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samedi 28 novembre 2009

le DJ DOMU arrête sa carrière musicale (traduction de l'anglais)

Salut à tous. DOMU qui était au Rafiot ce printemps, quitte le monde de la musique. Vous trouverez l’original de sa déclaration sous ce lien :

et ci-après mon humble traduction de ses propos. J’ai essayé de coller à son texte quitte à aboutir à des formules maladroites en français, plus que de faire joli en trahissant ses propos. Ils sont déjà beaux en eux-mêmes, ce que j’ai lu de plus beau par un DJ depuis « Electrochoc » de Laurent Garnier, et intéressants pour eux-mêmes comme expérience musicale. Pour respecter ce qu’il dit, j’envoie cette traduction à tous mes contacts intéressés par les musiques électroniques ou qui étaient au Rafiot,et sur mon blog:

"C"est fini. Je ne peux pas entrer dans les raisons personnelles, mais bien sûr vous laisserai quelques eplications sur comment j'en suis arrivé là. ça me fait un peu comme fuir une vie de crime ou la Mafia. Je suis Carlito, J’ai finalement rompu avec la vieille dangereuse façon de gagner sa vie. J’espère juste que Benny du Bronx ne me flingue pas alors que je prends le dernier train hors d’ici. Le fait est que je ne suis plus Domu. C’est un personnage, et l’a toujours été, et depuis le Vendredi 13 Novembre 2009, il n’existe plus. Pas plus que Umod, Sonar Circle, Bakura, Yotoko, Rima, Zoltar, Blue Monkeys, Realside, ou n’importe lequel de mes autres noms sous lesquels j’ai sorti de la musique. J’annule tous mes plans et n’en accepterai plus aucun. Mon Hotmail est fermé, mon Twitter est fermé, et mon Facebook est fermé. Si l’un de vous veut me parler et me connaît assez bien pour avoir mon numéro de portable, alors il est toujours le même, et sentez-vous libre d’appeler n’importe quand. Mon autre adresse email de laquelle je me sers occasionnellement est toujours ouverte pour ficeler et détacher des liens s’arrête.

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J’avais commencé à changer, et pour le pire je suis maintenant sûr. Ma confusion augmentait, mon insécurité et mon amertume me dépassaient, un manque de direction créative et de concentration me menaient à quelque chose de très sombre. Je me suis senti si déprimé par tout ça. Croyez-moi j’ai cherché dans mon âme longtemps, et dur cette année pour retrouver les raisons pour lesquelles je fais cela, mais je ne peux pas les localiser. Trop de moi est embrouillé là-dedans, et personne ne devrait jamais donner autant de lui-même ou d’elle-même à un travail. Avant je croyais à tout ça, que je faisais et jouais de la musique pour un certain type de personnes, pour des gens qui ne voulaient pas adhérer au mode de vie « normal », les libres-penseurs, le type de gens indépendants ou ouverts qui étaient ennuyés par les genres, l’industrie principale, les plans directeurs ou les formules toutes faites. L’underground. Mais je ne pense juste plus vraiment que la bataille ait besoin de moi. Elle est passée à une autre génération, qui le fait à sa façon, et je n’ai pas le désir d’essayer ou de me faufiler et commencer à proclamer que je me bats pour un combat qui n’es plus le mien. Je suis un homme vieux de 31 ans. Je ne peux pas clamer que je porte un flambeau qui signifiait tellement pour moi à 15 ans. A 21 peut-être. Mais maintenant, après l’avoir fait dix ans à plein temps, je pense que j’ai dit tout ce que j’avais à dire. Ma lumière créatrice s’est effacée. Peut-être parce que j’ai commencé si tôt, qui peut le dire? Mais je me sens satisfait que ce soit le cas.

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J’ai passé des moments merveilleux. J’ai parcouru le monde, bu et fait la fête et ai gagné ma vie décemment en divertissant les gens tout au long de mes 20 ans J’ai rencontré des gens incroyables dans des villes que je n’aurais jamais rêvé que je visiterais, partagé mes pensées et collecté la sagesse d’une large étendue de gens vraiment profonds et beaux. Mais j’ai aussi rencontré de vrais trous-du-culs, et j’ai pu ressentir que j’en devenais un. En passant des disques que je n’étais pas sûr d’aimer à des gens qui n’avaient aucune idée de qui j’étais, j’étais devenu froid, froid à la musique, aux réactions et au point de tout cela. Je changeais ce que je pensais aimer, pour être aimé. Je ne suis pas un chaméléon. Je ne suis pas Madonna, je ne peux pas rester sur la même ligne des styles actuels et continuer de changer avec eux juste pour rester à la mode ou maintenir une sorte de statut crédible ou de carrière. J’ai eu mon moment. Si vous me connaissez bien, vous aurez sentiun changement en moi depuis les deux dernières années. J’ai toujours souffert de problèmes de confiance, mais je sais que ce n’est pour cette raison que je jette l’éponge. Je sens que j’ai tellement à changer ce que je pense être « moi » pour continuer. Ce en quoi je crois, comment parler aux gens, comment se comporter.

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[Je ne pense juste pas que je puisse être aussi arrogant et dur pour m’obstiner encore. Il y a tellement de bruit là-dehors que les gens doivent crier de plus en plus fort pour être entendus.

Et pour quoi? Je ne vais pas me relancer dans quelque chose en quoi je ne crois plus pour un revenu qui est de manière très stressante inégal, et le plus souvent quand il ne l’est pas, très bas.|http://www.youtube.com/watch?v=NB9LegnHXCA&feature=related]

J’avais l’habitude de dire que je le devais au “combat” pour continuer. Ma croyance en cela a décliné ces dernières années aussi. Oui nous avions besoin de Coltrane pour aller à contre-courant, pour sacrifier son bien-être et sa vie pour créer du bel art. Nous avions besoin de tous ces êtres créatifs et uniques brûlant brillamment dans leur âme, nos influences et idoles qui créèrent la musique et les mouvements qui peuvent nous fournir le jugement sain, le refuge et le sens pour nos vies confuses. Mais la musique a pour moi perdu certains des ces sens comme moyen. Elle est partout, tout le monde en fait, en joue, en distribue, et essaie d’en vivre. Tellement de gens ont une voix maintenant que c’est dur de choisir ce qui est le tranchant de ce que je sens vraiment en ce moment. J’ai été engourdi par la plus grande passion de ma vie, et j’ai besoin de l’abandonner un moment pour voir si je peux jamais la retrouver comme elle était.

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[Certains ont attribué un sens et une compréhension à certains de mes travaux. Je sais qu’ils sont spéciaux pour certaines personnes, et mon message fut compris par quelques-uns, que je suis très reconnaissant d’être venu me connaître pendant toutes ces années. J’ai été assez chanceux pour avoir avoir pris le train en marche pour un moment, ai été reconnu par des gens très spéciaux et talentueux et ai gagné le respect de mes pairs et accompli une foule de choses en un temps très court. Il y a eu de grands sommets pendant que je jouais de la musique pour toutes sortes de foules, créant une atmosphère et la contrôlant. J’ai senti la joie et l’adrénaline courante du succès, accosté le vide et le désespoir du club vide le floor (sol) difficile à émouvoir. Maintenant que je reconnais que j’ai fait tout ça, j’ai besoin de le mettre derrière moi et de continuer à avancer, et la seule façon de le faire est de disparaître. Cela doit cesser à un moment , et comme je continue de le dire, tout est fini. Je ne veux pas perdre tout le reste de ma vie pour ça. Je n’y crois juste plus assez pour faire ce sacrifice. Les gosses mènent la lutte maintenant. J’espère en avoir influencé certains, je sais que je l’ai fait, et cela me fait partir l’esprit tranquille. Je n’ai pas gâché 10 ans de ma vie, je sais que j’ai apporté de la joie et de l’espoir à beaucoup de « dés affranchis », d’esprits ouverts, d’outsider musicaux ou de dévoués à la danse. Il y a aussi des gens qui créent des choses en utilisant une technologie d’une façon que je devrais essayer et rejoindre, mais je n’en ressens plus le désir.ils le font mieux que je ne l’ai jamais pu jusque-là. C’est maintenant leur temps, et le mien est passé. Vous pouvez penser soit que je suis incroyablement brave de l’admettre ou incroyablement faible et stupide d’arrêter. Mais c’est comme ça que je le sens. J’allais dans le mauvais sens dans bien des aspects de ma vie et je besoin de commencer à changer. Je n’ai aucune idée de combien de temps cette partie restera, mais ce site ne sera pas là pour toujours. Sentez-vous libres s’il vous plaît de le copier et de le coller et de le faire passer pour le préserver, pour laisser les autres savoir pourquoi je suis parti, en assumant que quiconque s’en préoccupe.|http://www.youtube.com/watch?v=NB9LegnHXCA&feature=related]

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J’ai des larmes dans mes yeux maintenant. J’ai tellement de gens à remercier pour tout le support personnel et professionnel qu’ils m’ont apporté pendant toutes ces années, mais je le ferai personnellement en temps utile. Mais je voudrais remercier chaque de ceux qui m’ont acheté une chanson, qui ont payé un ticket d’entrée, ont dansé ou sont juste venus me parler de vie, de musique, du monde ou de n’importe quoi d’autre. Vous m’avez donné une existence comme dans un rêvé et bénie pendant de nombreuses années. Si j’ai inspiré qui que ce soit, alors je suis un homme heureux. Vous m’avez tous certainement inspiré, et je veux utiliser ces années de voyage et de partage à bon escient, pas cette haine et cette confusion que je ressens envers tout cela maintenant. J’ai besoin de trouver un sens à la prochaine phase de ma vie. Alors je vous fais mes adieux à tous. Je suis juste trop sensible pour garder la façade de quelque chose qui ne semble plus bien. Je savais que cela viendrait un jour, peut-être certains d’entre vous qui me connaissaient l’ont vu aussi. J’ai tellement de respect pour mes pairs et professeurs qui continuent le combat, et veux que la nouvelle génération accomplisse le mieux qu’ils peuvent pour eux-mêmes et leur art. Je ne suis juste pas un militaire de carrière. J’ai fait mes années d’exercice, et je suis dehors.

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[Je vais tous vous quitter avec ça. La vie n’est pas X-Factor (la “Nouvelle Star”). Personne n’a un Dieu qui donne le droit à ses rêves ou à ses ambitions de se réaliser. J’ai travaillé dur et ai eu beaucoup de chance. J’ai suivi des opportunités, en ai gaspillé d’autres. Je n’ai aucun regret, autre que de ne pas m’être arrêté quand j’ai su que je devais le faire l’année dernière. La seule chose que vous ayez pour vous guider à travers votre vie est votre instinct. Parfois la bonne décision n’est pas la plus facile, mais entre votre conscience et votre intuition, vous trouverez la réponse. Ecoutez-la s’il vous plaît. C’est vous. »|http://www.youtube.com/watch?v=I4NcMfy56lM&feature=related]

DOMU

Quelques liens encore actifs de ses projets présentant d'autres artistes sur My Space:

-Domu Presents TrebleO

-Domu Presents Pete Simpson (excellent chanteur Soul)

Jean Daniel BURKHARDT

dimanche 28 juin 2009

POUR SON FINAL, CONTRETEMPS PASSE LE RELAIS DU BEAT ENTRE LIVE ET DJS

Comme un pont jeté d’une année à l’autre, entre DJs et Live, entre les genres Hip-Hop, Reggae, Soul et electro, ou les villes de Strasbourg, Lyon, Londres et Paris pour sa dernière soirée le 13 juin, le Festival Contretemps passait le relais, le Beat, devant un public béat.

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En « SOS Warm Up », la soirée commença par un set non attendu de Sir Jarvis des Badass Funkstarz, fondateur du label « Badass 45 », sur lequel il a sorti récemment «Stubborn Son Of Marvin » et « Freaky Grapevine », deux bootlegs de Marvin Gaye à la sauce drum’n’bass/ latin broken beat, et commence par«Truth & Rights Remix », le meilleur remix drum’n’bass / Reggae / Dub , de « What’s Going On » du même Marvin Gaye, homme pacifiste et Sage de la Soul Music qui, en plus de prêcher la paix, était un pionnier des questions écologiques par son « Mercy Mercy Me ».

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Suit, dans le même style, « Ring My Bell », unique succès groovy psychédélique d’Anita Ward en 1979 remixé façon dub par Sanny X.

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La température monte avec un autre remix de basse funky sur du Hip Hop, et le cover (reprise) de « Killing » du «Killing in The Name Of » de Rage Against The Machine dans la version instru mis cuivrée et pêchue à s’y tromper dans l’intro des Apples.

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Un autre remix, cette fois du classique Jamaïcain « Funky Kingston » de Toots & The Maytalls, l’un des groupes Jamaïcains à avoir rendu le Reggae Funky et Soulfull, toujours en activité, repris par Bootsy Collins & The Roots en Hip Hop .

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Après un Beat Broken « Hears On Motre Time », Sir Jarvis termine son set avec SMOOVE, DJ qu’il avait fait venir à La Laiterie ( ), l’un des meilleurs beatmakers de funk.

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Suit le groupe Live de la soirée, « The Dynamics », venus de Lyon, combo Soul Dub, composé d’un trio vocal Soul composé de la chanteuse Soul noire charismatique MOUNAM, de Mr Day et du MC Stevie Levi, assistés d’une rythmique dub composée de Flab Master Flab (dub fxs) et du producteur Bruno Howarts Patchworks aux claviers.

Mr Day et Stevie Levi portent des chapeaux et Mounam une superbe robe afro lamée noire commence «Love Is All I Need From You ». Le groupe allie la relaxation du Dub et la Soul des voix.

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Ils commencent par leur reprise la plus surprenante ou inattendue, « 7 Nations Army» du duo Rock les White Stripes et son riff irrésistible passé partout depuis.

[Les riffs de guitare de l’original sont remplacés par des riffs de basse, passés à la moulinette du dub avec le rebond de l’orgue lointain en écho du clavier. Le public tape des mains. Le thème est plus riche, moins lourd et plus écoutable en dub, bien harmonisé avec la soul des vocaux, avec les petits diodes sur le contretemps à double-tétente des vieux reggae dub de Gainsbourg et Lavilliers.|http://www.youtube.com/watch?v=YbkLpBv9rDs&feature=PlayList&p=B9AF8EE86DFCEDB1&index=0&playnext=1] Les Dynamics sont « deeply rooted in Rock & Soul », disent leur affiche. La chanteuse a une puissance vocale énoÔorme dans le final.

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Ils continuent en dédiant au « Ghetto de Chicago» « Move On Up » de Curtis Mayfield. Finalement le dub remplace bien les cuivres de l’original.

[Les voix sont modifiées par les machines sur la bonne ligne de basse de l’original et les petits coups rythmiques du reggae rajoutant un temps à leur ralenti.

La chanteuse prend un solo sur « You Gotta Keep On Pushing … So Let the People Get Free ». La Soul , musique d’espoir et de révolte, mais aussi d’amour. Mounam excelle dazns ce répertoire Peace & Soulfull et termine « On my knee, when sky ramble » de plus en plus rapide.|http://www.youtube.com/watch?v=l1ZqvrsP7kg ].

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Et si le Dub était au Reggae Jamaïcain ce que la Disco est au Funk, sa version digitalisée, allongée pour le plaisir des danseurs ?

