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mercredi 1 septembre 2010

CHARLIE PARKER aurait eu 90 ANS le 29 août : BIO & BEST OF

Charlie Parker naquit le 28 août 1920 à Kansas City, la seule ville à échapper musicalement à la crise de 1929 grâce à son maire gangster TJ Pendergast. Abandonné par son père, il est élevé par sa mère, et se passionne pour Count Basie et son saxophoniste Lester Young, mais inexpérimenté, est renvoyé d’un coup de cymbale sur la scène par Jo Jones lors d’une jam session.

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Après s’être enfermé dans sa chambre pour s’exercer sur les premiers disques de Lester, il part pour les Ozarks et apprend à jouer aussi bien et même mieux que le saxophoniste de Jay Mc Shann Prof Smith. Dans son « Lady Be Good » en 1942, le style de Lester est encore très présent, calqué sur celui de Lester en 1936. D’ailleurs Kenny Clarke a déclaré qu’au début c’était un alto qui jouait comme Prez. Puis ils ont vu qu’il avait quelque chose à offrir de plus personnel.

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Charlie Parker arrive à New York en 1941 comme arrangeur de saxophones de l’orchestre et trouve du travail comme plongeur dans un restaurant où se produit le grand pianiste Art Tatum. C’est en l’écoutant et à force d’entraînement qu’il arriva à une nouvelle façon de passer les accords sur « Cherokee ».

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En 1943, il est engagé dans le Big Band d’Earl Hines tentant un orchestre moitié swing moitié Bop, mais lâché par son crooner Billy Eckstine qu’il suit ainsi que le trompettiste John Birks « Dizzy » Gillespie pour former le premier big band Bop et devenir ensemble les coqueluches des clubs de la 52 ème rue.

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Si le film Bird de Clint Eastwood est inoubliable, la réalité le surpasse sur un point : on y voit un témoin de la Jam de Kansas City lancer son saxo à l’eau. Il n’a pas existé, par contre, un certain Dean Benedetti l’entendit jouer d’un alto aux clés rafistolées d’élastiques lui offrit le sien et le suivit pour l’enregistrer toute sa carrière.

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Mais c’est lors de séances en petites formations (à la rythmique pas toujours bop, d’ailleurs) qu’ils peuvent placer leurs compositions et déployer leurs ailes pour s’exprimer librement, d’abord sous le nom de Dizzy, puis celui de Charlie Parker le 24 novembre 1945.

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A la trompette on y trouve déjà un tout jeune Miles Davis dont c’est le premier enregistrement et Dizzy Gillespie est au piano dans "Billie’s Bounce » et « Now’s The Time », qui sera vocalesé par Eddie Jefferson, d’après un Rythm’N’Blues intitulé « The Huckle Buck ».

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Enfin, le Be Bop est la musique qui libéra le Jazz par ses tempos rapides inouïs et ses bombes à la batterie. Cette séance ne fait pas exception avec « Ko-Ko », décrochage de Cherokee où Dizzy reprend la trompette, Sadik Hakim le piano sur la noire la plus rapide du Jazz jouée à la basse. Parker prend deux solos très rapides entrecoupés d’un break de batterie fracassant de Max Roach.

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Auréolés de cette nouvelle gloire, Charlie Parker et Dizzy Gillespie partent exporter le Be Bop à la Conquête de l’Ouest pour un engagement à Los Angeles, jouèrent avec Coleman Hawkins et Lester Young pour le JATP de Norman Granz, mais après un concert et une séance d'enregistrement où ils firent venir des filles, le bruit que « le Be Bop pervertit la jeunesse », et Dizzy repartit à New York, donnant son billet d’avion à Charlie Parker qui le revendit et resta à Los Angeles,

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Il y enregistra pour la firme Dial de Ross Russell ce « Moose The Mooche » (son dealer) avec Lucky Thompson au ténor, Dodo Marmarosa au piano, Arv Garrison à la guitare et Roy Roy Porter (futur compositeur de « Jessica ») à la batterie, et Miles Davis arrivé en orchestre stop avec Benny Carter, puis Yardbird Suite d’après son surnom (le bleu ou le polulet avant Bird, l'oiseau), chez Mc Shann, un jour que le car écras un polulet et qu'il leur fit faire demi-tour pour le manger. Dizzy ne l'adailleurs jamais appelé Bird, mais Yard.

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Mais le racisme, la drogue et la misère firent mal tourner le séjour de Charlie Parker. Après une séance de juillet 1946 à l’image des hésitations bouleversantes de ce Lover Man , il met le feu à son lit, saute par la fenêtre est emprisonné puis interné à Camarillo où il reprend des forces, puis requinqué enregistre euphémique « Relaxing At Camarillo » en mars 1947 avec Dodo Marmarosa, Wardell Gray au ténor et Barney Kessel à la guitare dont c’était la première séance.

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Rentré à New York, 1947 fut peut-être l’année la plus heureuse de la courte vie de Charlie Parker, il y enregistre Dewey Square (aussi nommé Prezology en hommage à Lester Prez Young) avec miles, Duke jordan au piano, Tommy Potter à la basse et Max Roach à la batterie. 1947 fut aussi l’année la plus prolifique de Charlie Parker qui le 17 décembre expérimente un Sextet en ajoutant le tromboniste Bop JJ Johnson à ce Quasimado.

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Mais hélas le racisme ambiant et la drogue pour l’oublier ne tarderont pas à pourrir la vie de Charlie Parker, qui enregistre le 4 septembre 1948 ce « Parker’s Mood » () cri déchirant suivi de sa plus belle ballade avec Miles Davis (qui n’y joue pas) et son pianiste préféré John Lewis, avec qui il se brouillera quand il assurera le piano dans la version vocalese de King Pleasure qui quoique mélodiquement magnifique, le faisait tout de même passer pour un clochard !|http://www.youtube.com/watch?v=pYKB7Wem744].

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Autre brouille depuis 1946, avec Dizzy Gillespie qui avait monté le premier big band bop entre temps, Charlie Parker pensant avoir été abandonné à Los Angeles. Ils se retrouvent grâce à Norman Granz (le grand producteur de Verve) pour une séance avec Thélonious Monk, autre oiseau du bizarre et du bop au piano, Curly Russell à la basse et Buddy Rich à la batterie le 6 juin 1950 sur cet excellent « Bloomdido » par lequel je découvris le Jazz il y a 20 ans.

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Charlie Parker admirait aussi la musique classique de Stravinsky, Bartok ou Varèse, et fut à ce titre très fier d’enregistrer avec des cordes « with strings » et une rythmique bop, comme dans ce « Just Friends » le 30 novembre 1949.

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Autre genre où Charlie Parker fut l’un des seuls à s’illustrer d’emblée, avec Dizzy Gillespie, le Cubop, Jazz Afro-Cubain ou Latin Jazz, style danslequel il composa : My Little Suede Shoes, le 12 mars 1951 avec ses Jazzers roy Haynes à la batterie-l’un des derniers témoins de cette époque et Luis Miranda.

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Charlie Parker eût même un trompettiste juif : Red Chudnick Rodney, avec qui il enregistra le 8 août 1951 un « Blues For Alice », dédié à sa fille.

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Charlie Parker retrouva encore les pionniers du Bop comme Dizzy, se fâchant avec le pianiste Bud Powell, tandis que Charles Mingus quittait la scène en 1953 au Massey Hall de Toronto.

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Les dernières années de Charlie Parker furent les plus dures, entre drogue, procès et santé déclinante, mais lors de sa dernière séance du 10 décembre 1954, il improvisait sur hard Bop plus moderne, sorte de mambo lourd annonçant l’Autumn leaves de Cannonball et Miles, avec le guitariste Tristanien Billy Bauer et son dernier pianiste Walter Bishop. Lorsque Charlie Parker mourut en s'étouffant de rire (avec certes un ulcère au foie) le 12 mars 1955 chez la baronne Pannonica de Koenigswarten, il était déjà une légence, et le poète Ted Joans tagga Bird Lives sur les murs de New York. Il repose contre sa volonté et celle de son épouse Chan à Kansas City.

Jean Daniel BURKHARDT

Le saxophoniste Sonny Rollins, qui a raconté sa vie dans "Saxophone Colossus" (livre après avoir été un album avec "St Thomas") a aussi connu Bird, et est encore en activité. Il aura 80 ans le mardi 7 septembre 2010, les célèbrera le 10 au Beacon Theater de New York et mon émission "Jazzology" de demain soir 2 septembre (de 21 à 22 h) sur Radio Judaïca lui sera intégralement consacrée.

mardi 24 août 2010

A propos du "Cygne Noir", texte de Marc Edouard Nabe sur Eric Dolphy

Nouvelle sur Facebook, Olessia (compositrice et clavièriste de Steppah Huntah sous le pseudonyme d'Oless T et qui désormais propose ses productions sous on propre nom de Miss Oless ) m'y a fait partager sa lecture du "Cygne Noir" de Marc Edouard Nabe (fils du saxophoniste de Jazz Marcel Zanini, auteur de "Tu veux ou tu pas?") qui a aussi écrit aussi sur le Jazz. J'ai écrit ce texte au fur et a mesure de la vidéo en trois heures sur Facebook et le livre tel quel.

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Déjà j'adôôôre la version du "God Bless The Child" par Dolphy que je connais de par une émission de...Alain Gerber (nos références se rencontrent!), ultra-lente comme s'il craignait d'arriver à la fin de la chanson pour rester en mode sous-marin/ bathyscaphe avec sa clari'basse en périscope. Je crois que c'est une autre version que celle de Stockholm Sessions, en live, peut-être en Illinois car il me semble que c'était une nouveauté et que c'était en 1999.

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‎"Si Eric Dolphy n'était pas mort"...présupposé intéressant..."il serait toujours vivant". Être vivant après sa mort pour un musicien, peut-être est-ce dans l'influence qu'il a sur les autres qu'on le juge. Dans ce cas il est bien vivant si j'en crois un spécial Jazz Mag pour son anniversaire avec des hommages de Sclavis considèrant "Out To Lunch" comme une influence du Free Rock à la Soft Machine, Gustafsson appréciant le beat constant...

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Peut-être eût-t-il disparu de la scène au moment du Jazz Rock des années 70s, été déclaré mort par le dictionnaire du Jazz lui-même comme Henry Grimes et serait-il revenu miraculeusement ressuscité vingt:trente ans après dans un autre millénaire comme Butch Warren, ancien contrebassiste de Monk sous un chapeau autre qu'un stetson Texan.

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Pour les flûtes pygmées, peut-être aurait-il doublé Coltrane sur ce coup-là (la flûte étant quand-même UN DE SES instruments). Quant à Ornette, si leur disque ensemble "FREE JAZZ" m'apparaît comme trop bruitiste (si l'on dépasse le titre, la libération, l’impact historique), je préfère « Out To Lunch », le dernier disque Blue Note de Dolphy avant son départ pour l'Europe, plus mélodique et plus amusant, et en effet, Ornette ne serait pas le DERNIER héros du free vers lequel tous les regards se tournent, alors que Coltrane était plus spirituel et mystique, Albert Ayler plus fou mais d’une folie plus émouvante par ses excès...

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"Traverser le feu du free sans se brûler les ailes": belle formule, et peut-être le secret de Dolphy: de se laisser porter, même dans la révolte, par une grâce mélodique, une émotion la sublimant, le guidant vers une autre innocence harmonique, universelle, compréhensible par tous, pour émouvoir chacun tel l’ "ultime chant du monde" rêvé par Kerouac prophétisant le Free après une Jam dans « Sur La Route »....Peut-être n’a-t-il pas la froideur obstinée d’un Ornette à prendre l’éternel contre-pied de la mélodie naturelle jusqu’à la fausseté, jusqu’au bruitisme comme un Peter Brötzmann.

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La clarinette basse "et son col aberrant": belle évocation de ce mystère formel émouvant de cet instrument avant même le son, rien qu'à le voir!

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Je dirais plus (sans avoir jamais vraiment trouvé les mots) un flamand mais noir par opposition au rose, un héron d’Afrique mazouté dans les cales par l’esclavage puis laqué d’ébène par la fierté Black Power, mai cygne est magnifique, peut-être plus proche de Dolphy que de l’instrument : cette altière beauté, ces yeux immenses d’enfant rêveur, sa presque sérénité bouddhiste, tellement loin de la révolte free quand on y pense...

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Intéressante l'opposition du cygne blanc orgueilleux et lui noir, comme faisant de cette fierté altière commune conjurant le vilain petit canard en restant cygne mais noir une autre voie du free plus contemporaine. Je ne sais pas encore quel est le deuxième morceau en fond sonore (sans doute du Dolphy), mais pour moi il y a aussi du Bechet (celui des New Orleans Feetwarmers) dans sa puissance sonore.

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Ah Mingus en protecteur du vilain petit canard, belle idée! Ce petit flûtiau joué/crié dans l’aigu (comme aujourd’hui encore certains flûtistes africains traditionnels) me rappelle ce que j’avais lu dans Jazz Mag sur son enfance, et son père lui laissant au fond du jardin sa cabane à outils pour s’exercer, devenant la « cabane aux oiseaux » attirés, imités, venant l’inspirer ou l’initiant puis repris, copiés, devenant lui-même. Certains peut-être qui sait venant d’Afrique lui apporter leurs arcanes tribales.

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Belle image sur les nénuphars. Intéressant aussi le rapport de ses "compositions complexes" et des "complexés"! Parmi les reprises récentes de son répertoire, je me souviens avoir vu Oliver Lake en trio à¨Pôle Sud, mais sans la grâce, la sérénité, plus crié, plus piaffé, comme une parodie de Dolphy, et n’arrivant pas à cette limpidité mélodique qui était parfois la sienne même l’espace d’un instant, même au saxophone alto, n’arrivant pas à « Fire Waltz » de Mal Waldron avec Booker Little en embuscade!

