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vendredi 30 octobre 2009

NICOLAS FRAISSINNET, MONSIEUR LUNE, LEOPARLEUR et YAN CAILLASSSE au Préo d’Oberhausbergen pour Amnesty International

Ce samedi 24 octobre, Nicolas Fraissinnet venu de Paris, Lausanne et de l’Antarctique, Monsieur Lune de Paris, Léo Parleur (originaires de Strasbourg, même si leurs tournées les emmènent souvent loin d’ici) et Yan Caillasse (le groupe de Yan Siptrott, comédien que j’ai connu au lycée il y a vingt ans, devenu compositeur et chanteur de « Rock à texte » à Paris). Bref, deux à découvrir et deux retours chez nous.

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On a pu voir d’abord Nicolas Fraissinnet et son univers fantastique, humoristique de pingouin et de fée partant « Avec le vent ».

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Il a quelque chose de Nilda Fernandez dans la fêlure de la voix, sans l’exotisme hispanisant et les cheveux, ou Louise Attaque mais avec un tempétueux piano et des envolées magnifiques.

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En seconde partie, on a pu voir Monsieur Lune et son groupe intéressant à voir pour sa diversité capillaire : Monsieur Lune a une tête un peu ronde et les cheveux parfaisant sa tête de lune ronde, « Cheveu », le guitariste, aussi au cavaquinho et à la mandoline avec des cheveux longs et des pattes à la Stéhan Eicher, un violoniste barbu de trois nuits, un bassiste aux cheveux courts laissant pointer la banane comme les Forbans ou L’Affaire Luis Trio, et un batteur surnommé John Malkovich aux mèches chouette effraie au tour du crâne dégarni.

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Nicolas Pantalacci, chanteur de Monsieur Lune, a une voix qui me rappelle dans son innocence le premier chanteur que j’aie vraiment aimé : le Yves Simon des années 70ies celui de « Diabolo Menthe » découvert trop tard, bien après le lycée mais qui émeut quand même et de « J’timagine », des « Merveilles de Juliet » ou de « J’ai Rêvé New York » pour l’Amérique et la révolte Rock, un texte en collage de citations, des guitares folk et des illusions Baba Cool de « L’Amour Dans L’Âme », de la folie de croire encore en ses rêves ou à un monde meilleur, qui fait encore du bien même trop tard.

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Un côté américain d’ici, aussi dans les arrangements, parfois country à la Française pour « Lunette », qui « n’en porte pas et lit des bouquins trop longs », personnage émouvant, Sud-Américain dans le cavaquinho, Napolitain dans la mandoline, chanson française mais assez d’ailleurs pour nous faire voyager.

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Et puis dans les textes et la musique, il y a cette émotion qui parfois vous prend le cœur jusqu’au bord des larmes, quand il nous parle de ses rêves d’astronaute avortés, mais nous dit que les chansons, la musique servent à « se rappeler, oublier » nos rêves, et lui permet de partager avec nous les siens.

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Quelquefois il s’abandonne à la violence Rock, comme dans « Reviens Pas », repris en chœur avec le public, trop ironique pour qu’on y croie, « T’es bien plus belle quand t’es pas là », mais où il est bien moins ridicule que notre Johnny national sur un texte équivalent et tellement plus frais, moins réchauffé, moins maccho, car il n’a pas peur de montrer sa fragilité aussi plus proche de nous.

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Il détourne aussi avec tendresse et irrévérene les classiques comme « La Belle Au Bois Dormant » de Charles Perrault quand elle lui manque.

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Enfin, il flirta avec la science-fiction avec Benjamin Gage et la Fin Du Monde, et se souvint avec émotion des premières bises au Lycée (quand on se dit que c’est sans conséquence) quand son père disait que « jamais Yannick Noah ne gagnerait Roland Garros ».

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Bref, sa voix rappelle un peu celle de Raphaël, mais son univers est tellement plus varié qu’il mériterait au moins le même succès, sinon davantage…

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En troisième partie, on pouvait entendre les Léoparleur, groupe local à l’origine, qu’on a connus Funk-Rock Psychédélique «Fonkadélic Méthane » en 1992-1999, Chanson Française mêlée de musiques traditionnelles pour leur premier album acoustique « Revoir La Mer » en 2002, plus hispanisant/latino voire punk pour leur troisième « Tout Ce qui Brille » en 2006 et qui, à force de tourner partout ailleurs qu’ici dans leur petit camion bleu, ont trouvé le moyen de sortir leur dernier album « Faut Du Rêve », enregistré dans le désert d’Andalousie, en Allemagne, au Japon, mais pas encore en France!

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Je plaisante, je les aime trop et suis trop content de les revoir, j’avais oublié qu’ils étaient aussi bons. Bien sûr le temps passe, il ne reste des pionniers que les inséparables frères Oster : Josef à la guitare et au chant, et Simon à l’accordéon, et bien sûr la Toulousaine Maya Martinez, multi souffleuse qui après le saxophone dans « Le Grand Lustucru », berceuse horrifique anti-fasciste de Kurt Weill, reprise sur chacun de leurs concerts, joue maintenant de la clarinette (comme leur invité Denis Léonhardt des Weepers Circus), du trombone (comme Jean Lucas), des castagnettes et chante également. Il y a un nouveau batteur (mais l’ancien est passé chez Yan Caillasse) et un bassiste électrique a remplacé la contrebasse Gavroche de Grégory Pernet depuis un an, et une violoniste est là spécialement pour ce concert ce soir-là.

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Maya assure les textes en espagnol, dont « El Caracol Azul », écrit par son père, souvent suivie de Simon. Ils ont toujours la même énergie sur scène, un peu Rock desperado, entre Chanson Française pour les textes et attitude punk à la Ramones ouverte aux musiques traditionnelles.

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Sur le dernier album, ils ont mis en musique un nouveau texte de leur parolier officiel Yunus Emré (poète derviche turc du XIIIème) ajoutant « C’est mon affaire » (chanson de révolte contre Dieu qu’il aille à la Taverne ou le regrette à la Mosquée), qui précède « Ma Vie » (questionnement en abîme sur le sens de l’existence humaine allant jusqu’au refus du suicide) sur un rythme Flamenco Rock finissant en ska quand le rythme s’accélère. Entre un Djalal-od Din-Rûmi mystique et fondateur des derviches tourneurs (à qui il lança un jour « Si t’as trouvé, pourquoi tu tournes ? ») et un Omar Khayyâm poète astronome et jouisseur aimant les femmes et le vin désespéré accusant Dieu quand sa coupe se brisait (« Tu m’as barré la route du plaisir, Seigneur/ C’est moi qui bois, c’est toi qui es ivre Seigneur ! ») dans ses Robayat, Yunus Emré avait une position médiane ou passait de l’un à l’autre : à la Taverne un jour et se repentant ensuite de poèmes à l’Adoré, Mystique à l’état sauvage comme Arthur Rimbaud trouvant dans ces allers-retours sa liberté et une ferveur égale répondant aux questions que pose la souffrance humaine, mais y trouve aussi sa profonde humanité et sa modernité presque Baudelairienne, entre révolte et Mysticisme.

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Ce qu’on entend du dernier album promet qu’il sera tout aussi intense que les précédents, et apportera son lot de nouvelles influences, cubaines électriques côté guitare avec une citation de la version « El Carretero » de Guillermo Portabeles à la manière du Buena Vista Social Club et avec un style plus énergique de Papo Ortéga Y Cubanoson, voire électrique de Marc Ribot reprenant Arsénio Rodriguès l’aveugle merveilleux du très Cubain lui-même.

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Autre grande et surprenante réussite, dépoussièrante au possible, leur version punk toute coulisse de trombone dehors du classique musette « J’ai l’Cafard » de Fréhel, chanté par Simon Oster l’accordéoniste, faisant de cette chanson désespérée à se jeter au fleuve l’expression d’une saine et rageuse révolte..

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Ils finirent ce set, raccourci de leurs super-ultra-utiime Bancos de bis successifss par l’heure tardive et la venue encore de Yan Caillasse par « Les Adieux », extrait de leur album «Tout Ce Qui Brille » et sa guitare desperado et le saxo de Maya puissant mais suivant dans ses riffs sa ligne oblique entre Lester Young et celui des Béruriers Noirs. Bref, les Léoparleur se sont rappelés à nos cœurs, et on attend avec impatience le prochain concert et la sortie de leur prochain album dans leur propre pays et à Strasbourg !