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On peut se le demander à leur version de « Miss You » le morceau des Rolling Stones, dont la basse et la batterie annonçaient la disco (dixit le batteur Charlie Watts) sur l’album nommé « Some Girls » « parce qu’on se souvenait plus de leurs noms », dixit leur guitariste Keith Richards.

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Mais le virage des Rolling Stones vers le Funk (« Hot Stuff») et le Reggae (classique avec « Cherry Oh Baby », ou plus Rock et acide avec « Hey Negrita » avait déjà été l’album « Black & Blue » en 1976 avec l’arrivée de Ron Wood à la guitare en remplacement de Mick Taylor, après le refus de Ry Cooder qu’on ne peut entendre que dans « Sister Morphine » sur «Sticky Fingers » en 1971 .

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Là le morceau est plus dub, mais les vocaux restent Soul comme un reggae que le producteur aux claviers Patchworks américain fait chanter le public. Le thème est re-harmonisé de Funk Disco en Reggae, avec toujours une rythmique plus fournie, un temps supplémentaire mais toujours une basse funky, plus libre même que chez les Stones., et nous éparne les égosillements déhachés sur les "Ooohoowhoohooo" de Mick Jagger.

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La prêtresse Mounan nous prend à témoin sur l’intro de Patchworks : « Le Molodoï est-ce que vous voulez encore?! », saute et danse sur l’ampli dans une attitude Hard Rock. Ils reprennent « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin en dub avec échos sur la basse, sur fond de claviers vintage reggae, mais avec une puissante présence vocale de la chanteuse en déesse Disco venue d’hyperespace. C'est original aussi d’entendre cette chanson par une femme.

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Autre reprise, celle de « Girls and Boys » de Prince & The Revolution en 1986 pour l’album « Parade » et le film « Under The Cherry Moon », qui cette fois rend une authenticité country ou gospel ou parfois africaine à cette chanson agaçante dans sa version vocoder (« vous êtes très belles my girls & boys »), chaque chanteur/se rajoutant sa voix à une belle harmonie vocale intense, reprise par le public dans le micro tendu sur la basse, puis par Mounam avec une intensité à la Janis Joplin. Une reprise meilleure que l’original.

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Ils continuent, après une composition de Patchworks citant Bob Marley, par une reprise de « Music » de Madonna, moins electro et vocoder que l’original sur une bonne basse disco obsédante de « Ring My Bell » d’Anita Ward sur laquelle le MC Stevie Levi place son Ragga, puis repris par le public dirigé par Mounam en final, suivi d’un bis de plus en plus rapide et intense. Ce set aura prouvé que par de bons arrangements et de bons vocaux, le dub pouvait aussi reprendre très avantageusement les standards trop entendus du Reggae, du Rock, de la Soul, et jusqu’à l’électro.

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Eli Finberg (Art District (http://www.myspace.com/artdistrict67)) arrive sur scène pour chauffer la sale pour DJ Nelsonavec son accent Woodstockien mais toujours énergique : « Est-ce que vous êtes prêt ?! »

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Suit le set de DJ Nelson de Turntableast, vice-champion au DMC () Battle en 2008 , qui arrive à combiner sur ses platines musicalité et énergie et a joué avec la Fanfare En Pètard et souvent à La Grotte. Il reprend, avec des cuts, le sample de « Walk On The Wild Side » de Lou Reed samplé par les rappeurs de Tribe Called Quest dans « Can I Kick It ?» .

Art District et DJ Nelson se produiront à partir de 13 h au Festival INTERFERENCES à la Citadelle…

Jean Daniel BURKHARDT

CONTRETEMPS et son COMPUTER WORLD: Strasbourg-Paris-Tokyo-Karlsruhe-Srasbourg

Le vendredi 12 juin , c’est dans le « Computer World » des DJS electro que conviait le festival Contretemps. En ouverture, on a pu entendre Ben G de la radio web « Right On FM », ancien disquaire Metzin qui a rejoint les soirées Strasbourgeoises avec son univers Disco-Funk.

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Toujours aussi Sapace-Hip Hop, il commence par « I Am The Black Gold Of The Sun » de Nuyorican Soul remixé par 4 Hero aux vocaux magnifiques sur un piano martelant : les esprits des musiques noires comme face noire de l’or du soleil, Sun Râ aurait aimé cette idée, lui qui pensait que les Pharaons Egyptiens noirs descendaient de la Planète Mars .

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En tous cas l’arrangement est magnifique, avec des cordes disco, un fender rhodes spatial puis l’accélération drum’n’bass à la vitesse de la lumière : à la fois dansant et hypnotique.

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Un tempo plus dur est tempéré de voix Soul à l’arrière de Big Bangs scratchant la nuit noire en orbite des vinyles, réveillé d’un « Get Up » du « Sex Machine » de James Brown remixé et bien harmonisé avec « The Beat Goes On » de Sonny & Cher remixé récemment par Bob Sinclair, à moins que ce ne soit le tube Funky Disco « And The Beat Goes On » des Whispers en 1979.

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Puis le piano martelé montant vers l’électro groove et la voix Soul de Crystal Waters (c’est le nom de la chanteuse, encore en activité) dans «Gypsy Woman (She’s Homeless)» en 1991. Suit un Hip Hop plus lourd mais sur un clavier dub/rhodes, un beat broken annonçant Fulgeance, une voix aigue sur un rythme Batucada Brazil et une basse funky où vient se greffer un saxo en apesanteur : construction efficace à partir d’éléments hétéroclites.

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Montée irrésistiblement ascendante au décollage d’un clavier cristallin Japonisant. Le rythme prend forme sur des beats & bass smashant mais liés par des claviers 70ies aquatiques, stellaires et cristallins entre les scratches ralentissant, puis la basse se lève sur une batterie en ras, se fait obsédante sur le clavier sur une vague Japonisante/Africaine Electro_Hip-Pop.

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Pendant ce temps, le VJAy Fat Butcher Visual architecture des formes lumineuses doubles de son "Houndz Of Love" sur une voix New Wave entre The Cure et Morrissey période The Smith ou Electronica entre les alizés de la constance clavier/voix. On entre dans le COMPUTER WORLD.

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Des claviers électro-pop dansent sur la voix au rythme du piano martelé, hanté par une voix d’ordinateur synthétique scintillant sur une basse funky, Nina Simone chante « It’s A New Day » dans « Feeling Good », bootleggée avec James Brown dans un remix découvert par DJ Vax’1 de Mulhouse contamine «Take On Me » d’A-Ha.

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On verra bien ce soir si venus de Strasbourg, Paris, Karlsruhe ou Tokyo, les DJs sont des robots, des clones interchangeables ou ont une signature locale selon leur partie du monde. Sur l’écran, Buster Keaton entre deux Cosaques dans « [The Cossacks» de John Gilbert en 1928 entre deux gardes Cosaques ou Turcs aux belles moustaches.

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Une voix susurre un message incompréhensible et osessionnel sur le beat et les claviers liquides, puis retour au Disco avec « Sunshine » d’Earth, Wind & Fire sur des claviers en ascenseurs jusqu’au soleil.

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Sur l’écran, un immeuble, une table de mixage, Joséphine Baker et ses bananes à laquelle succède un danseur de oula-hop bleu électrique.

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« Checkin’ Out The Dancefloor », une belle Tzigane, Gitane ou Arabe, regard baissé, apeuré sur l’écran, suivie de « Police Don’t Cross » en Ragga-lectro urbain, puis de l’idéalisme d’un « On veut tout changer » teinté d’un accent Brazil/Antilles sur le Beat Broken, virage en douceur vers Sayag Jazz Machine remixé par Fulgeance qui suit…

Fulgeance arrive sur une voix Soul (il se produit aussi sous le pseudonyme de Souleance avecDJ Soulist comme résident parisien aux soirées « What The Funk » , et ils viennent de sortir "le monde", un magifique ep "tropical soul" & funky en écute sur "Myspace"

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Il modèle comme dans « Sour Soca » les sons et les percussions afros sur des rythmes batucada décomposés à l’aide de boutons, jouant des boutons d’effets de sampler comme des touches d’un clavier, puis accélère de plus en plus les platines, ralentit ou fait tomber le son goutte à goutte.

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Peut-être sculpte-t-il, recompose-t-il de nouveaux sons par agencement d’aigues et de graves sur les rythmes puis les module, les enrichit d’échos de samples de percussions et de beats ou juste d’une cymbale.

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Il annonce «Ce morceau s’appelle Rubik’s Cube (qu’on voit déjà sur les écrans du VJ), alors j’espère que vous n’avez pas le cul aussi carré que lui »,. Le son s’étire de plus en plus dans un miroitement, de ralentissements en dérapages, en voix scratchées sur le dubstep.

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Le titre harmonise les sons d’un clavier ralentissant/ accélérant pour en changer la fréquence sonore sur les turbines electro rythmiques comme venues d’une grotte sous-marine.

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Suit un titre plus Hip Hop « Low Club » sur les images d’ « I Love Hair » du VJ, puis la voix se fait Ragga attire une Dancehall queen sur l’ampli et une rousse asiatique aux bras du dieu indien Shiva dans sa danse cosmique, serpentant de tout son corps en breakdance.

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Fulgeance joue des claviers avec les boutons de sa batterie électronique saturée.

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La dancehall queen sur l’ampli est une danseuse illégale, comme l’est le graf sur les murs publics, mais aussi celle qui brave l’interdit des règles de sécurité comme une souris danse en l’absence du chat, fait entrer l’art chorégraphique amateur ou juste sa présence humaine où ils ne devraient pas être, transgresse la scène et cette distance sacrée artiste/public par ce début de happening non suivi et finalement réprimé, avorté, mais dont l’acte furtif est d’une beauté instantanée… C’est cette fugitivité qui la rend belle, précieuse et essentielle.

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Elle est une prêtresse d’une secte souterraine, l’ idole temporaire de tous les danseurs l’espèce d’un instant, dans le danger, ne durera que jusqu’à l’arrivée de la sécurité, mais n’est-ce pas cela qui la rend intéressante, flamme dansante juste jusqu’à ce qu’on la souffle. Mais elle aura eu sa minute, sa seconde de gloire…

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Suit le sample du clavier, , un peu comme du remix instru cool « Smartbanging » de Fulgeance du «Music» de Madonna, coolisé, rendu désuet, futurisé et ringardisé en en faisant une jolie mélodie à partir d'un simple sample, qui le rend plus agréable que l’original , sans son côté rythmiquement branchouille...

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Sur l’écran « GAME OVER PONG » brille en diamants sur une boucle de ceinture. En fait Fulgeance est aussi batteur autant que claviériste sur sa batterie électronique par ses ras digitaux, tout les samplant en live, les soutient d’une base électro, les change avec ses scratchs, les coupe comme le cutter du VJ sur l’écran.

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Deux danseuses, chats aux oreilles de léopards afros dansent sur l’electro-jungle des percussions urbaines de Fulgeance.

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« Est-ce que vous aimez ce genre de dub de basse ? », demande le créateur de musiques par des moyens électroniques, architecte sonore qui commence à me faire mieux comprendre que certains musiciens électroniques sont des hommes-orchestres robots. « Est-ce que vous êtes prêts pour le « Lock Up » ? »

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Lock Up, c’était surtout pour moi le nom du groupe du guitariste Tom Morello de « Rage Against The Machine », apprécié par la critique mais qui n’eut pas le succès public escompté et ne sortit qu’un album en 1989 : « Something Bitchin' This Way Comes », avec tout de même ce petit chef d’œuvre d’émotion et de rage qu’est « Everywhere I Go It Looks Like Rain » que mon ami Thierry Joseph de retour de San Francisco m’avait fait découvrir.

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Dans le Computer World Français, Fulgeance « représente la Normandie, l’Ouest », le Far West,. Mais admet : «C’est pas mal chez vous dans l’Est, mais il vous manque la mer… »

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Il termine son set par un remix de Dorian Concept (), passé le samedi précédent dans le festival, et qui a même joué à la game-boy après son set avec Mag’Si’Funky, une amie Irleillaise (mélance d’Irlandaise et de Marseillaise) ou de Marslandaise selon les saisons, les astres, les saisons et où l’emmènent ses voyages....

Arrive Aroop Roy, DJ et chanteur Japonais de Tokyo , où il a également un groupe Live sur un beat plus lourd, puis liquéfiant peu à peu.

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Changement de VJ, avec VJ Ease de Strasbourg ( ) sur de petits rythmes broken , tandis que des filles se profilent sur l’écran.

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« Many Times, Many Places », part en dub puis évolue en techno, assourdit puis remet le son sur les cris du public, plus rythmé ou plus sur les sons de claviers ou joue tribal sur des enfants humanoïdes lumières. Il ne me semblait pas qu’il ait fait un tel tabac. Peut-être étais-je sorti, en train de parler de réceptionner un album de bootlegs de DJ Zebra auprès de Mademoiselle Adélaïde….

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A son tour il nous entraîne dans « A Journey Into A Sound» que devrait proposer chaque DJ ayant son univers, d’où qu’il soit , tandis que sur l’écran se lit la même arborescence électronique du tribal à la technologie moderne, le beat se fait de plus en plus profond, de plus en plus concentré. Aroop Roy a également remixé « Remember The Time » de Mickael Jackson.

Arrivent Caterva, premier duo français dubstep formé des DJs No Prod et Mandibull depuis 2003 parfois accompagnés d’Anita Bomba au violon et producteurs Strasbourgeois du label «Sens Inverse », avec lesquels VJ Ease travaille habituellement.

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De petits signes entre tryskells et jeux vidéos apparaissent sur les écrans en suivant la construction de leur puzzle sonore sur « Monkey", hymne des singes électroniques mutants, dans une version plus profonde et avec des basses plus compactes, un rythme plus déhanché d’un pas sur l’autre que la version originale. A eux deux, en ping-pong, ils changent la rythmique peu à peu.

Arrive Kristian Beyer, de Karlsruhe, DJ du duo « Âme », qui, après avoir été hébergé par Sonar Kollektiv en 2008, ont monté leur propre label Innervision.

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Sa House aux vocaux pygmées des villes fait danser en une douce transe sensuelle la léoparde blonde, qui a perdu ses oreilles tachetées, la brune lui prêtera les siennes.

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Les basses de Kristian Beyer ont des résonances profondes, aux échos d’orgues sur la basse et les percussions entre le fracas des beats sur des claviers acides, envoûtants si j’en crois la réaction de la léoparde contre l’ampli devant la scène, puis s’assourdit.

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Une voix House Afro Soul chante « Zimba », peut-être « Melon - Je Davu, I Zimba [Platzh... » joué à Radio Noise 313 en 2008 et RBMA|http://redbullmusicacademyradio.com/shows/1088/ ], à quoi s’ajoutent des voix indiennes, des vocaux entêtants et même un solo de piano bubble plutôt apaisant, urbain sur le breakbeat. Soudain je reconnais dans le beat « Smells Like Teen Spirit » (http://www.youtube.com/watch?v=dXO3OMGKPpw ) de Nirvana, l’un des derniers disques que j’ai vraiment pu revendiquer en rock sans honte, comme venu de l’au-delà, regurgité par des machines dont le remix de SkAzi me sembler le plus proche. Un dub lent est hanté de sirènes, rythmé par un clavé electro au ralenti, et fondu enchaîné sur Juliano.