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"Tirer son épingle du jeu de tous les bordels": ah ça c'est beau, du Céline appliqué au Jazz par cette fulgurance de la beauté convulsive foudroyant d'un éclair les deux horizons du langage: sa châtière et classieuse origine dans l'épingle tirée sauvée in extrémis et pas même salie, plus brillante encore "de tous les bordels". Là j'avoue que Gerber est arrivé rarement à cette concentration provocatrice de différents niveaux de langage qui sied au Jazz ("musique qui sera toujours à la fois trop savante pour être populaire, et trop populaire pour être savante" a-t-il écrit dans "Fiesta in Blue" (je cite de mémoire)), et finalement ça va bien aussi à dolphy, qui aurait pu être aussi un fleuron de la musique contemporaine si on y eût accepté les noirs, et finalement, comme Mingus (cf "Moins qu'Un Chien) a rapporté à son peuple cette spéficité rare dans son jeu voué au Jazz le plus avant-gardiste tout en restant audible et mélodique contrairement souvent à Ornette!

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A propos du "vacarme Coltranien", Coltrane disait dans une interview que s'il jouait de manière si violente, c'était pour "prendre toute la haine que le public avait en lui, et l'en libérer". Belle idée de catharsis Jazzistique, non. Et sur Dolphy et Coltrane, là aussi, quelque extraordinaire que soit son "Olé"'spagnol dans l'énergie, quand dolphy arrive avec sa flûte, c'est à l'Afrique qu'il ramène l'Espagne en nous faisant traverser le détroit de Gibraltar, puis il nous fait pleurer littéralement sur "Aïsha" (comme Trane sur "Naïma", mais pas sur CE disque-là!

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"hurlant à sa propre mort" belle image. "aller voir en Enfer si on y est plus qu'au Paradis" magnifique. Et si Dolphy était finalement un tendre chez les durs, un doux et tendre au milieu des sauvages de sa génération, un Apollinien chez les Dionysiaques, qui s'y laissa aller aussi, mais sans se compromettre à pousser la révolte jusqu'au seul bruit dénué de sens, sans se départir de son exigence interne, de sa grâce, de sa spécificité, même dans Free Jazz, il a , trace SA voie unique, souffle son vent et son esprit, ne venant et nous portant là où aucun autre de ces voyageurs n'était allé ni ne savait le rejoindre, mais restant dans le gros de la troupe, de l'impro collective pour leur offrir cette grâce en cadeau.

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"Sortir du morceau au moment où il entre dedans": belle formule, très profonde et qui nous mène ailleurs d'emblée. "Out There", Hors de Là" est le titre d'un de ses disques, d'ailleurs. Peut-être que est-ce à cet aspect de Dolphy que je suis le moins sensible, ou inconsciemment, et où il me dérange le plus.

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"Dolphy déborde d'abord": belle formule mélodiquement et à aussi profonde: déborder le répertoire pour le faire entendre d'abord d'ailleurs, le brusquer, nous forcer à adopter un autre point de vue, celui de l'inouï, du jamais entendu.

Mais comme dit Nabe, son talent c'est de l'extérieur, de devenir d'emblée le classique, la nouvelle ligne parce qu'elle est la plus universelle peut-être, la plus évidente, reléguant les autres à l'hors de propos, à la périphérie, au bruitisme insensé, inutile. il trace sa voie, et autour de lui ils se perdent dans la jungle, on n'entend que lui! Parce que, à mon sens il est le plus essentiel, le plus universel, le plus simple ou le plus intéressant à entendre, suit sa propre ligne.

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Ouah la photo est sublime (à 4:24) avec ce bonnet de marin ayant vogué d'Afrique en Inde (où il n'est jamais allé, je crois, mais dont j’ai lu qu’il avait écouté des enregistrements ethniques traditionnels) ethnique avant la mode, ou du Mississipi, bluesman routard, vagabond du rail et des mers à la Jack London, tranchant par sa dégaine avec son expression quand il joue de la flûte: à la fois altière et concentrée, sereine, complètement à ce qu'il fait, ce monde intérieur, à cette mer soufflée/criée dont la flûte perpendiculaire serait la mer et le niveau, l'équilibre et la balance, le tic tac inversé de l'horloge du soleil ou du clepsydre des ombres, la baguette magique ou le bâton de pluie devenu bâton du souffle par sa magie. Et aussi ce côté, tout de même vindicatif dans la sérénité qui se pose là: "Oui je joue comme personne, et alors?!", et on le suit parce qu'il sait ajouter cette grâce à la révolte qui le rend unique et séduisant à nos oreilles autant qu'à notre vue!

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"La flûte comme un long clitoris d'argent" magnifique image, quoique inattendue, très sensuelle, et le musicien "qui veut l'entendre jouir par tous les trous plus ou moins bouchés"! Joli aussi par ces ruptures de langage prenant la voie d'un certain érotisme sensuel, puis s'en démarquant pour revenir au propos musical.

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Finalement il a été en Afrique ou en Inde, je veux dire sa tête y a voyagé sous ce couvre-chef improbable de muslim illuminé avec sa clarinette basse dans cette végétation luxuriante!

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Intéressant ces deux pôles extrêmes d'émotions de la clarinette basse entre "le hennissement d'un mustang" dans sa puissance, cabrant la musique, les sons, le répertoire, emportant tout dans son flux dans son flot, les basses pourrait-on dire et "le pépiement d'un oiseau sous une mère possessive", la fragilité pépiante, couinante, titillant l'oreille de ses cris animaux, hors du contexte, de la musique, presque du Jazz, parce que venant peut-être directement de la leçon des oiseaux dans la cabane?

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Oh pour Nabe c'est DOLPHY qui inspirait les oiseaux, "leur soufflait de nouveaux airs". je n'y avais pas pensé mais finalement c'est super fort! en fait ils jouaient ENSEMBLE donc les avec les autres et vice versa en impro collective. ça devrait rendre même "Free Jazz" et digeste de l'entendre ainsi!

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Pas St François d'Assises, certes, mais peut-être qui sait Djalal Od Din Rûmi, flûtiste et fondateur des derviches tourneurs de Konya, un jour rencontra un intégriste qui ne goûtait pas la musique, a qui il répondit: -"mais moi quand j'entends de la musique, j'entends gricer les portes du paradis!" -je n'aime pas le bruit des portes qui grincent! -C'EST QUE TOI TU ENTENDS LE BRUIT DES PORTES QUI SE FERMENT, MOI CELUI DES PORTES QUI S'OUVRENT" (humour Soufi Turc, mais Dolphy aimait un livre de Poésie Orientale "Le livre des oiseaux".

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Intéressant l'image de la volaille décapitée qui court en zigzag comme son jeu comme le son, comme sang aussi j'imagine qui doit être propulsé partout, comme la mort de Bennie Moten et Eddie Lang par des médecins qui ratèrent l'amygdale pour en revenir au Jazz mais qui n'ont rien à voir avec Dolphy!

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"Agonie strangulée de rage" magnifique! "signes avant-coureurs du chant du cygne noir" trop puissant, comme une prévisualisation prophétique de sa mort dans les excès de son jeu, ou l'idée qu'il ait poussé jusque là sa furie, sa passion, son intensité musicale! "Parkerien enragé", joli, je suis d'accord...et pour en rajouter une couche Ornette est un Parkerien faussé, défaussé, qui joue faux pour moi. Même si pour moi je ne ressens pas l'influence de Bird dans l'alto de Dolphy. ça me rappelle une nouvelle dans "Dernières Nouvelles Du Jazz"' de Jacques Aboucaya: un étudiant doit faire sa thèse sur le saxo alto de Johnny Hodges à Ornette Coleman. il achète un mainate sifflant du Jazz dans une animalerie. Il lui fait écouter Hodges, puis Bird, le mainate les sifflote gaiement. Arrive Eric Dolphy...Le mainate est perplexe, tout déprimé, il n'aime pas ça du tout, ne siffle plus, devient neurasthénique. Faut bien que le thèsard avance quand même. il met Ornette Coleman. Au bout d'un jour encore de grève de la faim, le mainate expire dans un dernier cri! Pas sympa pour Dolphy et Ornette, mais à part "Fire waltz" ce n'est pas l'altiste que je préfère chez lui!

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Dolphy "recrache, expulse" Parker! Intéressant. Ou refuse de ne faire QUE LE RECRACHER, justement (comme une leçon, un cours si bien appris qu'à la fin on le vomit). "Dehors, Dieu!" excellent cet accès de mysticisme populaire révolté contre l'autorité divine d'une unique influence. Comme Lester Young encore inconnu quand j'y pense qui lamine Coleman Hawkins lors d'une Jam Session de 10 heures en 1932 au Cherry Blossom de Kansas City! Cette assumation de sa différence essentielle au Jazz, qui le fait avancer, dont même Parker était conscient jusqu'à la schizophrénie, quand (dans l"'Homme A L'Affût" de Julio Cortazar, il lui fait dire à Miles: "Cette note, je l'ai déjà jouée DEMAIN!"). aller toujours plus vite, multiplier les expériences Jazzistiques pour que jamais notre ombre ne nous rattrape! Finalement c'est ce que fait Sclavis qui a joué seul, avec des vieux héros du free, et se refait une jeunesse avec de jeunes musiciens Rock Jazz dans "Lost On The Way".

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Le "sucre" pour "adoucir dans son corps l'acidité de sa musique" Merveilleux. Là j'avoue que Nabe enfonce Gerber par la profondeur de sa réflexion EN POESIE comme acte, sans presque avoir besoin d'expliquer, d'être didactique pour nous faire rentrer dans la tête, l'âme du musicien, mieux son Ârt. Il paraît aussi qu'il mettait du miel par grandes cueillers dans son thé, d'après Han Bennink et Misha Mengelberg qui ont débuté avec lui lors de sa "Last Date"!

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"Camé au miel" excellent. peut-être s'inspirait-il pour son art du bordonnement incessant des butineuses abeilles pour voler plus loin, plus haut, jouer plus AILLEURS! BZZZZZZZZ! J'ai une amie qui parlait pour les ballades de Lester de son... côté "abeille de ruche", de sucre, de mélodies sucrées... Dolphy ce serait le contraire d'après Nabe. Il met le miel/le sucre dans son corpos mais pas dans sa musique (quoique dans "God Bless The Child", la danse de l'abeille immobile qui fiche plus encore le bourdon que cette torch song de Billie Holiday en la rallongeant toujours et encore par un mouvement perpétuel presque à la Philippe Glass.

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Bon choix de rythme de Mingus entêtant, frappé, au comique ambulatoire et marche rageuse, martiale que cette Epistrophy hypertrophiée Monk'gusienne qui part imperceptiblement sur le piano puis soudain avec Dolphy force la marche comme si le gouverneur Faubus des Fables lui-même était en face, et rythmiquement bien posé avec le rythme du texte, et ta voix avec ce soupçon de mélodie, d’accent russe. c'est le Concert de Paris en 64? En Mai 68 Mingus à Paris avait dit sur une radio que ses frères noirs afro-américains aussi avaient besoin d'armes comme les étudiants français! Magnifique la "dernière cueillere d'or liquide!"

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Et cette version d'Epistrophy que Mingus n'eût pas osé dans sa violence, son côté torrentiel de Dolphy, loin de la solitaire bizarrerie fût-elle géniale de Thelonious Sphère sur sa planète isolée, solitaire. Je crois que c'est Bud Powell au piano sur certains titres? comme ils la retournent et la renforcent, cette lunaire Epistrophy Monkienne sur la basse Mingusienne pré groove, et Dolphy poussant jusqu'au CRî, au SANGLOT LOINTAIN (Far Cry), autre titre de "Out There".

Monk avait dit à Lacy pour savoir jouer sa musique "make the drummer sound good": fais qu'le batteur sonne bien" ou "fais bien sonner l'batteur", ce qui je pense n'est musicalement pas forcémebnt la même chose! Grâce à Dolphy cela devint aussi une histoire de clarinette criée!

Jean Daniel BURKHARDT

lundi 9 août 2010

BLICK BASSY : LEMAN, UN PREMIER ALBUM PROMETTEUR

Le Camerounais Blick Bassy, arrivé en France en 2005, a déjà à son actif des featurings impressionnants : Manu di Bango, auteur du célèbre « Soul Makossa », Cheick Tidiane Seck, grand griot du groove afro mandingue de l’album avec Hank Jones « Sarala » et toujours en activité, Keziah jones dont on a pu apprécier les débuts Blu Funk, Etienne Mbappé, bassiste de Michel Jonasz, Lokua Kanza qui vit maintenant au Brésil. Finaliste des Découvertes RFI 2007, il a sorti en 2009 son album Léman.en 2009 dont on peut entendre quatre chansons prometteuses sur son myspace:

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« Nial » commence par un tempo néo bossa nova à la Marcio Faraco à la guitare arrosée de kora sur laquelle Blick Bassy pose sa voix haut perchée à l’innocence harmonique magnifique alternant africain, portugais et quelques mots en français émouvante puis de plus en plus forte entourée de chœurs originaux.

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« Niela » est plus dans le genre groove mandingue léger pratiqué par Cheick Tidiane Seck, avec sa guitare funky entre coupée d’une solide kora soutenant la voix poussée jusqu’au cris avant les chœurs sur un clavier discret qui termine en écho électro.

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« Masse » commence sur deux accords de flamenco ou de Son cubain, puis s’envole avec la voix entre africain et trois mots de français vers un unisson guitare voix sur un clavier obsédant soutenant les cordes funkys et traditionnelles à la fois et termine en talk-over sur les derniers accords.

