histoire en empruntant ses mots, en en faisant un personnage eà la Pagnol, avec sa folie comme (le ou Frédéric) Mistral sur les Îles du Frioul, et sa déchéance de « Rasta côté Massilia Sound System », à toxicomane comme Jim Morrison (comme dans « Plus Dure Sera La Chute » de Lavilliers), sa vie «comme Panice pour Cesario ». C’est un bel hommage que nous faire encore rêver de ses mots, comme cette idée qu’ «après Avignon, c’est l’Nord, et le climat peut y être glacial » et d’accuser même leur manque de générosité à l’époque, de ne pas avoir compris que venus des Quartiers Nord ou du Neuhof, c’était pareil. Il donne envie d’en savoir plus sur ce marseillais par ce portrait plein de tendresse.

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Intéressé par la philosophie, Abd Al Malik présente ses musiciens, « notre car de tournée est une agora » (pour la démocratie, certes) mais par les philosophes auxquels il les compare, elle devient un aéropage des plus grands penseurs grecs et autres : le guitariste est comparé au stoïcien Epictète, le batteur a les percussions Nietzschéennes (peut-être la puissance du surhomme Zarathoustra ?) Or solomon aux claviers est un philosophe Zen, et son frère Bilal aux machines est leur maïeutique « Socrate maison», qui leur donna une idée lumineuse :« SOYONS ROCK’N’ROLL !!!».

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Ils appliquent ce traitement au « 12 Septembre 2001 » de Gibraltar, en effet moins Jazz et plus Rock que sur l’album : «J’avais déjà un fow de taré lorsque les tours jumelles se sont effondrées… », sur les pensées qu'inspirèrent le 11 septembre à sa pensée de muslim, « et si je n’avais pas eu la foi, j’aurais honte d’être muslim », la défiance des autres envers l’islam (« est-ce qu’il sont tous comme ça »?), l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh par Mohammed Bouyeri en 2004, mais trouve aussi la solution « ne pas mélanger la Politique avec la Foi », comme le disait déjà Ali, et comme devrait faire toute religion pour laisser la liberté à chacun, mais que n’appliqua pas le Christianisme de Constantin aux croisades, à l’Inquisition, aux guerres de religion, aux conversions forcées… Et il refuse de condamner cette année 2001, nous donne là encore des raisons de l’aimer, un livre ou le disque « Blue Print » de Jay Z « une leçon », sorti ce même 11 septembre 2001. Il termine par une pirouette humoristique pleine de tendresse en rappelant qui lui «ne faisait rien, ou plutôt si, changeait les couches de son gamin ».

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Suit « Roméo et Juliette » (sans Juliette Gréco, "la première slammeuse, pour lui"), encore une histoire d’amour, de deux enfants perdus, lui « que le Gangsta Rap a rendu autiste » fan de Scarface, elle «moitié brésilienne moitié kabyle, gogo danseuse ». Elle a plus de poésie, de sensibilité, plus d’espoir, lui juste son désir. Ça se termine mal connement par un accident, sans héroïsme Shakespearien, mais leur portrait est émouvant, et la description de leur désir mental par Gréco touchante et belle, avec les mots d’aujourd’hui, mais je trouve ça plus authentique que « Roméo + Juliette » version 1997 et ses anachronisme absurdes cherchant en vain les « lames bien mieux trempées » du texte original dans les flingues de ce Western de sous Sergio Leone science fictionnel de Baz Luhrman.

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Dédié à ceux qui sont en prison, physiquement ou « dans leurs têtes, dans leurs têtes » il continue par « Renter Chez Moi », toujours extrait de « Gibraltar », « Chez soi c’est quand plus personne ne vous juge », car « aller vers les autres c’est aller vers soi aussi », « en espérant que chez vous c’est un peu chez moi aussi », au texte et à la mélodie magnifiques, avec la voix de son frère Bilal en écho sur le refrain, sur la solitude urbaine, le racisme ordinaire qui peuvent amener jusqu’à la violence. Prison physique, morale, mentale, ou des préjugés, le message est généreux et beau que de croire que nous pouvons en sortir. Là encore il dépasse Gil Scott Heron et son « Home Is Where The Hatred Is ».

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Autre recréation / modernisation d’un classique de la chanson française « Ces Gens» de Brel, satire d’héritiers parvenus, dont il a repris aussi littéralement le début de manière bouleversante, puis qui est devenu chez lui, généralisé par « Les Autres », ceux dont Sartre disait « L’enfer c'es les autres », ceux qu’on accuse quand on ne se remet pas en question, se souvient l’avoir fait lui-même fait, l’appliquant à sa propre histoire sans être tendre avec lui-même, à sa spiritualité naissante qui prêchait déjà alors que ses actes ne la suivaient pas encore, et remplaçant « l’égorgeur de chats » de Brel amoureux de Frida par le racisme que lui valut sa peau noire, et pleure comme Brel en racontant cette histoire à un inconnu. J’ignore si c’est l’authenticité de cette reprise qui a convaincu Gérad Jouanest, l’ancien pianiste de Brel, de travailler avec lui, mais elle est un bel exemple de cette filiation qui modernise la Chanson Française, et dont Abd El Malik est un bel exemple.

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Il dédia enfin aussi à son Dieu qui l’a sauvé de ses démons, « L’Alchimiste », lui qui n’était rien, « vain et c’est bien ce que contenaient mes poches », l’a fait dépasser le racisme et la violence pour l’amour universel et c’est aussi beau sur cette mélodie magnifique et avec cette émotion sur le fil, qu’un Psaume de David, que le Cantique de Salomon, qu’un poème de Rûmi ou Yunus Emré à « l’Adoré », dit avec les mots simples d’aujourd’hui, beau par cet espoir de rédemption donné à tous.

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En bis, le public lui réclama à hauts cris « Gibraltar », joué lui aussi « Rock’N’Roll », titre éponyme et premier choc qui ouvre son second album et le rendit célèbre, avec ces claquettes flamencos, ce piano obsédant sur la batterie qui soudain s’envole avec ce jeune noir qui « devient derviche tourneur » et, crie et vit enfin, vogue sur des échos de flûtes soufies vers le « merveilleux royaume du Maroc ».

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La beauté de ce texte est aussi dans on ambiguïté : on pourrait croire au début qu’il s’agit d’un jeune noir qui s’en va, quitte l’Afrique pour l’Europe dans l’espoir d’une vie meilleure, prend un bateau dont les passagers « rament tous à la même cadence », mais finalement il y a aussi un jeune homme qui REVIENT en Afrique vers ses origines, sa fierté d’être, sa spiritualité peut-être, après s’être trouvé lui-même. Peut-être s’agit-il de ces deux jeunes noirs qui se croisent ou du même qui était parti et revient.

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Sur les derniers applaudissements, quelques amis d’ici s’approchèrent de la scène pour lui prendre la main par un shake, et même retenus par la sécurité, ce fut un moment émouvant, qui se prolongea ensuite longuement dans le Hall de La Salle Des Fêtes.

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Bref, Abd Al Malik a montré qu’en plus de la beauté de ses textes et de sa musique, qu’on pouvait apprécier au disque, il était aussi généreux sur scène, dans la danse, l’émotion,et même le Rock, et qu’il était toujours aussi proche de ceux qui l’ont connu ici.

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 6 octobre 2009

Le pianiste de Free Jazz CECIL TAYLOR fête ses 80 ans

Vendredi 2 octobre Cecil Taylor était en concert à l’Auditorium de France 3 Strasbourg, pour fêter son 80ème anniversaire (il est né le 15 mars 1929 dans une famille amie de Duke Ellington).

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Pianiste de Free Jazz, Cecil Taylor n’a jamais rien fait comme les autres. Dès son trio avec Buell Neidlinger à la contrebasse et Dennis Charles à la batterie en 1956, la forme convenue piano-basse-batterie ne l’empêchait pas de s’exprimer par des montées et descentes continues sur le clavier, avec une abstraction de la forme et une virtuosité à la Lennie Tristano que n’osaient pas alors Thélonious Monk ou Bud Powell (qu’il n’appréciera qu’après avoir entendu « Un Poco Loco ».

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Signant sur le label Blue Note en 1959, ses interprétations des standards comme « Love For Sale » de Cole Porter ajouteront à la mélodie originelle sa propre ligne mélodique). Dans les années 60s, il dépassera les durées prescrites jusqu’à 15 ou 30 minutes, quitte à n’enregistrer qu’une composition par face, comme pour « Conquistador » ou « Unit Structures », puis étendra dans les années 70s ses improvisations libres en concerts avec son saxophoniste Jimmy Lyons et ses Units à un long titre d’une heure ou plus

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Plus récemment, il a écrit un ballet pour la danse contemporaine et ajoute maintenant fréquemment à ses prestations des interprétations vocales de ses propres poésies, dans un style entre l’amérindien (il est d’origine indienne par sa mère) et le Japonais et sa danse contemporaine. Enfin, lors d’un de ses derniers concerts à Willisau, il a, après un titre long, interprété quelques titres de durée inférieure aux trois minutes habituelles, mais où les influences classiques de Debussy, Jazz ou contemporaines se retrouvent. Il est certainement le pianiste de Jazz le plus proche de la musique contemporaine, d’où sa présence à Musica.

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Il se produisait ce soir-là avec le batteur Tony Oxley, avec qui il a joué en 1988. Le Free Jazz de Cecil Taylor semble rencontrer le succès public, l’Auditorium est plein jusqu’en haut.

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Cecil Taylor commence par ses poésies, comme dans son Live au Sweet Basil. On l’entend avant de le voir, secouant des percussions et hochets comme un sorcier indien avec cette voix très aigue qui rend sa poésie amérindienne quelque peu japonisante. Mais ce sont des mots en anglais qu’il déclame : « Resurrection… ».

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Enfin on l’aperçoit sur la scène, vêtu d’un pantalon rouge remonté jusqu’aux genoux en haut de chausse sur ses jambes et ses pieds nus, ce qui lui donne un côté XVIIIème siècle (critique de l’esclavage ?), et d’une chemise où s’étale une cravate ou un ruban sur le plastron.

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Tony Oxley est à la batterie, vêtu d’une chemise imprimée, jouant presque debout des roulements ininterrompus, ponctuant sa poésie.

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Cecil Taylor a encore une souplesse certaine dans les genoux, comme le montrent ses flexions de danse contemporaine, puis s’approche du piano comme s’il redoutait d’y être confronté, à pas comptés…

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Les premières séries de notes sont très impressionnistes, rappellent le Golliwog Cakewalk de Debussy, ancêtre du ragtime, à la manière contemporaine. De tous les pianistes de Jazz, Cecil Taylor est celui qui utilise le plus les influences classiques dans ses improvisations. Sa liberté s’étend jusqu’au classique. La suite ressemble au Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel par ses ricochets. Et quand on y pense, ce serait le comble que d’interdire au Jazz l’usage d’ancêtres classiques qui ne se gênèrent pas pour lui emprunter ses formes au début du siècle dernier. Ce n’est donc qu’un juste retour des choses

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Le jeu de batterie d’Oxley, très contemporaine, suit et reproduit ou précède à la lettre les notes de Taylor avec des effets équivalents, et vice versa, avec une confondante complicité, trouvant, inventant des correspondances inouïes. A d’autres moments, on trouve dans le jeu de Taylor des traits guillerets à la Ahmad Jamal, puis des descentes sombres et dramatiques d’un film noir muet.

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De petites trilles introduisent un ragtime qui semble se refuser à en être un pour rester formellement libre, continuer la ligne mélodique où Scott Joplin la laisserait retomber pour permettre la danse. Cecil Taylor ne joue pas pour la danse, danse lui-même ou compose pour la danse contemporaine. Il fut l’un des premiers à élever le free Jazz au niveau d’exigence de la grande musique européenne.

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Mais le traitement reste Jazz, en ce qu’il ne respecte pas le classique dans la forme, brise ou rallonge les lignes avec la liberté du Free Jazz, jusqu’à, pourrait-on croire parfois, l’informel.

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On a parlé à propos de la musique de Cecil Taylor de «non musique », mais peut-être cette liberté formelle absolue lui permet-elle aussi d’y intégrer TOUTES LES MUSIQUES pour son propre usage, à nul autre semblable. Dans cet informel, cette non forme selon ses détracteurs, se retrouvent si l’on y prête l’oreille des formes extérieures au Jazz, plus anciennes ou plus contemporaines, dynamitées par la liberté du Free Jazz érigé en système de déconstruction.

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Pelléas y cherche Mélisande, mais elle le fuit comme un main de Taylor l’autre sur le piano en des strides très vifs, se poursuivant jusqu’à la chute dans le plus contemporain des fracas. Ces réminiscences classiques ne semblent là que pour être transformées sous les doigts de l’artiste, confrontées à sa liberté qui les phagocyte, les emmène ailleurs, dans une autre forme plus libre et plus étendue.

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A propos de la Liberté Musicale, Cecil Taylor déclarait dans les années 50s à Nat Hentoff « Il n’y a pas de musique sans ordre, mais cet ordre n’est pas nécessairement dicté par un seul critère de ce que l’ordre devrait être ou tel que le pense un critique de Jazz. La question n’est pas d’opposer « liberté » et « non liberté », mais de reconnaître différentes idées ou expressions de l’ordre.»

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Tony Oxley reprend les clusts de Taylor par des ras de caisses claires, des bruissements de cymbales.