Juliano, créateur du collectif Art Rythm'S termine la soirée (il est tout de même 4/5 heures du matin passé). Je le considère comme l’un des meilleurs DJ Minimal, car il est vraiment intéressant rythmiquement et n’utilise pas QUE des sons electro dans ses mixs, mais parfois même des bouts de fanfares balkaniques.

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Cela commence par des mouches, des termites électroniques attaquant à même le pilon. Là où d’autres composent, Juliano semble décomposer, déstructurer les effets rythmiques et le beat en mélodies osèdantes dans lesquelles il intègre des saxos Jazz et Afrobeat empruntés au DJ Special K Rythm membre comme lui d’Art Rythm'S. Rythmicien, il recrée à partir des beats la finesse d’un balafon pur planant sur le Beat.

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La voix de Billie Holiday en New Wave, non c’est Madeleine Peyroux, sa plus émouvante imitatrice dans « Dance Me To The End Of Love » de Léonard Cohen. Aurait-elle déjà intéressé les remixeurs et DJs ), ou est-je Juliano qui n’écoute pas QUE de l’électro et a voulu l’électriser dans un songe electro psyché ? En tous cas j'ai apprécié avec émotion ce clin d'oeil Jazz à cette petite voix étouffée qui me bouleverse, mais hélas n'enregistre plus que ses compos.

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Suit une batterie Broken sur des Beats lourds, puis des percussions plus naturelles, montrant qu’il s’est intéressé à l’aspect percussif des choses comme un percussionniste live et pas seulement aux musiques électroniques, montent en intensité sur les lasers sidérants des VJ, puis clone/sample ces percussions, construisant autour et à partir d’elles une jungle urbaine et tribale à la fois.

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Issu de la culture New Wave, Juliano termine tous ses sets par le même morceau des Sisters Of Mercy.

Jean Daniel BURKHARDT.

mardi 2 juin 2009

FESTIVAL ELECTROGROOVE CONTRETEMPS 2009 du 5 au 14 JUIN (Pour "DRUM-BASS.NET")

Comme tous les ans, le Sixième festival Electrogroove Contretemps propose dans les salles Strasbourgeoises des concerts, des soirées et des évènements artistiques.

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Contretemps_09_pilooski.jpgContretemps_09_Dusty.jpg L’allumage se fera par un « Warm-Up » au Rafiot le Vendredi 5 juin à 22 h : Vous pourrez y entendre les DJ Pilooski, membre du Dirty Sound System qui a remixé « Beggin’» de Madcon; Dusty, l’un des trois DJs de l’excellent groupe de Hip Hop «Jazz Liberatorz » de Meaux dont le premier opus « Clin D’œil » magnifiquement Soul et Jazzy à la Jazzmatazz a fait sensation en 2007; et pour les locaux KM3 (Deephop) qui joue avec le groupe Hip-Hop House « Rouge A Lèvres » vu l’an passé; et pour finir Deejay Remsey Lef alias Frankie Numi, qui après avoir été l’un des meilleurs DJ Hip Hop locaux avec les BUMS, vient de sortir son premier LP « Never endind, always building in Jazz, Soul, Funk » avec des MC américains sur le label Sleep Disorders.

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Samedi 6 juin, le Festival Contretemps rencontrera au Maillon Wacken le Festival Premières : Au programme, la Londonienne Nikki Lucas ex du Lucky Sound Posse, célèbre pour son radio show Future Vision entre Banghra, Africa, Raï et Batucada; l’Allemand Dorian Concept de Stuttgart qui vient de sortir « When Planets Explode »; et pour les locaux Pablo Valentino (Faces Records) et Tal Stef ( Soultronik ), le tout sur la VJDEO d’Optik Hartmann venu de Karlsruhe.

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Vous serez invité gratuitement à cette soirée pour l’achat d’un pass de 30 euros qui vous ouvrira toutes les soirées du festival, la solution la plus économique.

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Pour le dimanche 7 juin, les « Pelouses Sonores » se tiendront gratuitement sur l’herbe de L’Orangerie. Et là encore, outre le selector Reggae Daddy Roudy (Dancehall Vibes) et le très Funky Groovehunter G Phil, le festival a mis le paquet sur le Live avec des reprises de Funk par le MMEW de Wasselone dirigé par Bernard Struber et le groupe « Greenstuff » avec Pascal Beck et des jazzmen locaux, enfin Dub In V.O vous portera jusqu’à la transe verte.

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Le mardi 9 juin, c’est du Cinéma Star que le Festival prendra possession, avec dès 20 h en avant-première le film « Soul Power » de Jeffrey Levy-Hinte (filmé au festival soul de Kinshasa en 1974 le soir du match de Mohammed Ali sur George Foreman), puis une déambulation avec un Ciné Concert de « Radio Mentale », « The Party » de Blake Edwards préludant à une soirée mousse ou « Wild Style » sur le Hip Hop selon les salles, suivi de « Next A Primer On Urban Painting » de Pablo Aravena sur le graffiti, les clips du « Big Up Jazzmix » de Mezzo, des films Super Huit Pornos avec une Bande Son Live de Dr Donuts en guise pop corn, enfin une Soirée Mousse, DJ in The Bocal,clips et courts-mètrages et des Animations par Corrine dans des couloirs scénarisés par Maëlle Bernard, élève aux Arts Décoratifs de Strasbourg.

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Le Mercredi 10 juin, au Café Des Anges, la soirée « Back In The Dayz » remontera aux sources : celles du Rockabilly et du Jump Blues et Rythm’N’Blues avec l’Ecossais Keb Darge, mais aussi celles du lieu avec le retour très attendu du DJ No Stress, fondateur de Radio RBS, qui créa les soirées « Acid Jazz » en son Caveau dans les années 90s, et Franky Hutchinson d’Annecy.

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Le jeudi 11 juin, c’est à une « Afrobeat Explosion » que vous invite La Salamandre avec le groupe Fanga de Montpellier en Live, adoubés par le batteur de Fèla Kuti Tony Allen et le DJ hamid Vincent de Mulhouse.

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La soirée se poursuivra avec une session « Real House » au Living Room avec les DJ Simbad de Londres,

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Karizma de Baltimore et Dave Hydede Strasbourg.

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Vendredi 12 juin, au Molodoï, rentrez dans le « Computer World » des DJ électro du monde entier: Âme (Innervision) de Karlsruhe;

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Fulgeance, remixeur au funk destructuré de Sayag Jazz Machine et pour Jazzmin Records d’M-Swift ;

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le DJ et chanteur Arroop Roy de Tokyo|http://www.myspace.com/arooproy];

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et pour les locaux Caterva (Sens Inverse),

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Juliano et Ben G de Right On FM, et Fat Butcher Visual de Londres et VJ Ease en VJDEO rien que pour vos yeux!

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Enfin, Samedi 13 juin, toujours au Molodoï, « Pass Le Beat » remettra une touche de groove et de hip-hop dans un relais fourni, avec l’univers passionnant Jazzy Groovy de DJ Cam;

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la chanteuse explosive Suèdoise/Brésilienne de Londres Yarah Bravo découverte dans ses featurings avec DJ Vadim

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et les reprises reggae/soul des Dynamics en Live;

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et plus localement DJ Link (Nu Tropic, Jazzmin Records) (http://www.myspace.com/jazzminrecords ), le plus Brazil/Latino des DJ Strasbourgeois, et DanYDan, rédacteur en chef de "drum-bass.net" aux platines ainsi que Fat Butcher pour régaler vos pupilles.

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L’Art pictural et urbain sera aussi au rendez-vous avec des Expositions : Dripping Flow Painting à Avila à partir du 4 juin, et le 6 juin à L’Espace Insight, au RzoStore, un parcours urbain PERFFUSION, un Street Golf Contest et une Jam Roller Session au Skatepark Rotonde et des Apéros Groovys en terrasses.

Jean Daniel BURKHARDT

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JEU-CONCOURS : "drum-bass.net" vous propose de gagner des invitations pour la soirée du 13 juin (DJ Cam, Yarah Bravo & the Dynamics en Live, DJ Link et DanYDan pour les locaux).

Pour entendre les artistes du Festival, mes émissions "Jazzology" du jeudi 4 juin à 21 h, "Terres Tribales" du lundi 8 juin à 11 h et "Jazzology" du jeudi 11 juin à 21 h sur "Radio Judaïca (102.9 FM à Strasbourg ou "www.judaicastrasbourg.com" partout ailleurs) seront consacrées au CD promo du Festival et à ma propre sélection des artistes du festival!

samedi 10 janvier 2009

Retrouvez également mes chroniques de disques sur Drum'N'Bass-Net

En attendant mes prochains articles, je vous signale que depuis quelques mois, j'écris également des courtes chroniques de disques récents pou"Drum-bass.net" sur le dernier album de Moonstarr "Instrumentals Forever", le dernier Fémi Kuti "Day By Day", Abraxas Project (de l'ethno-Jazz Cool mâtiné d'électronique léger), le second album Nu Tropic "Kingdom Of Love" (musique Brazil e Electo aux délicieuses chanteuses), "13 Faces Of Lightnning Head " de Biggabush (de l'AfroBeat remixé de façon originale par un DJ anglais), "Fania Remixed : I Like It Like That" (des remixes réussis de classiques de la Salsa par des DJ actuels), Arambole Experience (musique indienne et electro respectueuse car mettant à contribution la population Indienne locale).

Jean Daniel BURKHARDT

dimanche 29 juin 2008

BEN G, JAHCOOZI et BEN MONO ferment CONTRETEMPS 2008

Pour la dernière soirée du Festival Electro-Groove Contretemps, c’est l’Allemagne qui était à l’honneur, avec le groupe Jahcoozi de Berlin et le DJ Ben Mono de Munich.

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Mais la soirée commençait avec un habitué du festival, Ben G, DJ officiant sur « RIGHT-ON FM ». En écoutant sa musique me viennent les images d’une histoire spatio-musicale.

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Une House tintinnabulante sur de bons Beats Funky soutiennent entre une voix Soul entre Love et Soleil acidulée de synthés. Sa New-Wave est réchauffée de diodes carillonnées dans la fumée des amplis et la lumière des projecteurs,qui invitent à une rêverie lunaire.

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La vague Wave rencontre la Bossa Nova (Nouvelle Vague Brésilienne faite de Samba ralentie par João Gilberto sur des compositions d’Antonio Carlos Jobim dans les années 50s/60s et du Cool Jazz de Stan Getz) sur des percussions Brazil cliquetante. Mystères du « Ti-i-i-ime » chante la voix d’une prêtresse Soul électronique, finalement « Do-o-o-own » sur la Batucada à deux temps.

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La basse se fait Disco, la voix Ragga nous transporte dans une «Soul From Outer Space», disco de voix lactées aux syncopes electro-dub flottantes relevée d’une cuica dans la batucada.

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« Dancing » sur le rythme du tube « Dance » de Justice, avec des percus tintinnabulantes sur synthés in the House, la basse disco tournoie comme les anneaux de Saturne.

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Un message sidéral de satellite est réverbéré, transmis aux astres et par les hommes sur les percussions du monde, hésite et tremble dans les brumes de l’espace-temps à l’arrivée d’une grosse voix, d’un gros rire, le monstre de la Tech 80ies. Les sous-« cuica »-pes volantes sonnent les cloches de l’alarme sur la disco bass, réveillent le monstre.

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La batucada rebelle en procession de carnaval envoie des rayons lasers qui déclenchent des big bangs de cuivres en fanfare dans les étoiles, libère les esprits souffleurs du Jazz des Brass Bands des Mardi-Gras de New Orleans.

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« Bird Lives » écrit Ted Joans dans les étoiles, avec des traînées d’halo lumineux sur sa queue de comète suivant les arabesques de ses solos de saxophone alto, prolongeant l’instrument.

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Arme plus moderne, continuant son message avec l’électricité, une attaque de Miles Davis, une droite du boxeur noir « Jack Johnson » porte un uppercut de synthé groove.

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Dans ce cataclysme, l’Afrique a son Funk, les cuivres de l’Afro Beat de Fèla Kuti ont contaminé les synthés (il jouait aussi des claviers) et défoncent tout sur les imprécations de sa mère un peu prêtresse, victime de la répression de larmée Nigériane contre Kalakuta parce qu’il avait chanté « Zombie » en public, « Say Down Low ».

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Une attaque des Mickey Jack’Sons sur le synthé space groove.

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Passage dans le décan du Latin Hip Hop caraïbe. Les émigrants latinos fuyant la misère de l’Amérique Du Sud sont poursuivis par les sirènes de Bush Vador qui contre-attaque pour éviter toute invasion dans son empire. Mais ils sont trop déterminés par l'espoir d'une vie meilleure, trop nombreux.

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Après celles du Brésil et de l’Afrique, des Caraïbes finiront « In The Jugnle Groove » avec James Brown, ils se perdent dans la jungle urbaine, où la Salsa avec la Fania est née de ces amours du Jazz, du Funk, des musiciens exilés et des rythmes latins de Cuba, de la plena et de la bomba de Puerto-Rico, de la cumbia de Colombie, du merengue et de la bachata de St Domingue. Salsa : la sauce pimentée de notre Planet Soup riche par sa diversité.

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Et l’électronique peut utiliser toutes ces musiques présentes, passées pour alimenter la nouvelle musique future. L’essentiel pour moi est que ce soient les hommes qui gagnent contre l’amnésie des machines.

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Arrive le groupe Berlinois Jahcoozi, en fait très international, formé en 2002 de Sasha Perera, chanteuse Londonienne d’origine Sri Lankaise, du DJ et producteur allemand du label Hamton Recods Robot Koch et du bassiste de jazz électrique Israêlien Oren Gerlitz, alias Baba Massive, venu de Tel Aviv, à l’image de la capitale allemande très cosmopolite.

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On n’aperçoit tout d’abord qu’une forme encapuchonnée de métal brillant, et les yeux protégés de lunettes de soleil futuristes des rayons radioactifs, elle semble une Bédouine spatiale ou Humanoïde des villes de l’ère post- glaciaire, s’élevant dans une atmosphère de fin du monde, sous le sweat alu de laquelle on devine un short à la Lara Croft et des jambes immenses. Elle chante d’une voix de fée envoûtante, puis après un début cool presque valiumisé, les beats s’ébranlent en un dub et elle part en ragga. L’israëlien à locks est à la basse comme à la barre d’un navire, le DJ allemand acère les beats variés.

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Sasha Perera enlève sa doudoune sur le tempo de la seconde chanson, on aperçoit enfin ses yeux et ses cheveux bouclés. Reste un voile d’étoiles autour du cou, sur ses jambes de gazelle des savanes, d'araignée des villes. Elle danse de manière tribale sur ces musiques urbaines, chante une mélodie orientale, puis Dance-Hall sur les beats, se réfugie en chasseresse, à l’affût derrière l’ampli, en bondit devenue prédatrice à la souplesse de léopard, rechargée par son électricité, dans une ivresse Dionysiaque. Une pluie d’étoiles rouges et bleues sertissent son t-shirt, brillent et miroitent leurs diamants sous les projecteurs.