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« Maria », décrivant une fille, commence aussi par des arpèges de kora rappelant ceux de Cheick Tidiane Seck, puis part en mode Reggae funky avec les chœurs sur les cordes acoustiques doublées d’autres électriques dans les échos de slide en fond sonore. Quand elle s’énerve ou se prend de passion, sa voix fait penser aux rages de Féla Kuti dans son intensité.

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On sait déjà qu’on a affaire à un compositeur original et bon arrangeur aux influences pas seulement Africaines avec le début de cet album rappelant d’autres réussites récentes en musique Africaine mais à l’émotion universelle comme par exemple Daby Touré, qui font du bien en faisant danser les pieds, consolant le cœur, tout en faisant s’envoler l’âme et l’esprit jusqu’aux étoiles.

Jean Daniel BURKHARDT

jeudi 5 août 2010

AU GRE DES JAZZS : JAZZ A LA PETITE PIERRE 2010

A partir de ce week-end se tiendra à la Petite Pierre le 8ème festival Au Grès des Jazz du 6 au 15 août, où vous pourrez entendre cette semaine Louis Sclavis et son quintet Lost On The way, Gregory Ott et son trio invitant Franck Wolff, Goran Bregovic et sa Fanfare Des Mariages et des Enterrements, la chanteur Malien Salif Keïta, Mandino Reinhardt et son quartet Jazz Manouche, le groupe New Orleans Les Célestins invitant la chanteuse Cécile Solin, le groupe Klezmer hollandais Amsterdam Klezmer Band et le Charles Mingus Little Box!

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Le Festival s’ouvrira demain soir vendredi 6 août à 21 h avec le clarinettiste Louis Sclavis et son dernier Quintet Lost On The Way. [Après avoir commencé la clarinette à dix ans et quitté lycée et conservatoire, Louis Sclavis a débuté aux tuyaux divers dans Workshop de Lyon et Le Marvelous Band en 1974 et l’ARFI en 1976, puis sorti son premier album Clarinettes en solo en 1985 où il crée tout un univers en jouant de plusieurs clarinettes sur ses propres compositions. Il a ensuite tâté de l’Afrique avec ses aînés Aldo Romano et Henri Texier, du répertoire des Violences de Rameau à Duke Ellington, de l’Affrontement des Prétendants en 2000 puis s’est frotté à des musiciens plus jeunes que lui : Médéric Collignon pour Napoli’s Walls et enfin plus jeunes encore dans son dernier Quintette avec Maxime Delpierre (guitariste du groupe Limousine), Matthieu Metzger aux saxophones, Olivier Lété à la basse et son ancien batteur de « Ceux Qui Veillent La Nuit » en 1996 François Merville (qui n’a pas pour autant un style moins moderne avec son côté drum’n’bass).|http://www.deezer.com/fr/music/louis-sclavis-quintet]

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[Après « L’Imparfait Des Langues », les compositions de Louis Sclavis sur leur dernier disque « Lost On The Way » tournent ou se perdent autour de l’Odyssée d’Ulysse. On peut d’ailleurs se demander si pour Louis Sclavis comme pour l’Ulysse d’Homère, l’intérêt n’est pas dans le défi lancé par la perte du chemin, l’égarement, ici musical, obtenu en multipliant les expériences et collaborations avec des musiciens plus jeunes passés comme Maxime Delpierre du Rock au Jazz et non l’inverse comme ceux de la génération de Sclavis.|http://www.myspace.com/louissclavis]

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Le lendemain samedi 7 août à 17 h vous pourrez entendre à la Petite Pierre le pianiste le plus latin de l’Est, Grégory Ott qui a sorti cette année son disque « Ojeada », qui invitera son ami le saxophoniste Franck Wolff (qu’il connaît depuis le lycée). Ecoutons le trio de Grégory Ott (avec Franc Bedez à la basse et Matthieu Zirn à la batterie) et Franck Wolff au saxophone ténor dans « Hope », extrait de ce disque.

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En soirée samedi 7 août, vous ne pourrez plus entendre faute de place à la Petite Pierre à 21 h le chanteur, guitariste chef d’orchestre Yougoslave Goran Bregoviç (rescapé d’une chute d’un cerisier en 2008) et sa Fanfare des Mariages et Des Enterrements qui ont sorti l’an dernier « Alkohol », titre qui prouve qu’il ne s’est pas assagi pour autant.

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Autre star internationale des musiques du monde qu’on pourra entendre à la La Petite Pierre Dimanche 8 août à 17 h, le chanteur Malien Salif Keïta qui a sorti cette année « La Différence » (celle de sa peau blanche d’albinos et de son sang noir, et de sa naissance de haut lignage qui aurait dû lui interdire une carrière musicale réservée aux griots).

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En soirée le dimanche 8 août à 21 h, le Festival Au Gré Des Jazzs célèbrera le Centenaire Django Reinhardt avec le quartet du guitariste manouche Mandino Reinhardt (aucun lien de prenté), qui sortit en 2004 Digo O Divès avec Sony Reinhardt qu’on découvrait, en plus de bon guitariste accompagnateur de Tchavolo Schmitt, bon chanteur en romanès, son fils Francko Mehrstein, Gautier Laurent à la contrebasse et le violoniste Grappellien Costel Nitescu, qui se produira dimanche 15 août avec Birèli Lagrène et son trio.

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Le lendemain lundi 9 août, vous pourrez entendre à La Petite Pierre le meilleur groupe de New Orleans/Dixie Land de la région, Les Célestins, et le plus ancien, puisqu’ils ont commencé en 1965-1966, et enregistré leur premier disque en 1970. Les Célestins ne seront pas seuls sur scène lundi soir : ils inviteront la scatteuse la plus swing de la région : Cécile Solin.

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Le lendemain mardi 10 août à 21 h, vous pourrez entendre à la Petite Pierre le groupe Klezmer Hollandais l’Amsterdam Klezmer Band qui a sorti en 2008 « Zaraza ». Vous en entendrez plus long dans Terres Tribales lundi 9 août à 11 h sur Radio Judaïca)

Last but not least, mercredi 11 août à 21 h, vous pourrez entendre le Charles Mingus Little Box, formation formation locale triée sur le volet menée par le batteur Thomas Laedlin et dévouée au répertoire du grand contrebassiste Charles Mingus dont on écoute Moanin.

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Pour du jazz à Strasbourg ce soir, poussez jusqu’à l’Illiade d’Illkirch avec votre pique-nique écouter Ringo Hoffmann et son sextet : ce jazz manouche mais aussi latin, électrique et groovy risque de vous plaire, et c'est gratuit!

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Suite la semaine prochaine jeudi dans Jazzology à 21-22 h sur Radio Judaïca . Autre évènement ce week-end : les |Urban Docks de l’été| (graf, skateboard, djs gratuits) qui se tiendront demain de 15 h à 21 h avec DJ Q, samedi de 15 à 19 h DJ Topic & Madpressure et dimanche avec Big Oh à Riv’Etoile, et Broken Wings qui sera pour son anniversaire au Phonograph demain vendredi de 21 h à 1 h du matin, puis Alex Athlas sera au Rafiot pour "Welcome In My House".

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 28 juillet 2010

LE TRADSWING QUINTET AU CAVEAU DE LA HUCHETTE

Toujours à Paris, après avoir été manger un bœuf-mafé en écoutant le groupe Jazz Afro Fanta Clara (moins bons pour mon frère que le guitariste Abdoulaye Traoré vu avec Debademba vu à la Fête De La Musique, en concert le 26 août à l’Olympic Café) nous avons terminé comme l’an passé au Caveau De La Huchette, dernier Club Parisien ouvert presque sans relâche à rappeler l’esthétique du Tabou (et utilisé à ce titre dans « Les Rendez-vous de juillet » et Rouge Baiser, assis comme de pauvres étudiants à l'époque sur les marches de l’escalier en colimaçon qui mène du fond du caveau à l’étage.

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Le Tradswing Quintet s’y produisait, Chtis venus du nord entre Jazz des années 30-50s et standards français (comme « La Belle Vie » de Sacha Distel ou américains chantés par une chanteuse qui au fur et à mesure de la soirée improvisa de plus en plus à la Ella Fitzgerald à Berlin dans « Mack The Knife », chanson qu’elle y ramenait à domicile, puisque composée par Berthold Brecht et Kurt Weill pour l’Opéra de Quatre Sous.

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Le groupe improvisa sans la chanteuse sur « Night Train », tube Rythm’N’Blues de Jimmy Forrest (), saxophoniste de Duke Ellington et Count Basie, où Alain Maréchal se montra puissant et fécond en citations, un « Honeysuckle Rose » au piano Wallerien, un Boogie Woogie intégrant «Shake Rattle & Roll » piqué à Big Joe Turner par Elvis Presley se terminant en « Hey Baba Re Bop » de Lionel Hampton repris en chœur par les danseurs de lindy hop du lieu avant la fin de second set.

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Le dernier set mit le public « In The Mood » de Glenn Miller, autre lointain ancêtre du Rock’N’Roll dont le chef ne connut pas le succès, disparu en mer 1945, puis dans la nostalgie de « Bei Mir Bist Du Schön » de Benny Goodman avant-guerre au Carnegie Hall en 1938, inaugurant ce lieu pour le Jazz, puis un « What a Wonderfull World » par un chanteur noir à la Louis Armstrong, dansé pour ma part avec une certaine Marie chantant « de sa voix naturelle »/scattant en concert privé à mon oreille, que je remercie pour ce moment de grâce, le « Flat Foot Floogie » de Slim « Orooni » Gaillard et Slam Stewart, pris sur un tempo très rapide avec Alain Maréchal à la clarinette et «Sweet Georgia Brown » en bis.

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Après quoi Nous sommes rentrés par Notre Dame et le Pont Neuf où chanta Charles Trénet à Ménilmontant http://www.youtube.com/watch?v=oZ2POvAHSfM.

Jean Daniel BURKHARDT

THE SYNDICATE AU PARC FLORAL DE PARIS

Comme l’an passé, je suis allé le week-end rendre visite à mon frère Guillaume, écouter entre autres la Fanfare Ciocarlia dans sa reprise du Born To Be Wild de Steppenwolf pour le film Easy Rider (rediffusé la semaine dernière sur Arte) de Dennis Hopper décédé cette année pendant le festival de Cannes...

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Samedi après-midi, nous sommes allés au Parc Floral du Château de Vincennes au Paris Jazz Festival où se produisaient « The Syndicate », dernier groupe du claviériste pionnier Joe Zawinul (7 juillet 1932-11 septembre 2007), alliant la force de la fusion électrisante Jazz Fusion Rock/Funk déjà expérimentée avec Miles Davis puis avec Weather Report, ouverte avec le Joe Zawinul Syndicate (où l’on retrouvait le percussionniste de Weather Report Manolo Badrena) aux rythmes du monde dont, étant un gipsy autrichien à l’origine, il se considérait comme un citoyen inspiré. J’ai dû le voir avec cette dernière formation au Strasbourg Jazz Festival vers 2007.

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Si seul le batteur/leader, Paco Sery a véritablement joué avec Zawinul dans The Syndicate, également à la sanza, les autres musiciens, issus de plusieurs groupes de Jazz français ou brésiliens, montraient une belle diversité culturelle : Thierry Eliez (clavier d’Olivier Temine, responsable de la sortie de cage Jazz Rock de Sophie Alour sur "Uncaged") aux claviers fous produisant comme Zawinul des effets acoustiques forts par des moyens électriques, du lyrisme spatial aux cris mutants, qu’une belle complicité alliait au saxophoniste Emile Parisien (meilleur car plus puissant et moins bruitiste porté par cette fusion qu’avec son propre quartet trop Contempo-Free à mon goût), comme Zawinul à Wayne Shorter l’un prolongeant/soulignant/reprenant l’un l’autre et se mêlant à s’y méprendre, Aziz Sahmaoui l’ancien chanteur de l’Orchestre National de Barbés secouant des shakers à graines et jouant du guembri et les brésiliens Jorge Bezera aux percussions frappées, chant candomblé à Exu et Alegre Correa la guitare , ainsi que l’africain Alioune Wade à la basse digne de Jaco Pastorius comme Richard Bona.

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Tout cela fait voyager le public dans des transes (auxquelles fut sensible mon voisin, un natif de l’Orient aux danses/transes immobiles) Africaines/Brésiliennes/Gnawa/urbaines et finalement même Caribéennes avec un final Zouk.

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Ils incarnent bien la suite universelle avec l’énergie de leur jeunesse de l’entreprise généreuse du fondateur du groupe, tout en s’en libérant finalement par la composition d’un répertoire propre. Et avec un tel enthousiasme, a dit Paco Sery, « On est là pour trente ans ».

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C’est tout le mal que nous leur/nous souhaitons.

Jean Daniel BURKHARDT

jeudi 22 juillet 2010

HELEN MERRILL A EU 80 ANS HIER! HOMMAGE

Helen Merrill est née jelena Milcetic, d’origine Yougoslave, le 21 juillet 1930 à New York. Elle commence sa carrière dans des groupes amateurs, chez Reggie Childs et au Club 845 dans le Bronx en 1947, est engagée par Earl Hines en 1952 pour son grand orchestre. Quincy Jones la conseille et arrange son premier disque fin 1954 avec le trompettiste Clifford Brown et le contrebassiste Oscar Pettiford et le pianiste Hank Jones, ainsi que le guitariste Barry Galbraith. Si ce « Born To Be Blue » l’engage sur la voie de la douce mélancolie, ce somptueux « Don’t Explain » montre que la blonde à voix d’alto et de brume peut rendre doux et dédramatiser le répertoire de Billie Holiday avec grâce, sur l’écrin d’un arrangement sublime.