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En dernière partie, Yan Caillasse, groupe de Yan Sipptrott, que je connais depuis au moins vingt ans, puisque nous étions ensemble au Lycée et à l’Université de Lettres, puis il s’orienta vers le Théâtre et devenu Comédien monta à Paris, créa ce groupe de « Rock à Texte », pour lequel il écrit les textes à la fois poétiques et librement engagés et dont il est le chanteur, avec Lionel Fouchet à la guitare, Grégoire Butraeye au violon et à la 2ème voix, Eddie Claudel à la batterie et Morgan Michaud à la basse.

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Nous entrons dans son univers par « 100 Bêtes de Foire » qui ouvre son second album « (Remuer) Ciel et Terre », qui fait suite à « Un Chien De Ma Chienne », Cirque fantastique et horrifique, avec « la femme en sucre, qui ne peut s’empêcher de s’auto dévorer », avec un côté Freaks, mais qui ressemble aussi à notre monde, où l’on trouve « des politiciens, les derniers de leur race ». Et tout de suite, c’est sa puissance vocale à la Bertrand Cantat (c’est lui d’ailleurs qui me fit découvrir « Aux sombres héros de l’amer ») qui surprend, par rapport à sa voix un peu baba cool/guitare sèche d’il y a quelques années. Le cheveu, qu’il portait long, est plus court, mais sa formation théâtrale lui a donné une énergie et une ubiquité scénique irrésistible sur ses chaussures à pointes montantes, il agrippe le micro comme un mât dans la tempête, court et saute de toutes parts, défie ses musiciens ou tambourinesur l'ampli. Quant à la musique, on retrouve le fan de Métallica (au rouleau compresseur duquel il ne me convertit jamais) et d’Angepour le côté Rock poétique psychédélique, que nous vîmes ensemble le Jour Des Anges au Café Des Anges en 1990.

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Il poursuit avec « Le Ciel se couvre mais on s’en fout », plus dans sa première manière entre Musette et Rock’N’Roll, à propos du le réchauffement climatique sur une valse trash façon « Vie De Chien » des Négresses Vertes à la guitare sinueuse et avec un violon Folk à la Malicorne (autre découverte que je lui dois, dont nous essayions, en vain, de reproduire le bourdon vocal).

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La chanson suivante est un Reggae Trash au texte en forme de supplique Moyenâgeuse priant Dieu et Jésus ironiquement (les murs de l’amphi tremblent encore de son « We Will Rock You » de Queen à un professeur d’Ancien Français!), entre Folk Moyenâgeux Malicornien (qui nous était plus utile comme support d’Ancien Français que les Chansons de Geste ) et énergie Rock. L’apport de Malicorne est d’avoir su reprendre de vieilles Chansons Moyanâgeuses avec des mélodies magnifiques, mais avec des arrangements Folk-Rock Psychédélique plus modernes, sans les dénaturer.

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De l’Ancien Français, il remonte au latin avec « Memento Morti », critique de toutes les Religions et idéologies meurtrières au nom de leurs morts dont « les crânes en charpie supplient qu’on les oublie » auxquels il oppose « La Vie coûte que coûte » (Quoique lui prétende « n’en déplaise aux experts de tous poils, cette chanson ne peut se chanter qu’en pensant à la cueillette des champignons »), de plus en Rock. Virage plus Rock avec « Entre Ciel et Terre » (presque le titre éponyme de l’album «(Remuer) Ciel et Terre », sur la guitare à la Métallica (plus dans les solos que dans la rythmique en fait) et le violon Folk, et Yan claquant la cymbale entre ciel et terre.

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Si « C’est un plaisir partagé », il ralentit tout de même le tempo avec « Chien Caillou Chien Fou », mélopée sur les résonances de la guitare et de la basse entre la soumission canine et le côté sauvage, loup qui demeure (« Tu peux compter sur ma mâchoire pour devenir le gardien de tes jours »), qui sur un guitare psychédélique évolue en gutturalités mongoles presque diphoniques, puis se fait de plus en plus Rock lorsqu’à la fin Yan « Lâche les chiens ». Le meilleur ami de l’homme est encore un loup apprivoisé, et certains même en font une arme...

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Suit après une intro de guitare à la Pink Floyd dans « Confortably Numb » extrait de «The Wall » (qu’il m’a fait découvrir, mes parents s’étant arrêtés à « Meddle » et « More ») suivi d’un violon qui en rappelle les cordes, « Avec Moi », qui part plus Rock avec un texte aux magnifiques métaphores poétiques visuelles («harponne quelques comètes allées/hâlées/Halley ») et sonores (« perpétuelles tours de Babel aux toits amourachés ») à la beauté apocalyptique et à l’esthétique fantastique un peu BD à la Bilal ou Caza («On s’est couché sur les adrets… A l’horizon le bord du monde s’est mis à rougeoyer »). Avec quelques autres, comme « Vaches Sans Terre » sur l’exode rural, ce titre montre à la fois l’attachement à un terroir les deux pieds bien ancrés dans le sol et l’envol de l’imaginaire fantastique qui se cache au fond des forêts, qui ont toujours fait partie de l’univers de Yan Sipptrott avant Yan Caillasse.

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On part ensuite pour les tempêtes marines des « 40èmes Hurlants » sur un tempo d'enfer, hantés de sirènes pirates, corsaires, très Rock Celtique à la Louise Attaque dont la violence des vagues frise le Rock avec violence façon Noir Désir.

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Autre requin, mais de bureau celui-ci, mais qui n’en est pas moins vorace pour nous « tondre le dollar sur le dos », le fonctionnaire des Impôts « Ernest La Peste » qui rime avec « funeste », avec un côté du comédien Yan baladin ironique ménageant violence rentrée et douceur critique, un peu à la manière de Léo Ferré dans « Monsieur William » (Yan Caillasse a également dépoussiéré façon Zoo son «Merde à Vauban » sur un texte de Pierre Seghers), et un bon solo de batterie sur le violon.

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Plus violent et Rock, « Os Contre Béton » (enregistré avec Kemar des « No None Is Innocent » pour son débit rapide presque Hip-Hop, ou Hip-Rock, dont l’ingénieur du son Mazarin a enregistré les deux albums de Yan Caillasse.

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A cette soirée Amnesty International, ce texte prend tout son sens : « On ligote mes frères sur du poison, Os Contre Béton », avec un solo de guitare, citant les montées de l’intro de« Welcome To The Jungle » de Guns’N’Roses (Slash fut quand même un des meilleurs suiveurs de Jimi Page après Led Zeppelin), puis une accalmie, le creux de la vague (« Pour ta peine et pour longtemps, laisse-la planter ses dents ») avant la reprise de plus belle jusqu’au final.

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Après la violence de la bataille, Yan s’abandonne à une autre mélopée apocalyptique avec cette prière au « Dieu des cendres » (assez proche finalement du bourdon Malicornien) rythmée par une basse funky et des riffs rageurs, qui parle de la dérive sécuritaire où « Alice au pays des alarmes se balade la fleur au fusil », avec sa comptine détournée (« Prête-moi ta cage pour y faire un nid») de plus en plus violente de la « rage des vivants » qui ont perdu leurs illusions et leurs rêves . Il n’y a pas de renoncement, « J’entretiens mes charbons ardents jusqu’à ce qu’une solide main de fer nous impose une muselière », tandis que violon et guitare finissent dans les aigus. Cet album est plus sombre que le précédent, mais le monde l’est devenu aussi, et la rage soutient l’éveil de la conscience. Et Hubert Félix Thiéfaine et son "Chant Du Fou" fait aussi partie des références musicales que je lui dois.

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Autre critique prophétique de la dérive sécuritaire, « Welcome in Youpiland » (là encore du pur Yan), écrite avant l’élection présidentielle «de la chair à l’audimat pour faire de l’œil à l’Extrême Droite », avec son humour acide à la Reiser et Charlie Hebdo (« Trop de couleurs dans nos avenues, mais faut bien Germaine, qu’on nettoie les rues »). Le pire c’est que cette fois-ci « On l’a voulu ».

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Le concert se termine avec la Communion avec le public « Du Feu », d’abord Reggae comique, puis plus rock au refrain sur le pizzicato du violon : « Nous c’qu’on veut, c’est du FEU », des feux de St-Jean même en hiver, des feux de bengale tous les soirs!

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Yan Caillasse a trouvé sa Poésie Rock. Finalement Jim Morrison n’est jamais arrivé à rendre la sienne aussi universelle.

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 19 juin 2009

BACK 2 THE DAYZ : KEB DARGE, FRANCKY HUTCHINSON ET NO STRESS AU CAFE DES ANGES : Rockabilly, Jump Blues, Northern Soul et Deep Funk

Triple-retour aux sources ce mercredi 10 juin au Café Des Anges: aux sources Rockabilly/Jump Blues 50ies, Northern Soul 60ies et Funk 70ies avec Keb Darge, Et aux sources de ce lieu, puisque No Stress y inaugura au caveau les soirées Acid Jazz ( avec entre autres cet "Expansions" de Lonnie Leston Smith) dans les années 90s, où Francky Hutchinson était parfois présent.

