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vendredi 13 juin 2008

MARC MAC, VOICE & VISIONEERS A ART FACTORY CE VENDREDI 13 JUIN (écrit pour la NEWSLETTER du Festival CONTRETEMPS)

Le Vendredi 13 juin, au l’Art Factory (Colodor), le Festival Contretemps recevra, à l’occasion d’une soirée « Broken Addiction », Marc Mac, Voice et les Visioneers.

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Le britannique Marc Mac a fondé en 1990 avec son complice Dego la maison 4 Hero. Quoiqu’anglais, leurs arrangements musicaux utilisent toute la « Great Black Music » : le Jazz (auquel ils ont dédié un remix de « Naïma » de Coltrane en 2002 sublimé par des violons, et dont ils utilisent les cuivres) et la Soul jusqu’aux cordes groove, font rêver par leurs écrins sans négliger l’énergie et l’engagement du Hip-Hop, sur des rythmes dansants Jungle (sur « No Imitation ») et Broken Beat, avec des invités prestigieux comme le guitariste Les Paul ou de bonnes vocalistes Soul et Hip Hop comme Carol Crosby en 1995 sur «Universal Love», entre autres chanteuses émouvantes, ce qui dénote également un plus grand respect de la femme que de les utiliser uniquement comme faire-valoir dénudés sur des grosses bagnoles.

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En 2006, Marc Mac a sorti « It’s Right To Be Civil » avec « Down South », texte émouvant en talk-over sur la misère du ghetto avec un arrangement magnifique de cordes aux vocaux féminins soutenus par des Beats. Plus récemment, il a, sur « Creating Patterns» avec 4 Hero, bâti un écrin pour la chanteuse Jill Scott sur «Another Day », chanteuse qui a fait partie du film « Block Party » de Michel Gondry, qui sera projeté en digestif de la soirée Cinéma du festival, Mardi 10 juin au Cinéma Star, qui débutera à 20 h 30. Le dernier album de 4 Hero, « Play With Changes » est sorti en 2007, avec de superbes arrangements de cordes sur « Give In» et « Morning» où elles se mêlent aux cuivres Blaxploitattion et à une vocaliste Soul. Avec les Visioneers, Marc Mac, peut aussi bâtir des instrus sur une basse Jazzy comme « It’s Simply Visioneers ».

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Les « Visioneers » sont un autre projet studio de Marc Mac, aux influences plus Electro-Jazz Funk sur un bon rythme de basse groovy et des synthés flirtant avec le ciel sur l’instru « Hip Know Cypher ». En 2007, les Visionners ont à leur tour remixé la musique des autres avec « Dirty Old Remixes », étendant encore les influences du Hip-Hop vers les Musiques Caraïbes noires, comme le Son Cubain ou le Reggae tirant vers le Dub sur « Runnin’Dub », sans négliger les « Funky Box » du Hip Hop pur et dur. On peut y reconnaître la voix posée mais pleine de Soul de Voice sur « Replay Terry Tester».

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« Voice », qui porte bien son nom pour sa voix Soul et rompue à tous les tempos même les plus lents ou les plus trads, les plus exotiques, voire Batucaca Brazil sur « Guerilla Hustling » avec Moonstarr, est originaire de La Nouvelle Orleans, et on peut reconnaître dans son flot l’accent traînant du Sud des Etats-Unis. Après avoir été très recherchée pour des collaborations comme « So Cold » avec « G Frequency », Moonstarr ou Les « Visioneers » qui furent autant de défis/expériences et cartes de visites pour elle, explorant tous les styles du Jazz à la Soul , au Funk, Voice a enfin sorti en 2006 son premier album « Gumbo » sous son nom, aussi épicé que ce plat fourre-tout de La Nouvelle-Orléans, avec des tempos caraïbes sur « Necksnap» ou « Feel Good», teinté de Jazz et de Broken Beat. On y retrouve ses qualités vocales polyvalentes, son caractère assez bien trempé pour s’imposer sur une scène Hip-Hop encore très masculine, ce qui ne l’empêche de retrouver très vite un naturel gai.