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Rares sont les artistes qui rencontrent le succès du premier coup. Ce sera le cas d’Helen Merrill, sacrée « meilleure chanteuse de Jazz blanche » avec ce premier disque à acheter les yeux fermés, réédité en 2005 par Lonehill Jazz ou sur le label d’origine Emarcy. Elle y excelle en tous points dans un style instrumental, sur les tempos lents ou plus rapides, accompagnée de cordes ou de cuivres comme sur « ‘S Wonderful » des frères Gershwin rendu célèbre avant-guerre par Maurice Chevalier et son accent français.

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Dès ses débuts, Helen merrill est unique, semble sans influence et unique en son genre, tracer son chemin seule et toujours bien entourée, mais échappe à la compétition, puisque jouant seule dans sa catégorie, et a l’humilité rare de « ne pas appeler les producteurs mais de les laisser venir à elle », comme elle l’explique dans la pochette de son disque « You’ve Got A Date With The Blues », composé de titres étant soit des Blues soit sur la couleur Bleue, original concept album qui n’en est pas un pour le label Verve en 1959, produit par Leonard Feather à son retour du Brésil, accompagnée par Jimmy Jones (piano et arrangement), Jerome Richardson flûte et saxophone ténor, Barry Galbraith toujours à la guitare, Johnny Cresci à la batterie, Milt Hinton à la contrebasse et Kenny Dorham à la trompette dans « The Blues » de la suite Black, Brown & Beige décomposé rythmiquement avec un sens évident de la dramaturgie musicale, ou avec cette fois le bleu comme couleur, écoutons ce très doux « Blue Gardenia », un des thèmes fétiches d’Helen Merrill. Helen_Merrill_Blues.bmp

Si Helen Merrill chante sublimement bien, son vrai secret est peut-être plus poétique que vocal : caresser les mots des standards avec sensualité, nous les restituer dans leur essence poétique, en faire de la musique pure, nous faire parvenir à un au-delà du sens par le ressenti émotionnel.

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Et si cela est vrai en anglais, ça l’est aussi en français. Elle vient en Europe de 1959 à 1962, et sera la découverte de Nicole et Eddie Barclay...Elle aime à chanter en français avec un accent charmant qui avale certains mots sans nous les faire regretter, comme dans « Vous M’éblouissez », traduction du standard « You Go To My Head » qu’on écoute.

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Toujours en Europe, Helen Merrill passe par Rome, où elle se produit en 1960 pour l’émission de télévision « Moderato Swing » avec les musiciens de Jazz italiens du pianiste Piero Umiliani, prestation rééditée par RCA sous le titre « Parole E Musica ».

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Helen Merrill s’établit en 1972 au Japon jusqu’en 1975, travaille avec John Lewis, et revient à Paris en 1984, où elle rencontre Jean-Jacques Pussiau qui la fait enregistrer deux disques sublimes avec son accompagnateur attitré, le pianiste et claviériste Gordon Beck. Ce sera tout d’abord le magnifique « no tears...no goodbyes » fin 1984 pour le label Owl (réédité par Universal France), au titre tiré de « When i Look In Your Eyes » alliant sa voix de brume sensuelle aux rythmiques pianotées très fortes dramatiquement de Gordon Beck. Helen Merrill s’y révèle non seulement une chanteuse pour musiciens, mais encore une musicienne des sons, des mots et de la poésie pour sa faculté à les caresser pour nous consoler ou nous les faire entendre différemment. C’est par ce disque que je la découvris il y a plus de vingt ans, et avec lui qu’elle se produisit à Strasbourg pour Jazzdor en duo en 1994.

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Deuxième de la série, en 1986, Helen Merrill et Gordon Beck remettent le couvert avec « Music Makers », invitant au festin le violoniste français Stéphane Grappelli et le saxophoniste soprano Steve Lacy. Helen Merrill y excelle dans deux ballades cinématographiques, dont ce Laura sublime d’une voix de rêve.

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C’est aussi l’occasion pour Helen Merrill de remercier dans le titre éponyme, composé avec son mari le pianiste Torrie Zito, les musiciens qui l’accompagnent avec Steve Lacy au saxophone soprano.

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Si l’art d’Hellen Merrill touche aussi par la nostalgie, elle va toujours de l’avant. Ainsi, si elle retrouve en 1987 pour Collaboration l’arrangeur, chef d’orchestre et pianiste Gil Evans, c’est pour réorchestrer les succès de leur disque « Dream Of You » de 1956 et y ajouter un « Summertime » sublime sur le canevas imaginé par Gil Evans pour le « Porgy & Bess » de Miles Davis. Retrouvailles in extremis : Gil Evans s’étendra quelques mois plus tard.

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Dans les années 90s, Helen Merill multiplie les collaborations sublimes sur le label Gitanes Jazz avec wayne Shorter sur « Clear Out Of This World », ou le trompettiste Bakerien tom Harrell qui partage avec elle et Chet Baker ce goût pour l’émotion et le mystère. Si Chet avait été le plus féminin des chanteurs de Jazz, Helen reste la plus Bakerienne de ses chanteuses.

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En 1999, retour aux sources pour Helen Merrill avec « Jelena Ana Milcetic aka Helen Merrill et Steve Lackritz ake Steve Lacy, puisqu’ils retournent à l’île Croate de Krk dont les parents d’Helen Merrill étaient originaires. Elle écrit à cette occasion le texte « Long, Long Ago » sur une musique de Thomas Haynes Bayly de 1833.

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Enfin, Helen Merrill a encore sorti en 2004 « Lilac Wine », sur de sublimes arrangements de cordes tchèques et avec Torrie zito claviers, Lew Soloff trompette, George Mraz contrebasse et Alan Merrill guitare, son fils Rocker eu avec le saxophoniste Aaron Sachs né en 1951 Longue vie à Helen Merrill qui s’est remise à tourner et a encore sortie un nouveau disque et pour nous la chance de la voir en concert ?

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 21 juillet 2010

Tous les Concerts gratuits de l'été à STRASBOURG....

Ne ratez pas les concerts de l’été ce mois-ci dans le cadre des Flâneries Musicales en juillet et en août de 20 h à 21 h 30 :

Mardi 20 juillet ce sera M. Bretzel et sa Musique Alsaco-Mondiale à l’Humour irrévérencieux parodique bien de chez nous!

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Le mercredi 21 juillet, vous pourrez entendre les Violons Barbares, trio « Happy Rock » & Trad de Dimitar Gougov (gadulka et chant bulgares), Fabien Guyot (percussions de cuisine et autres et Enkh Jaargal (vièle Morin khuur à tête et crin de cheval et chant diphonique mongol),

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puis l’Ensemble Shezar et ses compositions Jazz Oriental le jeudi 22 juillet.

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Vendredi 23 juillet, à partir de 19 h, si vous poussez jusqu’à l’Illiade d’Illkirch avec votre repas tiré du sac, le pique-nique musical vous accueillera avec le groupe EnBuscaDe, de retour du Mexique dans une ambiance très mariachis et Son de Mexico, née de la fusion des cultures indienne, africaine et espagnole avec guitares, cajon, quijada, trompette et sombrero.

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Toujours Place Du Château de 20 à 21 h 30, le meilleur groupe de Salsa dans la place Sonando sera en concert en septet le vendredi 23 juillet,

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l’Ensemble de musiques Grecques, Turques et Egéennes Malietes samedi 24 juillet,

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l’Ensemble Buenos Aires Tango Beat de Tango Electro dimanche 25 juillet!

Et la semaine prochaine, toujours Place Du Château de 20 à 21 h 30: lundi 26 juillet, le Tewitt Youth Band, jeunes musiciens des écoles de musiques britanniques;

Mardi 27 juillet, la chanteuse de Jazz et scatteuse Cécile Solin et ses musiciens;

Mercredi, la Compagnie Bougrelas - les Philharmonic Von Strasse qui démocratisent la musique classique;

Jeudi 29 juillet, la chanson française de Pascal Vecca et son album "Vu d'en haut";

Vendredi 30 juillet, l'Atelier Jazz de¨Pôle Sud pour un concert Blues aux accents Funk;

Samedi 31 juillet, pop rock avec la voix feutrée et puissante de Sarah Eddy et ses musiciens ;

et pour finir le dimanche 1ier août l'Ensemble Klezmer Faren Kahn de 17 à 18 h, puis de 20 à 21 h 30!

Sans oublier, toujours gratuit mais sur réservations indispensables à retirer à la Boutique Culture (avec la programmation hebdomadaire), les concerts du TAPS SCALA Neudorf tous les mardis :

-le trio Ojeada de Grégory Ott mardi 20 juillet dans le répertoire de son deuxième album, avec toujours Franck Bedez mais un autre batteur : Loïc Pontieux.

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-Lloïka Gzackis, chant et guitare et ses musiciens au répertoire de chansons de théâtre et de rue yiddish,

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-Yan Caillasse et sa Musette Rock dans Remuer Ciel Et Terre le 10 août...

Franchement, vous en connaissez beaucoup qui voyagent de Mongolie en Orient, en Amérique Du Sud pendant leurs vacances ? Alors si vous ne partez pas en vacances, ne vous privez pas de ces concerts gratuits! Strasbourg a tout à vous offrir en fait de dépaysement musical! Pour en savoir plus,j’y consacrerai mes émissions « Terres Tribales » des prochains lundis sur Radio Judaïca Strasbourg (102.9 FM) à 11 h-12 h les lundis 20 et 26 juillet, et 2 août...

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 17 juillet 2010

AMADOU & MARIAM en concert gratuit...annulé, mais d'autres concerts estivaux

A l’occasion de Food Culture (avec un stand consacré au Mali cette année Place d’Austerlitz), le chanteur et guitariste Amadou Bagayoko et la chanteuse Mariam Doumbia , alias Amadou & Mariam seront en concert gratuit ce soir samedi 17 juillet à 21 h Place d’Austerlitz! Mais le concert vient d'être annulé! Amadou___Mariam.bmp

Tous deux aveugles, Amadou et Mariam se rencontrent en 1975 à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako, se marient et entament leur carrière musicale en 1980.

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Après avoir construit autour d’eux un groupe où il n’y a pas que des Africains, ils ont trouvé leur groove particulier portant des paroles faussement naïves mais une vraie joie de vivre festive.

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Leur plus grand succès sera en 2003 l’album « Dimanche à Bamako » produit par leur fan Manu Chao, avec la chanson « Beaux Dimanches » (« Le dimanche à Bamako c’est le jour de mariage »), mais aussi le plus grave et concerné mais philosophe « La Réalité ».

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Leur talent est peut-être d’écrire des textes en prise avec le monde compréhensibles par tous avec un message de bon sens positif qui console ou dénonce porté par leur groove et avec la musicalité de leur accent Malien et les belles harmonies de leurs voix. Ils remportent pour cet album une Victoire de la Musique World en 2005.

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Depuis, ils ont sorti en 2008 « Welcome To Mali », produit par Damon Albarn (Blur, Gorillaz) qui s’intéresse de plus en plus aux musiques du monde et Africaines en particulier et a créé un concept de concerts où musiciens traditionnels et occidentaux jouent ensemble.

L’album montre qu’ils ont su encore avancer vers un côté électro surprenant avec le premier single Sabali, suivi de « Ce N’est Pas Bon » dénonçant la corruption politique et « Compagnon de la Vie » célébrant leur amour. Ils reviennent de la coupe du Monde en Afrique Du Sud et ne seront PAS en concert gratuit ce soir à 21 h Place d’Austerlitz.

Autres concerts de l’été ce mois-ci dans le cadre des Flâneries Musicales en juillet et en août de 20 h à 21 h 30 :

Ce soir 17 juillet : Tournée d’été du Théâtre de la Choucrouterie avec Roger Siffer,

Lundi 19 juillet Virginie Schaeffer et son ensemble Pop vous taillera des crayons aux couleurs Reggae Pop World,

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Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 16 juillet 2010

L’Alberto Quintette invite Cécile Solin au Michto festival

Pour le second soir du Michto Festival, l’Alberto Quintette (le jeune Alberto Weiss, guitare, Sony Reinhardt, accompagnateur de Tchavolo Schmitt, Pierre Vigneron, guitare et Gérald Muller contrebassiste de Dino Mehrstein (fils de Sony) et des Comédies Musicales de la grande époque du Festival Tzigane jusqu’à il y a sept ans, entre autres formations Jazz et assimilées dans la région, invitaient Cécile Solin, chanteuse de Jazz swinguante, solaire, et scatteuse déjantée qui se produit souvent dans la région avec le Big Band de Bischheim, ses propres formations ou invitée par celles des autres depuis qu’elle nous est arrivée de son Sud natal. Après un CD Live dédié à Claude Nougro, les auteurs compositeurs de la région lui ont composé les chansons du deuxième spectacle et CD « Do Ré Mi fa Sol...in ».

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Le quintette commence par un « Them There Eyes » très enlevé, puis une ballade avec Sony en soliste. Cet accompagnateur de Tchavolo Schmitt alterne comme lui tempos vifs et lents, solos émouvants et pompe rageuse, puis composition de Django Reinhardt avec Manoir de mes rêves.

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Arrive Cécile Solin qui commence par la version française de The Gipsy (standard sur une bohémienne diseuse de bonne aventure de Reid Williams jouée par Charlie Parker) adaptée en français par Marc Langean sous le titre Gipsy que je découvris par la version de Sinti Swing chantée par Yanki Loeffler.