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Francky Hutchinson, plus Brazil, commence aux premiers jours de la fusion Jazz-Funk Brazil avec quelques titres d’ « Early Days », toujours en activité, avec des voix entre Gilberto Gil et Caetano Veloso et un scat sur les claviers.

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No Stress lui succède en ping-pong avec un de ses arrangeurs préférés, Johnny "Hammond" Smith, claviériste et organiste sur l’orgue du même nom et arrangeur et chanteur Jazz Funk aux claviers gélatineux scintillant psyché sur un lit de cordes moelleuses vintage à l’unisson.

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Le Space Funk fait hurler ses sirènes au décollage sur des cuivres et claviers stellaires, rencontrant les esprits de voix horrifiques et spatiales vers des « Visions Of Tomorrow » de Science Soul Fever (si j’ai bien lu la pochette) : ils ont une culture Funk/ Soul que je n’ai pas, tous leurs morceaux sont des perles, et je ne peux pas leur demander ce qu’ils viennent de passer après chaque titre! Dans ce domaine, ils sont mes initiateurs et mes maîtres à chacune de leurs soirées! No Stress prend le relais avec une nouveauté au goût d’acid Jazz et de Milton Banana Trio.

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Francky enchaîne avec Marius Cultier, pianiste antillais, en trio dans « Disko Machine ».

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No Stress continue avec une chanteuse Soul « Make Me Feel Like Long Time Ago », puis Francky enchaîne sur Charles Williams, puis la guitare avec voix haut perchée à la Marvin Gaye du Bluesman Roy Buchanan qui se pendit en cellule de dégrisement, dans « Can’t i Change My Mind », ma chanson préférée, la plus sautillante et bouleversante à la fois, la plus funky()en version plus lente. Keb_Darge_Roy_Buchannan.jpg



Un des anciens Anges historiques du Caveau du Café des Anges est venue en apprenant le retour de No Stress.

Arrive Keb Darge, DJ Ecossais, spécialiste du Rockabilly & Jump Blues 50ies, Northern Soul 60ies (Soul froide anglaise) et Funk 70ies. Il commence par un Twist Jazzy Funky Soulfull Swinging London à la manière de la musique d’Herbie Hancock pour « Blow Up » de Mihelangelo Antonioni, où Jane Birkin fit ses débuts au cinéma.

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Les saxos et percussions attaquent, suivis de Joseph Henry, proto-James Brown ou bon imitateur Ecossais qui était aussi mégalo que lui avec ce « Who’s The King ( You Know That’s Me) », qu'il a fait découvrir par s compilation "Kings Of Funk".

Avec sa passion pour les raretés, Keb Darge exhume des pionniers ou des suiveurs méconnus de ceux qui ont fait une grande carrière, les fait revivre. Ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner sur l’original James Brown dans son « Papa’s Got A Brand New Bag », après un classique instru funky connu ici par le remix des Inuits que passent les Badass Funkstarz: « Hammon Groove ».

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Keb Darge aborde les années 70s par un air de Disco comme celui par lequel il remporta en 1979 une compétition de Disco à 22 ans. En tous cas, ça danse, le public hurle et sceame à sa crème comme James Brown dans les années 70s et lui-même danse encore parfois en des dance contests sauvages.

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Keb Darge sait aussi varier les plaisirs sur ces 30 ans 50ies-70ies, et est l’un des seuls DJs Funk à passer aussi du Rockabilly et du Jump Blues découverts au Cabaret de Madame Jo-Jos ( à Londres, tous les samedis) , qu’il préfère ces dernières années au Funk et à la Soul, qu’il joue depuis tant d’années, ce qui en fait le seul DJ déségrégé passant de la musique Black & White sans distinction. Pour lui « tant que le son est bon...».

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J’ajouterai d’un point de vue plus historique que le Rock’N’Roll fut volé aux Noirs par les Blancs comme le Jazz, que l’on a retrouvé des partitions de Boogie Woogie noires de 1880.

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D’ailleurs le premier Rock de la soirée sera « Let’s Boogie All Night » des Hot Rocks allemands, à la contrebasse obsédante, puis «I Got The Boogie", un Jump Blues par un Shouter à la Big Joe Turner qui chantait « Shake, Rattle & Roll » bien avant Elvis, digne des « Chicken Shack Boogie » (Boogie des boîtes poulaillers) d’Amos Milburn. Keb_gueule.jpg

Suit le torrentiel Jump Blues «Kiiiing Kooong » de Big T Tyler aux terrassant piano et saxo, que vous pourrez retrouver dans la complilation « Lost & Found Rockabilly & Jump Blues » de Keb Darge et Cut Chemist, son chauffeur de taxi .

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Le titre suivant me fait penser aux Rock’N’Roll de Boris Vian (mort il y a 50 ans) pour Henri Salvador comme « Rock-hoquet », aboyant, hoquetant, avec son saxophone hurlant et son final Be Bop, comme le Rockabilly suivant taxiphonant ses riffs obsessionnels jusqu’au solo.

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Suit Louis Prima italien de New Orleans, un des rares Jazzmen (trompettiste et chanteur) à avoir pu, comme chanteur, garder son public après la vague du Rock’N’Roll en s’y adaptant, avec son « Just A Gigolo/ I Ain’t Got Nobody » (deux standards séparés à l’origine), et finit « King Of Swingers » en ourang-outang dans le Livre De La Jungle de Walt Disney dont Louis Armstrong faisait l’ours Baloo.



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Wynonie Harris, noir et plus violent, ne parvint jamais à revenir dans les années 50s, mais chanta « Good Rockin’ Tonight » avant les blancs, dès 1948.

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Et Elvis Presley? Elvis était alors encore un fan tremblant de Rubberlegs Williams (à qui il piqua son jeu de jambes en caoutchouc, mendiant des autographes à Roy Brown , compositeur de « Good Rockin’ Tonight » qui lui écrivit ses tubes sans jamais un enregistrement ou royaltie de la part du Colonel Parker et mourut dans la misère. Une pensée pour ces héros noirs oubliés du Rock'N'Roll et Rythm'N'Blues.

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Ce qui manque peut-être à Keb Darge, c’est cette conscience historique, raciale, mais il n’en a cure, comme le public, d’ailleurs, dans leur hédonisme du son, de la joie, de l'insouciance. Je les comprends.

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Tiens le voilà, Elvis Presley, hoquetant son Rock’N’Roll, aboyant son « Hound Dog ». Non c’est en fait un de ces bons imitateurs Rockabilly récents, le mexicain Omar Romero & The Stringpoppers dans «My Baby Don’t Breathe ».

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Suit un Rockabilly à la Jerry Lee Lewis mais avec une guitare Country , puis une autre découverte récente de Keb Darge : une version de « Fever », qu’Elvis reprit après son service, mais par d'autres pseudo-Mexicains à somberos, les Londoniens Carlos & The Bandidos, en Rockabilly , embarqué sur les riffs de « Brand New Cadillac » du Rocker anglais Vince Taylor repris par les Clash dans « London Calling » ( sous le nom de Joe Struumer & The Mescaleros.

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Sans les anglais Beatles () Stones, Who ou Kinks, le Rock’n4roll serait mort de la répression américaine contre ses pionniers à la fin des années 50s.

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Pour leur défense, Elvis Presley et Johnny Halliday )après lui ont compris que le Funk était le Rock’N’Roll noir et Elvis engagea des choristes noires (dont la mère de Whitney Houston) et des cuivres, enregistrant même un album dans les studios Stax, et Johnny finit sa carrière avec un musicien de Ray Charles.

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No Stress revient avec du Reggae Funky de Third World : No That We Found Love”

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Keb Darge est aussi un pionnier de la « Northern Soul et du Deep Funk » (Funk Soul froid dont il fut un des initiateurs en Angleterre), avant Gerald Jazzman et DJ Gruyère, et passe les originaux de «Beggin’» par Frankie Vallie & The 4 Seasons qu’on connaît par Madcon, et plus tard l’original de « Tainted Love » par Gloria Jones en 1964, plus connu par Soft Cell, auvant aussi de la pub "J'Adôre", la chanson "A funky space reincarnation" de Marvin Gaye, qui était déjà un monument de sensualité spatiale par Marvin Gaye, ou une autre de téléphonie mobile.

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Dans une autre série de Rockabilly, Keb Darge passe « Stamped » des Scarlets, un Rock Psyché Garage Surf Music qui inspira le premier tube des Cramps « Bikini Girls With Machine Guns».