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Lors de son dernier passage à l’Hippocampe, l’exiguité du lieu la força à chanter de l’escalier des toilettes, dérangée par ceux qui voulaient lui arracher le micro des mains pour un « Yo représente…moi ». Quand j’allais la féliciter et lui demander après-coup si ce n’était pas trop dur, elle en rit de bon coeur d'un rire d'enfant à gorge déployée quand je la plaignis, et m'assura avoir connu bien pire dans sa courte carrière! La voix de Voice dans l’écrin des arrangements Marc Mac (rarement réunis) promettent une belle soirée, qui se prolongera avec Mad Mats, Jazzmar et Ouifonk.

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Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 11 juin 2008

CONTRETEMPS : ART DISTRICT ET ROUGE A LEVRES FONT TOURNER LE HIP HOP SUR SES BASSES A LA SALAMANDRE

Le samedi 7 juin dernier, le festival Contretemps conviait quelques talents Hip Hop et DJs Européens cru 2008. On pouvait y entendre « Art District » groupe local Hip Hop Live de Rhum One (Beatbox) et Mr E (MC) (Eli Finberg de Woodstock), accompagnés d’un fender rhodes, d’une basse et d’une batterie. Rhum One, vêtu d’un T-shirt « I Love NY» orange souffle, repris par les claviers, la batterie, légère puis de plus en plus forte et Mr E, T-shirt rouge au lutin tribal ou extraterrestre blanc, en anglais sur tempo lent et la basse électrique.

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«Entering », commence Mr E, à quoi répond Rhum d’une voix monstrueuse, puis ils sautent en tous sens sur le groove accéléré. Mr E dit au public de se rapprocher sur un groove léger du synthé dans un hymne au ralliement « Get Together ». Le fender rhodes est extraordinaire sur cette belle mélodie montée en solo plein de soul. « Allways get high, because, because» sur le même groove montant, avec des claviers à la Hancock groove sur la basse funky. C’est Seb au fender rhodes.

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« Vous demandez à chanter, c’est facile, One Two Three, over and over and over again », avec Rhum One doublant la batterie, Mr E “waitin’ for vibration”, “over and over and over again” comme une transe encore et encore sur le fender rhodes poétique “again”, et le refrain est répété par le public « ove rand over ». Art District les convie à l’ «universal party» de son message positif, puis batterie et rhodes accélèrent, et la basse part en disco, rhum scratche vocalement « over n’over again». «Come On », sur un début cool, poétique, du rhodes, puis pêchu sur les claquements du public, « Come’one everybody / When I see the clouds », variant le flow puis plus pêchu. « What Is going On », se demandait déjà Marvin Gaye. Eux leur chanson part « Going Going Gone » énergique sur le rhodes, groovy sur la caisse claire et le tinkty boom et la basse disco, « Going Going Gone » de plus en plus Clubbing avec Rhum en voix sample scratche.