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Arrive « BLN », apparemment leur plus grand tube, la chanson la plus rapide, la plus violente, mais qui ne rend pas bien compte de la variété de leurs compositions martelant ce « BLN » sans qu’on sache de quoi il s’agit (je ne pense pas tout de même que la Brigade Libératrice des Nains de jardin ait des factions en Allemagne, quoique... non c'est BERLIN biensûr) En tous cas sur cette chanson énervée, Sasha Perera se fait amazone urbaine venue de l’espace. Pour sa liberté de mouvements scénique, elle utilise un micro sans fil, et en effet ne tient pas en place. Elle danse, entre dance-hall des baile funks et danse du bâton africaine, sur les amplis comme sur des rochers qu’elle escalade.

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La plupart des chansons semblent privilégier l’anglais mais on peut parfois reconnaître un peu d’allemand sur des percus légères à l’arrière. Parfois dans les moments les plus violents, elle a un côté chanteuse de Skunk Anansie, Deborah Dyer alias Skin, noire au crâne rasé mais sans la violence et la dureté qui empêchaient celle-ci d’être sensuelle, à mon sens, plus spirituelle dans sa puissance vocale, dans un énergie plus rêveuse, plus variée dans ses mouvements.

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Derrière la scène, Ben Mono semble apprécier.

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«Rainbow Coloured Rizzla » : Une voix synthétique par ordinateur au démarrage, suivie d’un solo de basse et cette fois d’une voix Soul délicieuse, à la Massive Attack dans les aigues, avec qui Jahcoozi a déjà partagé l’affiche.

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Soudain, Ô surprise, Sasha joue de la trompette, un bon solo avec des syncopes Caraïbes, dos au public comme Miles Davis au début par mépris ou « pour la réverbération du son », prétendit-il un jour, puis à la fin pour mettre ses musiciens en valeur. Elle joue un solo dans un style ska émouvant et maîtrisé, décalé sur le beat, improvisant un duo avec la voix d’homme de l’ordi.

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Dans la présentation de la chanson suivante, on dénote son accent Londonien, qui prend ici un aspect groovy, puis chante d’une voix changeante, passe d’une clameur butinante à une voix puissante qui devient ensuite enfantine, avec quelque chose du son de sa trompette. L’ordinateur rajoute des sons aigres, et la basse une énergie fusion Rock/Funk à la Red Hot Chili Pepper. Quant à Sasha Perera, elle se révèle une véritable Yamakasa Dance Hall, agenouillée sur le sol et fait au public un effet indiscutable. Clic Clac, un clap et elle prend une autre voix encore, en écho adulte, puis à la Betty Boop, puis crie pour réveiller le public sur la rythmique évoluant entre Dance Hall, Rap, Drum’N’Bass, Jungle et Broken Beat.

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La liberté imprévisible de ce caméléon scénique est aussi vocale que chorégraphique. Elle sait charmer, surprendre et parfois faire froid dans le dos aussi par son côté casse-cou qu’on devine prête à tout. Jahcoozi_presse.jpg

« ONE 2 3 4 » donne le tempo d’un morceau très violent au final plus soul. Elle saute dans le public, partage avec lui sa bouteille de vodka, sans cependant inciter à boire cette « not a very good drink », puis l’invite à bouger avec elle « Shake, Shake with you ». «She’s A Dancer » apprécie l’ordinateur central, pendant ses mouvements afro tribaux dance-hall sur un tempo ragga. [Final Soul plus apaisé sous les cris du public dans le micro qu’elle lui tend, décidément généreuse et partageuse dans une véritable communion avec celui-ci. Mobile, elle est comme une cascadeuse, une équilibriste de la scène qui prend des risques, portée par une sorte de transe par la musique, qu’elle rend d’ailleurs plus intéressante.|http://www.youtube.com/watch?v=ETwGBQe_kEk|fr] Jahcoozi_Live.jpg

Suit un Dub Anglais pêchu d’inspiration Pakistanaise à la Asian Dub Foundation, qui avaient même osé utiliser un sample du grand chanteur soufi Qawali aux transes héritées du khyal d’Inde du Nord pour prolonger ses transes vocales syllabiques à une demi-heure en concert : Nusrat Fateh Ali Khan. Le Beat est dur mais la voix l’adoucit, l’humanise. Jahcoozi_carreaux.jpg

« I Don’t Give Up » (j’abandonne pas) sur un tempo Afro-Beat où le DJ allemand Robot Koch montre qu’il n’est pas qu’une machine en rappant des paroles sur la TV sur « Game Boy » contre cette génération de gamins lobotomisés par les jeux et la télévision et Michaël Jacson. Elle danse derrière lui, africaine et libre, chante avec lui, mais elle a infiniment plus de présence, de sensualité, lui reste un robot froid, mécanique, ce « Funky Booster » comme elle l’appelle.

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Et d’haranguer le public d’un « Come Together » ;

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Parfois elle semble étonnée d’elle-même, des lueurs de tempêtes passent dans ses yeux d’or, des yeux de serpents hypnotiques si on s’y attardait. Des cuivres samplés retentissent, doublés par la basse. « So Sweet » chantent ses acolytes en chœur, tandis qu’elle danse avec une serviette sur la tête comme un voile, y cachant son visage en chantant «You gotta feel love », puis fait tournoyer la serviette au-dessus de sa tête. La scène, les objets, les amplis tout devient à son contact son terrain de jeu, est intégré dans l’improvisation corporelle de son spectacle total et ouvert, pour le plus grand plaisir de leur « Special Guest : YOU !!! », le public, qui crie dans le micro tendu. Elle arrive à créer aujourd’hui cette communion collective dont le manque a amené Jim Morrison à la mort.

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Suit un gros thème métal saturé, le doigt revendicateur pointé vers le ciel où Robot Koch fait passer des orages électroniques, intergalactiques, tandis que la basse joue des riffs slappés rageurs à la « KIlling In The Name Of » de Rage Against The Machine (repris en instrumental Jazz Funky par The Apples). Debout à l’angle de la scène sur l’ampli retour, elle croise et décroise ses jambes, saute de la scène, secoue ses bouclettes avec une grâce naturelle qui n’empêche pas sa folie de se déchaîner par moments, entre maturité Soul et petite fille.

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Le morceau suivant est presque Brazil, les vocaux Acid Rap, et la basse groove, suit un autre latin avec un sample de flûtes Andines, avec lesquelles elle fait tournoyer le micro sur un mix de percussions au tempo Dance Hall, et finit en off beat (contretemps du Reggae).

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Le public saute partout comme à une séance de jogging en imitant Sasha qui danse dans le public précédée d’un éclair blanc de chaleur Africaine, puis finit allongée sur la scène. Jahcoozi_lignt.jpg

En bis, leur chanson la plus pop, où la voix de Sasha se fait brumeuse dans une ambiance à la Portishead, ballade martienne cool aux sons ambients magnifiques sur de petits beats légers, en allemand. Elle chante « fish fish fish » et termine en vocaux indianisants sur la fin plus violente.

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Ben Mono, DJ de Munich, terminait la soirée. Son originalité, qui lui a valu d’entrer sur le label «Compost Records», est d’avoir créé son propre style, le «Bit-Hop » : moins de beats que dans la techno minimale à la quelle on nous avait habitués Outre-Rhin, mais plus d’intensité dans le son, fusionnant hip-hop, house et electro.

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Des débits pygmées courent sur ses beats, puis du hip-hop sur une basse disco, du Ragga mélangé au Ska Anglais, du Hi-Hop doux comme du Dub.

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La plus grande surprise de cette soirée était la chanteuse de Jahcoozi, Sasha Perera.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi 16 juin 2008

FUTURE SOUND OF PARIS : Third Shot et ONRA au Café des Anges

Le mercredi 11 juin dernier, le festival Electrogroove Contretemps proposait de découvrir deux représentants du « Future Sound Of Paris » : le groupe electro Jazz « Third Shot» et le DJ ONRA, au Café Des Anges, ancien Club de Jazz où se produisit m’a-t-on dit Chet Baker, où je vis mes premières Jam-Sessions à « Jammez le mardi» et Ange le jour des Anges, puis haut-lieu de la Salsa autour du piano devenu vestiaire (il y pire comme mort pour un piano) en haut et du Funk Strasbourgeois au caveau où se donnèrent des soirées «acid-jazz», mon paradis musical des années 90s, hélas vendu il y a quelques à des commerciaux qui triplèrent le bar ne laissant à la danse qu’un couloir et n’amenèrent de positif que Miss Audrey, reine du mojito, la serveuse puis jetèrent l’éponge, et repris récemment avec plus de bonheur, mais l’accoustique et l’architecture du lieu pour la visibilité des artistes ont soufferts de tous ses travaux, quoique redevenu esthétiquement somptueux avec ces colonnes et le plancher en damier qui fit tant danser les salseras les plus talentueuses de la ville. Au moins on-t-ils exhumé les vestiges de deux anges de Botticelli devant le bar (toute la décoration en était couverte à la grande époque), et Grégory Ott a repris les Jam-Sessions, dorénavant un lundi sur deux. Mais rien ne sera plus jamais pareil avant la réouverture du caveau et même... ça fait quand même sentimentalement toujours plaisir d’y revenir.

Mais en guise de DJ apéritif, on pouvait entendre tout d’abord le DJ P-Jay dans une intéressante sélection colorée Funk, Soul, Disco passant également par le Jazz Rock Brazil de Return To Forever ou Sergio Mendès.

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Le groupe «Third Shot» tire son nom de sa formation, le premier élément étant la voix Soul et Jazz de la chanteuse Lisa Spada, élevée aux disques d’Aretha Franklin, Ray Charles, Sam Cooke ou Mavis Staples, le second le contrebassiste Gaël Maffre, forgé par l’écoute du Jazz de Count Basie, Ella Fitzgerald ou Stan Getz, ouvert aux effets électroniques et compositeur des thèmes pour créer une troisième dimension electro-jazz autour d’elle depuis 2003, avec le pianiste Christophe Mondot, le trompettiste Vincent Echard et les choristes Nelly Stanislas et Camille Richard, tous absents de cette formation réduite au trio acoustique avec le guitariste Laurent Avenard, originaire de Strasbourg mais depuis Parisien . Ils viennent de sortir un album, « The Way You Smile When You Leave ».

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Dans “Rapture”, la finesse du son de la contrebasse évoque la kora doublé des résonances d’un piano à pouces entourant à merveille la voix soul dramatique de Lisa Spada, un peu à la manière des délicieuses chanteuses acidulées de Massive Attack, cheveux plus courts que sur les photos et ses textes poétiques répétés en écho par un sampler.

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La seconde chanson est «Fairy Tale», choisie pour la compilation de Contretemps, mais dans une version plus samba avec guitare. La chanson est un conte de fées moderne à l’heure de la Télévision, des ordinateurs et du virtuel, où on peut imaginer le prince charmant arriver sous la forme d’un e-mail pour délivrer du dragon la princesse enfermée dans sa tour. L’intermède électro est remplacé par une improvisation de la voix de Lisa Spada sur la contrebasse de Gaël Maffre.

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Suit une chanson Soul gaie « Searching» avec un scat de Lisa Spada en « doodapdey » prolongé de vocalises en «oooh» poussées jusqu’au cri, puis suivies d’une danse sur les arpèges de la guitare et du retour du scat. De sa voix émane joie et soul sur ce groove soul acoustique, naturel, roots, ce qui n’empêche pas la guitare d’envoyer une note en sagaie de ses cordes vers le scat.

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Lisa Spada s’inquiète tout de même du fait que le son n’est « pas assez fort » ou le public trop bruyant. On monte le son sur la basse: « Step back», chante-t-elle avec soul sur la guitare Bossa et la basse groove descendante. Dans les aigus, Lisa Spada a parfois des accents de folie à la Björk, mais avec une assise soul Jazz. « Hé Hé Hé », un écho s’élève, et enfin le public tape des mains, participe.

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« On ne s’attendait pas à avoir autant de monde », a l’air de s’excuser Lisa Spada, avant d’entamer une reprise de « Good Bye Pork-pie Hat » de Charles Mingus, écrite à la mort de Lester Young en pensant à son chapeau de dame patronnesse anglais dont il avait coupé les rubans. Elle chante les paroles écrites par Joni Mitchell sur ce thème instrumental, pour son album « Mingus » en 1979. Lisa Spada rajoute sa soul à ce thème jazz sur la la basse obstibée à la mingus et la guitare hispanisante à la Paco De Lucia ou Al Di Meola, sans aucun effet électronique. Mais cette Lisa Spada est une vraie Soul Sister, capable de chanter du cool jazz au funk d’aretha Franklin et de le pousser jusqu’au cri, puis de revenir au calme ou de partir en scat « doumdoumdoum ».

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N’empêche que les bruits du public posent le problème du Jazz en club, qui pour moi a toujours fait partir du « fantasme», des ambiances enfumées mythiques, mais parfois ne permet pas d’entendre les artistes, quand la musique trop calme n’est pas de nature à arrêter les conversations, les verres entrechoqués et autre bruits extérieurs du public. Les plus ombrageux comme Chet Baker ou Thélonious Monk y ont remédié par l’inverse, jouant si doucement que le dernier consommateur soit dérangé par le manque de cet agréable bruit de fond. Alors le Jazz est-il condamné à n’être plus qu’une musique qu’on «écoute», dédiée aux assis et aux salles de concert où l’on entend pas une mouche voler comme la musique classique, ce qui le coupe des jeunes, de la danse, de l’énergie, du public jeune qui a envie d’autre chose et des combats de son temps, ne se défendant plus mais se calfeutrant dans sa cage dorée et ses velours pour un public choisi, trié, bien sous tout rapport? Ne serait-ce pas sa mort? Après s’être tant battu pour devenir respectable, écouté, justement, il l’est trop, sans passion ni polémique, cantonné au Jazz cool qui ne «dérange pas l’oreille» et les conversations en club, bruit de fond sentimental et romantique de la chanteuse-canari dans sa cage certes propice à la séduction nocturne mais dont ce n’est pas l’objet ni la mission.

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Alain Gerber a écrit dans une de ses « Chroniques de Jazz » pour supplier que le Jazz, quitte à mourir, meure du moins assassiné dans une rue sombre, où il est né et a longtemps vécu, lutté pour sa survie et pas de vieillesse dans l’ennui d’un lit confortable.

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N’empêche que la délicieuse Lisa Spada doit bien se faire entendre et que le charme indéniable de sa voix parfois fluette entre les chansons ne suffit pas pour stopper toute conversation extérieure. D’où peut-être l’aspect « entertainment » (amuseurs, divertissement) clownesque que concédèrent certains interprètes passés dont Louis Armstrong et son rire tonitruant, Dizzy Gillespie et ses pitreties qui ne sont pas ce que le Jazz a fait de plusdistingué mais firent plus en terme de publicité, d'image et de capital sympathie auprès du public qu’une ballade, ou permettait du moins qu’on écoute celle qui suit avec un sourire de bienveillance amusée et indulgente, voire même ému. Aujourd’hui, on peut espérer que le Jazz acoustique faible en décibels n’aura pas à céder au bruitisme électrifié, même en club, pour se faire entendre et trouver un public attentif, mais la question se pose de trouver de nouvelles conditions d’écoute, de nouveaux lieux pour lui, un nouveau public, et le vide culturel actuel ne semble pas s’en soucier. Des flics sonores iraient bien sûr contre tous les principes de liberté défendus par le Jazz. Il semble qu’à Paris ou ailleurs, le public vienne plus pour la musique et donc stoppe pour elles ses conversations, si l’on en croit les captations live en club à l’OPA du My Space du groupe, ce qui ne fut pas le cas ce soir-là Aux Anges. Le plus drôle ou presque rassurant est que les plus enthousiastes en applaudissements et cris bruyants entre deux chansons, qui eux font partie du plaisir du Jazz que n’a pas la musique classique ou tout à la fin du concert, étaient les mêmes qui continuaient leurs conversations. Peut-être écoutaient-ils d’une oreille distraite, ou appréciaient en parlant, ou assez sincèrement pour vouloir remercier de la sorte.

