Je vous salue Blogueurs,

J'ai suivi des études de Lettres Modernes jusqu'à obtention d'un DEA avec passion à une époque où la littérature était à la fois toute ma vie et un dangereux échappatoire pour ne pas voir la réalité du monde en face, tout en écrivant et saissant des textes parallèlement pour deux journaux étudiants: "Dionysos" (poésies étudiantes très classe, couverture papier glacée, impression offset), puis "Monde Cruel" (journal d'information politique très à gauche, voire anarchiste, où ma différence poétique fit de moi le seul et unique représentant de la rubrique "expression libre", ce dont j'avoue me souvenir encore avec un sourire teinté de fière ironie). Après quoi j'ai passé mon CAPES et l'ai obtenu pour les épreuves théoriques. Mais je ne suis jamais arrivé à imposer mon autorité sur mes turbulents élèves, la bienveillance ayant toujours été mon attitude par rapport aux autres, et je pense très franchement être dépourvu de fibre pédagogique. Je n'ai donc pas été titularisé, et cette expérience a pour moi achevé de me faire douter des bienfaits des illusions littéraires d'un autre temps dans notre monde hélas bien différent, excepté Jack Kerouac et Alain Gerber, décidant de laisser le champ libre à la vie moderne, et en attendant à la musique.

C'est à cette époque que j'ai été invité comme consultant invité à Radio Judaïca Strasbourg (102.9 FM sur Strasbourg et "radio@Judaïcastrasbourg.com" sur le net) par un ami. Mon autre passion a toujours été la musique de Jazz. La musique instrumentale a peut-être ceci de supérieur à la littérature que son abstraction n'impose pas de sens à l'interprétation, si ce n'est celle immédiate d'émotions universelles. Evidemment c'était un autre échappatoire, puisque pour mon goût personnel je n'aime que les musiciens morts et martyrs de préférence (Lester Young, Billie Holiday, Charlie Parker...), mais au moins concrétisée dans l'acte de l'émission. Au bout de trois ans, j'ai obtenu ma propre émission de Jazz, " Jazzology" ( jeudis 21-22 h), puis repris à mon compte notre émission de Musiques Traditionnelles, "Terres Tribales" (lundis matins 11h 30-12h 30, 11 h -12 h à partir du 15 septembre 2008), à titre bénévole.

JdRadiophoto

Je n'ai pas tardé à annoncer les concerts et festivals en région, pensant que cette concession à l'actualité me permettrait d'être découvert et de rendre mes émissions plus utiles, tout en me donnant l'occasion de découvrir un ou deux musicien(s) par semaine, ce qui est très enrichissant, et je suis souvent invité en retour à Pôle Sud ou au Cheval Blanc de Schiltigheim. Il m'arrive également d'interviewer des musiciens locaux (Tchavolo Schmitt) à l'occasion de la sortie d'un album ou en prévision d'un concert. Si les annonces prennent la majeure partie de mes émissions, je continue tout de même à célébrer les anniversaires de Jazzmen disparus ou vivants par des émissions spéciales retraçant toute leur carrière. Pour les musiques traditionnelles également, je ne passe pas seulement le dernier disque du musicien, mais fait une rétrospective de sa carrière, où s'il revient essaie de retrouver les tendances musicales de son dernier album dans ses enregistrements précédents. Idéalement, ce qui m'intéresse, c'est de partir de l'actualité du concert à venir pour remonter dans cette culture traditionnelle jusqu'à ses origines. Je cherche ces fils entre le passé et notre présent. Le passé est trop souvent oublié, méprisé, méconnu dans notre monde trop rapide où ses cultures traditionnelles meurent de la mondialisation qui aplanit leurs différences. Mes émissions sont ma manière de combattre les musiques amnésiques et incultes.

Après 6 ans d'expérience et fort d'une culture musicale encyclopédique mais en perpétuelle évolution, j'ai pris mon courage à deux mains et ai envoyé mes émissions, mon CV et une lettre de motivation à diverses radios de la région, dont aucune n'a daigné me répondre. D'après le président de la FARA (Fédération Alsacienne des Radios Associatives), ce que je fais serait trop culturel, et pas vendable dans le monde de la radio qui de plus ne recrute pas précisément en ce moment. J'ai également envoyé des candidatures spontanées aux salles de concert avec lesquelles je collabore pour un poste administratif dans leurs services, là encore sans réponse, ou négative. Pour toutes mes émisions, je me fournis dans les bibliothèques/médiathèques de la CUS, et aurais voulu y travailler comme agent, ce que m'ont confirmé mes deux stages, mais je suis surdiplômé pour ces postes sans concours, et ai raté les concours de Bibliothécaire et Conserrvateur dont les responsabilités, l'autorité sur les autres et la gestion m'attirent moins.

En juillet prochain, je vais entrer en formation informatique sanctionnée par un diplôme informatique européen, ce qui n'est pas une fin en soi mais sera, si je l'obtiens, une carte supplémentaire pour trouver un emploi. Je cherche un emploi dans un bureau, préfère servir plutôt que commander les autres, si possible dans un domaine le moins éloigné possible du culturel auquel j'ai voué ma vie et qui continue de me passionner et que je ne voudrais pas abandonner.

Si vous pensez que votre expérience peut m'être profitable ou que la mienne se rapproche de la vôtre, écrivez-moi, je serai enchanté de vous répondre.

JDB