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Rhum « attaq’ le mic», d’une voix profonde monstrueuse puis deep, beatbox dont sort un pitbull rugissant à l’éveil, en réaction comme en avion au décollage, un didgeridoo vers l’Australie, sur plusieurs percussions de la derbbouka au zarb iranien galopant, rencontrant la voix aïgue des Comics de Betty Boop ou Mickey, puis part en Dance Hall, en tube techno solo à lui tout seul (« I Like It Move it Move in » de Reel 2 Real en 1994), se baisse comme à l’affût des sons, les chope, accélère le rythme, dans une lutte entre Mickey et le monstre, David et Goliath, et finit à l’harmonica « pour les américains » mais y rappelle aussi les ghettos noirs d’Afrique Du Sud dans leurs danses en rond blues tribales rythmées par les pieds. Le plus beau chez lui c’est quand la machine montre qu’elle est encore humaine, et que l’humain a incorporé la machine, tout cela juste par une gorge, plusieurs voix en une et un micro amplifié, comme si toutes les musiques vivantes et électroniques du monde s’y retrouvaient, s’y condensaient, au naturel et dans l’humain sans effet aucun. Mr E revient sur scène : « Cette soirée va commencer à vraiment pèter/ à cartonner» sur la basse groove qui joue assis, la batterie claire et Rhum qui fait des voix aigues derrière lui sur le fender space. «Vous rapprocher. Levez les bras les mains » pêchu puis fender coule avec la basse et batterie en suspense comme dans la BO d’un film Blaxploitation qui évolue soudain en drum sur la batterie n’ bass sur la basse vers la « Jungle » improvisée avec des breaks collectifs, chacun dans sa partie et en place mais dans une vraie énergie collective qui fait sauter la basse en l’air. Le rhodes reste l’élément poétique, rêveur, le ciel étoilé qui dériv dans une vraie impro Jazz Groove, pas seulement de l’énergie, la joie, l’énerjouasse sur les syncopes de la drum’n’bass. Soudain ils changent de rythme sur la basse, comme apeurés entre des murs dont Mr E les libère en allumant un « Fire !» sur le synthé à la Truffaz.

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« Ready ? » Prêts un vieux Hip Hop de 93, «Dreams» de Wu Tang Clan, avec Rhum, dans le scratch aigu sur un piano presque afro, balafon ou clavinet, sanza ou piano à pouces par sa finesse imperturbable sur laquelle l’avion de l’Air-Rhum One qui décolle vers l’Afrique. Le rhodes se fait ensuite comique, Gangstarap à la 2 pacs sur tinkty boum. « Wanna Feel Yo » « Anything » syllabique sur synthé poétique, basse groove et batterie pour intermède jazzy de la section rythmique qui s’y révèle vraiment capable d’improvisation Jazz, en plus de sa polyvalence rythmique toujours efficace et libre. Mr E part dans un exercice «age», fait rimer «cépages » et «nuages» sur un clavier à la Omar Sosa avec Will Power sur « Bembon Roots III». Avec Rhum, pas besoin de DJ aux platines, il semble en avoir avalé une. Puis ils partent en Disco Clubbing sur la batterie afro et le rhodes bien au fond des notes, improvisant comme un groupe de Jazz Funk 70ies. Suit «Definition », le morceau du CD promo, « Try To find », cherchent de nouveelles définitions à l’art du hip hop avec rhum one doublant en seconde voix aigue Mr E. Puis un intermède plus cool du synthé à la Truffaz sur la basse disco pendant la montée de batterie qui arrache un « Yo ! » à Mr E. Si cette « nouvelle définition» consiste à réintégrer une section rythmique Jazz /Funk live dans le Hip Hop en lui laissant l’occasion et l’espace pour improviser et jouer vraiment avec la beatbox humaine et le MC, j’espère qu’elle fera école. « On approche doucement de la fin », annonce Mr E. Le titre suivant commence cool avec synthé, basse et voix accordés en un même flot mélodique qui nous transporte « Back in the days » du souvenir, puis s’accélère pour espérer « back in the days » le retour de ces jours sur la mélodie soul du rhodes et les ras de la batterie et solo rhodes blax final dans les aigues. «Dernier Morceau » : Mr E prêche en faveur d’un « 6ème élément, 6ème sens », puis la mélodie se fait soul hip hop, légère pour accueillir « spring is almost here ». Le flow et les textes de Mr E ont une qualité musicale, mélodique poétique et festive, et à ce que j’en comprends dans sa rapidité, leur message est toujours positif… Qualités qu’ion aimerait entendre plus souvent dans le Hip Hop.