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Après quelques dernières vocalises en « ooooh », la chanson se termine par une clave électro. « On change complètement notre liste », explique Lisa Spada, dont la fragilité touchante, timide et délicieuse ne suffit peut-être pas non plus à forcer le public au silence que son chant mériterait. Suit un début de guitare cool sur des percussions à peine électroniques. «SE2». Les chansons, quoique douces, semblent estivales, avec des textes poétiques qu’on aimerait entendre dans un environnement sonore plus approprié, mais le Jazz est coincé entre un respect d’élite silencieuse et une passion délirante et bruyante, entre ballades et thèmes plus dansants, rythmiques, les deux aspects du Jazz, entre émotion sentimentale (standards, cool jazz, ballades) et ferveur (swing, be-bop, hard-bop, free-jazz), qui bien entendu se complètent lors d’une prestation, se succédant d’un thème à l’autre, ou dans le même.

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Lisa Spada remercie le public «d’avoir été si attentif » (faut le dire vite, elle est vraiment trop adorable) « et nombreux » (au moins ça a marché au niveau des entrées, et le bruit était aussi proportionnel au public). Dans cette dernière chanson «Sweet Miracle», on croit entendre des gongs discrets et autres gamelans électroniques annonçant le mix d’ONRA, de retour de son pays d’origine, le Viêt-Nam.

En seconde partie, ONRA, beatmaker Parisien de 26 ans ayant déjà sorti trois disques en un peu plus d’un an : «Tribute », en compagnie de Quetzal, album de smoking Hip Hop instrumental rêveur et Jazzy en hommage à la Soul, aussi coloré d’influences diverses et délicieuses que les plumes de l’oiseau mexicain du même nom (moitié ailée du serpent à plumes, Quetzalcoatl, fondateur de l’aztèque Tenoctitlan, actuelle Mexico), puis « The Big Payback, » plutôt Nu Soul/electro avant-gardiste, en collaboration par internet avec le pianiste américain Byron The Aquarius, et enfin, fin 2007, son premier album sous son nom, «Chinoiseries », dans un style « Asianploitation » utilisant des samples de disques ramenés de son premier séjour au Viêt-Nam, pays de ses origines.

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Il commence d’ailleurs son set par son côté Hip Hop Soul aux tempos latinos, comme "Gotta Have It", extrait de son album « Tribute » avec Quetzal au rythme original avec un piano décalé latin, des voix soul, un MC un peu Jamaïcain et des scratches, éléments disparates allant magnifiquement ensemble, fait à la fois rêver l’esprit, voyager la tête dans les étoiles, ravir l'âme de ses voix et danser les pieds : les buts pour moi de la musique, ou de celle qui m’intéresse. Je crois ensuite entendre après quelques ralentis une originale rythmique de bouteilles entrechoquées. Puis on entend «Second Chances» une superbe «Sound Sculpture» de Théo Parrish, plus electro avec la chanteuse Soul Monica Blaire dont la voix au phrasé sublime coule en écho comme du miel d'émotion dans nos oreilles. Suit un titre Hip Hop plus dur mais dansant sur un flûte roots 60ies Blaxploitation «Fuck The Police» de J Dilla alias Jay Dee et cris collectifs aussi festifs que révoltés, puis « Rock The Party » de Mc Lyte avec Missy Elliott sur un beat lent et funky.

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Nous passons dans le sas électronique de nappes électro suivant Flying Lotus dans une «Massage Situation», puis entrons au Viêt-Nam pour quelques «Chinoiseries» avec «The Anthem» : des percussions, des cordes, des cuivres et une chanteuse asiatiques balancés sur un rythme Hip Hop à deux temps, traitement très original. Un cordophone Viêt-Namien [(il existe au Viêt-Nam des plusieurs luths en forme de lune ou apparenté au «pipa » chinois et deux types de cithares au Viet-Nam : la cithare Dan Bau à 1 corde et la cithare Dan Trahn qui en compte 16) égrène ses cordes sur les lames d’un vibraphone, ou gamelan à lattes de bambou, puis la voix d’une cantatrice Viêt-Namienne, peut-être d’opéra entrecoupée de beats electro lourds qui la modernisent sur un tempo lent qui lui donne un côté soul.|http://www.youtube.com/watch?v=EGxy1IXTG68&feature=related|fr] Puis arrive une rythmique joyeuse et entraînante 60s style plage twist à la Beach Boys asiatiques, un peu dans le style du titre d’ONRA « My Girl By Siah» sur des nappes de synthé légères avec des fonds de voix Viêt-Namiennes noyées dans le fond. ONRA_Chinoiseries.jpg

Une basse mouvante disco fait du charme à une voix soul « Dreaming » ou « Darling » qui reste libre de sa soul sur le beat. Un beat élastique passe d’un pied sur l’autre sur deux temps avec des voix soul en écho’lectro du clavier. Puis un piano flotte dans les graines électroniques de voix sur une basse groove montante, sous les nappes lunaires d’un dub space.

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On retrouve la rythmique syncopée R’N’B Hip Hop mais aux clochettes asiatiques et aux résonances vocales africaines magnifiquement lointaines avec « The Healer » d’Erikah Baduh, qui semble lui aussi Viêt-Namien par une heureuse contamination. La réussite est de l’avoir fait entendre différemment à ceux qui connaissaient ce titre, dont je ne fais partie. Dans l'Espagne Arabo-Andalouse, à l'époque de Zyriab, le summum de l'art musical était de comprendre l'état d'esprit ou l'émotion du prince et de parvenir à lui en faire changer, et était récompensé par assez d'or pour vivre une vie de musique sans soucis matériels. Cette contamination du RNB par la musique Viêt-Namienne et vice versa peut rappeler, aujourd'hui, ce talent.

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Surprise, un autre rythme à quatre temps où je crois reconnaître le kayanm réunionais (percussion rectangulaire et plate faite d’un cadre en bois, de tiges de canne à sucre et de graines de safran) sous des vocaux electro-soul. Les ordinateurs chantent sur le beat.

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Et si le plus grand talent d’un DJ aujourd’hui était de nous faire découvrir des ailleurs musicaux inexplorés, de les mélanger dans ses samples avec ce que nous connaissons pour nous le faire entendre différemment, de les rendre dansants par ses beats dans ses mixs, au point de ne plus savoir si nous écoutons du Hip Hop Viêt-Namiennisé ou de la musique Viêt-Namienne Hip-Hopisée, de remettre des percussions tribales dans les musiques urbaines et de faire chanter les machines? Dans ce cas, ONRA est porteur d’espoirs pour la musique électronique et au-delà, parce qu’il arrive à y mettre des cultures méconnues et à la rendre de la sorte universelle et humaine.

La soirée se termina avec Steven J, des Steppah Huntah, qui nous fit découvrir un single «Samba» de la chanteuse Jazz Soul Brazil Marya Valetta, qu’il accompagne. Ce Future Sound Of Paris est aussi une lucarne ouverte sur le monde.

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 6 juin 2008

Avant Contretemps: RENCONTRES AVEC MOONSTARR (Ecrit pour "Drum-Bass.Net")

Moonstarr est un DJ Canadien. D'ailleurs sur le disque que j'avais trouvé à la Bibliothèque, on le voyait en hockeyeur sur glace avec la feuille d'érable, et le contraste entre cette première image qui m'est restée et son aspect urbain moins rembourré me fait toujours sourire intérieurement.

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On a déjà pu l'entendre à Strasbourg avec la chanteuse Hip Hop Soul Voice de La Nouvelle Orléans aux superbes harmonies vocales Soul sur tempo lent. Ils avaient été invités par DJ KM3 et TOON à l'Hippocampe (), une soirée "bas résilles" dont seules quelques amies anglo-saxonnes de KM3 avaientt respecté le "dress code", et l'éclairage de néons ultraviolets m'avait fait croire que toutes les blondes avaient de magnifiques chevelures d'un bleu curaçao lunaire allumées d'étoiles et de paillettes (comme Moon Starr, quoi!) et des dents jaunes fluos!

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Voice quant à elle avait été forcée par l'exiguité de la Péniche de ses produire sur l'escalier menant aux toilettes, avec les kakous qui y allaient et essayaient de lui prendre son micro des mains pour faire leur "Yo représente...moi".

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Cependant, une fois remonté sur le pont et les filles redevenues blondes sous un éclairage plus neutre, elle en rit de bon coeur d'un rire d'enfant à gorge déployée quand je la plaignis, et m'assura avoir connu bien pire dans sa courte carrière! J'ai ensuite parlé avec Moonstarr, lui livrant ma déception du fait que les musiques électroniques s'ouvrent si peu aux musiques du monde, au lieu de tenter l'improbable mix des vocaux esquimaux glaciaires hinuits et de la Salsa la plus brûlante. Il m'assura que certains essayaient, mais étaient trop méconnus. Sa page My space montre quelques-unes de ses propres tentatives en la matière: -"Broken Bossa Instru" alliant la guitare bègue Bossa à des vocaux à la "Crickets sing Ana Maria" de Marcos Valle ou Brazil 66 de Sergio Mendès au piano, Beats Broken et claviers. -"Clappy" rassembre des vocaux hip hop, un piano agilement samplé et des chants pygmées à la "Watermelon Man" d'Herbie Hancock période Headhunters coupe Jackson 5. De la la jungle d'Afrique à la jungle urbaine,en quelque sorte. -"Gureilla Hustlin'" est un titre avec Voice où, après un début "Broken' Hip Hop", la voix s'étire féline sur des percus batucada Brazil colorées d'un synthé puis d'une flûte criée à la Hermeto Paschoal.

En arrivant hier soir au Baobab entendre Soul Rabbi, DJ Funk allemand, ateliers d'artistes à architecture escamotable où je m'étais rendu déjà en décembre au prix d'une marche de deux heures, payée à l'arrivée d'intéressantes rencontres pour une soirée Techno Boum Boum, et même Miss Peggy, ange électronique d'une humanité rare. Cette fois, le lieu était réduit à une pièce et le sol orné de moquettes 70ies qui donnaient l'impression pendant les instrus Groovantes d'orgues et de cuivres Blue Note d'être en plein Swingin' London par leur Velvet Underground. Je ne m'attendais pas y retrouver Moonstarr, de passage entre deux dates dans la région la lune étant rousse et décoissante d'un clin d'oeil fauve, encore moins à ce qu'il se souvienne de moi. Nous avons discuté au-dehors, le son étant trop fort à l'intérieur, à prpos des rapports entre Jazz, Funk et musiques électroniques. Il me parla de la scène de Detroit et d'Underground Resistance, et de Mike Banks à propos desquels j'avais lu dans "Electrochoc" de Laurent Garnier au chapitre "Detroit" des pages assez émouvantes pour me rendre leurs noms mythiques sans jamais les avoir entendus: Garnier parlait avec émotion du musée "Motown" où furent enregistrés les chefs d'oeuvres de Marvin Gaye, Stevie Wonder ou des Jackson 5, avant de se perdre à Los Angeles, des cordons de police empêchant les noirs des cités d'en sortir, d'une fête à l'arrache dans une école primaire où il mixa pour des mamas noires jusqu'à la descente policière, et des quartiers chics auxquels un DJ anglais fit découvrir la musique de leur propre ghetto, et de "Night Of The Jaguar" de Jeff Mills inspiré de rythmiques aztèques dont le pillage par une firme commerciale provoqua l'inondation de ses boîtes mails par des fans ulcérés. Je n'ai pas entendu leset de Moonstarr s'il en a fait un, préférant me faire ramener rentrer en voiture plutôt qu'à pied.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 16 avril 2008

STEPPAH HUNTAH INVITE MARYA VALETTA A LA GROTTE POUR LA SORTIE DE SON ALBUM

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Marya Valetta est une chanteuse Jazz/Soul Slovaque originaire de Bratislava qui vit à Strasbourg. Sur son lien « My Space » , on peut entendre sa voix sur des ambiances Groove/Jazz-Rock avec une touche de rythmes Brésiliens qui fait penser à «Return To Forever», groupe de Chick Coréa (claviers), Airto Moreira (percussions) et Flora Purim (chant) en 1972.

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Marya_Tokyo_House_LOvers.jpgMarya_Nutropic_2.jpg Depuis son arrivée à Strasbourg, elle a collaboré, dans un contexte « nu-jazz », au second album du groupe « Nu Tropic » et à la compilation «Tokyo House Lovers ». Sa rencontre avec le groupe Steppah Huntah (dans sa forme électro : la russe Olass T, qui fait des mouvements de Qi Gong traditionnels puis danse avant le concert aux claviers, le bassiste Steven J ici aux breaks laptop d’un Mac et effets, et Fabrice Lauer au saxophone soprano, flûte et effets sampler), dont les compos dépassent déjà Strasbourg en étant jouées par Gilles Peterson, lui a permis de se concentrer sur un projet d’album présenté en exclusivité pour la première fois sur scène à La Grotte le 11 avril dernier.

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Comme le « My Space », le concert commence par la superbe ballade « Jessica », succès Jazz/Soul Funky de Roy Porter de 1974 sur lequel je dansais au Café Des Anges sans savoir qu’il était déjà le batteur que j’écoutais dans la séance d’ « Ornithology » et ce bouleversant "Lover Man" de Charlie Parker à Los Angeles en 1947, avant que le DJ résident El Gilson ne me le fasse remarquer… Ici, beats, fender rhodes et flûte entourent la voix de Marya d’un son complet illuminé de violons, avant le solo de fender rhodes réverbéré d’échos puis celui de la flûte avec effets et un second chorus scat/groove de la chanteuse dans la forêt groove urbaine où crient de loin de leur canopée les oiseaux du Brésil.

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La seconde reprise est plus surprenante encore, car absente du My Space, «Speak Low » de Kurt Weill, la seule chanson latino enregistrée par Billie Holiday avec quelques percussions, reprise ici en New Brazil très rapide, carrément groove et festif, dépassant complètement le tragique de l’original (qui était dans le style final de Billie mais que la chanson ne justifiait pas forcément). Marya chante avec la classe d’une Shirley Bassey dans le générique de «Goldfinger» (James Bond avec Sean Connery), les beats brasil accompagnent le solo de fender rhodes, avant un solo de saxophone soprano Jazz-Rock entre Michael Brecker et Wayne Shorter sur les rythmes samba des claviers, une basse groove et des percus Brazil. Le scat, après la strophe « grande chanteuse» Jazz/Soul confirmée, est presque enfantin d’aisance et de folie, et la distance entre ces deux tendances montre la palette de Marya entre le sérieux de l’émotion lyrique et la folie de l’enfance retrouvée du scat.