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En Funk, No stress répliqua par « Move On up » de Curtis Mayfield.

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Keb Darge nous renvoie à Memphis et aux années 50 avec « Luther Played The Boogie » de [Johhny Cashpour Luther Perkins, puis à une autre origine du Rock, le « Boom Boom » de John Lee Hooker, qui inspira « La Grange » des Texans ZZ Top.

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Bref, je me suis rendu compte que j’avais toujours eu honte d’écouter du Jazz devant mes amis qui écoutaient du Blues/Rock blanc 60ies/70ies, et d’avoir écouté du Rock dans les soirées Funk, alors que c’est la même musique par des blancs ou des noirs. C’est la plus belle leçon de Keb Darge, l’un des rares DJs Rock’&’Soul.

Jean Daniel BURKHARDT

dimanche 3 mai 2009

Réflexions sur BOB DYLAN au Zénith de Strasbourg: Times They Are A-Changing?

Bob Dylan est le plus grand auteur-compositeur américain vivant et en activité de Folk, Blues, Protest-Song et Talking Blues dès 1962 (pour son second album The Freewheeling Bob Dylan, armé seulement de sa voix nasillarde, de sa guitare et de son harmonica), puis de Rock poétique (« Subterrean Homesick Blues », « Highway 61 Revisited » et « Blonde on Blonde ») et de chansons d’amour («She Belongs To Me », « I Want You») jusqu’à son accident de moto qui le fit se calmer et enregistrer des disques de Country (« John Wesley Harding », « Nashville Skyline ») puis plus Rock (« Planet Waves », « Before The Flood »), revint avec toutes les émotions qu’on aimait chez lui, ce mélange de tendresse et de colère dans « Blood On The Tracks » en 1975, puis sortit « Desire », devint chrétien (1979-1981), joua pour le G7 à Lyon en 1996 et continue de sortir des disques gentiment Country Blues Rock avec ses amis, se laissa pousser la moustache en 2001 pour « Love and Theft », sortit « Modern Times » et « Together Through Life » aux influences plus Country Bayou Cajun.

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Rien que pour ce qu’il a fait jusqu’en 1968 ou 1975 il serait déjà le plus grand. Je suis né trop tard pour l’avoir suivi d’année en année mais il m’accompagne depuis une quinzaine d’années, m’a fait rêver et rire et il était au Zénith hier soir.

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Première bonne surprise à l’entrée, en retard aux mots de : « …and I hope that you’ll die… » Il chante encore « Masters Of War », la meilleure protest-song de « The Freewheeling Bob Dylan » accusant les « Maîtres de la Guerre » en costumes cravates dans leurs bureaux et leur promettant de chanter sur leur tombe jusqu’à ce qu’il soit sort qu’ils soient morts!

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L’a-t-il chantée quand il joua pour le G7 à Lyon en 1996 ? Je pensais à l’époque que les « Masters Of War » étaient le G7 et ça m’a beaucoup déçu d’entendre qu’il s’y produisait, mais je lui aurais pardonné s’il avait osé. Peut-être n'a-t-il accepté que pour la leur chanter en face?

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Au moins la chante-t-il encore, ou j’avais tellement envie de le croire que j’ai eu une hallucination auditive.

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Des gradins où je me trouve, on aperçoit sur scène quelques musiciens en chapeaux noirs, « men in black » en chemises blanches et cravates. Bob Dylan se permet une chemise rouge, un liséré mexicain rouge au pantalon, le visage élimé par les ans comme celui d’un loup et la voix toujours tranchante comme un rasoir (il n’a cessé de muer pendant sa carrière), est aux claviers, ne prendra la guitare que pour un titre, et joue toujours de l’harmonica dans son style inimitable, citant dans le final du second titre, extrait de « Modern Times », «It’s all over now, baby blue», extrait de « Bringing All Back Home » dans laquelle il abandonnait une fille, après avoir sur le même disque produit deux chansons d’amour magnifiques comme « She Belongs To Me » et « Love Minus Zero ».

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Ses derniers Blues-rocks comme “Rollin’ And Tumblin’” (extrait de son avant-dernier album “Modern Times », hommage au film « Les Temps Modernes » de Charlie Chaplin) rappellent les quelques fameux qu’il a écrits pour « Blonde On Blonde » en 1966, narcotique comme “Leopard-skin pill- box -hatqu’il a encore très bien joué sur scène en 2007,, ] amer sur ceux qui sont restés des Folkies comme “Absolutely Sweet Mary”, porté par un riff d’orgue roboratif « Swinging London » ou « Obvously 5 Believers » qui en valait bien deux ou trois concentrés.

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Certes, on reconnaît aisément les riffs de « Sweet Home Chicago » du bluesman Robert Johnson qui vendit son âme au diable à un « Crossroad » et le «Mannish Boy » Muddy Waters qui inspirèrent la mode du Blues anglais des Yardbirds avec lesquels débutèrent Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, qui, lors de sa tournée en Angleterre, lui donnèrent l’envie de faire du Blues Rock électrique avec leur version accélérée de son «I’m A Man».

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Je crois reconnaître aussi la version en son «If you’re looking for troubles… » d’Elvis Presley, première idole de Dylan, lors de son retour télévisé en perfecto de cuir avec des cuivres. Notre Johnny national l’adaptera dans «La Bagarre ».

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Bref, du Blues, du vrai, du viril, du noir, qui montre aussi que Dylan a passé quelques années dans le Rock et en a expérimenté les origines sur la route à ses débuts comme ses pionniers noirs en allant visiter son idole Folk Woody Guthrie, dédicataire de l’une de ses premières chansons () à l’hôpital de New York, après avoir lu son autobiographie « Bound For Glory » et participa à une séance de Big Joe Williams…

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Dans les notes de « Freewheeling Bob Dylan », il déclarait à propos de «Down The Highway » qu’il la tenait de lui et « Bob Dylan’s Blues », un Blues de sa composition, que pour beaucoup de musiciens blancs, le Blues était l’expression de la souffrance noire à acquérir, alors que pour les pionniers noirs, c’était justement le dépassement, l’exorcisme de la souffrance et de conditions de vie difficiles, ce qui montre sa lucidité sociale et raciale. L’accent particulier est toujours là, traînant, le timbre nasillard, dont il usait sur scène pour avoir l’air d’avoir plus encore roulé sa bosse dans les clubs Folks avant le solo d’harmonica.

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La voix est plus cassée, mais hurle encore avec les loups. Je préfère ces emprunts au Blues collectif passé dans le domaine public de la poussière des routes à celle des scènes qu’il a mérité par sa carrière à celui qu’il fit dans « Love & Theft » de « Gloomy Sunday » de Billie Holiday en changeant le texte et signant Bob Dylan. Son ingratitude opportuniste fait partie de sa légende : sur son premier album « Bob Dylan », il avait enregistré et signé «House Of The Rising Sun», ballade populaire de New Orleans déjà interprétée par Guthrie (http://www.youtube.com/watch?v=POQJUv_ebZo ) et le bluesman noir Leadbelly (http://www.youtube.com/watch?v=y5tOpyipNJs&feature=related ) que le chanteur Folk Phil Ochs, qui l’hébergeait et assurait sa subsistance, réservait à son come-back, et qui eut le succès que l’on sait par la version anglaise des Animals d’Eric Burdon, puis française sous le titre « Les Portes Du Pénitencier» par Johnny Halliday.

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Dans les thèmes, on peut rêver de ses anciennes chansons à l’écoute des nouvelles : des histoires de femmes emprisonnées par leurs parents dont la mère renvoie les invitations, leur père arguant de leur fatigue d’avoir perdu « tous leurs soldats en batailles ou en vain » aux fenêtres desquelles il chante sa sérénade comme dans «Queen Jane Approximately» sur “Highway 61”, son album le plus Rock, avec le Bluesman électrique Michael Bloomfield.

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Même dans le cynisme, le sarcasme de Dylan, il y a encore de la compassion pour l’autre, l’espoir de le voir évoluer, presque, quand il s’agit de femmes, de la tendresse… Les femmes lui ont toujours inspirée ses plus belles chansons d’amour, depuis « Girl Of the North Country », apprise d’un chanteur Texan et dédiée à Echo, sa petite amie laissée à Dulluth, sa ville natale. Mais si elles essaient de l’enfermer, il s’enfuit d’un « Don’t Think Twice, It’s All Right », alors qu'il venait de s'installer à New York dans Greenwich Village avec sa petite amie Suze Rotolo, jolie étudiante qui le politisa et qu'on voit avec lui sur la pochette de "Freewheeling Bob Dylan" avec lui .