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Sony la reprend ensuite en romanes (la langue des manouches, qui d’Inde en Europe de l’Est, en Allemagne, s’est enrichie avec ce peuple de celles rencontrées sur son passage, jusqu’à devenir l’une des plus riche d’influences, sans que les populations indigènes soient aussi généreuses avec le peuple tsigane...) comme sur Digo O Divès où Sony se révéla aussi un émouvant chanteur/crooner à la voix douce dans cette langue. C’est donc la première fois que je l’entends chantée par une femme. Les paroles ont quand même un certain masochisme : la bohémienne dit à l’amoureux que son amie le trompe, alors qu’ « à ce moment même les bras d’un autre te berçaient », mais il promet de revenir! Cécile Solin reprend en scat.

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Dans « C’est Si Bon », repris par Louis Armstrong () ou Eartha Kitt (http://www.youtube.com/watch?v=lK2Li67ln68), pris sur un tempo lent et sensuel par les guitares, avec ralentis et rallongements, notes tenues dans les aigues, puis par Cécile Solin proche de la version d’Yves Montand () dans les aigues, accélération des guitares et scat amusant de Cécile Solin, qui dans le second couplet adapte les paroles à Sony avec humour « ce que cet homme à pour plaire » et finit en scat sur les « Si Bon » du public.

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Le Quintette reprend seul avec une valse manouche rapide comme Montagne Ste Geneviève, composée par Django qui ne l’enregistra pas, exhumée par son accompagnateur Pierre « Baro » Ferret puis ses fils Boulou et Elios, puis I Love You repris par Django à la guitare dans « La Pêche A La Mouche » avec des échappées d’Alberto plus proches du hot Club de France, «Danse Norvégienne » issu du même album avec des ralentis rappelant «Sam’s Song» de Sammy Davis Jr et Dean Martin au sein du Rat Pack de Frank Sinatra.

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Cécile Solin revient chanter« « It Had To Be You » aussi émouvante qu’Harry Connick Jr pour « Quand Harry Rencontre Sally » avec des allongements sensuels sur les voyelles de yours, had puis you sur les ralentis de la guitare.

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Arrive le clou de la soirée : Cécile Solin («beaucoup plus docile qu’on ne croit», dit-elle) chante en manouche avec de belles sonorités proches de l’indien (les tsiganes sont originaires du Rajasthan) une chanson en tzo tziro qui m’est inconnue, rythmiquement variée, avec une accélération finale.

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Elle reprend ensuite « Indifférence », valse musette de Tony Murena, dans la verion vocalesée vocalchimiquement par André Minvielle, du Sud Ouest (d’Auch précisément) comme elle, mais moins en tour de force de rapidité verbale, plus compréhensive et swinguante que sa version à lui, plus chanté que récité express, le « tic et toc » semblant, accompagné par les guitares manouches, rom d’Europe de l’Est.

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A les entendre jouer ensuite sans elle « How High Is The Moon » qu’elle si bien chanté le dimanche précédent à Jazz A Cro (concerts gratuits et bon-enfant de Jazz Swing Bop Latin alliant la Fête du Quartier St Florent et de l’école de musique Place St Florent à Cronembourg tous les derniers dimanches de juin avec Michel Viès, Eric Theiller, Eric Soum, Martial Muller, ex Young Swingers du pianiste Swing Jean-Michel « Old Papy » Delune avec lequel elle chantait encore l’année précédant sa disparition), dans une version scattée à la Ella Fitzgerald annonçant « le solo de Charlie Parker » (Ornythology), puis son propre solo, je regrette l’absence de Cécile Solin sur scène.

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Suit « Honey suckle Rose » joué par Django Reinhardt avec les saxophonistes afro-américains Coleman Hawkins et Benny Carter (arrangeur de la séance) et français André Ekyan et Alix Combelle, premier quatuor de saxophones imaginé par Hugues Panassié pour le disque Swing N°1, premier label de Jazz Français, en 1937!

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Le Quintette finit le set avec Blues En Mineur de Django commencé sur un tempo bonhomme, puis accéléré d’une bonne pompe à deux temps sur les arpèges intercalant d’autres swings, puis après une petite cavalcade introductive, son Troublant Bloléro, pièce orchestrale et d'un exotisme suranné en forme de paso doble, avec un solo intercalant d’autres « Had To Be You » dans une compilation de riffs de riffs de Django, et finalement le thème de Django préféré de Sony Reinhardt « Minor Swing », avant un bis de Cécile Solin... Cécile Solin et l’Alberto Quintet ont fait preuve pour cette première de swing et de talent, ce qui n’a pas étonné ceux qui les connaissent, mais n’ont pas l’habitude de les voir jouer ensemble!

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Cécile Solin sera en concert Jazz avec ses musiciens le mardi 27 juillet Place Du Château Des Rohans à Strasbourg de 20 h à 21 h 30 et sera le 9 août au Festival de la Petite Pierre invitée par le meilleur (et le plus ancien) groupe Dixie Land/New Orleans Les Célestins (http://les-celestins.blogspot.com/)!

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 10 juillet 2010

SCHILLICK EN ZICK, FESTIVAL GRATUIT

Vous pourrez y entendre à partir de 19h et jusqu’à 22 h 40, Parc Léo Délibes à Schiltigheim :

Samedi 10 Juillet :

BLOCKSTOP (Jazz/hip-hop), : autre groupe Mr E , alias Eli Finberg, Woodstock MC d’Art District, avec un son plus 70ies, un super trompettiste à la Miiles Davis période électrique, un guitariste fusion et un bassiste funky, des claviers à la Herbie Hancock période Headhunters et un batteaur roi du breakbeat. Un style ensoleillé, latin, idéal pour porter le flow de Mr E.

RUE DES PUCELLES (Rock/Chanson française) mélange le tempérament Rock Pop à la Bertrand Cantat du chanteur et un accordéon musette.

ARKESTRA BRASIL (Musique brésilienne) est de tous les carnavals et manifestations Strasbourgeoises avec sa batucada endiablée depuis des années, inspirées aux sources d’Ilie Axé et d’Olodum qu’ils firent venir il y a quelques années...

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Dimanche 11 juillet :

DINO MERSTEIN quartet (Bossa Manouche) Fils de Sony Reinhardt (accompagnateur de Tchavolo Schmitt), Dino a tourné avec son oncle Mandino et Marcel Loeffler pendant sa jeunesse. Il a ensuite trouvé sa voie : une musique manouche mâtinée de bossa nova comme « Point de Départ », puis a pris une direction plus groots (groove roots) avec les compositions de son frère Francko sur son second album « Investigations ».



BAL PYGMEE (chanson )Drôles de Zèbres assumés comme tels, Bal Pygmée, c’est un peu nos Lo’ Jo à nous, par le mélange décomplexé de musiques orientales, flamenco, musette et des langues franco-arabo-alsaco-mondiales dans une poésie singulière et universelle portée par Malika, chanteuse Jazz’orientale’réaliste et arrangée par ses comparses!

INDIKA (Reggae).est juste le meilleur groupe Reggae roots à Strasbourg, dans la lignée de Bob Marley & les Wailers mais aussi capables de Ska, Rocksteady, Dub, voire Ragga.

Animation et atelier à partir de 15h :

Initiation Streetgolf par l'association Balles Perdues

Initiation au graff ( sur inscription ) par Jaek El Diablo

Espace Jeux de cartes, jeux de plateau, jeux vidéo....

Atelier contes et coin lecture par l'Association livres

Stands d'artisanat

Initiation danses du monde

Expo photos

Décoration du Parc par les enfants du Labo des Arts

vendredi 9 juillet 2010

CHINA MOSES et DEE DEE BRIDGEWATER chantent DINAH WASHINGTON et BILLIE HOLIDAY au Strasbourg Jazz Festival

Hier soir, China Moses (fille de Dee Dee Bridgewater et du réalisateur Gilbert Moses) et sa mère rendaient hommage à deux grandes chanteuses de Jazz : Dinah Washington pour China (avec Raphaël Lemonnier comme sur son album This Ones’For Dinah) et Billie Holiday pour Dee Dee (qui lui a dédié son dernier disque).

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Avant l’entrée en scène de China Moses, un mix vocal nous met dans l’ambiance avec une présentation d’Art Blakey et ses Jazz Messengers Live at Birdland, des extraits de Billie Holiday ou de l’Ed Sullivan Show.

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Entre Raphaël Lemonnier, costume et chemise verte, le bassiste et le batteur, puis China Moses, vêtue d’une robe noire sublime, qui présente Dinah Washington avec un talent certain pour les transitions racontant la vie de Dinah Washington d’un point de vue féministe, humoristque et émouvant : ses 7 ou 8 maris et amants qu’elle appelait ses « Fine Fine Daddy », ses visons et son courage d’être une femme noire et de caractère.

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Sa version de « Mad About the Boy » est servie comme l’original par un magnifique accompagnement bluesy du trio très lent, entêtant et obsessionnel, insidieusement envoûtant sur lequel elle pose sa voix acidulée un peu comme celle de Dinah.

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Comme chez Dinah Washington, des chansons écrites par et pour des hommes comme « Is You Is Or Is You ain’t My Baby », Rythm’N’Blues de Louis Jordan, prennent une toute autre portée par des femmes, modernisée par l’introduction de China où Dinah attend qu’on la rappelle, puis prend son contrebassiste des gens cooool claquant des doigts avec elle pour aller poser la question directement à l’intéressé!

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China connaît aussi des anecdotes savoureuses, comme quand Dinah, Queen Of The Blues, déclara en Angleterre : « Il n’y a qu’un terre et qu’un ciel, alors votre reine est une imposteur», ou quand, se trompant de bus, elle entra, au lieu de celui de ses musiciens, dans celui d’un asile psychiatrique et, questionnée sur son identité, elle déclara fièrement « Je suis la Reine ! ».

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Elle chanta aussi une des rares chansons Jazz tube des karaokés : « Cry Me a River », convaincue par l’adjonction de cuivres et l’arrangement très Soul de la basse, la batterie presque drum’n’bass et le piano presque immobile, suivi des coulisses puis à la scène par l’excellent saxophoniste Daniel Huck, qui joua très bien son rôle de saxophoniste Rythm’N’Blues Lesterien derrière elle, Parkerien voire scatteur Gillespien à la « Ooo-Bop-Sh Bam ».

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China Moses a enfin composé avec l’orchestre « Dinah’s Blues »pour Dinah Washington.

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Elle finit par la version de Dinah Washington de « What A Difference A Day Made » dont elle aime le côté pop avec un superbe soutien de Daniel Huck très Byasien/Lesterien, sensuel.

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Arrive sa mère Dee Dee Bridgewater, la plus populaire en France des chanteuses afro-américaines. Dee Dee Bridgewater a joué le rôle de Billie Holiday en 1986 jusqu’ à être comme possédée par sa vie tragique, puis après bien d’autres aventures et disques y revient en 2010 après un album Africain, Red Earth (dont elle a gardé le pianiste Edsel Gomez) et s’être (à nouveau) rasé le crâne avec son nouvel album « To Eleanora Fagan With Love From Dee Dee Bridgewater».

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Le miracle est d’avoir su dépasser l’histoire tragique et très lourde de Billie Holiday pour puiser dans sa musique cette joie qui n’apparaît qu’à ceux qui la connaissent vraiment bien, de porter l’engagement de cette femme comme une leçon aux générations actuelles et futures.

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On peut dire qu’elle a réussi à faire sien le répertoire de billie Holiday, à le posséder après avoir été possédé par lui, contrairement à Elizabeth Kontomanou sur son album « Midnight Sun » dont on ne reconnaissait que le titre éponyme. Cette ligne étroite entre liberté et respect d’une tradition ouvre, quand on arrive à respecter les deux, de nouvelles perspectives au Jazz tout en faisant perdurer sa culture de manière vivante.

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Edsel Gomez est au piano, Lewis Nash, qui l’a déjà accompagnée dans un projet sur Max Roach est à la batterie comme sur l’album, James Carter remplacé par Craig Handy, comme lui capable de jouer dans tous les styles du Jazz du New Orleans au Gospel, à Kansas City, à Lester Young en ballade derrière Dee Dee, au Bop et Hard Bop Funky, au Rythm’N’Blues voire de finir ses phrases en Free criant.

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Dès «Lady Sings The Blues », Edsel Gomez et Lewis Nash infusent à la musique de Billie Holiday les rythmes dansants de la terre rouge de l’Afrique et la puissance Rythm’N’Blues tractile, au rugissement de lionne, puis le scat de Dee Dee un point de vue plus positif, mettant en relief, plus que le fait de chanter le blues, le « Lady sings the blues no more » final porteur d’espoir, son dépassement.

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Consciente aussi des difficultés sentimentales, de la tromperie et de l’abandon (des hommes comme des femmes d’ailleurs), Don’t Explain, écrite quand son mari rentra avec du rouge à lèvres sur sa chemise, est le prétexte à une introduction comique.

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Fine & Mellow, portrait par Billie d’un maquereau ou gangster aux pantalons rayés, Blues sur lequel elle retrouva Lester Young une dernière fois est plus « sale », funky, porté par le groove irrésistible de la contrebasse et les riffs rythm’n’blues du saxophone, plus proche de la révolte et du cri contre cet homme que de l’acceptation passive.

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Même le constat désespéré de «You’ve Changed » () sur le dernier album de Billie Holiday où son filet de voix, son souffle restant pour ce chant de cygne ne semblait plus supporter que l’écrin de satin tissé par des cordes de Ray Ellis, quelques cordes et les chorus répétés d’un funèbre trombone soliste, ne semble plus si triste quand Dee Dee Bridgewater le chante.

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Même la scie «Your Mother’s Son In Law » datant des débuts de Billie Holiday avec Benny Goodman qui a un peu vieilli et était très commerciale devient une déclaration badine en duo avec son contrebassiste pour qu’il devienne « le beau-fils de sa mère » moins futile que l’originale.