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Fabrice Lauer présente le groupe et le répertoire, composé de reprises et de compositions de Marya et Steppah. Suit une batucada folle dépassant l’humainement possible des percussions, introduisant un « Milestones » de Miles Davis repris en «vocalese» (improvisation de paroles sur la mélodie d’un instrumental Jazz inauguré par King Pleasure sur « Parker’s Mood », puis Eddie Jefferson et Dave Lambert, John Hendricks & Annie Ross, et les Double Six en France) sur un texte de Mark Murphy, autre spécialiste du genre, puis en scat, avant un solo d’Olass T au piano sans effet aucun, ce qui est rare. Leur version dépasse complètement la structure des versions fugue/chase de la trompette de Miles courant après le saxophone de John Coltrane à la période Hard-Bop du premier quintette du trompettiste dans les années 50s.

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Suit «Little Sun Flower », de Léon Thomas, chanteur scat et vocalese dans l’aïgu qui illumina "The Creator Has A Master PLan" sur le disque "Karma" du saxophoniste Pharoah Sanders et dédicaça ce « petit tournesol » aux enfants d’Afrique, du Soleil et de la Lune, si j’en crois l’introduction parlée, après les percussions en clave cubaines programmées, et saxophone en écho. Puis le chant se développe sur une rythmique soudain Brazil sous des tempêtes de percussions à graines, s’envolant sur la base de la clave et mêlant ces deux continents musicaux essentiels rarement réunis. Un solo de claviers très smooth égrène les pétales comme le soleil ses heures sur ses fleurs : graines poussées en Afrique que le vent de l’histoire et le destin malheureux des peuples souffla pour qu’elles germent dans les Caraïbes à Cuba et au Brésil. Suit un solo de flûte oriental/afro ethnique sur la clave, puis soudain crié dans les aïgus à la Hermèto Paschoal, sorcier fou Brésilien barbu. Un scat cool étire la mélodie sur la batucada pour les pères, les mères et jusqu’à la mer de la «Little Sun Flower», se faisant New Brazil par ses danses vocales rapides à la manière inaugurée par les groupes «Brazil 66 » et « Brazil 77» du claviériste Brésilien Sergio Mendes dans le rapport pop et jazz-rock entre les voix et les rythmes, qu'on retrouve également chez Marcos Valle en 1968 dans sa version à couper le souffle de "Crickets Sing Ana Maria". Le clavier groovy, de samba part soudain à son tour en salsa, le saxo se mêlant à la transe comme une autre voix citant dans son solo deux mesures d’ «A Tisket-A Tasket » (premier succès adolescent d’Ella Fitzgerald chez Chick Webb dans les années 40s). Dans ce contexte, Marya Valetta se révèle une vraie petite libellule annonçant le printemps, nous envoyant ses bonnes vibrations en brassées de fleurs pour conjurer la pluie du dehors, avec la participation du public qui frappe des mains au rythme de la clave Cubaine.

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Mais Marya Valetta est aussi compositrice de ses propres chansons comme « Without Your Love », aux percussions plus électro dans leurs beats, sur une basse disco et un clavier adoucissant/liant l’ensemble avant son solo très rapide qui soudain part en salsa sur les beats. Puis Marya part dans un scat, trouvant des violences nordiques dans les aigues à la Björk.

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Suit une compo de Steppah Huntah dont Marya a écrit les paroles, introduite au saxophone sur des beats aquatiques au feeling playa Brazil 77 léger mais complexe où se ballade la voix de Marya me rappelle l’interprète inconnue d’un titre d’une compilation « Jazztrospection 2» que m’avait faite le DJ Funk Brazil local Tal Stef chantant «I’ll see later on for sure» à la manière exotique d’Anita O’ Day sur «An occasionnal Man» sur le vibraphone de Cal Tjader.La chanson semble parler en effet de marcher sur la plage en bord de mer. Le saxophone imite une cuica pendant son solo sur un rythme samba groove, invitant le public à de grands signes de sémaphores marins avec leurs bras de gauche à droite pendant le solo de piano un peu à la Antonio Carlos Jobim par son minimalisme mais poussant quand même au fond de chaque touche à la Keith Jarrett (une des influences d’Olass T) avant le final du soprano.

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Les origines slovaques de Marya Valetta sont le prétexte de «Slovaquian Beans» (haricots slovaques), mais là encore cuisinés à la sauce rythmique syncopée clave/batucada groovant sur des beats un peu plus industriels. Marya s’y fait petite fée slovaque nous entraîne à cheval sur les étincelles de son scat dans les forêts et les montagnes de Slovaquie, aux trousses d’un solo de saxophone soprano balkanique à la Julien Lourau dans le quartet de Bojan Z, puis tournoyant comme Alex, fourmi aux yeux verts dansant en ouragan des soirées funk « Cosession» et «Faces».

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Suit une autre composition de Mark Murphy, «Why And How», qu’on retrouvera sur le My Space, au début plus lourd et syncopé, avec des cuivres aux riffs funky en fond dont émergent un fender rhodes cristallin et la voix, puis un solo de saxophone cette fois plutôt Jazz classique soutenu par le clavier et des beats samba, auquel se mêle le scat.

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Marya a écrit les paroles de la composition suivante de Steppah Huntah, plus électro-Jazz, très soul et rythmée brazil, où sa voix vole joliment sur une mélodie à la Jamiroquai.

Pour le Bis, «On vous a quand même préparé quelque chose» dit Olass T : « Julia», un dernier titre electro Jazz entremêlé avec une voix soul acidulée du genre de celles qui illuminent les premiers albums de « Massive Attack ».

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Après cette prometteuse première, souhaitons bonne chance à Marya pour son album et bonne continuation à Steppah Huntah, et pour nous le plaisir de les revoir bientôt sur nos scènes…

Jean Daniel BURKHARDT

dimanche 2 mars 2008

1000 Names, Duo Electro-Hip Hop Bulgare à La Grotte

1000 Names est un duo de DJ bulgares Electro-Hip Hop composé de «Casino Basters », batteur de funk et de jazz à la base et de «99 Mistakes».

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Le set commence par des cuivres Swing annoncés par une voix de DJ radio américain des années 50s, bientôt saucissonnés par des beats. Puis court intermède vocal Calypso "Rhum With Coca-Cola" (Harry Bellafonte?). Des bouts de Funk, de Soul, de voix Wave ou Pop, même les thèmes sont triturés, passés à la moulinette des Beats Electro. Les samples se chevauchent en s'échangeant leurs ambiance par delà les époques et la géographie, et y retrouvent une unité supérieure qui leur est propre. Une voix Bluesy-Soul flirte avec une guitare qui se fait sytnthé pour plonger dans les profondeurs abyssales d' un Beat sub-aquatique dont émergent jusqu'à la surface de petites bulles groovies, où nage une voix entourée de violons flottants interrompus par des fragments intermittents. Même les comptines de Walt Disney (en Chinois?) y passent, ralenties de Beats hypnotiques et de planants sériels répétitifs à la Philippe Glass.

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La douceur pop d'un riff de clarinette est tirée en longueur sur fond de beats, ce qui était court est rallongé, le long se fait bégaiement, sample répétitif, des voix Soul assurant le liant, la cohésion, l'âme de l'ensemble. Même les standards américains des crooners les plus ringards sont relevés, remis au goût du jour par des claviers électroniques qui les font chevroter comme dans un stromboscope d'un prisme vocal sur les beats, tandis que des violons discos redessinnent d'autres mélodies sur d'autres rythmes en courant contraire. Le Funk, le Rock, le Hip Hop, rien n'échappe à ce traitement. L'ami de Charlotte, renarde blonde aux yeux bleus très purs et doux amie d'un chien polaire comme le sont les ours blancs, "Pile Poule", qui se targue d'avoir une "oreille absolue", évoque "Massive Attack" (qui reste pour moi, au moins pour les deux premiers albums, la référence du miracle d'une trip-hop marriant harmonieusement des voix soul à fondre et des impros jazz cool sur des rythmiques dub rêveuses sans aspérités arrivant à recréer une unité à partir d'éléments disparates).

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Un Blues électro lent, sur deux temps, avec des flûtes au vent ou voix pygmées comme celles de la version de "Watermelon Man" d'Herbie Hancock avec ses Headhunters sur l'album du même nom. Je pense qu'elle était presque plus révolutionnaire pour l'époque que la version d'US3 de "Cantaloupe Island". Coolio me répond que c'est un "Gangsta Paradise" piqué à Stevie Wonder et le saxe surfant au-dessus me dit que c'est de bonne guerre. Comme quoi il y a encore des musiciens électroniques qui allient culture musicale et talent rythmique, assez pour rendre musicales une paire de platineset un sampler, pour nous faire redécouvrir l'histoire des musiques noires et autres remis au goût des beats modernes de notre monde contemporain, comme Birdy Nam Nam ou 1000 Names.

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 7 juillet 2007

LES PELOUSES ELECTRONIQUES: CONTRETEMPS SE MET AU VERT AU JARDIN DES DEUX RIVES

Le dimanche 17 juin, sous un temps nuageux, mais qui n'a fini par tourner à l'averse orageuse annoncée vers 16 h qu'après 20 heures, le Festival Contretemps se metttait au vert en investissant le Jardin Des Deux Rives de Strasbourg pour les "Pelouses électroniques" proposant gratuitement d'intéressants groupes et DJs locaux.

 

Tout d'abord Selekta Sens, DJ Reggae Dub que les amateurs de soirées Sound-Systems connaissent déjà, montra pour l'occasion par sa sélection de disques Jamaïcains que le reggae pouvait aussi "groover" sur fond de dub jungle, ce qui donna une autre vision de ces musiques qu'on connaît davantage plutôt pour leurs propriétés relaxantes ou propices à la rêverie.

On put ensuite découvrir deux DJ de Mulhouse, Shady Wide (Shad à l'origine, ainsi surnommé par ses amis pour les sons spatiaux qu'il qualifie de "Wide" dont il émaille ses mixes) et Vax'1, parfois croisés lors de soirées électroniques. Shady Wide commence en référence au "Swing" du Jazz des années 30s par une version remixée du célèbre "Rockin'In Rythm" de l'orchestre de Duke Ellington (air sur lequel le facétieux Duke avait pris l'habitude de présenter au public "leur pianiste", et profitant des éclats de rire pour rejoindre le piano déserté qui les avait provoqués, puisqu'il était pianiste et chef d'orchestre), mais lui appliquant un traitement moins ringard et plus intéressant que le "C'C'C'om'on ev'rybody" en boucle de "Twist Again" du remix pour boîtes de nuit d'"In The Mood" de Glenn Miller en prélude à un medley de vieux Rock'N'Rolls que son rythme Boogie Woogie et ses crescendos de cuivres empruntés à l'orchestre Count Basie, véritable créateur noir du "riff" appliqué aux unissons de la section de saxophones annonçaient, faisant oublier que le pauvre Glenn Miller n'arriva jamais à La Libération, son avion ayant disparu en mer, par un faux lapin " Jive Bunny", mais qui ne valait donc pas la vieille voix de DJ (au sens primitif d'animateur radio présentant des musiques enregistrées live dans les clubs) américain ou de film rétro appliquée ici par Shady Wide et plus raccord pour ma nostalgie de ces années, dont ce remix fut la seule trace tout au long du festival. Suivit un morceau Funk Soul intéressant par l'union des cordes de guitares rétro à la Shadows et d'un instrument à cordes africain. Dans le premier son "Wide" de Shaddy, dans les graves, une vache semble apprécier la musique en accompagnant d'un meuglement repris en boucle (faire groover une vache, faut le faire: c'est lourd une vache et normalement ça préfère voir passer les trains sans que rien ne puisse la tirer de l'inertie de sa torpeur ruminante!) un riff de James Brown qui se révèle un bon solo de saxophone ralenti de Macéo Parker ou autres "Funky People" (disques de James Brown et ses musiciens sans tubes et en petit comité où l'on peut davantage apprécier les solistes d'exception qu'ils étaient et James Brown à l'orgue Hammond dans d'excitants instrumentaux ou derrière des chansons interprétées par Lyn Collins. Le solo de Macéo Parker dans "You Can Have Watergate But Gimme Some Bucks And I'll Be Straight" : "Vous pouvez avoir le watergate, mais donnez-moi du fric et je me tiendrai à carreau", enregistré au lendemain du scandale du Watergate qui mit fin au mandat de Richard Nixon avait déjà été samplé anonymement par De La Soul pour "Ring Ring Ring" et les Stereo MCs pour leur apporter quelque chose dont leur musique manquait mais que tout le monde y adorait sans le reconnaître), avant un solo de Fender Rhodes. De là à la jungle urbaine chère à la Blaxploitation (films de série B mettant en scène des noirs comme le premier "Shaft", policier noir servi par une musique mythique d'Isaac Hayes, le "Black Moses", ou la future actrice du "Jackie Brown" de Quentin Tarantino) il n'y a qu'un pas, mais ici il nous mène aussi en Afrique ou dans les Caraïbes par l'adjonction de percussions, dont d'ailleurs le percussionniste Nilaja jouait déjà dans l'un des premiers groupes de hip hop avant l'âge, les poètes de rue des "Last Poets": Abiodun Oyewole, Omar Ben Hassan et Alafa Dudin, plus connu aujourd'hui sous le nom de Jalal Nurridin, tels que les découvrit à la Télévision locale puis dans leur quartier à ses risques et périls s'ils n'avaient pas été là le producteur de leur premier disque, le contrebassiste de free jazz Alan Silva, en ce temps ou les balbutiements du hip hop se faisaient dans des groupes live à la parole vivante et improvisée à partir de la réalité de ces quartiers.    

Vax'1 succède à Shaddy Wide aux platines avec une guitare à la John Mc Laughlin dans les disques Jazz Rock Funky Fusion de Miles Davis comme "Jack Johnson", improvisé avec Sonny Sharrock (guitariste électrique free et gros consommateur de médiators-bouts de plastique accèdant aux cordes pincés entre les doigts- car il les broyait, les brisait de ses attaques violentes contre les cordes, s'en enfonçant des poignées dans la bouche sur scène) pour la musique d'un film dédié à ce grand boxeur noir américain des années 20s ou "On The Corner" (disque plus indigeste annonçant la drum'n'bass mais dont l'idée était, entre deux solos de sitar de Collin Walcott, de faire groover la musique classique très contemporaine et sérielle de Karl-Heinz Stockhausen), mais ce doit être un instru Funk, je suis loin de connaître toute cette musique. Un voix funky exhorte sans succès le public allongé dans l'herbe à se mouvoir en dansant: "Get Up On Your Feet And Start To Môôôôôve", mais sur un Beat Rock 60ies à la "Louie Louie", probablement repris par le funk comme beaucoup de chansons de rockeurs blancs, quand l'original n'était pas noir et plus méconnu, repris par les blancs avec davantage de succès.

Shady Wide revient aux platines, enchaînant sur un bon Beat bien Groovy, avec des cuivres et une voix noire si authentique qu'on ne saurait dire si elle appartient à un héros du Funk ou de la Soul ou à un des innombrables Bluesmen itinérant qui les précédèrent dans des conditions difficiles de racisme et de ségrégation au début du siècle dernier, se faisant parfois casser leur guitare pour tout paiement par des fermiers blancs après avoir animé un bal pour leurs ouvriers agricoles, comme le raconte Big Bill Bronzy.