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En intermède arrive DJ DSL (pour Dj Super Leiwand-excellent), de Vienne, capable de squatter un riddim studio One et « I L.O.V.E. You », raggamuffin de Yellowman en son propre nom. Il mélange des rythmes Reggae/Ragga avec des beats et des vocaux Hip Hop, greffe l’ «Eye Of The Tiger » de Rocky sur du Ragga énergique et Dance Hall. Une Dance Hall Queen de retour du match Portugal-Turquie où elle dut être la plus jolie des supportrices, pom-pom girl ou majorettes, danse pieds nus avec son drapeau en guise de foulard rasta corsaire dans ses cheveux.

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Arrive «Rouge @ Lèvres », le second groupe de Hip Hop, alliant la House mais pas que de KM3 aux platines et le flow a deux têtes des rappeurs Grems et Le 4 romain aux micros du label « Deep Hop». D’emblée sur une rythmique Deep House, le public (très rajeuni) tape des mains.

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Ils promettent « rien de méchant sur les filles ou les mecs, juste de l’éclate!» « Mais Comment ? Comment ? » demandent –ils déjà en sautant hystériquement entre des strophes à la mitraillette et trop de balles vocales pour en comprendre le sens, suivis par les jeunes. Deuxième mot d’ordre de l’adolescence attardée assumée comme tel : « Rigolo !» sautant comme des lapins roses Duracell puis dansent la bourrée à deux. Bon ça c’était Rigolo. Troisième Beat, troisième titre, problème quotidien du pouvoir d’achat des ados mas pas que « ma carte à puces a chauffé». Moralité « Toutes des salopes». Ça se gâte sur les promesses de respect.

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Mais ça ne pouvait pas durer bien longtemps ces bonnes intentions : «Les mecs sont des salopes aussi !» Le plus navrant c’est que les jeunes des deux sexes applaudissent également à ces propos. Pas une pour défendre l’honneur des femmes d’un hououou moqueur ou vengeur. Alors pour eux, ce qu'ils peuvent faire de plus généreux, c'est d'abaisser l'homme au niveau de leur mépris pour la femme! C'est le nivellement par le bas, au ras des pâqurettes, oui. Et pourquoi pas vous hisser à être juste des mecs bien, à la tolérance, à l'abnégation, à la tendresse et à la force d'une seule femme, à la cheville de laquelle vous n'arriverez jamais, même sans talon aiguille! Evidemment c'est moins facile. Pour moi l'alliance du Hip Hop et de la House reste celle d'un bruitisme sans sens et de textes débiles sans rien autour, celle de la peste et du choléra contre toute intelligence humaine. Je suis trop vieux je suppose. Car les jeunes trouvaient ça génial, montaient sur la scène jusqu’au dernier. Mais les textes manquaient de toute idée politique, de tout message positif, faisant juste l'apologie de l'hédonisme ado dans ce qu'il a de plus potache, et quand on y comprenait quelque chose, on était encore plus déçu que ce soit si creux. J'aurais presque préféré la provocation gratuite d'un "nique la police" d'NTM ou n'importe quel texte d'IAM dans "Ombre Est Lumière".

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On a pu se calmer ensuite avec une belle place alcaline de Cool Jazz de KM3 avec une jolie mélodie «musique douce sur une île bleue» chantée avec soul par Grems, dédicacée à Disiz La Peste «en prison ou chez les huissiers », ou qui a autre chose à faire, auquel cas c’était marrant comme excuse, qui les a rejoints avec DJ Gero après leur premier LP en 2005.

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Le titre suivant part « de plus en plus vite », entrecoupé de « Faites du Bruit! » sur un backing funk et de lyrics rapides. Le 4 romain promet une « performance peaeaeace» qui commence cool puis part de plus en plus rapide. A son tour Grems demande « du bruit et Grems il vous casse» et part très rapide mais le débit du flow emporte tout même le sens sur son passage. Suit un Hip Hop à deux temps sur les problèmes d’adolescents et le public en chœur.