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Cette tendresse protectrice à leur envoyer ses meilleurs souvenirs et même ses excuses nostalgiques par personne interposée, on la retrouverait jusque sur « Blood On The Tracks » dans « If You See Her Say Hello », pour une inconnue qui « devait être à Tanger », ayant suivi les Rolling Stones pour prendre « un Thé au Saharah » avec Paul Bowles sur la route de Katmandou. Dylan devait déclarer à une journaliste enthousiaste qu’il « ne voit vraiment pas comment on peut aimer expérimenter des sentiments tels que ceux exprimés dans « Blood on The Tracks » ». peut-être voulait-il dire que l’origine de cette beauté, de cette émotion retrouvée, était sa souffrance lors de son divorce avec Sara Gowns, la perte de leurs enfants, qui ne sont pas enviables…

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Dans sa nouvelle chanson “Levee’s Gonna Break” (http://www.youtube.com/watch?v=B-dgmpMfD3g ), on peut retrouver un peu « Blood On The Tracks », un côté « Meet Me In The Morning » avec le Band. En fait on peut toujours se faire son PROPRE concert, sa propre PLAYLIST favorite des anciennes chansons sur les nouvelles. Dylan n’est pas un juke-box de plus de trente ans…On a quand même l’impression d’entendre Dire Straits, qu’on aime infiniment moins que Dylan, même si le guitariste est bon, entre Mike Bloomfield et Robbie Robertson du Band.

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Derrière moi, une fille réclame « Hurricane », protest-song écrite par Dylan pour son album « Desire » fin 1975 pour la libération du boxeur noir emprisonné Hurricane Carter dont l’autobiographie l’avait touché, qui fut libéré peu après.

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Sur le même disque, « Joey »offrait les derniers hommages à Joey Gallo, un Maffioso notoire, assassiné dans la rue, qui détestait le Rock, ce qui est plus discutable, et lui fut reproché.

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Faudra-t-il le traiter de Judas pour mériter le « How Does It Feel ? » de « Like A Rolling Stone » comme les Folkies qui le huèrent à Newport en 1965 ()? En 1968, lorsque partout s’allumèrent des Révolutions qu’il prêchait depuis six ans, avec ses chansons en toile de fond, Dylan se relevait d’un accident de moto dans son ranch de Woodstock, qui au moins calma sa vie de fêtes, scènes, mauvais sommeil, alcool et pilules pour tenir inspirant les images de « Blonde On Blonde ».

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Les jeunes avaient mis des années pour agir, étaient en retard, lui en avance. Lui faisait de la Country avec « John Wesley Harding » , si l’on excepte la distance ironique d’ «All Along The Watchtower » dans « John Wesley Harding » regardant de sa tour d’ivoire Princes et Fous évoluer avec une indifférence à la « De La Nature » de Lucrèce et «Ballad Of Frankie Lee & Judas Priest » à la rythmique intéressante.

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Sommes-nous coupable de n’avoir pas su le suivre plus loin que 1976 ? Même si cette fille au moi-même ne le connaissions pas alors, nés trop tard pour avoir suivi sa carrière aux différents âges de nos vies respectives. Cela fait tout de même quinze ans que ses chansons de 1962-1976 m’accompagnent. Avec elles, j’ai rêvé, ri, espéré, été ému comme à l’époque, jusqu’à en oublier souvent la mienne à force de préférer celle des années 60/70s.

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Il faut dire que sa période chrétienne (1979-1981) ne donnait pas envie de le suivre, lui qui avait écrit en 1964 « With God On Our Side», dénonciation de l’Amérique puritaine justifiant par Dieu le massacre des indiens, les guerres contre l’Allemagne, vite pardonnée, certes, mais bientôt la Guerre Froide contre les Russes, mais laissait au public le soin de juger « si Judas Iscariote avait Dieu de son côté »!

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De cette période, on a cru reconnaître « Slow Train Coming », qui n’est pas la pire, avec « Knock Knock Knocking On Heavens’Door ». On peut préférer l'émotion de la quête et de la conversion les doutes du pêcheur aux certitudes du croyant. Ces chansons comme "You Gotta Serve Somebody" prenaient toute leur dimension avec les choeurs du Greatful Dead sur scène.

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J’apprécie néanmoins la voix de prêcheur maléfique qu’il en a gardé…

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Evidemment, lui chante ses meilleures chansons depuis 30/40 ans, à un public qui a de moins en moins vécu partagé avec lui l’époque de folie et d’insouciance qui les inspirait. Il a eu tout le temps de s’en lasser, et a bien dû continuer de sortir des disques pour sa maison de disques, et pour survivre, évoluer toujours et encore.

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Quelquefois, certains accords de guitare Folk d’une nouvelle chanson comme «Thunder On The Mountain » rappellent ceux de la « Ballad of Hollis Brown », sur un pauvre fermier qui tua femme et enfants poussé par la misère, mais se terminant sur une note moins sombre « Il y a sept personnes mortes dans une ferme de Dakota du Sud/ Quelque part au loin, il y a sept personnes qui naissent » comme certains mots qui reviennent qu’on retrouve, montrant l’engagement antimilitariste de Dylan quand les « fast bullet fly », que ce soit au Viet-Nam ou aujourd’hui en Irak, je suppose.

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« Tweedle-Dee & Tweedle-Dum » extrait de « Love & Theft », si l’on ne regarde pas sa moustache à la Gable en Rhet Butler, n’est pas si loin musicalement de « Highway 61 Revisited » pour les cascades guitaristiques, et le batteur frappe même méchamment sur ses fûts.

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Finalement, la place la plus enviable de ce Zénith est debout sautillant dans la nasse dansante des premiers rangs debout mais il faudrait se frayer un chemin à la machette à travers la foule compacte, pas sur ces gradins d’où l’on ne voit pas grand-chose! J’aurais pu lui glisser ma lettre de remerciement de 20 pages! Ce n’est plus de la musique mais du parcage cher payé!

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Soudain un tempo lent, entre Rock et Reggae ( il en a enregistré un, « Jokerman », au sortir de sa période chrétienne) condamnant les menteurs de tous poils.

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Mais… Mon Dieu ! NOÔON! Il nous massacre «Highway 61 Revisited », sa chanson la plus rapide, la plus Rock où Dieu, Caïn, Abel et Compagnie encombraient l’Autoroute 61! Il ne tient plus le tempo, et ces fins de refrains en « Highway Sixty-OooÔne » sont vraiment agaçants, comme s’il essayait de remplacer le kazoo-sirène de police en WIIIIZ de l’original, mais si le gyrophare avait usé ses piles fatiguées en quarante ans.

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L’autoroute s’est étendue, allongée jusqu’au Mexique. L’écologie ne s’est pas améliorée non plus, et cette décharge / embouteillage de pourritures physiques et morales doit crouler sous les immondices! Dieu ne menace plus Abel : « La prochaine fois que tu me verras arriver, tu ferais mieux de courir!» sur sa Harley Davidson et ne fait même plus peur : il est trop vieux et prend la diligence!

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Et son solo de clavier rajoute à l’insatisfaction. Il est meilleur guitariste, que diable !

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Il y a crime de lèse-majesté, mais comme c’est Bob le roi et créateur de Bob…

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Surtout que Dylan a montré jusque là qu’il PEUT encore jouer fort, vite et Rock, sur ses nouvelles chansons, alors pourquoi ralentir celle-ci qu’on aime davantage! Pour s’en/nous en dégoûter peut-être, aller de l’avant et ne plus jouer ces vieilles lunes comme il y a quarante ans, comme Miles Davis massacrant les standards au Plugged Nickel pour s’en défaire et passer au Rock? Manu Chao réarrange aussi "Malavida" de sa Mano Negra, mais avec des beats plus lourds, plus forts à défaut de cuivres, pas en ralentissant le tempo!

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« …Ah !!!» crie quelqu’un, le traitant de Judas? Cette fois, j’approuverais!

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Soudain, un dais d’étoiles blanches de pacotilles revêt la scène de ses lueurs, comme sur la pochette de « Before The Flood » , tournée de « Planet Waves » avec le Band, en 1974. On y avait justement dit qu’il chantait de façon ironique, méprisante envers le public, amère, mais par là même Rock en se moquant de lui, et content de malmener ses vieilles chansons par cette énergie acide. D’ailleurs ce n’étaient pas que des étoiles blanches mais la chaleur fauve des lueurs de briquets dans la nuit comme autant de wigwams, de feux de camp et de joie en son honneur. Justement il l’avait de manière encore rageuse quoique Country - Rock et traînante, « Highway 61 » ().