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En plus de deux caméras au poing des cameramen accroupis, une troisième, télescopique tourelle, sur un axe, tourne au-dessus de Cecil Taylor comme un vautour, l’approche puis s’éloigne comme apeurée par ce magma musical déchaîné, le prend par derrière.

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Avec le temps, Cecil Taylor est DEVENU PIANO, et le piano se fait percussion, cri, note, clavier de la microstructure de la touche à la macrostructure du clavier, volée de notes, de touches blanches et noires comme happées, brassées, prises puis rejetées à pleines mains () avec des changements de tempos suivis au doigt et à l’œil par les percussions d’Oxley.

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A propos de ce style percussif, Cecil Taylor déclarait en 1958 : « Depuis toujours, nous les musiciens Noirs, nous considérons le piano comme un instrument de percussion, nous battons le piano et nous pénétrons l’instrument. La force physique entre dans le processus de la musique noire. Qui ne l’a pas compris n’aura plus qu’à crier.»

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La violence du Free Jazz de Taylor ou d’autres, c’est celle d’un peuple qui a subi l’exil et l’esclavage, puis la ségrégation pendant presque un siècle après son abolition jusqu’à l’obtention des droits civiques et l’assassinat de Martin Luther King et Malcolm X.

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Vu de ce point de vue-là, il est rassurant qu’après des siècles d’oppression, la première parole du Jazz libre (free) ait été un cri de révolte et de colère, et généreux de la part de Taylor d’accepter AUSSI dans sa musique le classique qu’il étudia au New England Conservatory.

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Le set de batterie de Tony Oxley n’est pas non plus habituel : il y a ajouté une grande pièce de fonte en plus des éléments communs à toute batterie.

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Parfois on croirait entendre Debussy joué par Keith Jarrett à Köln, puis Cecil Taylor brise cette esthétique trop sage par des clusts d’un bout à l’autre du clavier, où le jeu se fait presque boxe, frappe les touches de ses poings avec la même énergie qu’Oxley ses gongs.

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Une main sur le clavier, l’autre presque en retrait (http://www.youtube.com/watch?v=Yomesyf8GFY), Cecil Taylor bâtit avec lenteur des accords dramatiques et ses doigts semblent découvrir chaque fois pour la première fois, avoir gardé cette folie de l’enfance de l’art.

21 h 30. Ils se lèvent et partent en coulisses. Reviendront-ils ? « Le Concert est en deux parties », signale Philippe Ochem.

Pendant l’entracte, je croise Olass T, la pianiste russe de Steppah Huntah, qui me fait remarquer qu’ «il semble écrire une page musicale pour la déchirer ensuite ». Le respect du répertoire opposé à l’énergie iconoclaste de l’acte improvisateur désacralisant l’art ?

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A la réflexion, plusieurs de ses Lives sont en plusieurs parties (nommés part I, II, III, etc), comme chez Derek Bailey, avec qui a joué Tony Oxley, même les pièces courtes de Willisau étaient nommées « part II, III, IV et V », alors que leur durée ne le permettrait pas…

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Cette mode l’abstraction des titres entend laisser à la musique sa pureté sans influencer l’auditeur Cecil Taylor et Tony Oxley ont enregistré Live en 2008 « Ailanthus /Altissima » à New York « bilateral dimensions of 2 roots songs », vendu à l’entracte 87 € les 2 vinyles, avec un livret des poèmes de taylor illustrées par les peintures abstraites d’Oxley.

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La seconde partie s’ouvre sur une seconde danse avec poèmes chantés de Taylor, coiffé d’un bonnet, qui court jusqu’au fond de la scène sur les percussions d’Oxley, parlant, entre autres de la création, de l’ «IIII Man » et l’ »IIII Woman », prolongeant les syllabes aigues comme dans la poésie lettriste.

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Revenu au piano, il continue de déclamer sa poésie, chatouille le clavier, crie et chante, joue et clame, entrecoupant ses deux formes d’expressions.

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Son bonnet noir porte le liséré vert pour les forêts d’Afrique, jaune pour l’or volé, rouge pour le sang versé du Rastafarisme. Il a d’ailleurs porté très longtemps des natty dreadlocks, qui avec ses lunettes de soleil et sa moustache ou sa barbe sous son bob, lui donnait un look assez improbable dans les années 70s à 90s.

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Soudain, il accélère, déchaîne une tempête de touches à pleines mains, à la crête des vagues noires et blanches, ses doigts éclaboussant les touches comme la marée se brisant sur les rochers. Il attaque en piqué comme un poisson volant ou un dauphin, puis replonge dans les abysses de la mélodie, de la « Cathédrale Engloutie », puis à nouveau le Jazz et ses vagues ininterrompues débordant en ruisseau, en fleuve, le clavier de ses doigts, l’un se substituant à l’autre, se superposant comme sa ligne mélodique ajoutée aux standards de Cole Porter. Il passe des valses folles d’un Chopin aux violences d’un Rachmaninov, étend ses doigts sur les touches, comme de tentaculaires étoiles de mers explosant soudain au ciel en feux d’artifice, puis ne se concentre que sur une note, pour y reprendre le flot discontinu des notes.

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Les cliquetis métalliques d’Oxley répondent en temps réel à ses clusts, rythment ses paysages impressionnistes qui souvent d’un trait vigoureux se brouillent et deviennent gestes purs, mouvements sur la toile imaginaire, abstraits.

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Cecil Taylor s’est toujours intéressé aux questions formelles, déclarant à Nat Hentoff : « Je suis très intéressé par les problèmes de son, les interrelations entre différentes structures possibles pour des instruments variés ». Encore à 80ans, il crée en concert de ces formes inouïes, expérimentales, mais où son érudition sème des pistes vers quelques références pour mieux les déjouer ensuite.

Applaudissements, puis Cecil Taylor reprend le piano étonnamment clair, limpide, qu’on n’attendrait pas de sa violence. Une autre influence de Taylor est Lennie Tristano pour la pureté de ses lignes ininterrompues, comme celle de son « Turkish Mambo », premier re-recording de l’histoire du piano Jazz. Comme lui, il alterne respect de la forme mélodique et liberté rythmique s’en échappant, la brouillant pour mieux en apprécier ensuite la clarté et y plonger pour en explorer les profondeurs sous mélodiques, à croire qu’il n’érige ses vaisseaux que pour les brûler.

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Il finit par un bis d’un de ses préludes à pas comptés « sur la pointe des pieds ».

L’orage passé, cette musique ne semble ni sans beauté mélodique (ce qu’on aurait pu attendre de sa violence), ni sans rythme ou répétitions (ce qu’on pourrait attendre de son côté « non musical »), mais ces deux aspects séduisants du pianiste se retrouvent plus souvent juxtaposés, alternés qu’ensemble et mêlés, ce qui demande un effort de concentration pour goûter la mélodie, bientôt détruite par le rythme, qui s’arrêtera pour faire place à la mélodie, au point de ne pouvoir plus apprécier sereinement ni la contemplation de la beauté ni l’excitation de sa destruction.

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Un gâteau est amené sur scène pour ses 80 ans, clavier de piano de chocolat s’affaissant, s’engloutissant par le milieu, à l’image de sa musique, ou peut-être de certains des pianos qu’il a utilisés…



Pour être plus critique par rapport à la démarche du free jazz contemporain en général, si le Jazz peut être apprécié en des salles prestigieuses par le public érudit et exigeant du classique contemporain et relativement fortuné, mais élitiste, et qui coupe le Jazz des jeunes, ne peut-on pas regretter qu’il y ait perdu le côté populaire des Jook Joints et des dancings, pour faire commerce de disques numérotés à quelques centaines d’œuvres. Le Free Jazz n’aurait-il pas dû, pour rester révolutionnaire, rester dans les lieux underground comme les lofts ou les caves ? Dans ce cas la démarche de Steve Coleman semble plus populaire et tournée vers l’avenir.



Jean Daniel BURKHARDT

jeudi 1 octobre 2009

LA FANFARE EN PETARD SORT SON 2ND ALBUM : CRAME LA MECHE

La Fanfare En Pètard est la Fanfare la plus active et moderne dans la région de Strasbourg.

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Leur dernier album « CRAME LA MECHE » fait suite à leur premier «SHAKE YOUR ASS » en 2004, après des débuts au dernier Festival Babel et un travail de composition et de rodage sur scène.

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Ce nouvel album dépasse de loin les attribution classiques d’une fanfare, les cuivres étant plus traités en bon backing band faisant écrin à des featurings divers, mais le côté Balkanique est présent dans les solos de saxophones et de cuivres, dans « RABALKAGANOÏD », quelques Reggae comique (« PETIT MARTIEN »), Dub comme « RISE & SHINE » à la mélodie magnifique, ou Ragga-Hip Hop Groove («CRAME LA MECHE ») à la Skatalites, mais aussi des arrangements extérieurs de Julien Lourau (« MADRES DE PLAYA DE MAYO »), de « 15 MINUTES OF FAME » de K. Bartos (membre de Kraftwerk), une reprise remix / bootleg / Medley télescopant deux titres du premier disque « GONG / NIMP » avec DJ Nelson avec qui ils les avaient joués à l’Illiade d’Illkirch, et l’album se termine sur un magnifique «LE CAS D’EDDY » où l’on entend la fanfare au naturel, excepté les effets wah-wah de la trompette à la Miles Davis de Marc Niess.

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Philippe Rieger, dit « Gaston », frère du saxophoniste Chritophe Rieger a pris plus de place dans le groupe pour poser ses mots, son flow Ragga (« ZBOOM ») contestataire ou festif et d’autres featurings invitent DJ Nelson, Mr E (Elias Finberg, Woidstock MC d’Art District) trinquant en trilingue sur NOROC, ou plus lointain, comme Papet J de Massilia Sound System venu poser ses accusation contre la corruption dans « LE VICE ».

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Vous pourrez entendre des extraits de ce nouvel album dans mon émission « Jazzology » de ce 1 er octobre 2009 sur Radio Judaïca Strasbourg (102.9 FM), et assister au lancement officiel de l’album ce samedi 3 octobre 2009 à 20 h à La Laiterie, avec l’ « Acoustic Boy’s Band » « Les Garçons Trottoirs » en première partie, La Fanfare En Pètard et Mr E en guest et un Set Funk-Electro-Drum’N’Bass de DJ Umpi en After. Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 30 septembre 2009

STEVE COLEMAN et ses Five Elements en concert pour Musica

Steve Coleman était en concert le 19 septembre dernier à 22 h 30 à la Cité de la Musique et de la Danse pour Musica avec ses derniers Five Elements, dont le trompettiste Jonathan Fimlayson (membre depuis le Live « Resistance Is Futile » à la Jam de Montpelier), la chanteuse Jen Shyu (présente depuis « Lucidarium, », et sur « Weaving Symbolics »), le tromboniste Tim Albright (de « Weaving Symbolics ») et le batteur Dafnis Prieto (« Lucidarium »), et leur nouveau guitariste Miles Okazaki.

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Steve Coleman est le saxophoniste afro-américain qui montre la voie : après des débuts dans des Big Bands comme celui de Mel Lewis, il crée l’ M Base (Macro-Basic Array of Structured Improvisation) puis les Five Elements, à leurs débuts très Funk et Hip-Hop, puis s’est intéressé aux origines du Jazz dans la musique afro-cubaine et la numérologie sacrée Egyptienne , expérimentant des constructions rythmique et mélodiques complexes et inouïes, sans se déprendre d’une intensité urbaine, a pris une année sabbatique entre 1999 et 2000 pour voyager, construire une maison à Bali et étudier les piritualités u monde et est revenu depuis plus fort encore.

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Les micros sont disposés en arc de cercle d’amphithéâtre choral pour cette musique spirituelle aux voix polyphoniques, terminé par la batterie, ou arrivent, de gauche à droite, Jen Shyu, Steve Coleman, Jonathan Finlayson, Tim Albright, le nouveau guitariste Miles Okazaki.et Dafnis Prieto à la batterie.



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Jen Shyu (chanteuse sino-américaine aux parents originaires du Timour Oriental) a évolué dans le groupe depuis son arrivée dans les secondes voix de « Lucidarium », s’est libérée musicalement en scat dans « Weaving Symbolics » et maintenant chante des mots et improvise des vocaleses. C’est émouvant de la voir évoluer ainsi, déployer ses ailes de concert en concert (encore un peu raide et en en retrait la dernière fois à Schiltigheim) et de disque en disque. Elle a même chanté une de ses compositions.

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La batterie drum’n’bass de Dafnis Prieto soutient les riffs de Coleman, Finlayson très aigu à la manière des trompettes d’Aïda de Verdi et le trombone de Tim Abright à l’unisson dans les basses et Jen Shyu scatte librement une quatrième voix de l’un à l’autre.

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Steve Coleman reprend par une intro soufflée en beatbox (« Fam Fit To Fit ») de son dernier album solo « The Invisible Paths » pour Tzadik, suivi de Jen Shyu en des aigus à la Björk sur les percussions . Chacun semble jouer quelque chose de différent dans cette harmolodie (technique créée par l'homonyme aîné de Steve , Ornette Coleman, mais à qui Steve Coleman a su donner un sens spirituel et urbain) mais où les autres par moments s’immiscent avec talent, se rejoignent par vagues en convergences inouïes qu’il appelle « flex » et remplacent chez lui l’alternance thème / solo du Jazz. Et pourtant tout cela est très harmonieux et va très bien ensemble grâce à leurs talents d’improvisation et leur écoute mutuelle.