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Enfin, « God Bless The Child », déclaration d’indépendance financière écrite lorsque la mère de Billie lui demandait sans cesse de l’argent pour son restaurant de poulet frit « Chez Mama Holiday », devient avec Dee Dee Bridgewater un gospel funky où Craig Handy rappelle la magnifique version d’Eric Dolphy à la clarinette basse.

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Dee Dee finit avec China en bis () sur « Every Day I Got The Blues » , du répertoire de Count Basie, que chantait Joe Williams bien après que Billie eût quitté l’orchestre.

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Merci à ces deux grandes chanteuses de Jazz pour avoir rendu plus présentes, libres et actuelles ces deux grandes chanteuses de Jazz qu’étaient Dinah Washington et Billie Holiday.

Jean Daniel BURKHARDT

Autre musiciens éduqués, eux, de première main par des héros du Jazz, ce qui se fait rare : le trio de Pierre Christophe, élève du pianiste Jaki Byard () (capable de jouer du ragtime au stride, au swing de Fats Waller et Duke Ellington, Bop avec Charlie Parker ou comme Monk et Bud Powell, accompagnateur Hard Bop de Charles Mingus, Eric Dolphy, Rahsan Roland Kirk ou Sam Rivers, et jusqu’au Free Jazz, mais assassiné ou suicidé tragiquement en 1999 ), Mourad Benhamou, batteur qui interviewa son idole Walter Perkins, et le bassiste non amplifié Raphaël Devert, émule de Joe Tucker, joueront avec le trompettiste et chanteur Ronald Baker et le tromboniste Jerry Edwards en première partie d’Al Jarreau () (chanteur Jazz, Soul, R’N’B et Pop ayant remporté un grammy dans chaque catégorie et décennie depuis les années 70s !) au Strasbourg Jazz Festival, 20 h au Palais Des Congrès!

vendredi 2 juillet 2010

LE MICHTO FESTIVAL LES 2, 3 et 4 JUILLET A LA CITADELLE!

Vous aimez la musique Manouche? Elle reprend sa place à la citadelle après 7 ans d'absence du Festival Tsigane à la Citadelle avec le Michto Festival, où vous pourrez, entendre Mayo Hubert et son trio ce soir à 20 h, voir le spectacle Samudaripen à 22 h, écouter un chanteur dopéra manouche de schwartzbach demain samedi 3 juillet à 16 h (gratuit), l’Alberto Quintette avec Sony Reinhardt et Cécile Solin chantant en manouche à 20 h et Christian Escoudé et son nouveau Trio Gitan à 22 h (avec David Reinhardt, petit-fils de Dajango Reinhardt), puis dimanche un pique-nique solidaire, un bal musette et en soirée Ringo Laurier!

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Jean Daniel

BALKAN EXPRESS & KULTUR SHOCK au MOLODOÏ

Samedi dernier, Slavomix (alias Jean-Etienne Moldo, collaborateur de longues années des Nuits Européennes, toujours de Champs Libres et tourneur pour des groupes Balkaniques, entre autres Terrafolk) invitait pour une soirée Balkanique le groupe gipsy punk trash Bosniaco-Bulgaro-Bakano-Américain Kultur Shocket les deux DJs du collectif Balkan Express de Zürich au Molodoï.

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Balkan Express ouvre le bal en passant une chanteuse tzigane poétique chantant en français, puis Chetiri de DJ Kottarashky, la dernière découverte de Songlines et de Mondomix en fait de DJ Balkanique pour son album «Opa Hey » mélangeant habilement clarinettes klezmers, cuivres de fanfares balkaniques, violons tsiganes et voix indo-pakistanaises sur des 4/4 dancefloor sans que toutes ces influences se marchent sur les mixs (il n’est pas architecte de métier pour rien!).

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Suit l’original tsigane russe chanté en son temps par Yul Brinner des Deux Guitares d’Aznavour (qui la tient de son père) par des cuivres en folie, mais aussi des voix bouleversantes comme celle du chanteur de Balkan Blues Dona Dimitriu Siminica ou le plus connu chez nous par le film Underground d’Emir Kusturica Goran Bregoviç et son Cajesukarije Cocek ou Kalasnikov, d'après une danse hongroise de Brahms, entre autres trompettes du festival de Guça en Serbie d’une colline à l’autre, le tout lié par le groove ininterrompu d’une rythmique dubstep.

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Dans ce joyeux mélange se rencontrent les cuivres des fanfares et les deux temps des guitares manouches rejouant la chanson en charabia de Charlie Chaplin dans Les Temps Modernes ou la reprise d’Oh Carolina, Nyabinghi de Count Ossie et les Folkes Brothers (futurs Skatalites), devenu Carolina chez Shaggy, dans la version fanfare tzigane du Taraf des Haïdouks (que Jean Etienne Moldo avait fait venir avec le Kocani Orkestar à l’époque pour Les Nuits Européennes).

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Comme les musiciens de Jazz afro-américain, les tsiganes ont toujours été des éponges musicales capables de jouer dans leurs style inimitable le répertoire de la mode ou des populations qui les entouraient (rarement aussi tolérantes à leur égard), et on retrouve cette richesse dans le mix introductif des Balkan Express, l’un aux platines, l’autre au laptop avant et après le set de Kultur Shock. Enfin des DJs qui nous emportent ailleurs, dans un univers, une culture!

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Arrivent Kultur Shock. Le chanteur Gino Banana était un chanteur commercial très connu en Bosnie (ils remplissent des stades dans les Balkans) avant la guerre qui, resté à Sarajevo, se dit lors des bombardements que s’il s’en sortait , il quitterait tout pour monter un groupe Gisy Punk Trash Balkanique aux Etats-Unis, ce qu’il fit en 1996 (avant Gogol Bordello) sous le nom de Kultur Shock. La cinquantaine, il a le crâne rasé, de longues dreadlocks dans le dos, et une barbe de métalleux.

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Il s commencent par «King For a Day», ouvrant leur dernier album « Integration » par un tonitruant “Welcome In Theatro Miiio” digne d’un chanteur d’opéra parodique et théâtral «brisant l’état du dogme» suivi d’accords trash et des riffs balkaniques du saxophone et du violon sur un rythme ska festif, alliant puissance trash et festivité balkanique.

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Ils continuent avec «Tutti Frutti», thème glacé (gelato) balkanique traditionnel extrait de leur album « Kultura Diktatura » trashisé par le Rock, puis flamencisé façon turque, cuivré (Gino Banana donnant lui-même de la trompette) et finissant en hommage aux révolutionnaires Zapatistes, Communistes, galvanisant le public de cette énergie Rock à l’émotion traditionnelle...

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Très engagés, s’identifiant aux voleurs de chevaux et autres bandits d’honneur de Yachar Kemal ou Panaït Istrahi, le groupe Kultur Shock est composé d’immigrés balkano-américains (le guitariste est bulgare), et les titres de leurs albums montrent leur sens de la provocation : « Que les services d’immigration aillent se faire f... », puis en pleine polémique du plombier Polonais, « On est venus vous prendre vos boulots » (avec un des musicien débouchant des toilettes sur la pochette!). En retour, ils ont eu les compliments de Jello Biafra des Dead Kennedys (« le punk devrait sonner comme ça!»), Faith No More, Serj Tankian de System Of A Down et Chris Novoselic de Nirvana! Comme quoi ils sont bien intégrés dans le seul milieu qui compte: le Rock contestataire de Seattle, en y ajoutant leur touche fanfare et vocalises orientales!

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Leurs chansons adorent taper là où ça fait mal, comme « Build A Wall» aux mélismes de muezzin balkaniques orientaux hérissés de violon trash sur les murs érigés par les Etats-Unis contre l’immigration Mexicaine, dont ils profitent pour faire leur sale bouilot, et proclame « tout le monde ne peut pas être Zidane », puis les choristes parodient l’hymne Américain,Banana prêchant en Hip Hop sur le foot entre les refrains Trash suivis de mélodies balkaniques à la Ederlezi de la violoniste et la saxophoniste.

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Kultur Shock parle et chante en plusieurs langues : anglais, yougoslave, turc, parfois français dans «Tango La Victoire» (Vive la victoire et à bas les bourgeois !), sorte de faux tango martial slave festif finissant en ska collectif!|http://www.youtube.com/watch?v=ectkUdQTQOI].

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Dans le public, des bulgares ont ramené un drapeau, que le chanteur prend, s’enroule dedans, l’embrasse et leur rend. Il y a aussi des Turcs, réclamant Zambul (Istambul) rappelant le rébétiko façon rock.

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Ce qui est beau est que malgré le traitement Trash, ils ne renient pas leurs racines, mais enrichissent le trash de leur culture balkanique, orientale.

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Autre chanson au clip amusant, Country Mohamed, qui prouve encore leur intégration musicale par ses influences irlandaises et même son banjo country aux harmonies vocales proches de celles d’O Brothers (voudraient-ils prendre le boulot de George Clooney ou des cow-boys?) avant une marche trash balkan’orientale.

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Autre traditionnel détourné de façon originale, « Hashisi Hashisha », d’après une chanson d’amour sur le texte d’un grand poète bosniaque, où l’amoureux Roméo sous le balcon laisse place au revendeur de cigarettes qui font rire, ou le Ya Mustafa de Dario Moreno (né en Turquie) en fanfare Balkanique Trash.

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Kulutur Shock a su garder l’authenticité de l’émotion des mélodies slaves et la pêche des fanfares balkaniques tout en les modernisant par une approche punk trash rageuse.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 23 juin 2010

YEALLOW à L’AUBETTE le 21 juin

La palme du lieu le plus insolite de cette fête de la Musique à Strasbourg revient au groupe pop rock Yeallow qui invita le groupe ethno-pop Eve’R à l'Aubette.

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Ils commencent par "I don’t have a map of your head", plus Rock que sur leur album 2891 Seconds (Chronique à chaud de l'abum en commentaire EPISODE II), mais sans Satellite (je ne connaissais pas cette version des Velvet plus déjantée, moins croonée, plus dans l’aigu et chantée presque faux avec moins de morgue et plus d’énergie, plus Rock que celle de Transformer) of Love de Lou Reed. J’aime l’idée bien dans sa manière de dire à quelqu’un “J’ai pas d’plan d’ta tête » (évidemment ça le fait mieux en anglais) comme une insulte ou une excuse.

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"Here Comes", arrive sur un bon groove du début jusqu’à It’s All Foggy. Peut-être est-ce la chanson plus électro pop du nouvel album, avec ses claviers brumeux puis plus vifs. Je ne pensais pas que c’était Fred C en voix de tête qui faisait la voix féminine aigue, avant les solos de claviers de l'autre chanteur rajoutant une touche douceur psychédélique brumeuse entre basse/batterie et guitare. Bien composée, belle progression entre ces éléments disparates.

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Tempo plus martial pour "If Only", qui faisait faussement Promise You Made de Cock Robin, au Cinéma Star (Comte Rendu pour Les Agités Du Bocal en Commentaire "EPISODE I") mais c’est vraiment un fragment de seconde sur le "if only i could hate you", sur la même mélodie que "Remember The Promise You Made" et la mélodie est jolie par ailleurs.

Finalement il y a beaucoup d’enfants, les leurs peut-être en partie ou ceux de leurs fans, dans les deux cas, ils produisent de générations futures d’auditeurs de Rock!

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Sur une chanson plus Rock, on se rend compte que c’est sûr que dans ce tunnel de verre de la galerie commerciale de l’Aubette, les riffs ravageurs de guitare résonnent d’enfer, au point de couvrir un peu les voix, au risque de ne pas reconnaître les chansons, mais c’est intéressant comme expérience sonore.

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Strange Days, avec ce tremblement comme l’orgue faussement gai des Doors est aussi sur le dernier album, qu'à force de l’écouter au walkman en milieu urbain (je préfère cette urbanité Rock Pop rêveuse à l'urbanité Hip Hop) je trouve plus profond, presque californien quand il fait beau /américain/new-yorkais (où il a été mixé) , pour moi qui n’écoute plus de pop rock anglo-saxonne depuis 30 ans (je veux dire qui date de moins de 30 ans, post new-wave), à part Wilco et Nirvana ou Morphine.

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Tiens, ils ont repiqué la structure basse/batterie et l’accélération d’A Forest des Cure, avec une bonne reprise du solo de guitare de Fred C dans le public pour rockyser le lieu d'une inocente profanatin suplémentaire!

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Il est vrai qu’avec les vieilles (sont-elles d'époque? l'Aubette a été rénovée) sculptures de lions en gargouilles au haut ds colonnes de l’Aubette, ça donne visuellement un côté assez surréaliste (l’Aubette a été un lieu surréaliste ou dadaïste, un dancing à l’époque de l’entre-deux guerres, et j'ai vu que certains panneaux illustratifs d’une salle au premier étage représentent des danseurs/danseuses des roaring twenties/années folles à l’époque Jean Arp. Mais je ne sais pas s’ils les ont gardés).

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Yeah! bien intégré, surprenant le Billie Jean de Mickael Jackson en Rock! Après tout, il a vendu le Funk noir aux blancs dans un efficace packaging pop/ new wave, et il est naturel qu’un groupe de rock blanc lui rende la pareille même si pour moi la musique black ne sort pas grandie de Thriller que je ne peux pas écouter en entier sans m’ennuyer, mais dont Bille Jean est la chanson la moins pire, préférant la basse et les violons Disco d’Off The Wall et Don’t Stop Till you Get Enough, également produit par Quincy Jones.

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La ballade Keep that morning feeling fait bien Lloyd Colienne style Perfect Skin ou Forest Fire qu’écoutait une amie dans les années 90.