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Un autre chanson agréable prend un tempo Brazil sur lequel ils promettent de "transformer le club en boîte» au cri de «Salsa!» avec presque un message : « tu vis un jour», le texte semble poétique et en place, entre plage et prison « Body Love Body Love» et conclue : «N’ayez surtout pas peur de votre sexualité». Suit un Beat plus lourd mais au second son intéressant entre deux breaks, même quelques percus latino, puis « NOUVO» sur l’absurdité de la mode adolescente, où la complicité des deux chanteurs fonctionnait bien dans la variation des flows, un Funky Hip Hop sur de l’electro Dark, et un morceau a cappella « conscients qu’on est difficiles à comprendre».

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Le dernier morceau aurait pu résumer toute la prestation : « Gâches» ah non « Guinches!» mais qui ne ferait pas daser le MIA à unn Marseillais Big Up final « et un grand silence pour Disiz »

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Pour finir, Danilo, d’Inverse Cinematics, DJ allemand de Stuttgart, réjouissant sa House juicy d’influences soul ,funk, world, d’Afrique mêlant ses balafons à ses beats, tandis que le VJ Menno Otten d’amsterdam diffusait sur grand écran des images de tribus d’Afrique et de clubs Africains, bien adaptés à la musique. On y croisait sur les rythmes variés de Pablo Valentino, Brazil ou Disco, la voix de Cesaria Evora sur un beat tek et finalement la jonction magique des deux hémisphères rythmiques de la clave cubaine et de la batucada Brésil juste avant l’extinction de la musique avec le retour de la lumière dans la pièce.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi 9 juin 2008

CONTRETEMPS : Groove Lesson: le Hip Hop de TY Live à La Salamandre dans la Funk Party

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La «Groove Lesson : Hip-Hop & Funk Party » débutait ce vendredi 6 juin vers 22 h avec un set du DJ Mulhousien Leeben, habitué du Noumatrouff et résident du V-Club. Son « Global Groove » parcourt le monde : après un début très « Indianploitation » aux vocaux Bollywood sur boucles Banghra aux prolongements electro-ambients et petits oiseaux cri-crissants, on aborde par l’avenue James Brown et ses JBs millésime 71 d’un « Yeaeah Let’s Gimme Some More» un aspect plus urbain avec du hip hop entrecoupé d’un piano latin, puis plus soulfull sur fender rhodes, un track Blue Note remixé par DJ Shadow, un autre plus collectif Gangstarap chanté en meute (Snoop Doggy Dog ?), et pour finir un Ethio Funk lent de Mulattu Astatqué remixé.

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Pour Ty et son groupe ont été installés trois claviers claviers, batterie, boîte à rythme, basse électrique et micros. Elias Finberg, MC originaire des environs Woodstock joue les Maîtres de Cérémonie et chauffeur de salle avec le Beatboxeur Rhum One dans un court un set d’introduction. Rhum One arrive à imiter à la fois les scratches de vinyles, le Beat Broken et le la Tek Boum Boum, puis plus naturel le didgeridoo australien ralenti, le zarb iranien et l’electro. Ce n’est PAS QU’UNE machine. Eli Finberg harangue le public qui ne s’approche pas dans son style poétique à l’accent mélodique, s’adaptant au lieu : « Vous Préférez rester derrière lui, mais le Bouddha voit tout », puis part en Espagnol : « Y’a des Espagnols dans la salle ? Tant pis » et lance un chorus en espagnol sur « alléluia », puis en français émaillé d’anglais.

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Ty arrive avec bassiste, claviériste, batteur et deux superbes choristes noires. Ses lunettes lui donnent un petit côté Spike Lee en plus balèse. Les claviers commencent, puis deviennent de plus en plus rythmiques sur la batterie au rythme Afro Broken, et Ty arrive «Ev’rybody wants to be the master of the words/ Standing at the dock of the bay » chantait Otis Redding , sur des roulements de batterie et enfin « Hold That Thing !», part pour de faux, « Pull up !» (plutôt usité dans le ragga Jamaïcain, mais ne le fera qu’une fois alors que Capleton est capable de gâcher tout un concert en ne terminant aucune chanson) entraînant la chute rythmique claviers/batterie.