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Steve Coleman a écrit quelque part que sa musique cherchait à aider l’auditeur à trouver spirituellement le chemin de son âme, mais il avoue aussi que, selon l’élévation spirituelle ou son besoin à un moment, on peut en apprécier les solos improvisés, ou danser dessus comme sur du Funk, écouter les paroles comme du hip hop. Le saxophone et le trombone se retrouvent sur un duo.

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On retrouva « Kabalah » de « Lucidarium », le meilleur disque récent de Steve Coleman pour la fusion entre la spiritualité asiatique vocale de Jen Shyu et le rappeur Kokayi (http://www.dailymotion.com/relevance/search/steve+coleman/video/x4gljz_part2-steve-coleman-5-elementopus-a_music ) de son groupe de Hip Hop The Metrics et d’Opus Akoben et « Gregorian » de « Weaving Symbolics »

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Mais Steve Coleman a aussi une grande culture de Jazz, bop et autres, et cite « Bitches Brew » de Miles dans ses solos, tandis que Jen Shyu décompose les syllabes, les mots, en lettres, en sons, en musiques, en poésie sonore lettriste, comme utilisant le khyal indien à la manière de Nusrat Fateh Ali Khan, part en transe syllabique.

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Dafnis Prieto marque la clavé, puis Steve Coleman reprend la main par la rythmique, rallume le feu de l’impro libre chez ses solistes, la jam en live des « flex » joués plus sur les réflexes que sur la pensée maîtrisée. Il aime à introduire de « méditations » spirituelles ses « flexs » plus improvisés collectivement. C’est la forme de concert qu’il préfère, libre et décontractée, qu’il appelle « Grass Roots », laissant pousser naturellement la musique des racines de la terre à l’air de l'herbe, au hasard, comme sur le Live à La Jam Montpelier « Resistance Is Futile » avec déjà Jonathan Finlaysaon..

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Avec le temps, Jen Shyu est devenue une voix soliste au même titre que les autres instruments, et maintenant c’est le guitariste, dernier arrivé, qui est un peu à la traîne. Cette initiation spirituelle et didactique en Live donne l’énergie et le renouvellement à l’orchestre de Steve Coleman, une structure changeante par roulement qui le préserve de l’ennui. En effet, le marché du disque est trop lent, trop lourd pour lui, les disques juste des jalons posés pour marquer les étapes, mais dépassés sitôt enregistrés, et qu’il se lasse vite de rejouer tels quels sur scène, préférant les impros libres, les inédits, la création en direct. Il lui arrive même d’enregistrer le disque PENDANT un concert et de le distribuer gratuitement à la sortie au public, qu’il estime y avoir participé !

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Une autre influence dans les tempos rapides de Steve Coleman est le mantra Bouddhiste rapide (Steve Coleman est bouddhiste) qu’il scatte sur les différents rythmes de la cowbell de Prieto, ou mêle dans ses vocaux litanie bouddhistes et mélodies Bop de Thélonious Monk, comme ici « Straight No Chaser », comme à Montpelier, Dizzy Gillespie….

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Un autre solo du saxophoniste montrera sa culture des tandards, passant par « Lush Life », puis par «The Way You Look Tonight », joué plus dans l’esprit que dans la lettre. Quand il essaie un nouveau saxophone, c’est toujours sur du Charlie Parker dont son père était un fan. En d’autres temps, il eût été un saxophoniste lesterien, parkerien, et l’est parfois, entre autres choses.

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Pour le bis final, après avoir présenté les musiciens comme dans « Resistance Is Futile » en entrecoupant ces mots d’improvisations libres, tous scattèrent en litanie Bouddhiste-Hip-Hop (http://www.youtube.com/watch?v=MsGeImrEcC8&feature=related) , échangeant les instruments pour les voix.

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Trop complexe et beau pour être décrit par le menu, ce concert qui se prolongea jusqu’à près d’une heure du matin, prouva le talent individuel et collectif de steve Coleman et ses Five Elements.

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Le Festival MUSICA se poursuit, avec, ce vendredi octobre à 20 h, un Concert Anniversaire pour les 80s ans du pianiste Free Cecil Taylor à l'Auditorium de France 3 Alsace à 20 heures.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi 21 septembre 2009

Un Nouveau Festival Musical à STRASBOURG : INTERFERENCES

Ce week-end s’est tenu à La Citadelle (lieu des festivals International Tzigane et Alsace Percussions, mais peu exploité musicalement depuis) la première édition d’un nouveau festival musical : INTERFERENCES, organisé par Safia, Miléna et Léo, habitués des soirées du Molodoï, et tirant parti de la richesse de la scène locale.

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Le vendredi 18 septembre était consacré au Punk Rock avec « J’aurais Voulu », le samedi à l’electro et au hip-hop avec Art District, DJ Nelson en tête d’affiche et une intéressante réunion de trois groupes le duo de DJ Chud et les groupes de dub Eyeshot, et La Brèche en « Chudeyebrreche ».

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La communion de ces structures et individualités est une fleur don chaque pétale s'épanouit, et a donné un bon support au flow hip hop en anglais de la chanteuse d’Eyeshot et son melodica, Carine de La Brèche à l’émotion orientale vibrante ou le bagou d’une Catherine Ringer en français de celle de la Brèche et au violon d’Anita Bomba qui nous livra la « Recette de la daube » musicale pour accommoder ces éléments disparates, une mèche couvrant son œil en pirate sur la guitare d’Eyeshot et les congas jouées façon tablas par le percussionniste.

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Le dernier jour, dimanche 20 septembre, dédié aux musiques traditionnelles, après un set amusant de DJ Gloubiboulga, DJ pour grands enfants nostalgiques rejouant la BO de « L’Île Aux Enfants » entre autres génériques enfantins entre une reprise féminine accélérée de « Salade De Fruits » de Bourvil, « Chaud Cacao » d’Annie Cordy avec excuses à leurs familles. Il fut suivi de DJ’ellaba (car il se produit et vit en djellaba) arrivant sur « Within You Without You » (la chansons indianisante de George Harrison de l’album Sergeant Pepper’s Lonely Heart’s Club Band »), puis un bootleg de « Gloomy Sunday » Billie Holiday, puis une chanson hip hop amère mais actuelle : on n’en vient à cause du monde à ne plus aimer les gens et un slam sauvage d’Aldo sur les noms qu’il voit en rêve.

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De l’autre côté, on put ensuite entendre autour des tables le groupe Zakouska, excellent groupe de musique Tzigane de deux violonistes, un guitariste un peu bouzouki sur une corde et un accordéoniste vraiment dans le style des banquets de mariage tziganes de Roumanie (où ils étudièrent cette musique), mais capables aussi de Flamenco Gitan, qui invitèrent un de leurs amis jongleur Pyrénéen qui fit danser son diabolo comme personne.

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«Ben Seultou » chante des chansons contestataires, baladin engagé ou concerné, aux textes poétiques ou ironiques, constatant l’égoïsme humain et ses travers plus qu’ils ne les dénoncent, portés par de belles mélodies, une vraie voix et de bons arpèges de guitare, mais qu’on devine derrière ou dans ses illusions perdues porté aussi par l’espoir d’un idéal à inventer, à créer encore, (pour lequel se battre. Ben est Seul mais ce Seul est un Tout plus que Tout Seul. Et puis Bob Dylan l’était aussi au début… Ses introductions et mimiques étaient amusantes et ses amis là pour le soutenir. Finalement l’ironie le sauve du côté moralisateur prêcheur boy-scout de la protest song.

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Une de ses chansons sur un homme qui s’endort sans savoir son bonheur de ne pas connaître la misère m’a fait penser à celle de Marcio Faraco «A Dor na Escala Richter » où il disait que sur l’échelle de la Richter de la douleur, on ne se soucie des tremblements de terre « que lorsque le poste de télévision tombe de l’étagère »…Mais ses personnages, s’il les critique, sont humains aussi par leurs travers mêmes, émouvants, et peuvent évoluer, et il les traite avec tendresse. Il a sorti un premier disque « Egali-Terre » et l’a déjà dépassé de quelques nouvelles compos.

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« Bal Pygmée » est un groupe habillé de zèbres en chapeau, foulard, gilet, cravate ou autre accessoire, à la chanteuse charismatique et théâtrale, capable de passer de la folie de l’enfance à une sagesse sans âge, accompagnée d’un groupe assumé «folklo franco-maghreb-ô-elsâssich AOC » guitare, basse, accordéon batterie, percussions et clarinette efficace, qui viennent de sortir « Chansons Rayées », enregistré en studio et live à la Friche Laiterie.

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Ils commencent par « Debejani », magnifique ballade à clarinette klezmer, où la chanteuse tourne sur elle-même comme une poupée mécanique, chantant dans un au-delà des langues ou dans plusieurs connues et imaginaires, improvisées et mélangées en un esperanto de l’émotion universelle qui nous parle et nous charme, jusqu’à cette vérité que « le Temps Passe » sous les coups de caisse claire du percussionniste barbu comme un marin au bonnet de montagne ou des bois, et se termine plus gaiement en invitation à une valse folle comme « Le Mal de vivre » de Barbara se terminait en joie de vivre dansée tout aussi passionnément à la russe. Après information auprès de Malika, la chanteuse de Bal Pygmée: "Debajani est une chanson traditionnelle algérienne que les femmes chantaient quand j'étais ptiote, une chanson qui parle de ces femmes qui quittent le foyer familial lorsqu'elles se marient, déchirement pour commencer une autre vie et quitter le monde de l' enfance. C'est la première chanson composée avec Bal Pygmée".

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« Sex For Fish » est une Bossa Tango Paso sur les vacances au « padam padam padam » rallongé de quelques temps où la chanteuse une héritière déjantée d’Edith Piaf, puis arrête tout dans un silence brutal au regard terrible.

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« L’âge rit »est un paso manouche de troisième âge avec danse des genoux en flexion et un côté Paris Combo dans le décalage Jazz de la voix, mais Combo d’ailleurs car revisité façon Brigitte Fontaine ou Les Elles et musiques traditionnelles sur le groove de la contrebasse, avec une extraordinaire incarnation de la petite vieille de 71ans (on dirait une des vamps, ou les deux !) qui a attendu d’être en maison de retraite pour tomber amoureuse.

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Suit "Pritsch" un flamenco jazzy parce qu’ »On est tous un peu zinzins», sur « la vie pas si facile » « les filles des magazines » au groove jazzy décalé avec un scat à la Paris Combo dans l’accent faussement anglais et sa sensualité distante entre feu et glace, mais se termine par « la vie dans un bidon ville ne tient qu’à un fil ».

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Leur plus beau texte est « Longues Nuits » un texte Arabo-Andalou du XIème mais très moderne sur un flamenco lent et une cymbale orientale où la ferveur de l’amour est poussée jusqu’au mysticisme dans le manque et la nostalgie, souligné d’un geste dramatique, où chaque musicien prend sa place dans un ambiance envoûtante, hypnotique, « s’en allait battre aux rythme de tes han-an-ches » puis finit dans un souffle, un soupir, le souffle coupé, se fige.

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Ils terminent par la version la plus locale de « La Mauvaise Réputation » et la seule à prendre en compte les expulsions des sans-papiers, donc la plus actuelle, partant en ska acoustique à deux voix avec le clarinettiste et remplaçant les manchots et aveugles du Brassens antimilitariste par les ragondins, les Alsaciens avec la coiffe en nœud locale, ornée de rubans zèbres, bien entendu! Le meilleur groupe local que j’aie pu voir depuis longtemps pour leur folklore généreusement mondial et imaginaire, qui fait aussi penser à Lo' Jo par sa poésie en créole personnel.

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Le groupe de reggae Indika est l’un des meilleurs groupes de reggae Live de la région depuis 2001, grâce à une rythmique reggae roots, un bon chanteur et d’excellentes choristes et a sorti en 2008 son dernier album, « Shooting Star ».

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Ils commencent par un de leurs nouveaux morceaux, le « 9 to 5 Reggae », un Reggae pêchu aux influences ska et aux chœurs do-wop relevé, sur l’album, d’un harmonica Bayou Zydéco cajun. La guitare solo est psychédélique et world, suivi d’un solo de saxophone alto sur la basse de « When The Music’s Over » des Doors.

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La guitare rythmique introduit en dub « Pas de fumée sans feu » avec une rythmique basse/guitare vraiment à la manière des albums de Bob Marley ou de Peter Tosh sur Island, avec une belle mélodie et un de ces solos de guitares Blues Rock à la pédale wah-wah sur lesquels misa Chris Blackwell pour faire aimer le reggae au public américain sur « Catch A Fire », premier album de Bob Marley & The Wailers sur Island. Ils reprennent même la basse de « Slave Driver » (premier nom de "Catch A Fire" que les Wailers jouaient déjà dans la tournée « Talking Blues » aux Etats-Unis où leur succès supérieur au sien fit résilier son invitation à faire sa première partie à Sly & The Family Stone.

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Après une excellente intro de guitare psyché 70ies commence « Virus », le plus beau titre du dernier album, un reggae Peace & Love 70ies aux magnifiques harmonies vocales. Ce « virus qui a envahi le monde » est la guerre et la misère. [Cette émotion, cette compassion, n’empêchent pas les paroles d’être engagées, car le Reggae dépasse la seule consolation de l’opprimé comme le Blues ou le Jazz par l’insurrection, est AUSSI conscience politique, appel à la lutte et révolte douce.

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Les voix dans le reggae, la justesse des chœurs, sont l’élément le plus difficile à obtenir, et ceux d’Indika sont parfaits sur « Shooting Star » avec des harmonies proches de celles de « War » de Bob Marley.