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Les riffs guitares sont efficaces, mais qui couvrent les voix, moins réverbérées que les cordes par cette architecture de pierre et de verre. Ouah l’effet de guitare (je ne vois pas le guitariste solo de ma place), on aurait cru entendre les cuivres ska émouvants à l’unisson dans In The Crowd de The Jam.

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Bon groove de la basse funky et morgue Lou Reedesque dans Oversized, super breaks de la batterie et roulements sur tout le titre mais l’acoustique du lieu change les chansons, ce qui les rend intéressantes, entendues différemment mais parfois méconnaissables. Si ces enfants n’étaient pas sourds, après cet éclair de blanche électricité stroboscopique ils le sont devenus! Mais cette gamine qui se bouche les oreilles en souriant de sa rebellion s'en fiche!

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Bons riffs guitariste solo et ralentis des claviers, OOOOOOHOOOOOOOO repris en choeur par le public sur Bright Side (contraire du Walking On The Wild Side de Lou Reed?), puis Temptation et Instead repris du premier album plus influencé par le Rock New-Yorkais névrotique entre le elvet Underground et Suicide de "Marquée Moon" de Television avec Tom Verlaine à 5 en format Yeallow 2010, plus Rock, un peu à la Ask The Angels de Patti Smith Live in Paris sur une bonne batterie tribale et les claviers.

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Your Perfect Existence est intéressante par la lente montée émotionnelle de l’immobilité à l’intensité mais s’arrêtant juste avant et texte joli. Sur l’album avec le brouillage sonore, fait penser à Berlin de Lou Reed (Kids, qui est complètement cynique, par sa façon qu’il a d’insister de sa voix traînante énonçant ses griefs (elle recevait des hommes, toutes les drogues qu'elle prenait) d’après la rumeur avec délectation, qui font qu'on lui retire ses enfants, comme si c’était lui "le marinier" qui l’avait dénoncé par jalousie! Et les bébés en question qu'on lui enlève braillent "Maman" en fond sonore!)

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Justement, deux ados B-Girl & Boy techtoniques (une fille sûr, lui je ne sais pas derrière sa mèche) se tapent des fous rires et la musique leur donne un côté glam rock.Finalement les filles hûûûrlent à vos concerts comme à ceux des Beatles/Stomes/Bowie, et moi ça me fait plaisir qu'ils vivent encore grâce à Yeallow ces grands moments de Rock’N’Roll ici et maintenant! Je connais ce riff «"With from (nowhere)» sur une bonne basse funky et harmonies sur “Back in the days, ‘stead of me”

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En dernière chanson Supergliding (là encore ça le fait plus en anglais que "super glissant"), avec une bonne basse au début à la Massive Attack sur rythmique polar dramatique trip hop, puis un refrain plus Rock bien accrocheur. J’aime bien aussi l’accalmie « Hello Mr Stadust » un peu à la Space Oddity de Bowie, composé d'ailleurs pour en célébrer les 40 ans. Pour la petite histoire c'est "Space Oddity" qu'on entendait à la Télévision en fond sonore des premiers pas de Neil Armstrong sur lune! ans.

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Finalement ils attirent des gamins, des ados qui sans eux n’auraient plus dans ce monde ces émotions Rock mais les retrouvent sur le vif quoique inconsciemment comme ce petit black de quoi? dix ans? qui danse comme à Woodstock, et ne se disent pas ENCORE que c’est plus démodé que la Techno décérébrante et abrutissante ou la violence du Rap, n’ayant pas cette culture Rock qu’ont peut-être leurs parents trentenaires ou quadras! Et rien que pour ça merci Yeallow !

REtrouvez cet article dans sa version anglaise abrègée.

Jean Daniel BURKHARDT

Sur la scène tremplin se produisaient 7ème Soul (Soul), Blockstop, Nobz ((Punk Musette aux cuivres Ska), Guillaume B (Pop Rock Folk) , Penelope (Pop Rock) et Room Service (Blues-Roccn'N'Roll). Vous pouvez voter pour offrir à votre préféré s'il gagne l'enregistrement 5 titres tous frais payés Sur la scène Tête D'Affiches, on pouvait voir Enneri Blaka, second album (single "Funky Stuff" en exclu gratuit jusqu'au 31 août) pressé aux influences plus traditionnelles: Intro Pakistanaise ou unissons de chants diphoniques. Le chanteur, le bassiste et sa basse slammèrent dans le public, surfant comme sur une vague, mais le bassiste se noya dans la foule et le chanteur fit asseoir la centaine de personnes en délire! Place Rouge, devant la Fac de Droit, l'ambiance était Reggae/Ragga Sound System avec Developement Unity Crew à l'mage d leur dernier Street Album à écouter d'urgence réunissant les bons textes et les voix des MCs locaux sur de bons riddims!

mardi 22 juin 2010

The pretty haze, Thomas Schoeffler Junior & Willie & The Bandits au Bar’Atteint pour une soirée Blues (Commande de Sound’Sitiv)

The pretty haze, Thomas Schoeffler Junior & Willie & The Bandits au Bar’Atteint pour une soirée Blues Sound’Sitiv

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Dans la lignée des BB Brunes, les Pretty Haze, 16 ans, commencèrent cette soirée Blues Sound’sitiv au Bar ‘Atteint en montrant que le Pop Rock était redevenu une musique de révolte et le véhicule des sentiments adolescents, et c’est heureux. Moi je dis : « You Hou !!!! », comme eux, arrivé trop tard pour en entendre plus !

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Ils furent suivis par le blues Folk en solo guitare/voix/harmonica de Thomas Schoeffler Jr, mais aussi énergique que le Freewheeling Bob Dylan, chantant et jouant même de la guitare mieux que lui d’après mon voisin dans Before I Go Back Home.

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Comme Dylan, il joue bien le rôle du gambler (vagabond) qui a fait la route guitare au dos, même s’il avoue I’ve Been Here All My Life, mais ses doigts ont bourlingué sur le manche de sa guitare pour apprendre les accords authentiques et le bon jeu shuffle en piqué des vieux Bluesmen noirs, l’art de jouer le blues sans rendre triste mais sautillant comme Lonnie Johnson, et puis l’Amérique est avec ses routes poussiéreuses et ses saloons partout où l’on joue de la guitare ainsi et frappe ainsi le tempo du pied sur la scène.

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Comme eux, si Dieu frappait à sa porte en l’appelant par son nom, lui envoyant même un ange, il n’ouvrirait pas, comme il le chante dans God Knows My Name, comme le Bluesman Robert Johnson ou le chanteur de country Hank Williams pour la voix traînante puis rageuse et le slide :bottleneck (tube glissant sur les cordes), sait qu’ici nous sommes à Babylone, où les filles entrent sans frapper et descend de sa montagne, du train de l’harmonica sur un tempo sautillant jusqu’ à l’atterrissage sur un ralenti final.

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Parfois on pense aux chanteurs Country annonçant le Rock’N’Roll par leurs hoquets yodlant / hurlant au loup comme Howling Wolf d’une voix plus étouffée ou montant dans les aigues comme Jerry Lee Lewis ou Clapton avec une intensité montante jusqu’au solo d’harmonica, poursuit pour se calmer par un Country Blues à la Délivrance « Looking at the Window », entré dans la pièce aux fenêtres de laquelle il chantait, comme Bob Dylan à Nashville dans I Threw It all Away et avec ce tremblement dans la voix d’Ain’t Me Babe, et le Bar’Atteint prend un côté Greenwiich Village 60ies. En fait, il utilise plusieurs harmonicas, un par tonalité.

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Voilà d’ailleurs une reprise d’ I Saw The Light, Country Gospel d’Hank Williams qui eut de tous les chanteurs de Country blancs la vie la plus proche des Bluesmen noirs, mourut d’une overdose d’amphétamines dans un camion une veille de Noël. Avec le public tapant des mains, on pense à certains lives en public de celui-ci ou les prisonniers des concerts en prison de Johnny Cash. Mêmes les pêcheurs et les damnés peuvent entrevoir la lumière divine, et apprécient la grâce plus encore que les vertueux qui sont déjà au Paradis sur terre la grâce divine et la rédemption.

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Un autre titre me fait penser par ses accords à When The Ship Comes In dans le style marin irlandais, un autre Country à Ry Whisky de Tex Ritter () hurlant, yodlant et hoquetant.

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La dernière chanson rappelle le Love Me Do des Beatles par l’harmonica et Big Bill Bronzy par l'histoire de ses guitares brisées sur leurs genoux par les fermiers du Sud au lieu de le payer.

Arrivent enfin, venus d’Angleterre, avant de passer au Festival de l’Isle Of Wight et à Glastonburry à quichets fermés, Willie & The Bandits.

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La guitare acoustique est jouée avec un slide par le guitariste et chanteur à voix rauque, dreadlocks et yeux clairs sur ses genoux comme une pedal steel guitar américaine sur une basse bien funky et une batterie breakbeat. Cette efficacité de l’énergie live, quoi qu’acoustique rappelle le groupe de Rod Stewart et Ron Wood après les Small Faces, Beck ou Tony Joe White, mais utilise aussi quelques effets de pédale électrique.

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Un second titre plus sentimental rappelle Hotel California ou le pleurnichard mais émouvant Neil Young, mais la basse accélère le tempo de sa liberté groovy.

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Suit un Reggae plus tribal et funky, roots comme les Wailers à leur période Rocksteady de «Talking Blues» qui piquèrent le public de Sly & The Family Stone.

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Sur certains titres, le batteur prend un djembé avec ce côté africain qui colore en ce moment les groupes de Rock et de Funk d’Europe et ajoute des vocaux pygmées dans l’aigu, ce qui nous change de l’ethnocentrisme européen.

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Mais le guitariste joue aussi de la guitare à la verticale, bégaie comme les Who dans My Generation. Le guitariste puise les racines de son jeu dans le Blues le plus pur : celui de Robert Johnson ou Blind Lemon Jefferson (1993-1929), repris par un autre grand guitariste acoustique américain Ry Cooder sur la BO de Paris Texas de Wim Wenders, l’un des plus ouverts aux musiques d’ailleurs, au point d’avoir quitté les Rolling Stones après Sister Morphine (sur l’album « Sticky Fingers ») pour aller apprendre le sitar avec Ravi Shankar!

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Côté reprise, on put apprécier une excellente reprise de Black Magig Woman de Santana, plus lente, au slide rallongeant les notes, plus ethnique et roots, moins Soul et plus sauvage vocalement, puis partant en solo façon psyché dub.

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Quand il utilise les effets, le guitariste peut aussi se révéler un fameux guitariste électrique en wah wah ou saturé tout en gardant l’authenticité chaleureuse de l’acoustique.

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Plus tard, l'instrumental Angel rappelle Black Mountain Side () Country Folk Moyenâgeux entre deux Hard Rock de Led Zeppelin. Ça fait plaisir aussi de voir dans le public une jeune baba cool en pattes d’éph comme je croyais qu’il n’en existait plus danser la bourrée bretonne collective avec ses amis.

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Willie & The Bandits terminèrent par un tempo presque Hip Hop pour Jack The Lad, buveur, violent et bagarreur, un peu comme la caricature des supporters des bleus regardant la défaite de la France contre le Mexique sur l’écran, qui n’ont, je l’avoue, pas dérangé le concert (et franchement y’avait pas de quoi !), puis finirent en bis par leur version de Money For Nothing de Dire Straits, lui redonnant un côté Blues originel d’avant la Colour TV, la guitare slidée au POUCE sans tube!

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Willie & The Bandits prennent le Blues Rock électrique à rebours pour le ramener vers l’acoustique roots, et jouent vraiment bien. Rien entendu de meilleur depuis Eric Jehlen jouant Hendrix en slidant avec les verres à L’Esclave (devenu Les Catacombes, puis....)

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Pour les amoureux du Blues et du Jazz, le Strasbourg Jazz Festival 2010 vous propose justement, après un hommage à Django Reinhardt pour ses 100 ans par le trio Rosenberg, puis Biréli Lagrène, Richard Galliano et Didier Lockwood le 30 juin, jeudi 1er juillet Poppa Chubby reprenant du Jimi Hendrix (qui joua au Wacken le 21 février 1969) et Magic Slim, suivi le 8 juillet de Dee Dee Bridgewater chantant Billie Holiday et sa fille China Moses chantant Dinah Washington, et pour finir le vendredi 9 juillet Pierre christophe et le grand chanteur Jazz Soul Al Jarreau !

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Ecoutez ma sélection de la Programmation complète dans mon émission Terres Tribales ce jeudi 24 juin à 21 h sur Radio Judaïca Strasbourg.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi 14 juin 2010

Le groupe Coréen SOREA au Maillon d’Hautepierre pour le festival Champs Libres

Le jeudi 10 juin se produisait au Maillon Wacken pour le festival Champs Libres dédié aux Musiques Contemporaines et actuelles avec cette année un focus sur la Corée le groupe de Rock/Pop/Funk féminin Soréa (abréviation de Sound Of Koréa).

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Ces quatre filles jouent des instruments traditionnels Coréens amplifiés : flûte, haegeum (violon à deux cordes frottées sur un archet pris, et c’est là l’originalité, ENTRE les deux cordes) par Eun-sung, Changgo (tambour coréen en forme de sablier) et deux cithares Daegum et Gaegum proche du Kayageum, l’une à cordes jouée avec les doigts et les mains en rythmique, l’autre à fils plus fins à l’aide d’un plectre, la chanteuse Jini et un peu de musique samplée jouée off.

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Les musiciennes arrivent et c’est déjà un festival de couleurs et de costumes : étoffe comme une aile plissée en corolle sur l’épaule verte émeraude pour la violoniste, robe blanche pour la chanteuse, haut blanc et short argent pour la cithariste et percussionniste, robe grise pour la flûtiste, et verte pour la seconde cithariste, comme des libellules fées fraîchement atterries d’un manga de Science-fiction, impression que confirme le micro/casque de la chanteuse, tenant au sol par des chaussures variées et élégantes, sandales étoilées, spartiates montantes ballerines, ou à nœuds offrant un dépaysement garanti.