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Là, pas un briquet n’allume sa flamme quand il nous chante « Just Like A Woman », l’une de ses plus touchantes chansons d’amour de « Blonde On Blonde », sur « Queen Mary » qui fait tout comme une femme mais qui «casse comme une petite fille », qu’il avait chantée sur « Before The Flood » de manière émouvante. Mais ici, dans cette version trop lente et hachée, le tempo est absurdement dédoublé, comme si Dylan marquait le pas, mâchant ses mots, semblant volontairement en retard sur l’orchestre , parlant en talk-over plus que chantant sur de la Country trop sage, à la traîne avec son orgue poussif.

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Ralentir les Rocks, dédoubler le tempo des ballades déjà lentes, Bob Dylan ne ménage pas notre nostalgie de ses disques, ces chansons qui ont fait sa légende, pour lesquelles on l’a tant aimé.

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Mais peut-on lui demander de rejouer ces vieux titres « comme sur les disques », qui ont plus de quarante ans, donc dans son cas de les chanter de la même manière depuis quatre décennies, ce qui doit être lassant, le dégoûter de ses propres chansons. Mais qu’il respecte au moins notre nostalgie en ne les massacrant pas!

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Finalement, Dylan avait déjà proposé, sur « Planet Waves », en 1974, avec le Band, deux versions de « Forever Young » : une lente /medium sur une guitare mexicanisante au tempo parfait, l’autre trop rapide, plus courte, comme une blague, un clin d’oeil ou un essai en Rock, un lifting express en quelque sorte, plutôt amusant, reprise en remix rap pour une boisson gazeuse. La question n’est pas de ne pas toucher à ce qu’aimait, mais de ne pas en dégoûter le public, de le lui faire aimer autrement.

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Je préfère finalement l’entendre jouer ses nouvelles chansons COMME les anciennes à l’entendre massacrer mes souvenirs nostalgiques de ses chansons qui m’ont fait tant l’aimer.

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Voilà enfin « Like A Rolling Stone », chanson cruelle et cynique sur les Folkies et ceux qui n’ont pas su suivre le vent qui tourne de son virage Rock, puis, le temps lui donnant raison, se retrouvent « Comme une pierre qui roule, un parfait inconnu sans direction », sortie en single entre « Bringing All Back Home » et « Highway 61 Revisited », pour laquelle il avait appelé Mike Bloomfield qui s’acheta sa première fender neuve.

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Mais là encore, elle est ralentie, croonée, puis s’enraye au refrain, prolonge la fin des phrases avec ce débit qu’il a perdu. Aujourd’hui ne serait-ce pas à nous de la lui chanter ?

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Ou peut-être suis-je trop loin de lui sur ce gradin en ce Zénith, et le son met du temps à parcourir l’espace et des centaines d’oreilles jusqu’à nous?

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On comprend mieux le texte à ce tempo-là, qui laisse le temps de le saisir, mais je préférais en grappiller quelques mots à la diable que je chantais avec lui en fin de vers sur le tempo slow Rock original, porté par l’excitation et la cruauté de la charge.

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Et si son débit avait mué, comme sa voix plusieurs fois dans sa carrière?

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Fera-t-il un rappel ou nous la jouera-t-il à la Brel, refusant cette compromission au public ? Ça se remue sur scène dans les lueurs bleues du light show qui certes ne fera jamais oublier ceux psychédéliques des années 70s au Fillmore East, mais l’époque n’y est plus non plus et Dieu sait que je le regrette.

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Voilà «All Along ( ) The Watchtower », peut-être la première chanson où il prenait de la distance envers ses engagements, préfigurant sa période chrétienne, jouée sous le regard tracé blanc sur fond noir d’un œil de Dieu Cyclopéen, entouré de flammes et de griffes en triskells formant une couronne de diadème au-dessus de lui. Le problème c’est que ce genre de motifs sont tellement passés dans la mode des survêtements avec le graf qu’ils sont dénaturés. Et puis aussi que son Dieu nous IMPOSE quelque chose, contrairement aux seules couleurs de jadis colorant les danseurs et musiciens.

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Sommes-nous des Caïns pour nous culpabiliser de la sorte ?

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Suit la chanson Country « Beyond The Horizon» la plus gaie de « Modern Times », on pense à la manière insouciante de « Peggy Day », mais on peut lui préfèrer sur ce « Nashville Skyline », son album le plus Country enregistré à la capitale du genre « Lay, Lady Lay » ( ) comme chanson d’amour ou les remords de culpabilité d’« I Threw It All Away » ou même la reprise avec Johnny Cash de sa « Girl Of The North Country » aux envolées finales magnifiques.

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Un album certes pas très Rock, mais émouvant, et qui si l’on passe sur la gêne d’entendre de la Country, ouvrit sa popularité au grand public américain, aux routiers et aux cow-boys, même si aux Eatats-Unis, cet électorat était souvent de droite, raciste et réactionnaire, donc opposé aux idées de Dylan à ses débuts…

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Sous l’œil unique du Serpent à Plumes sourcillant d’éclairs, il enchaîne avec une autre chanson récente énonçant ses griefs contre une femme à la manière mais sans les cuivres en fanfare de « Most Likely You’ll Go Your Way And I’ll Go Mine » dans « Blonde On Blonde » qu’il a remixée / reprise avec humour avec de nouveaux cuivres en 2007 en se mettant en scène hier et aujourd’hui avec des images de sa carrière dans le clip.

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Il a toute sa vie alterné caresses et coups de griffe, et c’est pour cela qu’il nous émeut et nous fait rire à la fois, qu’on l’aime autant, même aujourd’hui, envers et contre tout, tous et même souvent contre lui-même… Lui -même s'est décrit un jour comme un "trapéziste".

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Il l’a dit lui-même, nous ne sommes que des pions dans leur jeu, depuis « A Pawn In Their Game », dénonçant non seulement les assassins de Kennedy et Martin Luther King, les soldats et les policiers, mais le jeu politique dont ils n’étaient que des pions, preuve d’une grande lucidité politique.

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Qui est le pion, aujourd’hui ? Lui, celui de sa trop longue carrière, de sa maison de disque, ou nous de nos souvenirs, de nos irrémédiables nostalgies auxquelles nous le voudrions fidèle malgré le temps qui passe?

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A la fin du concert, la zone commerciale du Zénith était un cirque Barnum absurde et cher payé de produits dérivés : T-shirts cyclopéens, photos et posters de toutes époques, programmes et affiches du concert, plus que ses disques même récents, d’ailleurs., ou ses propres peintures, plus difficiles à trouver.

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Au bas de « Highway 61 Revisited », passée l’autoroute et ses embouteillages accumulés en décharge, on aborde « Desolation Row », cirque où se produisaient Casanova, Cendrillon, Robin Des Bois et le Bon Samaritain, mythes occidentaux ( ), mais si ridiculisés, happés par la réalité américaine d’ambulances et de drogues que le cirque ressemble aux neuf cercles de l’ Enfer…

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Tout y était déjà, vous dis-je, lui l’a toujours su, nous étions bien bêtes de croire trouver un message qu’il ne voulut jamais nous délivrer! "Ne Suivez pas les leaders et regarde le parcmètre" (Subterranean Homesick Blues)

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Reste le plaisir doux-amer de l’avoir vu en personne même de très loin, la nostalgie de voir que le temps a passé, même pour moi, alors j’imagine pour lui et ceux de sa génération… Ça valait bien mon article le plus long pour ses quarante ans de carrière…

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 11 mars 2009

Le batteur Jim Black et son groupe Rock Alasnoaxis au Cheval Blanc de Schiltigheim

Jim Black est un batteur de Jazz américain né en 1967 à Dallas en Californie, l’un des plus originaux de la scène New-Yorkaise Downtown.

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Originaire de la côte Ouest, il suit son père dans ses déplacements et découvre la percussion sur une batterie de fortune encore enfant. Sans avoir suivi de cursus particulier, il se retrouve à 14 ans dans un big band adolescent avec des musiciens qui continuent de jouer avec lui : Chris Speed, qui forme avec lui « Human Feel » en 1985 avec Kurt Rosenwinkel, et reste le saxophoniste de son groupe Rock AlasNoAxis et le guitariste Brad Shepik au saz dans son autre groupe Pachora, à l’orchestration balkanique, tzigane et orientale où il découvre les percussions orientales, ce qui est courageux aux Etats-Unis juste après le 11 septembre.

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Arrivé à New-York, après avoir jammé avec Roy Hargrove, il rencontre John Zorn et la scène underground à la Kintting Factory .Il a débuté comme membre du « Tiny Bell » Trio de Dave Douglas, puis est entré dans le trio « Jazz-Ttrash » d’Ellery Eskellin en 1998 et Andréa Parkins auquel il continue de participer.