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« Love Is the Solution » est introduit par un clavier très rapide, presque Salsa sur une batterie drum’n’bass installant un tempo sautillant sur la caisse claire du percussionniste.

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Le symbole d’Indika est un arbre dont on devine les racines par le tronc énorme et puissant de baobab, aux branches noueuses et nombreuses s’épanouissant comme des racines, «arbre buveur de ciel » disait Nougaro dans « Mater ».

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Un autre reggae, plus cool, place son espoir dans l’engagement et l’unité (« rien ne pourra jamais tuer notre force intérieure, Unite People »).sur la mélodie du « Kinky Reggae » de Marley rappelant le réveil au commissariat de « Brurnin’ and Looting », entouré de gens « all dressed in uniforms of brutality », pour demander « no more war, no more killing », et est aussi engagée (« tant que je serai là ils ne m’arrêteront pas ». C’est de la conscience de l’oppression que naît la révolte.

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Et ce ne sont que des compositions, mais dans le style des reggaes de Bob Marley dans les années 70s, ce qui est plus difficile que des reprises.

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Dans le « Babylon Blues » aux chœurs presque Gospel, je comprends que c’est leur connaissance profonde des origines aussi du reggæ, mais aussi de ses origines dans le gospel via les vocaux collectifs du Niabinghi qui les rend si bons, au même titre que ces solos de guitare Blues-Rock entre Clapton et Hendrix. Il faut comprendre les origines, les tenants et les aboutissants d’une musique pour bien la jouer, qu’elle devienne spiritualité et rentre dans notre façon de vivre. Eux y sont arrivés indubitablement avec le Reggae. J’irais même jusqu’à dire que je les ai préférés aux wailers sans Bob Marley ni Peter Tosh, ni Bunny Livingstone!

Lucia De Carvalho est une chanteuse noire née en Angola, éduquée en France, qui a fait pendant dix ans partie du meilleur groupe de Batucada Brésilienne de la région , Som Brasil (), puis s’était produite avec Franck Wolf dans un répertoire plus Bossa Nova, et lance maintenant son premier projet en tant qu’auteur compositrice de ses propres chansons.

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Elle a gardé l’ « ENERGIA » chère à l’autre chanteuse de Som Brasil, vu ici-même lors du premier et unique festival « Alsace Percussions ». Cette énergie est servie par des arrangements Rock très modernes à la Cyro Baptista dans son « Carengueiro Estrelha Brilhante » (The Crab and The Shining Star) citant « Heartbreaker » de Led Zeppelin, grâce à son guitariste électrique et acoustique, tandis qu’elle joue de la batteria ornée de fleurs, d’autres autres percussions duvetées de rose et chante avec deux choristes en robes rouges et aux micros fleuris, une africaine et une blanche de type espagnol: de loin la scène la plus belle, colorée et exotique du festival!

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Mais elle n’a pas peur de quitter la musique et même la langue Brésilienne pour un authentique Flamenco en Espagnol, et lui donner la saveur Arabo-Andalouse et les percussions partant comme un cheval au galop, mais sait aussi le moderniser à la fin en Flamenco en Hip Hop à la manière plus moderne des jeunes groupes néo-flamenco espagnols comme Calima sur la cajon partant en drum’n' bass.

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Elle retrouve le Brésil et le style de Nazaré Pereira, fait chanter le public « Zena fenza lâ » sur une batucada endiablée.

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Elle ouvre aussi la musique brésilienne à la pop sur la cowbell, comme le fit Elis Regina en son temps, ou le fait encore Mariana Aydar sur des percussions irrésistibles, modernise les musiques traditionnelles, la fait entrer dans le XXIème siècle.

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Elle pousse même jusqu’au Funk, au Rock, avec son « Som », maracatu funky, la chanson la plus moderne de son répertoire, avec cette guitare wah wah presque Afro Beat et le groove vocal de ses onomatopées, aussi funky que Banda Black Rio en moins daté Groove 70ies ou Caetano Veloso dans "Odara"..

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Bref, de la musique Brésilienne ouverte à tous vents, respectueuse des traditions, mais tournée vers l’avenir, et est une des meilleures promesses de la région, dans la musique Brésilienne mais pas seulement, et nous avons beaucoup de chance de l’avoir dans la région, donc de pouvoir la voir plus souvent que les Brésiliennes ou Angolaises venues de ces pays.

Twan est le dernier artiste à se produire ce soir à presque minuit. Il se produit seul avec ses dreadlocks en chantant avec sa guitare, mais sa force est dans ses compositions originales, Reggae, Ragga ou Sega. Il avait, en 2008, partagé par surprise son set avec Francis Lalanne, alors candidat Vert pour Antioine Waechter dans le quartier de la Krutenau… Twan a déjà sorti l’album « Comme Un Roc ».

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Dans ses vocaux, il fait preuve d’une réelle Soul roots et a un bon jeu de guitare et ses chansons sont poétiques. Il chante les espoirs et les plaisirs et nous en redonne le goût, non sans une certaine sagesse malgré son jeune âge.

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La première chanson est un souvenir sur une biguine d’une fille qui lui demandait ce qu’il cherchait, les phrases entrecoupées d’un talk-over naturel les ancrant dans sa vie quotidienne et ses anecdotes amusantes, prenant ceux qu’il y croise et le public à témoin, comme Lavilliers dans « El Dorado », et il ne trouva que répondre, comme si la conscience de cette vanité de sa vie était à l’origine de sa vocation de chanteur, mais la fragilité, le doute, continuent de rendre la chanson émouvante, comme si le sens était à réinventer dans chaque chanson, et chaque matin à trouver la direction du jour.

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Pour trouver ce sens, Twan « veut voyager » découvrir d’autres horizons et « être étranger », voyager spirituellement aussi, comme il nous fait voyager. Espérons que sa musique lui en donne l’occasion, car il le mérite. Avis aux promoteurs de concerts, festivals, etc...

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Il poursuit avec une superbe reprise en biguine bossa à la magnifique mélodie de « La Javanaise » de Gainsbourg conciliant la guitare acoustique sans les chamdams chamdams de la première version en valse exotique et le rythme exotique dub Jamaïcain de la version « Javanaise Remake » Reggae remplaçant « mon amour » par « Love » en une troisième personnelle.

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C’est émouvant de voir qu’un type tout seul, juste avec sa guitare, des chansons, compos et reprises peut encore susciter l’enthousiasme d’une jeunesse solaire et souriante que je croyais plus habituée à se vider la tête sur de la bruyante techno ou à passer sa haine inutile sur le rap.

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Mais « Au Nom Du Père » montre que Twan est aussi engagé, en appelle à la conscience politique, réfléchit sur l’actualité et l’histoire : nos croisades, notre colonialisme et aujourd’hui leur guerre sainte, les guerres de religion et les attentats kamikazes et les enfants soldats, la situation au Moyen-Orient, alors que la spiritualité devrait être acte et message d’Amour, et répond « Seul ton cœur connaît les réponses » sur un flow ragga. Dylan le disait aussi à la jeunesse en 1964 dans « With God On Our Side ». Mais Twan le dit avec moins d’idéologie, plus d'humou, plus de questions que de réponses, ce qui est plus dans le genre de la jeunesse actuelle.

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Pour une autre chanson, il souffle dans un kazoo avec une gaieté comique, clownesque New Orleans et utilise le bois de sa guitare comme percussion, pour « ne pas confondre partager et imposer ». Une autre chanson est plus émouvante encore car plus personnelle, sur son grand père dont « la maison de repos est bien loin d’ici », que, «s’il le pouvait », il aimerait kidnapper et emmener avec lui loin de ce monde de fous, en fugue poursuivie par la police. Ce n’est pas possible, mais c’est d’une magnifique naïveté déjà que d’en avoir l’idée…

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Dans la ville, parfois Twan fait parfois tache à chanter sa joie de vivre à ceux qui ont perdu la leur. Il en a fait une chanson amusante, « Hystérique ».

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Autre reprise également originale, celle de « Foule Sentimentale » d’alain Souchon en Sèga, sur un rythme kléger, reprise par le public, la plus douce des chansons contre cette société de consommation (), confrontée aux rêves d’autre chose que nous avons encore.

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Sur la « der des ders », le riffs funkys raoppellent un peu ceux de Roy Buchanan dans « Cant I change my mind», introduisant sa plus belle ballade poétique pleine d’espoir en de nouveaux matins : «Chaque Seconde » : « Nous ne savons plus voir à quel point l’aurore est une victoire…mais chaque seconde naissent des enfants qui demain feront l’histoire, alors jouis de chaque seconde qui passe.» Ce texte montre que Twan a déjà acquis par lui-même sa part de sagesse universelle en devenir, une vision globale. Bob Dylan le chantait déjà, environ au même âge, avec moins d’espoir, dans « Hollis Brown ».

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Twan se produira le samedi 3 octobre à 21 h au Caveau du Jimmy's Pub (29 rue des Juifs à Srasbourg).

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Bref un festival qui m’a montré des richesses de la scène locale que je ne soupçonnais pas, et m’en a rendu l’espoir. Longue vie à Interférences!

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 19 septembre 2009

Le Bal Gascon cubin de Bernard Lubat ouvre la 20 ème saison de Pôle Sud à la Plage du Baggersee

Le bal Gascon, Bernard Lubat est pour ainsi dire né dedans et a grandi en lui, dans ce Café L’Estaminet d’Uzeste en Bazadais créé par son père Alban Lubat, accordéoniste amateur qui le met au piano mais le laisse s’y exprimer librement (d’où sa conception hétéroclite de l’instrument), mais c’est comme batteur qu’il entre en percussions au Conservatoire de Lyon, puis monte à Paris, rencontre l’organiste à St Germain des Près Eddy Louiss, avec qui il accompagne Stan Getz sur « Dynasty » et Claude Nougaro, participe au Free français, puis en 1977, pour ne pas devenir « un vieux couillon du Jazz », retourne à Uzeste faire SA REVOLUTION, monte la « Compagnie Lubat Dé Gasconha », le Festival d’Uzeste en 1985, le seul festival de Jazz permanent à sa grande époque enregistrée en 1994 sur « Scatrap Jazzcogne », et vient de remporter, avec « Chansons Enjazzées » où ce « malpoly-instrumentiste », comme il se définit lui-même, scatte, rappe, jazze et cogne et chante des textes de son cru poétiques et révolutionnaires, joue de l’accordéon, des claviers et de la batterie, le Prix du «Artiste vocal de l’année 2009» aux Dernières Victoires du Jazz et a dédié son prix « aux jeunesse musiciennes d’Uzeste qui nous montrent l’avenir ». Ce sont d’ailleurs ces jeunes Uzestois issus de la Compagnie Lubat dé Gasconha" qui l’accompagnent sur scène dans ce « Bal Gasconcubin »

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Il était déjà là il y a vingt ans pour l’Ouverture de Pôle Sud. Après un banquet Gasconcubin, le Bal Gasconcubin de Bernard Lubat est déclaré ouvert sur la Plage du Baggersee, où nous accueillent des danseuses XVIIème de La Compagnie Velvet de Joanne Leighton en perruques poudrées, robes à volant et marinières.

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La guitare biguine funky de Patrice Vieira sur les coups des deux batteurs, un qui Jazze la rythmique, l’autre solote funky en ras le Band sur un air de musette rythmé par les claviers de Lubat sous son chapeau de pêcheur de cuir de nuits noires, avec les mêmes unissons inouïs, sauvages et polissons avec le saxophone que dans « L’Idiome Sandwich ». Il joue des claviers avec des ralentis organique d’orgue et remplace ce soir sous ses doigts les soufflets du « gnan gnan » de l’accordéon.

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Le second titre, une « biguine gasconcubine » est introduit par Patrick Vieira au mégaphone puis au cor de Roland de Roncevaux. En fait, ce « Tout P’tit » est à l’origine Martiniquaise, puis « uzestusinagée », de Pierre Louise, « transe-mise » par son fils le maître d’organiste Eddy Louiss en 1970, et déjà interprétée en 1993 à Uzeste et sortie sur le disque « Conversatoire » de piano solo de Lubat. Le saxo taxiphone/sonne et joue, funky sur le prequ’orgue Lubatien, le Lub’orgue à deux pédales, une pour chaque pied marquant le temps en permanence, qui ensuite coule léger des vagues de fender rhodes se baladant de ci de là aux ras des baguettes.

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Lubat part en un scat dont renaît la mélodie première, primale, puis en paroles les mots. Pour « Chansons Enjazzées », il a rajouté ces paroles de son cru sur son origine et toute sa vie: « Depuis tout p’tit, je m’suis grandi..je m’suis joui », raconte, vit et chante, joue et jouit sa vie sur scène avec cette sauvagerie débordante de toutes les musiques qu’il a traversées et créées, qui sont en lui et qu’il fait siennes encore, transbahuté de par le monde par sa passion.

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Lubat nous interpelle « ça va ? Formidable! Il y a vingt ans on était déjà la… » Je lui demande « C’est les mêmes ? », et il me répond «Bien sûr c’est les mêmes, comme moi je suis mon père ! ». Il aimerait qu’on danse en couples à son bal, et moi mes pieds dansent certes, mais mes doigts notent pour cet article les impressions délirantes qu’il m’inspire… Il m’affuble d’un positif « et lui là qui prend des notes… Tu trembles, Cadavre ! ». Cadavre ? mais Cadavre Exquis Monsieur, notant de l’in au très conscient les émotions qui me traversent de vous voir et entendre ce soir pour n’en rien perdre!