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Après un début rythmique, il allie la puissance à la mélodie du flot, prolongés par les vocaux féminins des choristes très groove, soutenu par le tempo du batteur en drum’n bass, la basse funk et les deux Soul sisters, s’arrête pile et figé, puis recommence pour la vraie fin au ralenti.

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Même s’il est bien plus connu qu’eux, Ty gratifie d’un « Big Up » Rhum One et Elias sous les applaudissements du public.

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Il poursuit avec «Wait A Minute», extrait de son album «Upwards » en 2003, sur un rythme Groove Broken Beat syncopé, plus cool sur le clavier et la basse groove, puis la voix sur les claviers, les choristes et un break de batterie. Des deux choristes, la plus enrobée est en vert, l’autre plus en bleu avec un bandeau violet dans les cheveux. Ignorant leurs noms, je les appellerai Mama Green Funk et Lady Blue Soul, quoique ces deux qualités soient également partagées entre elles. A leur chorus, Ty se place derrière elles, faisant faussement mine d’être en colère de s’être fait voler la vedette. Le public répète les paroles, le fender rhodes répond aux voix, improvise avec elles. L’émotion rythmique de la répétition est plus forte en Live, s’enfle de puissance, presque jusqu’à la transe, un peu comme Nusrat Fateh Ali Khan dans le khyal indien, dans un tout autre style.

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Ty continue avec l’une des chansons favorites du dernier album «Closer », « Everybody », proto dance-hall rapide et tournoyante, à la manière d’ « Oh You Want More ?», où il semblait le Monsieur Loyal des barraques foraines du ghetto de Londres, avec les chœurs de Mama Green Funk et Lady Blue Soul partant sur la basse groove. Cette fois il se repose sur elle, derrière elles tandis qu’elles prolongent les ooooh finaux à tour de rôle, Mama Green avec plus de puissance, Lady Blue avec plus de Soul, se complètent dans l’alternance. C’est la dernière date de la tournée, qui fut fatiguante mais excitante.

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Suit un autre titre d’ « Upwards», «I Want 2» (Pill it ou Kill It) repris par le public sur les claviers cool et les choeurs soul répétant « I Want 2 » en écho, puis soudain, Ty change de rythme, part en latin groove relevé de rhodes et termine dans les premiers rangs le poing levé. Les choristes finissent par un long chorus dont cette fois Lady Blue aura la dernière note. Richard Spade est à la batterie, Drew aux claviers, comme sur « Upwards ».

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« Right Now » est plus Broken Hip Hop, avec une batterie Drum’n’Bass. Sur « One », la strophe rappelle « I Want 2 » mais avec des chœurs cette fois plus mélodiques, suivis par la basse mélodieuse sur les vocaux et le clavier avant une impro des choristes. Blue soutient la ligne rythmique quand Green s’envole sur la batterie, mais il reste toujours un élément rythmique fort qui fait danser et un élément mélodique plus spirituel qui contribuent qui fait rêver dans ces chansons. «Want to Go home ?» demande Ty “NO!” “All Right! Hope You don’t mind...Need people who love music”