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Hier soir 10 mars, il était au Cheval Blanc avec son groupe de Rock-Jazz AlasNoAxis (DésoléPasd’Axe) qui a sorti en 2006 « Dogs Of Great Indifference » (Chiens de grande indifférence, au sens de manque d’intérêt qu’ils ont pour les choses ou méritent : peluches absurdes représentées sur la pochette mais qui me rappellent un combat de chiens électriques d’Harold tournant au carnage japant jusqu’à extinction des piles à Stimultania en 2002), un album au son toujours aussi brut et plus proche du groupe de Rock que du quartet Jazz servant ses compositions très mélodiques au format pop empreintes d’une mélancolie dont on ne l’eût pas cru capable en ne le connaissant que comme batteur du trio Eskellin-Parkins-[Black,.|http://www.youtube.com/watch?v=MtgOb7560zc&feature=related]

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L’accoutrement des musiciens semble avoir été tiré au domino pour amuser l’œil, absurde, simple et pittoresque, avec des rappels : Black et Speed sont vêtus de chemises à carreaux de bûcherons d’américains ordinaires, ce dernier coiffé d’une casquette brune à écusson rouge. Portant des lunettes, Hilmar Jensson joue de la guitare debout, vêtu d’une chemise unie claire et Skuli Sverrisson de la basse assis, le plus gros, vêtu d’une chemise noire et d’un costume clair surmonté d’un chapeau mou. Black et Jensson ont encore des cheveux, ce dernier plus longs, Speed et Sverrisson sont chauves ou le crâne rasé.

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Jim Black commence le concert et les titres les plus rythmés comme les terminent parfois les batteurs de rock : quatre coups de baguettes l’une contre l’autre pour le « one two three four » cher aux Ramones, puis continue en tempêtant sur les caisses. Le saxophoniste Chris Speed, debout immobile face au micro pour maintenir la colonne d’air, tient le rôle du « chanteur » lyrique de ces chansons sans paroles à la tristesse douce-amère, un peu à la Radiohead, grâce à un style très dépouillé dans « Oddfelt », parfois à peine enflé d’un tremblement Balkanique à la Lourau dans « Dogs of Great Indifference », ou évoluant, réduit au souffle à vide dans « Spins So Free » ou poussé jusqu’au cri dans « Tars And Vanish » qui se termine par des riffs quasiment Rock d’Hilmar Jensson qui commencent « Desemrascar ».

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A d’autres moments, l’improvisation pure brouille la mélodie, réduite à un tremblement,, à un crissement, au tremblement d’un mirage expérimental, Jim Black utilisant les distorsions sonores des boutons d’une boîte à effets, comme dans « Harmstrong » poussant d’étranges harmoniques jusqu’à leurs limites comme pour voir / entendre où ça les mène. A de tels moments la moindre bribe de mélodie, souvent maintenue par la seule voix du saxophone, apparaît comme un lumineux miracle au cœur de la nuit d’un magma en train de se faire.

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La basse de skuli Sverrisson est discrète, reprenant celle d’ « A Forest » de The Cure ou puissante, au point qu’au plus fort du concert, elle résonnait sur "Star Rubbed" dans le plancher de la salle jusqu’aux derniers rangs.

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Quant à Jim Black, c’est l’un des batteurs les plus variés de la scène américaine improvisée, capable de marquer le tempo très doucement ou à la manière de percussions africaines ou tabla à mains nues dans « You Know Just Because », de déchaîner des explosions rock finales, comme de ne se concentrer que sur la cymbale, frappée, caressée en écho ou crissée, caresse ses toms de hochets, d’un tambourin et de clochettes entre autres jouets facétieux, ou plus violent, fouette les cymbales d’une chaîne de vélo, frappe une plaque de tôle ondulée à la manière d’un gong industriel ou va fourrager dans l’armature des toms, le tout maîtrisé, stoppé, déchaîné ou rallongé selon le moment et l’occasion, créant une palette d’effets extraordinaire et fascinante d’intranquillité.|C]

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Ce n’est certes en aucun cas un batteur de Jazz au sens classique du terme, et il ne joue d’ailleurs pas de standards, mais il apporte à la batterie une énergie, un décloisonnement Rock/Jazz/Pop qui n’appartient qu’à lui et le fait avancer, découvrir de nouveaux horizons.

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Dans ces reprises, ces « Chiens » sont déjà moins absurdes que sur la pochette, leur semblent moins indifférents, comme apprivoisés, les compositions éprouvées depuis deux ans à la scène, les compositions rallongées d’improvisations mais gardant leur caractère mélodique ou mélancolique et violent « Star Rubbed » ou griffant parfois de violences Rock subites.

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Mais ils sont déjà ailleurs, Jim Black présentant à la scène leur cinquième album « House Plant », d’un vert pomme plus tendre que leur premier «AlasNoAxis » dont ils reprirent «Boombye », ressemblant plus de loin à « Splay » avec comme pour les petites filles tristes de celui-ci la collaboration d’illustrateurs Japonais familiers du label cartonné « Winter & Winter » auquel le groupe est fidèle depuis ses débuts.

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Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 16 janvier 2008

Avec "Sky Blue Sky" de WILCO, je vous dévoile mon côté Rock en ce début d'année...

Ce matin (1er janvier) j'ai écouté « Sky Blue Sky » de"Wilco", qui s'avère un disque idéal pour lendemain de gueule de bois en douceur, pour rêver en ville à une nature absente par les fenêtres d’une maison en rondins de bois au Canada, dans les Rocheuses ou dans un cottage anglais, à une tendresse ou une douceur absente et consolatrice quand on est seul, sans rien savoir au demeurant de ce groupe de Rock anglo-saxon.

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Wilco est un groupe de Rock américain de Chicago, formé à partir du de Country alternatif « Uncle Tupelo » suite au départ de son chanteur Jay Farrar. Jeff Tweedy au chant et à l’écriture et John Stirrat à la basse sont les derniers membres fondateurs encore présents, John Stirrat à la basse, Glenn Kotche aux percussions et Michael Jorgensen aux claviers complètent le groupe.

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Leur premier album «A.M. », en 1995, est encore très proche de la country d’ « Uncle Tupelo », puis leur style a évolué vers un Rock plus expérimental inspiré par le groupe « Television . Après « Being There (1999) et « Summerteeth » leur quatrième album « Yankee Hotel Fox-Trot » leur amena un succès critique, et les controverses qui y sont attachées : l’album, refusé par le label « Reprise », étant diffusé sur internet, et paraissant finalement sous le label « Nonesuch », pour se vendre à 590 000 exemplaires, leur meilleure vente. En 2005, leur album « A Ghost Is Born » gagne deux Grammy Awards dont celui du meilleur disque alternatif.

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Ils ont aussi collaboré deux fois avec Billy Bragg et une fois avec «Minus 5». En 2007 sort « Sky Blue Sky », moins expérimental que leurs précédents opus.

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Ils n'ont pas peur d'exposer leur fragilité et savent chanter, jouer et écrire de belles chansons mélancoliques qui explosent de rage en riffs 60ies au refrain. Puisque la New-Wave a détruit toute la générosité collective Peace & Love dans le Rock par des attitudes morbides et des bénéfices personnels égoïstement accumulés, et que le Hard Rock n'est plus qu'une dégénérescence sonore bruitiste depuis Led Zeppelin, pour retrouver l'émotion et la fragilité, le Rock doit retrouver ses racines Blues, Folk ou Country, la nostalgie des années 70s, quitte à les moderniser d'un feeling pop ou d'une rage contrôlée.

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Il y a une nostalgie country dans le son d’ « Either Way», les accords de guitare et la voix du chanteur, avec aussi une innocence harmonique pop dans les envolées finales, entre espoir et désespoir, un côté «Grant Lee Buffalo" (un groupe de country américain des années 90s sur la pochette en veste en jean fourrée de mouton) qui avait marché dans les années 90s. L'orgue soul ralentissant me fait penser à un vieux slow.

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"You Are My Face" est faussement calme et mélancolique avec le piano et l'orgue à la " Where The Streets Have No Name" de U2, dans le premier couplet, puis le riff dramatique beaucoup plus rock surprenant mais restant dans le solo guitare Claptonien période Cream ou Pink Floyd dans "Meddle".