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Il annonce un « Funky Suave », une mélodie comme sublimée par l’impro, méconnaissable, puis que je reconnais pour une version instru de « J’aime pour la vie », une de ses dernières « Chansons Enjazzées », diatribe où il disait qu’il n’aimait PAS ceux qui l’ont provoquée et le cynisme de l’argent roi. Donc cette version instru montre ce qu’il « aime pour la vie » : jouer sur scène avec ce saxo free, avec un gros accord Hendrixien du guitariste Jazz Rock de Vieira. Ce qu’il aime, Lubat, c’est cette furie musicale pour la vie qu’ il a fait sienne, qui le fait vivre et nous fait vibrer, et finir après les deux guitares par un sol’orgue sur le sax.

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« Voilà un Blues pour danser encore plus près…plus près de toi mon cœur ». En fait de Blues, c’est « Goodbye PorkPie Hat », « Blues Mingusien (aux harmonies complexes) » , écrit par Mingus pour Lester Young à sa mort sur lequel il a écrit « Mes Nuits Blanches » sur ses nuits blanches Uzestoises, avec ici un beau saxo mélancolique. Mais là encore il ne chantera pas les paroles, bifurquant vers son propre « St Just Blues » en gascon et anglais, (Blues bilingue de 1789à nos jours) de « Scatrap Jazzcogne » contre le racisme et tout ce qui fait que nous ne sommes pas assez révolutionnaires et la misère humaine et pour la justice sociale qui choquent Bernard Lubat sous son béret basque Guevarien.

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Depuis le temps que Lubat se même aux standards du Jazz, ils s’emmêlent à se confondre avec les siens, s’embellit, s’emberlificote et fricote la guitare, l’asticote en Blues Rock, «occitane le tempo », chantait-il alors. Le plus Bop est le saxo qui joue Parkerien comme André Minvielle reprenant « Bloomdido » dans « Mme Mimi » sur le clavier qui monte jusqu’au cri free. Lubat fait clavier et vocoder, comme joe Zawinul, il EST orgue et clavier à force d’en jouer, comme si tous ces moyens d’expression et instruments successifs s’étaient incorporés en lui par tous ses pores exsudant sur tant de scènes, et qu’il réunies en lui toutes les raisons que nous avons eues de l’aimer depuis toutes ces années.

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Il est aussi éléphant blanc qui scatte comme « les blancs éléphants l’aspergeant de mé-MOIRE ! » de Nougaro dans sa « Locomotive D’Or ». Lubat, qui accompagna Nougaro en Afrique après le disque « Bleu Blanc Blues », est lui aussi un « Amour Sorcier », Gué Gué Gué!

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Il continue avec « une biguine Gasconcubine pour se reposer un peu », qui s’avère être « D’ici D’en Bas » (http://www.youtube.com/watch?v=A_1GFgHn_D4&NR=1 ), sa dernière autodéfinition poético musicale, et la meilleure de ses dernières Chansons Enjazzées, le plus beau texte et la plus belle mélodie et jouée plus lentement : « Je suis d’ici d’en bas, d’ici d’enfance de là, d’ici d’en langue des bois…dissident Uzestois, d’ici d’enfreindre la loi », demande qu’on lui monte le son (« Eh j’m’entends pas, alors que j’suis tout seul ! » sans perdre le tempo, se fait conteur et troubadour, « d’ici d’ancien Gasconcubin ».

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Ce qu’est arrivé à faire Lubat, c’est à garder le rapport au terroir tout en le modernisant. Les autres entrent dans la danse, peu à peu, puis à fond. Dans ce dernier disque, on retrouve un Lubat personnel et universel comme dans « L’Idiome Sanwich » en 1986. Le saxo prend un solo plus cool, Lesterien ou Parkerien avec le Jazz Rockubain des guitares derrière. Lubat utilise le clavier comme un orgue, comme une machine, puis les guitares partent sur le cri du saxophone.

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Il est « d’ici d’en bouse de là », né dans le Sud Ouest, il a bougé de là, contrairement à MC Solaar,, il est né à ce soleil, n’a donc pas à le chercher.

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Sur les congas, le scat Gasconcubin lubatien tape et se sample en live comme André Minvielle sa Minviellàroue, est riche de toutes ses expériences musicales, de toutes ses rencontres, mais les a faites siennes depuis 40 ans en restant lui-même et les rassemblant en lui-même.

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Il est aussi d’ »ici d’en bas, d’effraie, d’emprise de là… »

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De ce créole personnel n’appartenant qu’à lui, on perçoit plus l’idée générale que particulière, on grappille ce qu’on peut dans les beautés de cet océan de paroles qui nous emportent. Le saxophone joue avec un son d’orgue tant il joue avec lui jusqu’au dernier unisson. Lubat c’est à la fois cette indépendance d’être soi et cette générosité de le partager avec les autres. Sur cette plage du Baggersee, certaines ont enlevé leurs chaussures comme sur la plage du Club Méditerranée.

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Ils poursuivent avec l’adaptation Gasconnisée par Lubat d’un standard de Dizzy Gillespie, «Night In Tunisia», devenu « Nueit en Uzseta », mais la version la plus groovy que j’aie entendue de ce standard Bop, que Lubat avait chanté en 1962 à ses débuts avec les Double Six (le meilleur groupe vocalese français) et Dizzy lui-même, en changeant le texte pour une histoire de tapis volant.

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Le Bop n’a pas été aussi intense depuis longtemps, jusqu’à ce groove porté par deux batteurs et une très jeune bassiste, puis part avec le sax sur les congas. D’une manivelle manuelle du poignet, Lubat relance, comme Henri Texier le batteur de son fils Christophe Marguet, l’improvisation de ces musiciens qui doivent avoir la moitié de son âge et termine en tapant sur ses claviers.

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De naissance, Bernard Lubat a assimilé toutes ces techniques de danses au Café L’Estaminet (« un lieu qui parle », a-t-il dit un jour) d’Uzeste, il a le bal en lui depuis toujours, ce Jazzbalalubat, et continue par une mazurka biguine, fracassée de toutes parts, remise au goût du swing et du groove avec ce son énôôrme, auquel le saxo donne son souffle, devient batucada publique sous les mains des tambours des congas et des batteurs, menée dans cette jungle par le mégaphone toucanant du guitariste comme la « Mama Sauvatge », « Samb’Aquitaine », en version « grand swing des rues et des champs en Favelas bandas jazzconha » de la Compagnie Lubat enregistré live au 16ème festival d’Uzeste en 1993 sous les feux d'artifice du tromboniste Patrick Auzier (capable d'en déclencher même en salle!).

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A ce moment, ils nous amené Uzeste ici, taxiphonanant du saxo, mégaphonant la canopée Brésilienne, chantant et criant à tout va.

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Voilà l’Herbe, l’Herbie, l’herb’à la coque, l’Herbie Hancock, « Cantaloupe Island » de 1964, remis au goût du jour par US3 en 1993, mais repris à la manière des Headhunters avec qui il avait modernisé en 1962 son «Watermelon Man» avec des chants pygmées après avoir été porté dans la jungle cubaine de Mongo Santamaria.

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Version funky, dansante, électrique, avec cette sauvagerie du Sud, comme des vagues de mer rhodes sous ses doigts communicant, se transvasant. Par leur joie de vivre solaire, ces gens du Sud sont, avec leur intensité généreuse, leur folie, nos bronzés de la vie à nous, nos noirs au sens noble du terme, nous froids gens du nord presque allemands, chez eux « l’Espagne qui pousse un peu sa corne » dont parlait Nougaro.

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Lubat fait parler, chanter, gémir le clavier comme lui-même. J’ignore si Herbie Hancock est déjà passé à Uzeste, mais son esprit, Gasconnisé, est présent dans cette reprise façon Chameleon d’un de ses titres Blue Note les plus funky, dans cette guitare à la John Mc Laughlin cherchant l’aigu comme le soleil dans la montée dans « Resolution" dans « Birds Of Fire » du Mahavishnu Orchestra.

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Puis le saxo s’immisce par un solo très doux, puis d’un souffle électrique, troublant, tremblé, vibrant, vibré, vibrionnant jusqu’au cri free sur le clavier de Lubat. Cette formation a un vrai son de groupe, mais est capable de tout jouer de la musette à la biguine gasconcubine, au Jazz-Rock Funky, et termine sur un tempo d’enfer par des effets de batterie Rock orchestré par Lubat.

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« Un petit dernier pour les copains artistes » : une reprise digne d’un cirque Jazz Rockant de la musique de Nino Rota, pour « Huit et Demie » de Fellini ronde folle finale de Mastroianni qui a retrouvé toutes les femmes de sa vie plus une qu’il avait oubliée et croyait la seule et unique et s’être rêvé à la tête d’un harem, le tout accéléré par le producteur qui veut son neuvième film et traîne Mastroianni qui s’était réfugié dans un couvent / sanatorium avec actrices et comédiens et ça repart toujours de plus belle.

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Après un dernier Bis Jazz Rock Latino joué, dansé, scatté, où il apprend au jeune bassiste à côté de lui à ne pas interférer dans le solo de congas (la Compagnie Lubat est une structure d’apprentissage musical destructuré en live), et finit en « Roi Dagobert ».

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Bref, Bernard Lubat a montré qu’il avait toutes les musiques de sa vie en lui, de la musette gasconne, à sa cousine cubine, au Jazz-Rock et à ses inimitables chansons en lui, et pouvait tout remettre en cause pour le plaisir du jeu.



Jean Daniel BURKHARDT

mardi 1 septembre 2009

L'Orkestra Miniature In The Park (OMP), fanfare Berlinoise de jouets sur le parvis du Centre Beaubourg

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Dimanche 9 août, toujours à Paris, nous sommes allés voir avec « Chamo », une amie illustratrice de mon frère, une fanfare Berlinoise de jouets, l’Orkestra Miniature In The Park (OMP) ou Schockoladen Hoffest, sur le parvis du Centre Beaubourg créé par Georges Pompidou.

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La proximité de l’abréviation OMP en bleu blanc rouge sur la batterie avec l’UMP au pouvoir n’évita pas, ou provoqua peut-être, l’arrivée d’un groupe de trouble-fêtes en costumes et cravates officiels s’enquérant de l’autorisation préalable, qu’heureusement une musicienne retardataire trouva au fond de son sac à dos.

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La fanfare est composée d’une petite batterie, d’un glockenspiel, de deux mélodicas, d’un xylophone et d’un piano miniature, d’une bassiste en t-shirt de tigre jaune, et d’une mini-guitare jouée par un barbu, et d’un chanteur charismatique en short bavarois et Tshirt rouges, de garçons et de filles français et allemands aux looks colorés, sans oublier le cochon chinois doré « Schweinie », tirelire qu’ils font passer dans le public et qui doit renifler pour ne pas le perdre et signaler sa présence, censé récolter l’argent «pour prendre l’avion ».

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Leur répertoire est composé de standards solaires et gais, chantés avec charisme, accent et délire par le chanteur aux couleurs flashys et lunettes de soleil.

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Ils commencent par « Who Loves The Sun », chanson au texte parodiquement sentimentalo cosmique (« Qui aime le soleil, Qui se soucie qu’il brille, qui se soucie qu’il ne brille plus depuis que tu m’as brisé le cœur ? »), mais porté par une mélodie bouleversante, de… de… du Velvet Underground de Lou Reed sur l’album « Loaded » (le plus gai, dont il dit un jour « Je leur ai composé un album de tubes !») à la pochette de bouche de Métro Parisien. Mais le glockenspiel est efficace, comme les harmonies vocales faussement doo-wop naïves, puis de plus en plus libres, avec un solo de piano miniature. Je me disais bien que j'avais déjà vu écrit "Métropolitain" en caractère des années 20s quelque part en passant par Belleville. C'était en tous cas la meilleure reprise que j’aie entendue de cette chanson.

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Suivra « Sommer in Paris ».

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Ils nous emmenèrent ensuite à l’« Hotel California » des Eagles, après s’être enquis de Schweinie, avec un solo de Ronboy Bell, cloches diversement colorées de plusieurs tailles.

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Suivit une reprise du « Moribond» de Jacques Brel ( « J’veux qu’on danse, quand c’est qu’on me mettra dans l’trou ») de venu en anglais « Goodbye My friend », mais en y perdant son côté festif et campagnard de pied de nez à la mort.

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Ils nous firent ensuite découvrir ensuite une chanson de Phoebe Kreutz, de New York qui partage avec eux cette gaieté ingénue :”Everyday is getting awesomer and awesomer” (All Summer Long) avec des “awsomer » (horriblement inspirant ou estival "a summer") répétés comiquement de façon extatique.

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«I’m Walking On Sunshine » de Katrina & The Waves en 1985, fut enchaîné avec un « Sunshine Reggae » (Reggae Soleil brillant) medley de reggaes Bob Marley comprenant « No Woman, No Cry » et “I Shot The Sherif”, ) et « I Like The Good Vibes » partant en ska sur les mélodica et l’harmonica en chœur avec le public « Gimme just a smile –Sunshine Reggae», avec le guitariste courant devant le chanteur.