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Les synthés soufflent sur une basse Jungle en introduction à « Look 4 Me », la chanson la plus proche des vocaux pygmées et des origines Nigérianes de Ty par ses chœurs assurés par les choristes, sur lesquels Ty pose sa voix. Ces tuilages vocaux complexes sont magnifiques en soutien au flot plus rapide de Ty, puis se font syllabiques A E O sur le break de la batterie, reprennent en jungle, se mêlent et se répondent en ping pong, entre vocalises et syllabes. Soudain « Ready For The Dance-Floor ? », et basse et synthé prennent un tempo plus vif et la batterie se fait plus obstinée, suivis du public qui tape dans ses mains comme dans un village d’Afrique. Green part en Afro scat Soul sur le synthé. « This Is Hip Hop », celui des pygmées des villes. Les syllabes sont passées sans qu’on s’en rende compte à I E I O. Le rythme revient « This Is Hip Hop », s’arrête, mais Green continue a capella sur les cris du public sans perdre la ligne, puis s’éloigne comme un chant d’Afrique à la nuit tombée quand les chants se taisent.

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Après d’enthousiastes applaudissements, Ty enchaîne sur «What U Want», enregistré avec Taylor MC Ferrin pour l’album Closer. Ty preache, prêche son flot au public, tandis que les soul Sisters assurent les Ta ta ta qui font le rythme, remplaçant les cuivres Blaxploitation de l’original. Ty descend dans la foule, la fait chanter, tandis qu’elles assurent les fonds vocaux.

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Leurs vocaux soul donnent par leur décalage un côté Dancefloor, Dub sur la basse disco. Toutes les musiques noires de l’Afrique à L’Amérique se retrouvent dans la musique de Ty, des vocaux tribaux polyphoniques de l’Afrique noire à la techno qui vient aussi du ghetto noir de Detroit, puis les choristes amènent la Soul sur les mains du public, puis à nouveau le synthé part en Dancefloor Electro sur les ras de la batterie. Bref des origines des musiques noires à leur actualité dansante de l’ère électronique, de la Jungle à la Science-Fiction. Ty qui a invité Rhum One sur scène pour faire la Beat Box, qui commence en didgeridoo et continue le Dancefloor dans sa bouche, sur lequel Ty improvise. La grande fraternité mondiale du Hip Hop dépasse les frontières.

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Suit un morceau speed, un autre cool « to end the show», dans le style mystique et cool d’Arrested Development dans « Everyday People», dont Speech a collaboré à “This Here Music” sur Closer, Les vocaux et les synthés gluants annoncent le rythme des deux Soul Sisters, puis le synthé brode des étoiles pendant leurs vocalises.

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Suit « Oh You Want More ?” le morceau d’Upwards où Ty en Monsieur Loyal semble nous guider dans une fête foraine ou un cirque du ghetto et de sa « street culture», avec les Soul Sisters aux vocaux à l’arrière. Plus puissant en Live sans les orgues de barbarie désuets et les éléphants, avec moins de zoo et de cirque, le thème se fait plus Dancefloor ou Broken Hip Hop. Le set se termine par un solo vocal de Ty.

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Le DJ allemand de Munich Florian Keller termine la soirée avec une sélection de disques Funk, passant également par les rythmes de l’Afro-Beat, Cubains ou hystériquement Brazil, puis partant en Dancefloor, se calmant en Disco, passant par la rue du Hip hop et la Drum’n’Bass, fondu enchaîné sur « Sure Shot » des Beastie Boys au ralenti, mais puisant aussi ensuite aux sources des musiques noires pour les moderniser par un remix Broken d’un vieil instru des Mar-Keys et même une version Broken Hip Hop féminine d’ « In Walked Bud » de Monk pour Bud et une réplique Soul féminine du « Soul Man » de Sam & Dave sur Stax.



Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 6 juin 2008

CONTRETEMPS: Le rappeur britannique TY sera à la Salamandre ce vendredi 6 juin à 22 h (écrit pour la NEWSLETTER du Festival)

Le Rappeur britannique Ty sera en Concert à La Salamandre le Vendredi 6 juin

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Le Hip-Hop est la dernière musique urbaine issue de la révolte noire aux Etats-Unis après les musiques Africaines, le Blues, le Jazz, le Rythm’n Blues, la Soul et le Funk, donnant enfin la parole aux ghettos. Pourtant, quand les amateurs de toute cette « Great Black Music » en écoutent, ils peuvent être déçus, depuis dix ans, par la pauvreté des samples où ne transparaît pas cette richesse culturelle, et les revendications souvent plus égoïstes que collectives des MCs, dont l’impro vocale et la tchatche pense ne plus avoir besoin de la culture musicale des DJs pour lui répondre par ses références, réduisant parfois l’accompagnement à un vieux track de James Brown déjà entendu mille fois ou à des scratches intempestifs.