Vax'1 revient avec un vibraphone au rythme latin (le vibraphoniste blanc Cal Tjader s'intéressait beaucoup aux musiques afro-cubaines et engagea même le percussionniste cubain Mongo Santamaria aux congas, mais je suis sûr que le vibraphoniste noir Roy Ayers, souvent samplé et remixé anonymement, doit être également l'auteur de quelques perles "latin soul" du genre) fait danser une bonne section de cuivres datant de la période "jungle" (années 20/30s, où les trombones et cuivres à sourdine rappelaient les forêts d'une Afrique fantasmée à la jungle urbaine) de Duke Ellington comme dans "Black Beauty", à moins que ce ne soit les cuivres plus tardifs de Latin Jazz ou de la Salsa, harmonieusement marriés à des percussions batucada Brazil qu'ils n'ont pu historiquement ou géographiquement connaître ou rencontrer, d'où le miracle. Comme souvent, le plus intéressant dans les musiques électroniques et le mix, c'est cette possibilité de rencontres improbables ou impossibles pour des raisons temporelles, géographiques ou culturelles. Le tempo latin se fait "cosmic funk" (au sens du disque "Zodiacs" de Cannonball Adderley), où continuent de voleter des cuivres mambo, un vieux saxo et une trompette solistes, sous les acclamations de "Youououou" stellaires, où explose soudain le Big Bang de roulements de batterie ou de percus latines.

Shady Wide à nouveau aux platines avec un gimmick vocal "Feel Free!" introduisant un intro cosmic funk avant des cuivres swing et retour à la jungle urbaine avec des sirèèènes de police "wide" évoluant dans un Groove urbain aux claviers intéressants, samplés dans deux solos, accoustique puis électrique qui se succèdent en boucle comme une valse folle du passé avec le présent et vice versa. "We Are Bright Lights in Big Cities, Bright Lights in Big Cities We Are..." annonce une voix de preacher noir comme ceux qui galvanisaient les foules de Gospel et de Negro Spirituals dans les églises et celles qu'on entend présentant Art Blakey ou Cannonball Adderley dans des concerts au Birdland sur des disques Blue Note: la même énergie, la même émotion du sacré au profane, de l'église à la musique. Comme un rappel de l'histoire de ce terme, deux voix noires (un homme et une femme) bien cassées qui pourraient être aussi bien des vieux Bluesmen vieux comme le monde que des chanteurs Funk Soul finissent le set par des "Funky Funkyy" en duo: "Funky" signifiait, pour les racistes blancs du Sud, des Etats Unis, l'odeur supposée nauséabonde des noirs, mélange de sexe, de sueur et de musique blues ou jazz, et fut repris à leur compte par des musiciens de Hard Bop noir comme le pianiste Horace Silver (auteur d'un "Opus De Funk") et le batteur Art Blakey dans les années 50s pour un Jazz revenant au rythmes churchys du Gospel et du Negro Spirital dans les églises, avant de devenir le style musical "Funk" créé dans les années 60s par James Brown qui osait enfin dire "Say It Loud: I'm Black And I'm Proud!". Et là on mesure l'étendue du voyage couvrant toute cette histoire grâce à ces deux DJ.

Suivit un groupe de Hip Hop live et sans platines, "Last Minutes", également de Mulhouse, au leader noir charismatique MC Tah'Reek, aux textes sensibles évitant les écueils de la révolte gratuite pour des revendications légitimes ("J'veux finir ma vie au soleil"), avec une bonne chanteuse soul de charme, jazzy, scat ou classique parodique dans le morceau présentant tous les musiciens, un clavier 70ies dont le chanteur-rappeur qualifia le style de "Westcoast" (c'est vrai que j'avais déjà l'impression d'avoir entendu ces sons-là chez Stevie Wonder ou derrière Marvin Gaye, ou plus récemment en fond sonores de clips de Snoop Doggy Dog), sur une section rythmique bien réactive basse batterie (en particulier dans un duo avec le leader) à la "Smokin'Suckaz With Logic",un des rares groupes à avoir tenté le rap live sans aucune platine dans les années 90s, mais qui ont l'air bien oubliés aujourd'hui.

Puis Zero Klub, groupe electro jazz local à la Erik Truffaz qui m'était inconnu, mais réunissant des jazzmen locaux émériteset tout-terrain (Serge Haessler à la trompette à la Miles Davis et aux sons incroyables apparemment sans effets comme Truffaz dans les plages les plus rock et violentes de "The Walk Of The Giant Turtle" et Guilain Muller, membre fondateur du "Vibraphone Spécial Project", "VSP Orchestra" au vibraphone "ambient" et "space" montrant qu'un vibra peut aussi faire cet effet que des effets électroniques) avec deux DJs aux beats et interludes extraits de dialogues de films vraiment intéressants. Un MC américain de Woodstock (mais qui heureusement ne nous apporté ni la pluie ni la boue du célèbre festival lors du mythique "Summer Of Love") apporta la mélodicité savoureuse de son accent à celle de ses textes haranguant le public pouqu'il danse, mais seuls deux gamins étaient assez décomplexés pour le faire ou n'avaient pas encore cette peur adulte du ridicule qui précède mentalement les rhumatismes. Enfin, en interlude, le même joueur de Beat Box montra qu'il pouvait avec sa simple bouche amplifiée d'un micro étonner tout autant par ses effets sonores qu'un DJ comme s'il avait en lui des samples de voix et sons intérieurs innombrables.

 

Enfin, Shuya Okino de Tokyo Jazz Massive, DJ Japonais qui s'était produit la veille à "L'Open" d'Hautepierre dans le cadre du festival, en surprise, nous gratifia d'un set de rythmes Brésiliens et cubains mêlés sous des claviers 70ies où flottaient des voix soul. Une étudiante japonaise qui chantait de bossa nova m'avait dit un jour qu'au japon le jazz et la bossa sont beaucoup plus pratiqués dans les clubs qu'en France. Son set fut interrompu par l'orage d'une pluie battante dispersant les auditeurs et les organisateurs de cette belle après-midi qu'elle aurait pu interrompre bien plus tôt, à en croire la météo et les nuages.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 27 juin 2007

CONTRETEMPS: BEN G et BONOBO à La Laiterie

La grande soirée du Festival présentait les "Contretemps All Stars" à La Laiterie de 23 h à l'aube le samedi 9 juin: au programme, Ben G de Strasbourg, puis Bonobo (Londres), Château Flight (Techno Detroit, Paris) et Megablast (Sound system deVienne avec le MC Big John) dans la grande salle, Pascal Brockly en live (New Wave, Strasbourg), Erik Rug (un des pionniers de la House française), enfin Jeff Lieb et Miss Tricky (Strasbourg).

ben_g.jpg Le set de Ben G (originaire de Metz et membre de "right on FM") fut pour moi la première bonne surprise de la soirée: mêlant rythmiques cubaine (la clave) et brésilienne (batucada, samba) pour un fond sonore intéressant et faisant évoluer un mélange de Funk, Disco, Voix Soul ou enfantines, ou de sons plus inquiétants à base de synthés électroniques. Mais l'impression générale laissée par la fusion de ces éléments lointains ou hétéroclites qui n'auraient jamais pu se rencontrer ailleurs que dans les samples mixés d'un DJ est quand même pleine d'espoir: cette musique, née de l'alliance et des dosages subtils de ces éléments étrangers les uns aux autres, se rejoignant dans la symphonie cosmopolite d'une transe globale et mondiale où les choeurs d'enfants d'Afrique accompagneraient le funk des anciens esclaves afro- américains sur les rythmes de leurs cousins caraïbes, réconciliant enfin ce qui n'aurait jamais dû être séparé, mais chacun apportant les richesses trouvées au-delà des mers en offrande à cette oeuvre globale en une discothèque mondiale pas si loin finalement d'un esprit Peace & Love respectueux de ces traditions. En effet, on leur laissait leurs tambours à Cuba où au Brésil et on ne séparait pas les ethnies, contrairement aux Etats-Unis, d'où une certaine survie de ces traditions venues d'Afrique dans ces musiques par le Guaguanco à Cuba et le Candomblé au Brésil, chants sacrés des esclaves appris par tradition orale de génération en génération, s'éloigna peu à peu des langues africaines jusqu'à devenir incompréhensibles.

Bonobo, originaire de Londres, producteur du label Ninja Tune, fut l'autre bonne surprise de la soirée. Déjà ses disques (3 sortis à ce jour) ont des qualités mélodiques rares dans la musique électronique actuelle: il y joue de plusieurs instruments (guitare, basse et fender rhodes) avec des invités au saxophone ou à la flûte, enregistrés dans les conditions du direct puis retouchés par ordinateur. On y trouve aussi des chants pygmées ou des chanteuses aux voix à la fois soul et acidulées comme celles qu'on a pu entendre dans les premiers "Massive Attack" (dans le dernier disque Bajka Putlatsch). De plus, les compositions sont vraiment intéressantes et agréables à écouter, pas du tout agressives, avec des influences traditionnelles indiennes (d'Inde) ou asiatiques, des éléments Funk, Soul, Afro Beat ponctués de solos Jazzys qui vont bien ensemble et font de chaque titre un voyage relaxant vers des contrées imaginaires. A propos les "bonobos" sont des singes que l'on ne trouve plus qu'en Afrique et seraient les plus proches de l'homme génétiquement, à 99%. Les pieds dansent sur des rythmes, la tête plane dans les étoiles, l'esprit explore de nouvelles contrées en essayant de les deviner, aux origines parfois mélangées, traçant des lignes imaginaires entre des pays, des culures qui ne se sont jamais rencontrées à cause de leur éloignement géographique... Il y a des instrumentaux aussi, plus "ambient", planants, où l'on se croirait dans la jungle entre Bali et l'Amazonie dans un hamac. Bonobo_001 Evidemment, en Live, il n'utilise que ses platines, mais là encore se mêlent éléments naturels trafiqués de mouettes rieuses et technologie moderne dans les beats. Une voix soul trafiquée peut redevenir ethnique, ou inversement une chanteuse de Jazz comme Anita O' Day dans "Four Brothers" partir dans un ethno scat qui n'existe pas dans l'original. Les instruments se perdent dans un flot atmosphérique aux voix célestes. Sur un thème de Salsa connu, "I Like It Like That", la voix est décomposée, puis replacée par rapport au solo de piano à la fois rythmiquement obsédant et libre comme soliste, qu'il faut attendre très longtemps dans un morceau de salsa pour entendre, souvent noyé dans les cuivres, ici on en profite tout le long, isolé avec la voix.



Il y avait aussi les VJ Selectop et Cycle de "Studiometis Crew" (Paris) en fond visuel. Les VJ sont aux images animées ce que les DJ sont aux sons. J'ai reconnu avec plaisir les images de "Zabriskie Point", film hippie d'Antonioni réalisé après "Blow Up" plus Swinnging London. Puis des images peut-être locales de jardins et d'enfants, peut-être la fête organisée aux Jardin Des Deux Rives pour l'arrivée du TGV? Une jeune fille Place De La République?, des mots aussi, répétitifs, en lettres capitales, comme dans certains films de Jean Luc Godard, entre parodie culturelle et messages subliminaux... Mais la véritable interaction entre musique et images est encore à faire, hélas, ou peut-être à réliser par une seule et même personne, ou issu d'une véritable collaboration entre les artistes.

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Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 20 juin 2007

CONTRETEMPS: SWEETIEYEP & CLARA HILL LIVE POUR UNE BERLIN SOUL EXPLOSION

Le Jeudi 7 septembre, dans une soirée "Berlin Soul Explosion" le Festival Electrogroove Contretemps invitait la DJ "Sweetieyep", "note féminine de la Radio Right On FM à Metz et sur www.righton.fm.com", pour une sélection Soul Funk Hip Hop en introduction à la chanteuse nu soul allemande Clara Hill. Cet étrange surnom viendrait, d'après l'intéressée, du fait qu'elle est plutôt gentille et douce (sweetie) mais qu'il ne faut pas l'embêter, et qu'au téléphone, elle préfère répondre "yep!" plutôt qu'"allô". sweetieyep.jpg Suivit la chanteuse nu soul allemande de Berlin Clara Hill et son groupe, qui a sorti en 2006 son second album "All I Can Provide", issu de collaborations musicales avec des producteurs comme King Britt, Vikter Duplaix ou Jazzanova dans des émotions variées allant de ballades Jazzy plus ou moins trafiquées électroniquement (j'ai un faible pour pour "Wake Up", avec Slope avec le seul soutien d'une guitare, où sa voix est le mieux mise en dans avec toute sa profondeur) et chansons engagées aux ambiances plus sombres, voire violentes servies par des beats futuristes ("comme "Hard To Say", avec le même Slope) organisées sous une forme évoquant une sorte de journal intime sentimental de ses émotions entre joie d'être amoureuse, déception sentimentale, dépendance affective de l'autre à sens unique, souffrance de la solitude en cas d'absence ou soudain regain d'espoir: une belle palettes d'émotions féminines. Clara_Album.jpg Mais ici, c'était avec un groupe live qu'elle se produisit, accompagnée par un fender rhodes atmosphérique, une basse funky et une batterie entre finesse et violence. Passée la première sensation de froideur germanique, on a pu apprécier ses efforts pour dinamiser un public respectueux mais un peu tiède au début du concerts en dansant de son long corps longiligne sur la scène et par les diverses émotions de son chant selon ses chansons, ou se tapissant dans l'ombre recroquevillée sur elle-même. On ne peut nier le charme certain de sa présence scènique et d'un certain mystère au charme hypnotique entre pudeur rentrée et soudaine extériorisation de ses sentiments. clara_danse.jpg Musicalement, le plus surprenant pour moi était peut-être pour moi un instrument posé sur le fender rhodes, que j'étais peut-être le seul à ne pas connaître, étant peu au fait des dernières innovation techniques en terme d'innovations électro-accoustiques: cela ressemblait d'en haut un peu à une cymbale ronde ou soucoupe volante dans une sorte de boîte, et Miss Clara Hill ou son clavièriste en tiraient des sons de chocs spatiaux dignes de la "Guerre des Etoiles" et de ses combats entre vaisseaux à coups de rayons lasers, ou plus percussifs au niveau du bouton central. On pouvait en tirer des sonorités variées selon le point de contact et leur durée. J'eus l'impression que même le simple rapprochement d'une main de cet instrument le faisait réagir par des sons évoquant des ondes atmosphériques comme le ferait un thérémin, instrument russe à base d'ondes selon le rapprochement/éloignement des mains ou de tout objet environnant. Cet instrument ayant piqué ma curiosité, je suis ouvert à toute proposition pour en apprendre plus sur lui ou sur son nom sous forme de commentaire... clara_micro.jpg Jean Daniel BURKHARDT

SOUND (vocal) CLASH! BROKEN (scat) BEAT (conga) BOOGIE

Le "Broken Beat" est, dans les musiques électroniques, à la fois celle faisant le plus de place à des insertions funk ou Soul, réactualisées par des beats et syncopes futuristes, mais peut aussi intégrer des muisiciens(nes) en live, comme le prouva cette soirée du Samedi 2 juin à la Grotte, récemment redécorée (en fait "retournée en quinconce", l'espace "café" avec tables et chaises, prenant la place de l'espace scène côté bar et rue où l'on peut assister aux concerts debout, l'espace scène, séparé par un rideau, prenant sa place mais en quinconce, puisque les coulisses et la scène donnent dorénavant côté toilettes et non plus côté mur).