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Ils reprirent encore « Hot Summer Night » de Meat Loaf. Mais je devais partir et rejoindre la Gare De L’Est pour rentrer à Strasbourg.... Ne ratez pas l'OMP s'il passe chez vous, ces enfants du soleil et des couleurs font partie de ces activistes d'un bonheur alternatif dont notre monde a besoin pour continuer à rêver.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 26 août 2009

DREW DAVIES fait swinguer les Lindy- Boppeurs du Caveau De La Huchette

Le week-end du 8 août, je suis allé rendre visite à mon frère Guillaume, de retour d’Amérique du Sud à Paris. Après avoir vu Ménilmontant qui ne m’évoquait qu’une chanson de Charles Trénet et où est né Maurice Chevallier et Belleville où naquit Guy Marchand, avoir bu des bières servies par un sosie du Professeur Choron au « Quartier Général », puis j'ai écouté avec mon frère les Drones, groupe de rock Australien qu’il vit en Australie, Fugazee que je ne connaissais pas et les Rising Sons, premier groupe de Ry Cooder et Taj Mahal et Can, et appris que le Staff Benda Bilili combo Africain lauréat du Concours Womex vivant dans le Zoo de Kinshasas’est produit à Paris au Cabaret Sauvage et que quand ils ne chevauchent pas leurs motos customisés, ces musiciens handicapés par la polio dansent sur scène sur leurs béquilles.

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Nous avons tout de même décidé d’aller à St-Germain Des Près, voir ce qu’il restait du glorieux passé des caves entre les restaurants et boîtes touristiques hors de prix qui doivent faire se retourner Boris dans sa tombe, comme les restaurants étrangers aux fausses serveuses indiennes.

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Je savais pour avoir entendu son directeur Dany Doriz sur France Musique que son « Caveau De La Huchette » ne fermait presque jamais et était le Club de Jazz le plus historiquement authentique, dans une cave qui avait abrité les réunions secrètes des Templiers, Rose-croix et Francs-maçons (il en reste aux murs de belles sculptures, gargouilles et fleurs de lys et d’acanthe aux piliers), créé en 1948 par Maurice Goregués, et utilisé pour représenter cette époque dans « Les Tricheurs» de Marcel Carné avec Belmondo ou « Rouge Baiser» de Véra Belmont avec Charlotte Valandray et Lambert Wilson.

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Les photos en noir et blanc montrent les riches heures du lieu : Bill Coleman, Sacha Distel, Wild Bill Davis, Art Blakey , Claude Bolling, Harry Sweets Edison, les Savoy Sultans de Panama Francis, Guy Laffite, Claude Luter et Lionel Hampton (idole de Dany Doriz) en 1997 ou le jeune Christian Morin (l’ancien animateur de « La Roue De La Fortune », acteur de série depuis, fut d’abord un clarinettiste de Jazz reconnu, couronné du Prix Sidney Bechet à 20 ans et auteur dans la foulée de deux disques de platine, Aquarella et Esquisse, et un disque d’or 'Couleur Havane).

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Ce soir-là s’y produisait le chanteur et saxophoniste britannique Drew Davieset son Swing Band. Ses solos sont Bop, mais la rythmique et les riffs bien Rythm’N’Blues, du temps où ce Rock’N’Roll primitif des noirs n’avait pas encore été volé par les blancs. Le piano remonte bien au Boogie Woogie (dont on trouve des partitions de pianistes noirs dès 1885), suivi des riffs du saxophone et du solo furieux sur les ras de la batterie, poussé, swingué jusqu’au Boogie-Rock. Cette puissance du saxophone me rappelle celle des grands saxophonistes du Jazz at the Philharmionic américain qui tous pouvaient jouer New Orleans, Swing, Bop, Cool, Boogie ou Rythm’N’Blues, toute la ligne du Jazz de ses origines à leur époque.

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D’ailleurs le Blues plus lent qui suit «Going To Kansas City », me rappelle que c’est là que naquirent les riffs du Rock’N’Roll, alors appliqués à la section de saxophones de Count Basie où Lester Willis Young affrontait Herschell Tex Evans lors de jam-sessions inextinguibles où Lester, alors presque inconnu, arriva même à mettre le Roi du Saxophone en titre Coleman Hawkins au tapis au Cherry Blossom en 1933…

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Drew Davies, sans avoir la puissance d’un Blues Shouter, est un bon chanteur de Blues, partant dans l’aigu en fin de phrase à la Eddie Cleanhead Vinson, lui aussi saxophoniste et chanteur de blues, et termine encore par un solo de saxophone puissant riffant sur la cymbale.

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Il y a de plus en plus de danseurs de lindy-hop (ancêtre du Rock acrobatique au Savoy Ballroom, « Home Of Happy Feet » - « Maison des pieds Heureux » dans les années 30s) sur la piste de danse centrale face à la scène (http://www.youtube.com/watch?v=UmCaaFp49-k ). Ici, grâce à des cours de lindy hop devenu danse Be Bop quand il ne faisait qu'un avec le Rock'N'Roll avec Jano Merry, comme à l’époque, et plus tard au Tabou de Boris Vian Cave (qui finalement ne dura qu’un an, après quoi il partit au Club St-Germain) par Les Rats De Cave, le Jazz est joué pour la danse, dans la communion avec les danseurs, ce qui se fait de plus en plus rare.

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Suit un Blues chanté issu de leur dernier album sur une guitare skiffle qui lui donne une saveur de Country Blues rural, puis le saxophone revient hurlant mais suivant toujours le riff, la mélodie.

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Plus connu des Blues Shouters, « Early In The Morning » est repris sur un piano boogie woogie avec une touche de New Orleans dans la rythmique, comme dans la version de Louis Jordan habillé en cow-boy chanteur et saxophoniste noir de Rythm’N’Blues qui continua à vendre des disques même pendant la guerre, que Drew davies joue dans un style 60ies.

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La chaleur est celle d’une étuve, et un tuyau d’aération laisse tomber goutte à qoutte la sueur publique condensée, cette « chaleur humaine » et ce « brouillard mauve, léger » des bords de Seine que Boris Vian voyait comme un nectar récupéré pour faire du vin de St-Germain Des Près, vendu en bouteilles chez les bons Antiquaires pendant la journée dans son « Manuel de St Germain Des Près », mais font partie des plaisirs du lieu que de penser qu’on devait ressentir la même saine chaleur de danse et de musique au Tabou (sueur noire qui d’ailleurs, dans le sud des Etats-Unis, fut à l’origine du mot « funky », à l’origine une insulte blanche sur l’odeur supposée des noirs et les fantasmes de danse, de musique et de restes de vaudou africain s’y rattachant). D’ailleurs l’aspect chorégraphique est assuré par les couples de danseurs de lindy-hop ou de be-bop, dont certains des danseurs les plus doués sont noirs.

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Drew Davies enchaîne avec un instrumental : « Night Train » de Jimmy Forrest (alors saxophoniste de Duke Ellington, pour un disque en petit comité avec Johnny Hodges), puis N°1 Rythm’N’Blues de 1952 bien bastringue par Earl Bostic (on imagine bien les coups de reins à chaque riff), et même repris par James Brown à ses débuts à l’Apollo Les riffs de saxophone sont efficaces sur la guitare et la contrebasse lentes et le piano Boogie.

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Puisqu’on est dans l’outrance, restons-y avec le titre suivant, (Don’t Roll These) « Bloodshot Eyes » (With Me !) («roule pas avec ces yeux injectés d’sang vers moi !») du grand Blues Shouter Wynonie Harris, qui était le Blues personnifié et d’ailleurs entrait dans les bars en criant « V’la l’blues qui débarque ! », enregistra «All she wants to do is Rock» dès les années 40s mais ne fit plus aucun disque après 1950 et l’avènement du Rock’’Noll, la façon « Rythm’N’Blues » de jouer s’étant perdue.

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Evidemment, Drew Davies n’a pas sa puissance vocale, mais pour un blanc, finit à la place ses phrases dans des aigus provocants et enchaîne sur un bon solo de saxophone.

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Le saxophoniste de Wynonie Harris, Hal Singer, né en 1912, a d’ailleurs eu plus de chance que lui. Après avoir joué avec les plus grands jazzmen et mené une carrière de la conscience Free à un Soul Jazz ouvert aux traditions ethniques du monde avec Jeff Gilson, s’est installé en France depuis 1965, a été décoré par la médaille des Arts et Lettres en 1992 et remonta sur scène, quoique aveugle, avec Sarah Morrow en 2005, chantant même le Blues lent de manière émouvante. Comme quoi la vie n’est pas toujours dégueulasse et ingrate.

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Seuls les danseurs de la piste bénéficient de l’aération supplémentaire des pales d’un ventilateur brassant l’air, mais ce sont eux qui fournissent le plus d’efforts et participent le plus à la musique en communion avec le groupe, et ce sont de véritables artistes.

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Drew Davis reprend ensuite un autre pionnier noir du Rock’N’Roll par son Rythm’N’Blues, le guitariste T Bone Walker et son « T Bone Shuffle », sur un battement en alternatif de la batterie sur ce rythme « shuffle ». Une dame a amené son chien pékinois à son poing écouter le Jazz. Le saxo finit en riff sous les applaudissements rythmiques du public. Il n’y a que dans un club en cave qu’on trouve cette proximité avec le public et les danseurs.

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Vue l’exiguïté de la scène, j’ose à peine imaginer les sessions du Big Band de Laurent Mignard, le Duke Orchestra qui y joue un soir par semaine le répertoire de Duke Ellington et que j’ai vu au Munster Jazz Festival ou le Paris Jazz Big Band de Dany Doriz! Après les riffs et un bon solo, le public crie avec Drew Davies les derniers mots sur les claquements de mains des musiciens. Dans cette transe collective, public, musiciens et danseurs ne font plus qu’un.

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Le titre se termine sur un solo de batterie Bop fracassant entrecoupé des riffs du saxophone. Le batteur maintient l’intensité ou la réduit et la guitare finit sur le riff et par un solo. Comme le dit Drew Davies, « C’est trop chaud pour chanter pour danser, trop chaud pour jouer ». Ce que le DJ Keb Darge sauve de l’oubli en repassant des disques anciens ou récents de «Rockabilly & Jump Blues», ces musiciens le jouent ENCORE LIVE, presque tel quel, ce Rythm’N’Blues puissant, et pour des danseurs à la hauteur!

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Pour le prochain titre, Drew Davies entame un Blues plus lent, puis élève peu à peu cette ballade au Bop par paliers de riffs successifs, montrant qu’il peut être charmeur, chanteur et crooner mélancolique sur son saxophone, puis nous faire dépasser cette seule mélancolie.

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Ainsi le très doux et mélancolique joueur de standards, Lester Young, pionnier du Cool maisqui ne l'était pas toujours sur les standards, après avoir été un bouillonnant soliste chez Count Basie et en restant un jammeur effréné au JATP avec Charlie Parker, devint-il le représentant d’un Be Bop à sa manière antique et pourtant moderne dans les années 40s (composant même un Be Bop Boogie) pour le label Aladdin (comme si au génie dela lampe il avait demandé d'être le plus moderne des anciens et le plus anciens des modernes tout en restant lui-même, "Prez", le Président), mais « en exil d’un futur qui n’aurait mais lieu » dira Alain Gerber, empruntant même les rythmiques de Charlie Parker (dont il était l’idole à Kansas City). Je consacrerai mon émission de Jazz « Jazzology » sur Radio Judaïca à ces enregistrements ce jeudi 27 août 2009 de 21 h à 22h.

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Dreew Davies reprend le rail avec “Get My Train On My Track” pris à un train d’enfer à 200 à l’heure où la guitare est le rail par ses accords, la batterie la carlingue bringubalante et la voix et le saxophone le vent hurlant sous la vitesse, passant sans s’arrêter par les stations JAZZ, RYTHM’N’BLUES, ROCK’N’ROLL, rappelle les Rock’N’Roll parodiques mais excellents de Boris Vian pour Magali Noël, son « Alhambra Rock », « Strip Rock » ou son plus célèbre « Fais-moi mal, Johnny », avec Boris Vian dans le rôle du commentateur sadique dans la version originale.

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Sur un bon tinkty-boum de la batterie, Drew Davies revient au style Kansas City avec « Bye Baby Bye », dans le style du shouter Big Joe Turner, ancien barman du Cherry Blossom de Kansas City.

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Il prend ensuite la « Route 66 » de Bobby Troup avec un piano douché comme celui de Nat King Cole dans son onctueuse version vocale, et où les Rolling Stones sur leur premier album traîneront leurs guêtres avec une version plus Rock Anglais et souvent sur scène.

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L’idole absolue des Rolling Stones justement, et l’un des rares pionniers noir du Rock’N’Roll, fut Chuck Berry, dont Drew Davies reprend le « Beer Drinking Woman » de Memphis Slim sur un bon piano Boogie, puis un bon solo de guitare sur les claquements du saxophoniste, avec des effets slide glissés à la Chuck Berry puis Keith Richards.

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Les danseurs de Lindy-Bop marquent la cadence d’un autre succès de Louis Jordan et ses Tympani Five: « Is You Is or Is You Ain’t My Baby » rehaussé d’un tempo Tango Paso Latino sifflé de joie par les danseurs qui partent en Mambo Twist.

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Drew Davies reprend ensuite « Ten Days, Ten Nights » de Harry Connick Junior qui avait tout pour devenir le nouveau Sinatra (jusqu’à l’adoubement de celui-ci) et bion pianiste de Jazz, mais bifurqua hélas vers un album de Jazz et un de chanteur de charme… Le drumming est bop et funky.