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S’il est britannique et pas Américain, le rappeur Ty n’est pas de ceux-là.

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Dès le premier titre de son opus « Upwards » (2003), «Ha Ha » on comprend l’originalité de son univers décloisonné, posant son flot un sample de Rock 60ies Psyché blanc du Swinging London. Il a d’ailleurs beaucoup intéressé l’un des héros de cette période très créatrice en la personne de l’ex-batteur de Soft Machine, Robert Wyatt, qui l’a placé dans sa discographie.

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L’album propose des ambiances variées, portées par des musiciens Live, rythmiques, cuivres ou cordes, ce qui dénote d’un courage musical rare dans le hip hop, et son flot ne se contente pas d’un débit rapide ininterrompu , mais s’adapte à toutes les musiques, à tous les rythmes : tour à tour Monsieur Loyal des suburrbs sur un sample de Fête Foraine dans « Oh U Want More ?», capable aussi de l’émotion Cool des grands chanteurs Soul sur «Rain», de toute une palette d’émotions qui fait de lui un vrai chanteur, comme 2 Pacs ou quelques rares autres, pas si loin dans l’esprit de leurs grands aînés Otis Redding ou de la sagesse d’un Marvin Gaye. Originaire du Nigéria, Ty sait aussi s’entourer, sur « The Willing », d’un des derniers héros de l’Afro Beat à avoir joué avec son créateur Fèla Kuti, son batteur Tony Allen, puis remonter en pirogue jusqu’à l’Afrique noire resourcer sa voix aux polyphonies pygmées dans « Look 4 Me », revenir vers les belles pages plus urbaines de la Blaxploitation à la Sly & The Family Stone avec « Groovement », modernisé de synthés rythmiques et de beats originaux de cloches tinitinabulantes dans un style que reprendra le RH Factor de Roy Hargrove, prendre temps de nous faire rêver sur « Dreams », et méditer ses paroles poétiques en talk over entourées de superbes vocaux féminins Soul, mais capable aussi de regarder vers l’avenir par des beats broken futuristes.

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Depuis, Ty a été sollicité par Lily Allen, puis a sorti son nouvel album « Closer», enfonçant le clou avec des beats « Broken Hip Hop» plus affirmés mais toujours aussi originaux, ou proto-Dance-Hall dans « Everybody» , confrontant sa voix à des tempos variés. Les invités de marque ne sont pas en reste, il a collaboré pour le titre très pop «This Here Music» avec « Speech » d’ « Arrested Development », pionniers de ce Hip-Hop Peace au naturel séduisant les oreilles et les âmes en plus de faire de faire danser nos pieds, Bahamadia, Rich Medina, ou retrouvé ses vieux complices de «De La Soul » sur « The Idea ».

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On y trouve aussi des backings bien Funk Groove Blaxploitation s’étirant sur des Beats futuristes dans «What You Want», ou des vocaux plus soul sur le sentimental « L.O.V.E ».

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Il revient également sur ses origines Nigériennes dans « Sweating For Salary ».

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Quand Ty se produit en concert, ce n’est pas seulement avec un DJ mais en full band avec sa formation live groovy, et c’est ainsi que vous pourrez découvrir sa musique le 6 juin à 22 h à La Salamandre. La soirée continuera avec des DJ experts en Funk & Groove, Florian Keller, et No Stress, et Leeben, plus Global Groove.

JEAN DANIEL BURKHARDT