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Tout d'abord, avant la soirée, on aura pu entr'apercevoir entre les plis du rideau, un set de congas. Puis Steven J, à la fois bassiste de Jazz dans le groupe de Jazz Manouche d'Engé Helmstetter et DJ membre du duo "Steppah Huntah", déjà programmé par Gilles Peterson dans une de ses soirées, et dont on a pu découvrir sur le CD du festival le dernier Maxi au rythme disco"Walk That Way", ouvrit le bal avec une sélection funk soul, accompagné en effet d'un percussionniste aux congas, avec un très bel effet de ralentissement percussif à la fin d'un titre.

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Suivit "L'Aroye", n'hésitant pas glisser une perle soul entre deux tracks "broken, dans le set duquel s'immisca la jeune chanteuse funk soul "Moon", entendue l'an dernier avec ses "Funky Satellites" aux "Pelouses Electroniques" du Festival, répondant en écho à la chanteuse du disque. De son vrai nom Luna, elle semble avoir un Janus de deux visages en un: Si Luna, souriante et solaire, souvent ornée d'un chapeau rabattu sur l'oreille et dansant dans les soirées funk soul est une véritable invitation à la vie, sa part obscure (Dark Side, pour reprendre un titre de Pink Floyd) Moon est un personnage plus mystérieux et sombre, l'oeil barré en corsaire d'une mèche de cheveu rebelle et la main souvent ornée d'une mitaine ou d'un bas résille selon la saison et son humeur, le tout avec un sacré caractère. Mais Luna-Moon cohabitent en un ensemble charmant et intriguant à la fois.



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Enfin, pendant le set de Pablo Valentino, bien connu des danseurs(euses) funk du regretté "Café Des Anges" dans les années 2000s pour ses programmations Funk Soul, Latines et Broken, permit une dernière surprise live, la plus importante, parce que l'émotion en était partagée par sa principale intéressée. Une certaine Isabelle, qui avait toujours voulu chanter sans sauter le pas, monta sur scène, et garda le micro, partant direct en scat, nous gratifiant de ses "Green Notes". Cette expression américaine s'appliquerait, d'après le saxophoniste Néo Hard Bop Ricky Ford, à la première note encore "verte" qu'un débutant souffle dans un saxophone, ou à un vieil homme ayant gardé cette verdeur de l'enfance dans son art. Lors de ce concert à Pôle Sud, une spectatrice voulut lui faire un compliment en lui lançant un "like you", qu'il reporta avec un sourire vers son pianiste Kirk Lightsey, âgé de plus de 80s ans...

Jean Daniel BURKHARDT

P.S. La musique du duo Steppah Huntah et de Moon & Her Funky Satellites est consultable sur leurs pages "My Space" respectives. Des photos de cette soirée prises sur le vif (y compris de Moon et Isabelle sur scène) sont disponibles dans la galerie du site "Contretemps 04" par soirées, et Steven J et Pablo Valentino seront à nouveau à la Grotte samedi 23 juin pour une soirée "Plage" à laquelle un collier de fleurs sera offert aux 20 premiers arrivants.

lundi 4 juin 2007

Des Picture Discs Au Plastiqmix, Exposition à Avila Coiffeurs, Strasbourg

Vendredi soir, on a pu assister au lancement du 4 ème Festival Electro Groove CONTRETEMPS à Strasbourg. En guise d'apéritif, le vernissage d'une exposition chez Avila Coiffeur, de peintures et sculptures aux supports originaux et peu coûteux par le collectif "PLASTIQMIX" de Lyon sur... de vieux disques vinyls plantés aux murs par des clous. saturne.gif Les collectionneurs de disques de Jazz se souviendront peut-être que dans les années 30s à 50s, des "picture discs" étaient commercialisés, aujourd'hui rares et chers: une face peinte permettait à un artiste de s'exprimer dans un style à la Mucha, ou un message publicitaire, l'autre restait enregistrée. cependant la qualité sonore et la conserrvation de ces "picture discs" reste à désirer: on a pu entendre réédités en CDs ceux du pianiste français Henri Renaud avec des craquements dignes des 78 tours pour la firme "Saturne". Donc de beaux objets très esthétiques pour l'oeil, mais loin de répondre vraiment à l'oeuvre d'art totale alliant le plaisir tant visuel que sonore . De plus le sujet de la peinture a souvent peu de rapport avec le musicien enregistré au verso. Dans les années 60s, des pictures discs représentant les figures du mouvement Yé Yé sont aujourd'hui des pièces de collections. picture_disc.bmp Dans les musiques actuelles, les DJs sont certainement les plus créatifs des utilisateurs de disques vinyls et ouvrir un festival d'Electro Groove à Strasbourg (Contretemps du 1er au 21 juin) allait donc de soi. L'exposition présente des oeuvres esthétiquement plus ou moins intéressantes selon les artistes, d'inspiration picturale allant de Botticelli (La Vénus sortant des eaux) ou quelque Vierge naïve aux yeux clos arborant l'étiquette du 45 tours: Bob Marley & The Wailers!, à un saxophoniste (Charlie Parker, John Coltrane, Archie Shepp ou Rahsaan Roland Kirk?), à Féla Kuti , aux motifs 70ies pour un oeil digne d'avoir connu l'âge d'or d'Haight Ashbury Streets à San Francisco, portant en bordure la mention manuscrite "liberté et amour", ou mignon, comme ce bebé entouré de phrases enfantines au typex (moi mon papy il a un i'pod tout gros mais il faut le remonter tout le temps et mettre des bandes, et encore même là ça marche pas toujours) décrivant un magnétophone à bandes, au Graf, au message musical, politique ou personnel en 33 t envoyable par la poste ("Je Te Plak", pourquoi pas, une amie de mes amis travaille à Berlin dans une entreprise spécialisée dans les Lettres de ruptures personnalisées et sur commande, évolution "trash" du service à la personne!). On pouvait y regretter parfois que dans ce recyclage, le disque devienne inutilisable. D'un autre côté peindriez-vous votre disque préféré? Quelques exceptions cependant dans les sculptures en relief: "La Boom", oeuvre de Beneditto Bufalino, vous permettra d'écouter le 45 tours du film avec Sophie Marceau tout en voyant la sculpture, une mini boule à facettes, se refléter sur les murs de la pièce! Trip kitschissime garanti, je n'ai pas essayé!

Et si l'oeuvre d'art totale était symboliquement ce "Trakabs" anonyme: sur le 33 t est sculpté un arbre noueux en miniature, organique, aux branches duquel pendent sa généalogie technologique? le centre d'une bande magnétique, une antique cassette audio de couleur rouge vif comme seules les années 70s en osaient (un support dont la disparition inévitable me rend nostalgique et inconsolable), un CD, un mini ampli en guise de bafflette, la molette d'une souris pour le MP3 et un MD qui a remplacé la disquette.

Toutes ses oeuvres "PLASTIQMIX" de l'atelier Mastiq sont la propriété de leurs auteurs, mais peuvent être consultées en tapant "PLASTIQMIX", et vues et même achetées à Avila Coifures, 69 rue des Grandes Arcades à Strasbourg, jusqu'à la fin du mois.

vendredi 25 mai 2007

Musiques électroniques et Musiques vivantes, enfin! La solution pour les musiques vivantes?

Smoove, invité par les Badass Funkstarz vendredi à la Laiterie, est un des DJs fondateurs de l'Acid Jazz sur le label du même nom, qui mixe Acid Jazz aux versions rares, rythmes percussifs et voix diverses avec la sienne propre avec un réel talent d'arrangeur. "Revolution" est son remix de l'excellent chanteur Soul Gil Scott Héron, qui chantait "The Revolution Won't Be Televised" (pour dire aux gens de se bouger au lieu de se laisser prendre par la passivité de la société du spectacle qui n'a commercialement aucun intérêt politique à la révolution), qui chez SMOOVE devient "The Revolution WILL BE Televised, advertised, with You playing Brad Pitt or Brad Pitt playing you, or You playing Brad Pitt playing You, and George W Bush as himself. The Revolution will come to you kept by CDs, DVDs &mails to your mobile phones. The Revolution will be Hard, brothers! The Revolution will be Aaaaddveertiiised".

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Mais le meilleur pour moi, c'était un saxo de Mulhouse, Maxime, qui est le premier que j'ai vu JOUER AVEC des DJs, dont Smoove au pied levé, s'adaptant à toutes les musiques, IMPROVISANT, se coulant dans des tempos reggae, funk, jazz, électro, hip hop ou techno, et qui joue aussi bien dans des groupes de jazz que des fanfares, et fait de l'électro depuis longtemps avec le collectif Kira Néris (sur le net, sur "bajorland", sur myspace.com).

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Et si les musiciens live pouvaient jouer AVEC les DJ ou plutôt les DJ avec les musiciens live, parce que je pense que le problème viendrait plutôt d'eux: chaque fois que j'ai vu "Jamazar" (un flûtiste qui fait des tentatives dans ce sens à La Salamandre), sa petite flûte traversière faiblement amplifiée était noyée par les énôôôrmes amplis des DJ. S'ils doivent jouer ENSEMBLE, alors c'est à égalité de décibels, à la loyale, utilisant les mêmes armes. Pour moi un musicien live a toujours été plus intéressant musicalement qu'un DJ par sa formation, son apprentissage, son son qui est lui-même, mais sa culture musicale n'est pas exhaustive, son jeu toujours conditionné par son instrument quel qu'il soit et ses capacités seulement humaines, et il ne peut copier à l'identique ou ce peut être frustrant pour sa propre créativité dans la formation de son style personnel, qui est pour lui une priorité. D'autre part les grands musiciens ne sont pas immortels. Personne ne pourra plus JAMAIS jouer en live avec James Brown. Alors les DJ pourraient être une sorte de MEMOIRE DISCOGRAPHIQUE VIVANTE du passé, qu'ils remettent au goût du jour des musiques oubliées en les modernisant par leur propre touch(e), vers l'avenir électronique. Alors oui, un saxo peut jouer VIRTUELLEMENT avec James Brown sur les platines d'un DJ, s'il s'habitue à improviser de cette façon, qui n'est je pense pas aussi interactive qu'avec un groupe qui le suit et lui répond, quoique finalement pourquoi pas, en travaillant en aval, mais en tous cas exige une autre forme de mise en place par rapport au morceau qui est ce qu'il est, ou ce que le DJ en FAIT. Alors oui, les DJ sont des percussionnistes, des chefs d'orchestres mutants, potentiellement dépositaires de toutes les musiques du monde pour tant qu'ils s'en donnent la peine. Alors oui, la musique vivante ET la musique électronique doivent s'allier pour continuer à faire vivre ce qu'eux seuls peuvent faire et que rien ne remplacera: la culture et la créativité musicales, contre les musiques amnésiques, incultes, commerciales, contre la mondialisation qui ferait qu'on nait plus que des ballades sirupeuses, des Star'Acs, de la musique de supermarché et de la muzzak à tous les étages (comme décrit par David Toop) partout dans le monde. Bref il y a de l'espoir pour tant qu'on lutte.

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Jean Daniel

Réflexions sur les musiques électroniques (1)

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J'ai évolué sur la question ces derniers temps en partant de loin. Avant de voir DJ Olive et Jeff Lieb un soir à l'Elastic un soir, je n'étais très sincèrement pas loin de penser que la musique électronique était L'ENNEMIE dans ma lutte pour les musiques vivantes, les ayant remplacé dans l'esprit du public en leur volant leurs moyens publicitaires et promotionnels. Pour moi il y a deux aspects très différents du Deejaying à ne pas confondre: d'une part, mettre des morceaux de musique soit à la demande du public soit dans un certain style, soit selon son envie pour faire danser les gens, sans trop les modifier. Ce serait l'aspect culturel, pas très éloigné du travail du Disc Jockey à l'origine dans les radios, et du mien dans mes émissions, avec la danse en moins et les explications culturelles que j'essaye toujours de donner en plus pour moi. Les Badass Funkstarz en sont un bon exemple pour le Funk Soul Break'N'Beat, ce dernier aspect rythmique remettant parfois les morceaux au goût du jour, ou d'autres modifications mineures de tempos, d'échos, ou effets dubs. Ils pourraient aussi faire des rencontres inattendues en mixant entre les deux platines: des chants esquimaux avec de la salsa, pour deux cultures très éloignées et ne s'étant jamais rencontrées.

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Et si les Dj étaient en quelque sorte les mémoires musicales vivantes comme dans un roman d'anticipation de Ray Bradbury adapté par Truffaut "Farenheit 451", où, dans une société futuriste où les livres sont brûlés à cette température, les "rebelles" apprennent des livres par coeur pour pouvoir les répéter, les réciter ensuite à d'autres, bref les faire vivre à travers eux. Les DJ pourraient assumer ce rôle musicalement, dans notre monde où toute la musique tend à être amnésique et inculte, commerciale, sirupeuse et formatée en série selon les modes à durée de vie limitée au kleenex jetable, suivant la mondialisation américaine qui veut faire en sorte qu'il n'y ait plus au monde que du Rock qui a perdu sa justification peace & love depuis 20 ans dans le bruit et le fracas d'une violence gratuite hard je ne sais quoi ou dans la morbidité new wave et l'égoïsme généralisé, le rap devenu une musique de haine et individualiste quand les MC ont pris le pouvoir sur les funky DJs, et la techno abrutissante pour minettes décérébrées des discothèques et macchos en goguette en polos Lacoste, ceci se retrouvant quels que soient les pays ou les cultures, au mépris des identités et des exceptions culturelles qui sont des richesses pour le monde, contre cette universalisation par le même. D'autre part, il y a les DJ technos qui parlent de "créer de nouveaux sons" à base de scratchs,de boom boom et badaboum lourds, avec un aspect plus ou moins "musique-machine" et déshumanisé, et des éléments plus ou moins "ambients" . Pour moi la musique doit faire danser les pieds rythmiquement et rêver la tête mélodiquement dans les nuages. Mais disons que cet aspect reste pour moi très abstrait, que je m'y raccroche à la moindre voix, au moindre son d'un véritable instrument, aux éléments "humains", car je refuse catégoriquement ce monde industriel et robotisé auquel pour moi la tendance dure de la techno semble vouloir nous habituer en douceur jusqu'à ce que nous ayons oublié le passé et sa saveur, ce que je n'accepterai jamais. Finalement l'aspect rythmique devrait accepter de rester justement une base rythmique, sur laquelle pourraient se greffer des éléments plus mélodiques. Un DJ de la région intéressant rythmiquement serait pour moi Juliano, qui travaille assez ses rythmes comme le fait tout percussionniste.

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Mais ma pensée continue à évoluer au fur et à mesure de mes écoutes et de mes rencontres, de mes expériences. Ce qui m'intéresse, c'est de suivre ces lignes musicales qui vont des origines des cultures musicales traditionnelles à leurs formes contemporaines fussent-elles électroniques, montrer qu'il y a encore le passé dans le présent et déjà l'avenir dans le passé, pour que rien ne se perde.

Jean Daniel