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Le set se termine à la préhistoire du Rock’N’Roll avec ce fameux « Shake Rattle and Roll », créé par Big Joe Turner bien avant Bill Haley et ses Comets, sans parler d’Elvis Presley, repris avec un faux départ, puis une reprise hallucinante du thème.

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Pendant la pause, je vais aux toilettes troglodytiques du club à partir du bar plus classieux en surface, et me rend compte que le second escalier qui en descend et atterrit derrière le public. La cave a ses coursives, ses tunnels et passages secrets, mais garde, comme le Village Vanguard mythique de New York, la forme globale d’un pavillon auditif, d’où cette acoustique magnifique, la scène étant la perle et nous la périphérie du coquillage. Pas de repos pour les Lindy-Boppeurs qui dansent entre les sets sur la musique diffusée : le « Hound Dog » d’Elvis au break de batterie fracassant que James Dean chantait au téléphone à Marlon Brando pour le faire enrager, ou un rock surréaliste de Slim Gaillard.

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Le second set de Drew Davies commence avec « You Are Sexy Baby », puis le grand classique de Louis Jordan « Caldonia Boogie », un Jump Blues de 1945, avec des cris moins aîgus dans ses « Cadloniâ! », mais aux bons riffs rythm’n’blues, le piano bien boogie woogir, les riffs de saxophone qui montent, montent jusqu’à la transe du swing, jusqu’au cri et un solo de batterie fracassant et une chase guitare/saxo.

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Drew Davies finira avec « Harlem Nocturne », composition à la « Night Train » de 1939 imitant le son de Duke Ellington dont Johnny Otis (père de Sugar Ray Otis donna un excellent arrangement et qui resta à la fois moderne et empreint de nostalgie, comme la bande son d’un polar idéal.

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Drew Davies débute lent, sensible, puis quitte la scène pour fendre la foule en délire des danseurs de ses riffs, parcourt le club, s’assied sur le canapé rouge (la meilleure place), de l’autre côté de l’entrée entre deux filles, puis repart en blues lent mais profond, accélère à nouveau, cite « My Girl » d’Otis Redding, grand chanteur de Soul Music qui mourut en 1967 dans un accident d’avion avec son groupe les Bar-Kays, et l’ « It Ain't Me » de «Fortunate Son » de Creedence Clearwater Revival avant un solo de batterie fracassant en un délirant, éclatant final.

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Bref, drew Davies et son Swing Band a élevé le Rythm’N’Blues à l’intensité musicale du Rock’N’Roll, tout en rendant hommage aux Rythm’n’Blues et Jump Blues noirs qui le précédèrent.

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 7 août 2009

LE 6 ème FESTIVAL « AU GRES DU JAZZ » DE LA PETITE PIERRE, du 7 au 16 août

Le 6ème Festival de Jazz « Au Grès du Jazz » de la Petite Pierre se tiendra 7 au 16 août à la Petite Pierre.

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Il s’ouvrira avec le pianiste cubain Omar Sosa, qu’on pourra entendre en solo ce soir vendredi 7 août à 21 h.

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Né à Cuba, passionné de Santéria, Omar Sosa a vécu en Equateur à Quito, puis a voulu retrouver l’Afrique de ses ancêtres noirs, et s’est intallé en Espagne, puis au Maroc où il a enregistré avec des gnawa. Il a sorti en 2008 « AFREECANOS », nouvelle fusion de musiques Cubaines et Africaines qui l’a amené au Sénégal et au Mali. Dans le choix des musiciens aussi se croisent afrique et Cuba: le chanteur Sénégalais Mola Syla chante les paroles Fulani avec le cubain Lazaro Galaraga, Stéphane Belmondo et Bill Ortiz sont aux trompettes, Christophe « disco » Minck au ngoni, Michael Spiro aux tambours bata, Steve Arguelles claque des doigts et Ousseynou Piagne Epa est au piano drum, sur la rythmique de Julio Barretto à la batterie et Childo Thomas à la basse électrique. Ce titre rappelle un peu l’énergie des premiers disques d’Omar Sosa.

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Depuis, il a encore sorti « Across The Divide », concert avec Tim Eriksen, banjoïste et violoniste roots américain et chanteur inspiré par les musiques Amérindiennes, poursuivant ses voyages en sens inverse, revenant vers la Côte Est des Etats-Unis .

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Autre voyage, autres rencontres, celles que propose Shezar et son Jazz oriental, qu’on pourra entendre samedi 8 août à 17 h à la Petite Pierre.

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Ce quartet est composé du Syrien Hassan Abdalrhaman à l’oud, du Norvègien Kjetil Selvik à la clarinette, et des Strasbourgeois Nicolas Beck à la contrebasse et tarhu et Fabien Guyot aux percussions. Mais plutôt que de se rejoindre sur une culture ou une autre, ou de les mixer dans un mélange, Hassan Abdalrahman et Kjetil Selvik composent et Shezar arrange un son spécifique pour cette formation où l’Orient rencontre le Jazz et chacun peut s’exprimer dans l’improvisation. Ecoutons-les dans « Jourie » d’Hassan Abdalrahman, avec un petit côté « Masada » de John Zorn en plus oriental.

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Shezar se produira aussi au TAPS SCALA mardi 11 août à…Réservations gratuites au Service culturel de la CUS.

Samedi soir, le 8 août, à 21 h, c’est peu dire que c’est un des derniers héros du piano Jazz joyeux et intemporel que recevra la Petite Pierre en la personne d’Ahmad Jamal.

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Il a enregistré son dernier album à Strasbourg, lors de son passage à JazzD’Or en 2007, et il est sorti en 2008. Il y est accompagné de James Cammack à la contrebasse, d’Idriss Muhammad à la batterie, remplacé à la Petite Pierre par James Johnson et Manolo Badrena, ex percussionniste de Weather Report.

Dimanche 9 août , c’est une des plus grandes chanteuses Cubaines, Omara Portuondo qui sera à La Petite Pierre à 17 h . Née en 1930, cette chanteuse de boléros était la seule femme () du film « Buena Vista Social Club » de Wim Wenders et écrasait une larme avec Ibrahim Ferrer sur « Silencio », chantait « Veinte Años ». Mais il ne faut pas oublier qu’elle peut aussi être une chanteuse de salsa ( ) et de danzon sur tempo rapide. Le dernier album de Omara Portuondo est « Gracias », fait de Boléros et remerciant la vie pour ses rencontres musicales.

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A 21 h ce dimanche 9 août , c’est dans l’Est de la Macédoine que vous invitent le Koçani Orkestar (). D’abord dirigé par le trompettiste Naat Veliov, à la suite d’un désaccord sur cet album sur le choix d’utiliser un séquenceur, il y a eu une scission au sein du Koçani Orkestar, certains, menés par le saxophoniste Ismael Saliev, et le chanteur Ajnur Azvov. C’est cette dernière formation qui se produira, paradoxalement plus traditionnelle que le «Canal Historique »…

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Le lundi 10 août, c’est à la première journée en Terre Manouche que vous invite le festival de la petite Pierre. A 21 h, Engé Helmstetter qui se produira avec son ensemble dans un répertoire Jazz manouche mais aussi balkanique, bossa, etc. Engé a sorti cette année “Les Rives Du Fleuve”, dont la chanson éponyme mériterait d’être un tube de l’été local pour soncôté bossa à la Art Mengo.

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Le lendemain mardi 11 août, c’est Ringo Lorier , autre guitariste manouche, qui invitera le violoniste Marius Apostol à 21 h.

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Mercredi 12 août, c’est à un Ciné-Concert de leur projet “Wonderfull World” que vous convient Guillaume De Chassy et Daniel Yvinec sur les images de New York d’Antoine Carlier

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Jeudi13 août à 21 h, vous pourrez entendre Stimmhorn duo Suisse surprenant Voix/Cor.: Christian Zender, à la voix, yodeleur diphonique et Balthasar Streiff au cor des Alpes et trompette baroque mâtiné d’électronique froide.

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Le vendredi 14 août, vous pourrez entendre à 21 h le dernier trio Jazz/Funk/Groove “Trippin” du pianiste Eric Legnini, avec Mathias Allamane à la contrebasse et Franck Agulhon à la batterie.

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Le Samedi 15 août, vous pourrez entendre le Quintet “Acrossroads”, lauréat du concours Impulsions-DNA.fr à 14 h 30, “Azango”, formation voyageuse, à 17 h avec Eric Soum à la guitare à 17 h, et pour finir le Jazz Manouche du Trio Rosenberg à 21 h.

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Enfin, le dimanche 16 août, Dorado Schmitt et son Quintet avec Timbo Mehrstein inviteront le grand accordéoniste local Marcel Loeffler à 14 h 30.

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Et à 21 h le violoniste Florin Niculescu, qui a fait partie de son premier “Gipsy Project”, invitera le guitariste Birélii Lagrène à 17 h.

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Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 29 juillet 2009

Strasbourg, Capitale alsacienne, européenne, culturelle et estivale (commande du Salon Prov'Emploi)

Strasbourg est la capitale de l’Alsace et le chef-lieu du département du Bas-Rhin et a profité de ses fleuves (L’Ill, le Rhin) pour s'enrichir grâce au commerce.

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La Cathédrale de Strasbourg en grès rose Vosgien reconstruite du XIIIème au XVème siècle et ses sculptures du XIIIème siècle ou La Petite France sont encore de beaux vestiges de ce passé glorieux, classés patrimoine de l’humanité par l’Unesco en 1988.

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Ville libre du Saint Empire Romain Germanique, universitaire, foyer intense d’humanisme (c’est là que Gutemberg inventa l’imprimerie) au XVème et XVIème siècle, elle est annexée par Louis XIV après le traité de Westphalie en 1648.

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Casanova, ChoderdosDe Laclos et Codorcet y séjournèrent avant la Révolution Française. Goethe y passa lors de ses études en 1770, et y eut une idylle avec Frederike Brion, fille d'un pasteur de Sessenheim, où un musée est consacé au poète.

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Prise par les allemands en 1870, et chef-lieu du Reichsland d’Alsace-Lorraine, il en reste le Palais Universitaire donnant sur la Place De La République, et le Palais Du Rhin, non loin de la Bibliothèque Nationale Universitaire.

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D’autres immeubles témoignent du style Art Nouveau ou Jugendstil.

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Strasbourg redevient française avec la victoire de1918.

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Le peintre surréaliste Hans Arp y est né et y a travaillé, et la restauration de l’Aubette rend hommage à cette période.

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Annexée par Hitler en 1939, il utilisera des Alsaciens dans son armée (les « malgré-nous »).

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En 1944, Strasbourg est libérée par Leclerc.

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Symbole de l’Europe, Strasbourg abrite le Conseil de l’Europe et le Parlement Européen.

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On voit combien cette histoire est liée à l’Allemagne, avec laquelle Strasbourg est ville frontière, maintenant accessible à pied par la passerelle du Jardin Des Deux Rives vers Kehl. Le dialecte, l’alsacien, est d’ailleurs issu de l’allemand.

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Cela peut être économiquement, et au niveau de l’emploi, un avantage pour les bilingues allemands. Certains vont travailler en Allemagne, ce qui peut être financièrement plus intéressant au niveau des salaires, vu que l’Allemagne est plus riche que la France.

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Le Parc de l'Orangerie avec le Pavillon offert par Napoléon à Joséphine, les espaces verts et les forêts (Forêts du Neuhof, de la Robertsau) et gravières contribuent au bon vivre sous un climat semi continental où les hivers sont froids et les étés peuvent se révéler chauds et étouffants par l’absence de vent.

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Ces quartiers périphériques de la Communauté Urbaine de Strasbourg, s'étendant jusqu'aux banlieues de Neuhof, Elsau, Cronembourg, et Hautepierre sont bien desservis par les bus et trams (plus agréables que le métro Parisien car à la surface, exceptée la Gare, et ouvrant de grandes baies vitrées sur l’extérieur) et offrent des Bibliothèques et Médiathèques Municipales, auxquelles se sont ajoutées cette année d'autres Médiathèques Communautaires à Lingolsheim, Illkirch, et la Médiathèque André Malraux. Cet été, un light-show, avec la rosace au milieu des jets d'eaux, aux hologrammes de danseuses de flamenco ou celtiques sur des musiques baroques, tziganes ou des valses de Strauss, un feu d'artifice et des projections du théâtre Grec d'Epidaure, de la Vénus de Botticelli, de Goethe et Victot Hugo, des églises en bulbes de Russie, des fondateurs de l'Europe projetées sur la façade du Conservatoire de Région, et j'en passe, sont à voir tous les soirs devant la Médiathèqu Malraux à 22 h 30 en juillet et 22 h en août. Tout n'a pas un rapport immédiat avec Strasbourg et son histoire, mais s'il fallait réduire la culture à notre région, on n'irait pas bien loin...

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Pendant l'année, la vie théâtrale s'organise entre le TNS (Théâtre National de Strasbourg) et le Maillon, ainsi que L’Opéra Du Rhin.

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Les salles de concerts plus récentes dédiées aux musiques vivantes actuelles sont le Cheval Blanc et la Salle des Fêtes de Schiltigheim, avec une bonne programmation Jazz et Musiques Traditionnelles, les plus récentes Salle Du Cercle de Bischeim et Préo d’Oberhausbergen, Pôle Sud à la Meinau, scène conventionnée Danse et Musiques Nouvelles à la programmation plus free jazz, dont le programmateur Jazz Philippe Ochem organise aussi le festival Jazzdor en novembre, et l'Illiade d'Illkirch Graffenstaden, qui organise "Le Printemps Des Bretelles" dédié aux accordéons du monde.