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"Impossible Germany" est ma chanson préférée pour ses deux solos de guitare à la Television» (le chaînon manquant entre le Rock sombre et cynique du « Velvet Underground » de Lou Reed et l’obscurité totale de la New Wave), mais j'ai oublié à quoi ressemblait leur musique avec le temps, même si le souvenir de l’album "Marquée Moon" reste mythique pour moi, avec le riff du début et la voix de Tom Verlaine, qui maintenant joue avec Patti Smith depuis la mort de son mari Fred Smith, bassiste de Television. Il paraît qu'ils ont rejoué tout "Horses" en public, mon album préféré de Patti Smith, qui sur la pochette avait adopté le look masculin androgyne de Keith Richards des Rolling Stones, offrant au monde de la Poésie-Rock comme Jim Morrison rêvait d’en faire, mais pour cela il lui aurait fallu consommer moins de LSD pour avoir plus de lucidité et rendre ses textes poétiques plus compréhensibles, contrôler mieux les effets de ses émotions. Mais l’aimerions-nous autant s’il eût été plus sage et moins torturé ? Probablement pas comme l’un des martyrs du Rock les plus émouvants, qui devait se révéler, barbu et ventru pour casser son image d’éphèbe androgyne, un Bluesman d’une puissance qu’on attendait pas de lui dans « LA Woman » dès le cri presque primal venu du fond de lui-même« uuuahahah! »inaugurant la première plage « Changeling ». Patti Smith donnerait à sa suite la version de « Gloria » la plus féministe, et vraiment à tomber par terre (Jesus died for somebody's sins but not mi-i-ine). Mais ce double solo de guitare est en effet efficace par la reprise à deux guitares dont une s'envole en slide.

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Dans "Sky Blue Sky", après le battement country de la guitare, la chanson part un peu comme celle d’"It's All Over Now, Baby Blue" de Bob Dylan, sur son album « Bring It All Back Home », où Dylan mettait en application les leçons des versions électriques de ses chansons par les « Byrds », découvertes en club avec le cri enthousiaste de « Hey ! On peut danser là-dessus ! », choix électrique assumé à un « Festival Folk » qui avait manqué de le faire lyncher par lesdits folkeux. Dans les années 80s, Bruce Springsteen fera le trajet inverse, revenant à la pureté country acoustique avec l’album « Nebraska », en pleines années électriques. Dylan et Springsteen furent découverts par le même milliardaire John Hammond, comme, en d’autres temps plus swing, Billie Holiday, Count Basie, Lester Young, Teddy Wilson, Lionel Hampton et Charlie Christian, pionnier de la guitare électrique. La guitare ambiante m'a fait penser aussi à la musique de Twin Peaks de Lynch, très cool et bluesy, puis qui part en orage sursauter jusqu'à la crise cardiaque quand on commence juste à rêver, puis y revient.



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"Side With The Seeds" commence un peu comme "Ti-i-ime Is On My Si-i-ide" des Rolling Stones avec encore Brian Jones avant le solo de guitare de plus en plus hard. Il y a du Jagger dans le chanteur, et la « Grace » aussi d’un Jeff Buckley dans la fragilité assumée.



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"Shake It Off", après un début un peu gnan-gnan monte jusqu'à la rythmique Rock Blues 60ies direct jusqu'au riff du refrain un peu à la Suede dans le joué faux du "Shake It Off", puis revient à une ambiance Pink Floyd sous acide période Syd Barrett "The Piper And The Gates Of Dawn" ou "Ummagumma" ou même un peu "Shine On You Crazy Diamond" ou "Dark Side Of The Moon".

"Please Be Patient With Me" commence sur une bonne base ballade folk, puis la voix détone dans l'aïgu à la John Frusciante en solo mais en restant émouvante, comme le solo de guitare.

"Hate It Here" la voix rappelle encore Jagger sur une base ballade soul, comme la mauvaise foi maccho du discours "reviens, chérie, je sais pas faire la vaisselle et le frigo est vide" précédent tout discours sentimental. Mais le riff est bon au refrain, très 60ies comme les solos de guitare et d'orgue.

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Dans "Leave Me" après un début en ballade surannée, au moins l’invite-t-il à le quitter et sort faire un tour dans les rues solitaires sur une guitare à l'ancienne aux dobros gémissants country qu'on entend hurler avec le vent à la fin, avant de monter "dans mon automobile" dans le solo de guitare sur une bonne basse.

"Walken" est bien surprenante, avec ce rythme country-boogie du piano qui nous avait habitués jusque là à un rôle de strict accompagnement. Puis des riffs guitares hard d'autoroutes presqu'à la la "Steppenwolf" (Born to Be Wi-i-i-ild" dans « Easy Rider ») ou "Lynnyrd Synnyrd (mais je crois qu'ils étaient racistes), ou les faux bouseux de "Creedence Clearwater Revival" qui se la jouaient Farmer Rockers.

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"What Light": encore la veine Dylanienne dans la tenue des notes, le Dylan de "Blood On The Tracks" qui revenait alors d'un accident de moto dont le sang avait sèché sur la route et sur ses blessures, avec le Greatfull Dead aussi pour "Knock-Knock-Knock-ing At Heaven's Door". Le problème c'est qu'on lui a ouvert. Maintenant il se croit "Saved", "With God On His Side" lui aussi, croit en Dieu et au Pape, et a même joué pour le G7 à Lyon en 1996. Si j'apprenais qu'il a osé leur balancer "Masters Of War", je lui pardonnerais tout, mais je suis sûr qu'il ne la chante plus celle-la, s'il en connaît encore les paroles. Et pourtant Dieu sait que je l'ai aimé Dylan, ignorant que c'était déjà fichu, puisque les disques que j'aimais, il les a faits avant ma naissance ou quand je n'avais pas dix ans. Nostalgie quand tu nous tiens…

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"On And On" est une bonne ballade finale avec un bon solo de guitare.

Jean Daniel BURKHARDT

P.S. Carole Tissier m'a signalié un site où vous pourrez écouter Wilco: http://wilcoworld.net/records/index.php

vendredi 25 mai 2007

MAGMA en Concert le 24 mai 2007: Compte Rendu par JDB

Hier soir, le groupe mythique MAGMA était en concert à la Salle des Fêtes de Schiltigheim. Fondé en 1970 par le batteur Christian Vander (fils du pianiste Maurice Vander, pianiste de Claude Nougaro) après la mort de son idole John Coltrane, Magma est un groupe de Jazz Rock (la rythmique évoque celle de Soft Machine) aux choeurs contemporains (chantés par Stella Vander, et inspirés d'Igor Stravinsky et des tentatives de rapprochement de la musique contemporaine du rock de Frank Zappa). Dès sa première trilologie "Theusz Hamtaahk" (1973-1975), dont le troisième volet sera le célèbre "Mekanïk Destruktïw Kommandöh" en 1970, Christian Vander invente la langue d'une civilisation imaginaire, le "Kobaïen" (de "Kobaïa", leur premier album) , présentée en concert en 1972 avec Didier Lockwood au violon comme "un peuple de l'Est qui s'étant révolté contre le tyran, composa autour du château des chants si beaux qu'ils montèrent jusqu'aux étoiles". Cette transe stellaire recherchée par Magma vers laquelle tend sans jamais l' atteindre leur musique s'appelle en Kobaïen la "Zeuhl", nom donné ensuite à ce mouvement.

MAGMA 2007

A partir de 1977, le groupe prend une direction plus universellement compréhensible et commerciale avec une rythmique plus funk et des choeurs parfois gospel, et Christian Vander s'exprime davantage en chanteur, toujours en Kobaïen, et force cris entre l'horrificque et le comique comme dans "Attahk" en 1978, avec le morceau "Epreuve de force entre certaines forces" où l'on jurerait entendre une sorte de chèvre maléfique au bêlement s'étouffant en cri de terreur mutant. Après plusieurs reformations et projets parallèles depuis plus de trente ans, et plus de 150 musiciens passés dans le groupe, Magma a sorti en 2004 "Köhntarkösz Anteria (K.A.)", où l'on entendait que ni les voix ni la section rythmique n'ont rien perdu de leur énergie. Mais Magma reste avant tout un groupe de scène, où les composition, plus écrites qu'improvisées malgré les apparences, restent inchangées depuis trente ans. Il y avait à Schiltigheim Christian Vander (batterie et voix), Stella Vander et Isabelle Feuillebois (voix et percussions) pour le canal historique, Antoine et Himiko Paganotti au chant pour la seconde génération et un vibraphoniste fraîchement arrivé dans le groupe. A les voir en concert, le plus surprenant est peut-être de voir à quel point leur communion musicale permet à la guitare d'annoncer la note des choeurs, qui sera ensuite reprise par le piano électrique comme autant de prolongements naturels, à s'y méprendre si l'on fermait les yeux. Le concert a aussi permis d'entendre en avant-première la longue suite qui sera le prochaine album de Magma à sortir en 2008.

Jean Daniel