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L’Artichaut ( ) est le plus sympathique et le dernier des bars-clubs Strasbourgeois, proposant des concerts en son caveau et des Jam-Sessions les jeudis.

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La scène Jazz locale, en plus du Jazz Manouche local (Tchavolo Schmitt, Biréli Lagrène), est très active, grâce aux musiciens improvisateurs du CEDIM et sur la scène des Musiques Traditionnelles, les groupes de l’ « Assoce Pikante » fait un gros travail de promotion des musiques du bassin méditerranéen en petites formations et avec le Grand Ensemble de La Méditerranée, en version Accostique ou Electrique.

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Pour les musiques traditionnelles, "Les Nuits Européennes" est un bon festival innovant axé sur les musiques nouvelles Européennes.

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Pour l’electro-groove et l’art urbain, le festival « Contretemps » () a lieu tous les ans en juin.

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Le Festival de Musique Classique au mois de juin est très réputé et se prolonge en Strasbourg Jazz Festival au Palais Des Congrès.

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La Laiterie propose des concerts à grande capacité plus Rock,Reggae, des soirées Techno, les Festivals électronique de l'Ososphère en septembre et Rock des Artefacts en avril.

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Le nouveau Zénith d'Eckbolsheim est la salle qui peut accueillir le plus de public.

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Le Festival Musica es plus axé sur les Musiques Contemporaines avec des incursions vers le Jazz par « Les Nuits De Musica », et cette année les 80 ans du pianiste de Jazz Cecil Taylor à l'auditorium de fRance 3 Alsace et un concert de Steve Coleman en collaboration avec Jazzdor.

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Pendant l'été, les salles de concert sont en vacances mais Schiltigheim propose une programmation tournant dans ses quartiers, l'Illiade d'Illkirch des pique-niques musicaux les vendredis de 19 à 23 h, le théâtre TAPS SCALA de Neudorf des concerts les mardis sur réservations () et La Place Du Château des Rohan des concerts,. Tous ces concerts sont gratuits, suivis du « Festival Des Arts Dans La Rue » au mois d'août et répertoriés dans un Guide Jaune distribué gracieusement dans les boîtes aux Lettres.

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Jean Daniel BURKHARDT

samedi 25 juillet 2009

CHRISTOPHE MOUGENOT et son Quartet Hard-Bop à L’Illiade

Christophe MOUGENOT est un saxophoniste ténor et soprano né en 1972 à Besançon dans le Doubs. Après des études de saxophone classique au conservatoire de Besançon dans la classe de Jean Pierre CAENS, il s'oriente vers le jazz. Apres des rencontres avec des musiciens locaux, il organise des stages avec de nombreux musiciens de jazz, dont Eric Watson et Steve Lacy chez qui il étudie pour un temps à Paris. Il entre au conservatoire de Strasbourg dans la classe de Bernard STRUBER où il obtient un DEM jazz en 1995. Il enseigne et vit en alsace depuis 1996.

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Il dirige un quartet local Hard-Bop dans la lignée Blue Note accompagné de Grégory Ott au piano, Anne List à la contrebasse et Raphaël Sonntag à la batterie, interprétant tant des standards que ses compositions originales.

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De ses débuts de saxophone classique, il a gardé à son répertoire une « Sarabande de Bach ", le premier jazzman pour l’improvisation, déjà reprise par Jacques Loussier en Jazz et reprise avec un son de soprano très pur, ancien, presque baroque.

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Mais le port d’attache du Quartet, c’est le Jazz Hard Bop puissant à la Blue Note « Bleu Nuit» et les ballades, standards ou modales.

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J’arrive d’ailleurs au pique-nique sur la ballade modale « Footprints », écrite par le saxophoniste Wayne Shorter pour l’album « Miles Smiles » du second et dernier quintette Jazz de Miles Davis avec Herbie Hancock au piano, Ron Carter à la contrebasse et Tony Williams à la batterie.

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Suit le standard « Night & Day », mais joué « Noche Y Dia » tant il est salserisé par les accords de Grégory Ott (qu’on pourra retrouver avec le meilleur groupe de Salsa Sonando () de la région ce lundi 27 juillet Place du Château Des Rohan dans le cadre des concerts gratuits de l’été).

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Au reste l’envol du ténor de Christophe Mougenot évoque plus Charlie Parker surfant sur ses cordes et un Big Band, ou Sonny Rollins, cool, puis bouillonnant, habité mais toujours maîtrisé, jusqu’à la montée vers le climax, s’arrêtant au bord du cri, suivi d’un solo de piano virevoltant de Grégory Ott, martelé dynamiquement puis décomposé, repris sur les ras de la batterie de Raphaël Sonntag avant son solo entrecoupés de breaks salsa de piano et de riffs de saxophone et finit sur une obsédante clavé sur la cymbale.

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Aucun doute, c’est du pur Hard-Bop que ce quartet de Christophe Mougenot, pas de la resucée « Néo-Bop » truquée/troquée/tronquée ou de l’électro-Jazz machiné ni de la fusion Jazz-quelque-chose au je ne sais quoi Rock ou Funk remis au goût du jour. La puissance des grands anciens est en eux, la passion du label Blue Note est en eux et les porte.

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Cela ne les empêche de se souvenir des ballades, comme ce « Julian » pour Julian Cannonball (car énorme comme un boulet de canon et faisant jaillir ses notes avec cette puissance, qui enregistra pour « Blue Note » cet «Autumn Leaves » avec Miles Davis) Adderley par le saxophoniste baryton Pepper Adams surnommé « The Knife » (le couteau) pour le tranchant de son attaque. C’est une superbe ballade () lente à la Charles Mingus (qu’Adams a un temps accompagné), où Mougenot dévoile tout son lyrisme.

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Une pause, puis le dernier set qui commence au saxophone soprano, puis se poursuit avec « Inchworm » , chanson enfantine arithmétique de Frank Loesser, écrit en 1952 par Frank Loewe pour Danny Kaye dans le film Hans Christian Andersen , puis reprise plus groove par Laïka Fatien en 2004, que Christophe Mougenot la reprend avec des accents de Coltrane et Steve Lacy au soprano.

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Il continue avec « DM », plus sauvagement free mais toujours soutenu par la rythmique, puis son titre le plus funky (c’est aussi avec le Hard Bop du le label Blue Note que le terme Funky prit, d’une insulte blanche, ses lettres de noblesse avec Horace Siver et Art Blakey, et Eddie Harris qui ouvrit les portes de la fusion au saxophone électrique, avant que James Brown n’invente le funk), «I’m Going Home », introduit par des battements batucada par les musiciens suivis du public, qui si elle n’est pas la chanson de Ten Years After à Woodstock, eut le même effet pour ce qui est de faire danser le public …

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Suit le standard « The Days Of Wine and Roses » («le jour de vin et de roses » est la St Valentin) d’Henry Mancini pour un film de Blake Edwards avec Jack Lemmon et Lee Remick sur l’alcoolisme, popularisé par le pianiste Bill Evans, tourné un peu vers la Salsa par le piano de Grégory Ott.

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Ils terminèrent en bis par la ballade « I Remember Clifford », superbe ballade dédiée à Clifford Brown («qui », explique Mougenot, « est mort comme James Dean jeune et talentueux dans un accident de voiture », et j’ajouterai qu’il ne buvait que des jus de fruits en fumant des cigarettes pas même mêlées, et était capable des douceurs de Chet Baker dans les ballades et de violences à la Dizzy Gillespie sur tempos rapides) par le saxophoniste Benny Golsonpour l’orchestre d’Art Blakey. Christophe Mougenot est aussi un grand lyrique et admirateur de Stan Getz et Art Pepper, ces jeunes Lesteriens « Cool Jazz» de la Côte Ouest sur ce tempo à deux à l’heure citant la nostalgie des jours de vin et de roses. La nostalgie est belle, et partie intégrante du Jazz. Certains en profitèrent même pour danser un dernier slow langoureux.

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Que ce soit par son énergie sur tempos rapides, sa touche latine ou l’émotion de ses ballades, Christophe Mougenot et son quartet ont porté haut les couleurs du Jazz, et montré qu'on pouvait encore le rendre dansant, excitant et émouvant.

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 18 juillet 2009

Le BABANU Quartet à l’Illiade et concerts gratuits à venir à Illkirch et Strasbourg cet été...

Hier soir vendredi 17 août, le « Babanu Quartet » ouvrait la saison d’été des Pique-niques musicaux tirés du sac et gratuits de l’Illiade d’Illkirch.

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Le groupe se compose de « Guigui à la contrebasse, Jean-Fi à la guitare (que je connais depuis quelques années, dont les préférences vont du baroque de Bach à Django Reinhardt et au Jazz, jusqu’au choro Brésilien d’Heitor De Villalobos et Antonio Carlos Jobim), Jérémy aux percussions (cajon à balais, darbouka), et Fred à l’accordéon.

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Leur My Space annonce la couleur éclectique : « un style Klezmerguez, ques-a-quo ? » Peut-être une propension à faire dériver avec une belle énergie d’ensemble un thème au demeurant oriental vers le tzigane en provoquant la furie du public…

« Montres réglées sur 7h40 » :l’heure de départ d’un train du souvenir entre une fanfare locale et un vieil air Klezmer!

« Boutons nacrés, cordes affûtées, quatre fistons sans vergogne flirtent avec les mélopées balkaniques, cambriolent la valse musette, dévalisent le folklore yiddish, malmènent la cadence et finissent par allumer la poudre d’escampépette . »

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Ils portent des chemises blanches à l’ancienne et des chapeaux évoquant leurs influences : juif polonais pour le violoniste, sorte de bonnet oriental pour le bassiste, feutre mou pour le guitariste, casquette gavroche parigotte pour l’accordéoniste et d’immigré grec descvendu du bateau pour le percussionniste

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Ils jouent avec énergie un répertoire varié oscillant entre valse non –musette, Klezmer triste puis gai , airs Tziganes Balkaniques ou Grecs plutôt gais ou chanson russe aux Yeux Noirs, et une version lente mais émouvante d’ « Aide Iano », chanson populaire Serbe popularisée dans la région par le groupe Boya, trio du joueur de gadulka bulgare Dimitar Gougov qui le joue plus vite. Le Jazz manouche fut représenté par le « Minor Swing » de Django REinhardt et ses riffs de basse descendants.

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Ils reprennent aussi des musiques de film typiques : « Talijanska », air d’accordéon borgne de Goran Bregovic pour Le Temps Des Gitans de Kusturica à l’accordéon bouleversant lent puis de plus en plus rapide, un air Klezmer du film « Train De Vie » de Mihaelanu, musique de Bregovic également, et une valse de Yann Tiersen pour "Le Fabuleux Destin D'Amélie Poulain".

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Après une fin « en théorie, mais la théorie et le babanu Quartet ça fait deux », on eut encore droit à la mélancolie d’une chanson yiddischo-alsacienne à la contrebasse surpuissante dans ses solos à répétition et pour finir une chanson du Babanu à la manière Nouvelle Guinche d’ « Au P’tit Bonheur », qui était bien meilleur que beaucoup de groupes actuels, mais ne dépassèrent pas ce manouche et zazou "J'veux du Soleil".

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Bref, un groupe à suivre, qui dépasse déjà à la scène les promesses de son My Space.

Pour les prochaines semaines, les pique-niques musicaux vous proposent Christophe Mougenout et son quartet jazz avec Grégory Ott au piano le 24 juillet, du Tango avec le « Nocturno Tango Trio » le 7 août, le Martiniquais Browni Steel le 14 août, et Allkeymia le 21 août, à 19 h et toujours gratuit!

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Au TAPS SCALA, les mardis vous pourrez sur invitations gratuites à retirer à la Boutique Culture et réserver au 03.88.23.84. 65., et vous pourrez y entendre Luamar (duo Bossa expérimental de Dresde) le 21 juillet, les Violons Barbares (gadulka, vièle Morin Khoor mongole et chant diphonique) le 28 juillet, le Transcabaret le 4 août, Shezar (Oriental Jazz) le 11 août, Maliétès (musiques egéennes grecques et Turques) le 18 et le Grand Ensemble de la Méditerranée en formation avec trio rock, trois chanteuses et chœur Bulgare Electrik GEM dans son Radiopolis Project.

Enfin, une troisième scène, celle du Château des Rohan, accueillera à 20 h le meilleur groupe de Salsa local Sonando le lundi 27 juillet, le Musikverein Neuerburg Big Band Jazz le mardi 28, le voyage autour du monde de l'Harmonie de Gambsheim le mercredi 29, l'Ensemble Papyros'N de Klezmer et musiques tziganes d'Europe Centrale voire Celtques le jeudi 30 juillet, l'ensemble de percusions africaines Issangano et la danse et musique Antillaise de Tropic Groov. le samedi 1er août. On poura y voir aussi le Bloosband de Dorlisheim, le meilleur Big Band de la région le Big Band de Bischeim ou BBB le samedi 1er août et le Jazz Muk de Kihlstedt le dimanche 2 août. Du 7 au 17 aoÛt,le 10 ème festival Les Arts Dans La Rue investira le Centre-Vile de ses déambulations, avec même une Fanfare du Rajastan, le Jaipur Maharaja Brass Band. Tout cela est entièrement gratuit.

Je consacrerai le dernier quart d’heure de mes émissions de Jazz (Radio Judaïca, 102.9 FM, les jeudis 21-22 h) à la présentation de ces concerts…

Jean Daniel BURKHARDT

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