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Le concert commence comme leur album Monsterious Story par le halètement et la sirène de l’instrumental In Panic et des claviers inquiétants Trip Hop et percussions broken beat off sur lesquels se greffe la grande flûte traversière de bambou avec un effet rappelant un peu la modernisation des musiques traditionnelles de Peter Gabriel pour le label Real World. Ce titre montre les qualités dramatiques et la modernité de leur démarche, qui pourraient être exploitées au Cinéma.

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«It’s time to carry aboard » dit la chanteuse invitant à la danse (“Move your feet/ Make your head flow in the air”). Elles ont prouvé être aussi un bon groupe funk. Elles improvisent vraiment sur la bande off, le solo de cithare sur le scratch, puis le violon haegeum (dont sortent des sons originaux et inouïs en toutes circonstances) puis la flûte. Il leur arrive d’ailleurs de se produire avec des B Boys danseurs de Hip Hop.

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Our Passage continue In Panic sur un beat electro, mais avec une utilisation plus traditionnelle asiatique, japonisante du violon et de la cithare rappelant un peu certaines musiques d’Eric Serra pour Luc Besson et un contre chant constant de la flûte.

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Une partie de leur répertoire chanté est plus sentimentale comme Eternal Love (), duo presque sirupeux sur le disque de Gon & Jini rappelant un peu l’Eurovision, sur une mélodie Japonisante, où le violon se fait chinois, mais prend toute sa valeur en live, où la chanteuse ménage une progression de l’intensité invisible au disque.

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Après Unknown Conflict, plus inquiétant avec des samples voix Hip Hop dans une langue indéfinie, un autre instrumental folk rock Moyenâgeux, une chanson traditionnelle Coréenne, et avant le bis, elles furent applaudies si longtemps qu’elles manquèrent de rater le départ de l’instru off, ce qui est un accident d’une spontanéité touchante...

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Le Festival Champs Libres se poursuit cette semaine avec jeudi 17 juin et vendredi 18 juin l'ensemble TIMF et l'ensemble Contemporain Linea à 20 h 30 et un concert de musiques traditionnelle portrait de Nam Kuk-KIm, et se terminera samedi 19 juin avec l'ensemble de percussions fracassantes qui mettent en transe les villages Coréens Samulnori de Kim Duk Soo et un Seoul Clubbing final des DJ Flamenco et Unjin à l'Ecole d'Architecture.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 2 juin 2010

CONTRETEMPS 2010 : du très lourd en perspective ! (Commande de Contretemps

Qu’est-ce qui est à entendre et voir, et revient chaque année au mois de juin faire bouger Strasbourg, ses bars et lieux de concert de ses soirées DJ et Live et ses rues de ses performances artistiques Street-Art?

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Le Festival CONTRETEMPS, bien sûr, qui se tiendra cette année du 3 au 13 juin, avec plus encore que les autres années, du très lourd : le pionnier du Hip Hop Grand Master Flash en personne samedi 12 juin au Molodoï!

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Le Festival s’ouvrira aujourd’hui mercredi 2 juin à 17 h 30 avec le vernissage de l’exposition de Dan 23, peintre et illustrateur célèbre pour ses portraits d’artistes noirs et inspirés par la Black Culture, puis à 17 h le 3 juin par le vernissage de l’exposition des peintres muraux Brusk & Rensone à la Librairie Kléber,

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à 18 h, Vernissage de l’exposition Essential Arts du Collectif Essence Urbaine, utilisant le pochoir ou la sérigraphie dans le Street Art, à Avila Coiffure, environnés de la musique de deux Djs Mulhousiens, Otis Riddim et le Bâlois Phil Good. De quoi se mettre les yeux et les oreilles, les écoutilles dans le bain...

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Dans la soirée, on pourra pousser jusqu’à Bâle sans bouger du Living Room grâce à Living Room FM, en direct de l’Acqua, Club Restaurant Hype Bâlois où se produiront Real Fake MC, Dj Suspect, Mode 2 et Dr Donuts, dans un radioshow spécial Contretemps! Téléportez-vous, l’entrée est gratuite!

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Vendredi 4 juin, vous pourrez assister au vernissage de l’Expo du peintre Mauricien installé à Londres, Mode 2 inspiré par la musique et la danse, le Reggae et le Hip Hop à 18 h à l’Espace Insight.

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La soirée vous permettra d’entendre lors d’un parcours Bar2Bar gratuit : le Dj House Bâlois Stiebeltron, Aramis et Lasonic à l’Entrepôt, Anthony Adam et Alex Neville au Living Room, DJ Donuts et Dr Phibes au Phonograph, le DJ anglais Grems, inventeur du Deepkho, Jaek El Diablo et KM3 au Rafiot (3 €), l’Electro éclectique de Mister Natasha au Café Des Anges et jusqu’à Colmar avec le DJ Clod Wave Edouard Von Shaeke à 20 h, l'Indie Pop Indie des Pop Wave Monks Tripoliens de Manson Child en Live à 21 h 30 et DJ Bim à 23 h. De quoi courir à défaut de savoir choisir!

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Le samedi 5 juin, vous pourrez vous divertir avec du Golf de rue, du Skate et du Roller au SkatePark de la Rotonde sur des mixs de Time4Soul, Dj Suspect, une Graffiti Jam du collectif Downtown invitera 20 artistes Graffiti à peindre une fresque de plus 400 m2, à partir de 18 h, un mirage artistique sera créé par Mamud en milieu urbain désertique et l’artiste Grems Broka Billy, cette fois le designer, exposera à la galerie Ink.

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Le soir, pour la deuxième fois, Contretemps ambiancera au Maillon la soirée de clôture du Festival Premières. Au programme le Barry White du Hip Hop Real Fake MC et DJ Suspect de la Zulu Nation d’ Africa Bambaata en Live, suivis de Michael Reutten du label Compost, du régional de l’étape Tal Stef de Soultronik et du quasiment adopté Ben G de Right On FM, le tout sur des images de la VJ Ramona Poenaru rien que pour vos yeux.

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Le dimanche 6 juin, pour une promenade dominicale et musicale ou juste juste un repos bien mérité, Contretemps se met au vert sur les Pelouses Sonores du Parc de l’Orangerie : au programme, dépaysement et soleil musical garanti avec l’Afro Beat du groupe Mulhousien Kathy Faller & the Alsace 68, le groupe de Batucada de l’Escola de Samba Bombatuc d’Offenburg, le Hip Hop funky de Blockstop () (l’autre groupe de Mr E, Woodstock MC d’Art District) en Live, entrecoupés de Mixs Funk de Dr Donuts, Sir Jarvis de Badass 45 et Pablo Valentino de Faces Records aka nawi Bros & U, avec un saxo Live! Si c’est pas du dépaysement ça, je ne sais pas ce qu’il vous faut! Et c’est gratuit!

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Mardi 8 juin, retour au Funk au Molodoï avec les cuivres de The Bamboos, kangourous Soul/Funk/Hip Hop Roots & vintage Australiens et leur chanteuse Kylie Auld (http://www.myspace.com/kylieauldistmusic). Bonnes vibes garanties et Groove assuré par G Phil, aka Groovehunter, et peintures Soulful réalisées en live par Dan23 sur les murs.

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Mercredi 9 juin, c’est le jour du Cinéma, et Contretemps investira le Star, 27 Rue du Jeu des Enfants avec un Split Mix, Déambulation festive images & sons. Au programme, le Documentaire Maestro de Josell Ramos, sur le Loft et le Paradise Garage, la naissance du Mix et de la Dance Culture. A partir de 22 h, déambulation cinématique en musicale avec une carte blanche au VJ Lefdup, responsable de L’œil Du Cyclone sur Canal +, un Panimix et Dr Donuts mixant sur les images d’ Emmanuelle 4 (La résurrection d’Emmanuelle !) en 3D, des films Blaxploitation comme Cotton Comes To Harlem d’Ossie Davies, Black Dynamite de Scott Sanders, Downtown 81d’Edo Bertoglio avec Jean-Michel Basquiat et le film Interstellar 5555 de Leiji Matsumoto avec la musique des Daft Punk, et plein de courts-métrages 10 x trop courts, le tout terminé par une Tempête de Neige sur un mix de DJ Corrine!

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Jeudi 10 juin, le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg accueillera à 19 h une performance de Koudlam en live, entre fin 70s, Cold Wave, punk et Moondog...

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Le soir, le concert de Mulatu Astaqé à la Salle de la Bourse est hélas annulé pour raisons de santé (il est quand même de 1943) mais sera remplacé (programmation en cours), puis vous pourrez terminer la soirée avec Jay U et Norman Jay, enfant de l’Inde et des Beatles né à Londres, consacré à New York par la Black Music, qui nous refera l’histoire de la House Music au Living Room jusqu’au petit matin.

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Le lendemain vendredi 11 juin, l'Apéro-Mix, Croisière au départ du Quai Des Pêcheurs au fil de l’Ill est complet, alors surfez sur le Computer World de l’électro mondiale au Molodoï à 22 h avec le dandy low-fi Peter Digital Orchestra en Live;Shit Robot, né à Dublin en écoutant Killing Joke, passé à New-York en gagnant sa greencard à la loterie, puis produit par DFA et membre du LCD Sound System; DJ Gomor Mulhousien membre du projet KiraNéris qui a sorti cette année son deuxième album en Live; Fred Ficus aka Mandibull, moitié du duo Caterva du label Sens Inverse pour l’electro dubstep, sur les images de son complice VJ Kashmir; Big Oh qui fait les belles nuits du Rafiot avec ses soirées Ghetto Hype et DJ Link, côté mix de Nu Tropic; le tout avec en fond visuel les images des VJ David Vincent, pour être sûr d’être envahis par des extra-terrestres!

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Enfin, le dernier soir, samedi 12 juin le Final Beat vous propose encore du très lourd : Grandmaster Flash en personne, MC historique des Block Parties avec The Message en 1982 et DJ scratchant à la vitesse du Flash, qui revient en force avec un nouvel album, «The Bridge »; Ashley Beedle, DJ anglais qui a travaillé avec les Talking Heads, monté les projets Black Science Orchestra et Dark Starr, travaillé avec Lily Allen, et vient de sortir un album avec le chanteur de reggae Winston Mc Anuff sur le label Inspiration Information; le groupe de Hip Hop Jazzy Jungle Art District (Mr E, mais avec cette fois Rhum One au beat box et une rythmique Jazz avec cuivres), qui vient de sortir son premier album dans une soirée featuring DJ Premier, Beatmaster historique de Gangstar croiseront ici Grand Master Flash, et nous savons à Strasbourg qu’ils méritent amplement ces honneurs! Enfin, least, but not last, on aura le plaisir de retrouver DJ No Stress (instigateur des soirées Acid Jazz au Café Des Anges) et son pote Francky Hutchinson nous ambianceront en ping pong d’un mix Hip Hop/Funk/Exotica comme ils savent faire, le tout sous les images du VJ Optik Hartmann rien que pour vos yeux!

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Pour ne rien rater, un Pass Festival de 35 € donne droit à tous les concerts !

Jean Daniel BURKHARDT

PS: pour un avant-goût, je consacrerai mes mes deux prochaines émissions Jazzology des jeudis 3 et 10 juin à la programmation de Contretemps, rendez-vous à 21 h sur Radio Judaïca Strasbourg! Retrouvez mes compte-rendus des soirées au jour le jour en commentaire!

lundi 31 mai 2010

ETHIOSONICS : Réunion Ethiopienne pour la fin de saison de La Salle Du Cercle

Vendredi soir 27 mai, la Salle du Cercle de Bischheim invitait pour sa clôture de saison, du très rare sous nous latitudes : accompagnés par les brethiopiques du Badume’s Band, deux stars de la musiques Ethiopienne des années 60s/70s : le crooner Mahmoud Ahmed et l’Elvis, le James Brown Ethiopien, Alèmayehu Eshèté, réédités par le label Ethiopiques!

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Après un jus de bissap (hibiscus), baobab ou gingembre (qui arrache le plus des trois), arrive le Badume’s Band et son chanteur Eric Menneteau, qui, quoique Bretons, sont l’un des meilleurs groupes Ethiopiques, et ont d’ailleurs eu l’aval de Francis Falcetto (éditeur du label Ethiopiques qui réédite les disques des années 60s/70s de Jazz, Funk, Rock , Groove, Trad Ethiopiens) et remportèrent un concours à Addis Abèba (). Cet âge d’or de la musique Ethiopienne se déroula entre 1968 et 1978, fin de règne du Négus Hailé Sélassié, avant la dictature stalinienne de la junte militaire.

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Certes le son est un peu plus froid et Rock, mais on ne pourrait rêver meilleur backing band, et en fermant les yeux, on s’y croirait, même vocalement. Francis Falcetto a eu à propos de ces petits groupes d’Ethiopiques Européens une jolie formule : ils sonnent comme « ce qu’aurait pu devenir la musique Ethiopienne haute époque, si elle n’avait pas été flinguée par la dictature ».

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Une chanson et un instru plus tard débarque le premier des invités Ethiopiens : Alèmayehu Eshèté, qui n’a pas volé son titre d'Elvis, de James Brown Ethiopien. Natif de la région rurale du Godjam en 1941 et d’un milieu modeste, son père le traquait dans les mauvais lieux où il suivait l’Orchestre de La Police (seuls cuivres et seuls musiciens autorisés avec l’Armée, la Garde Impériale), et pour se faire pardonner, il multiplia les ballades sur la piété filiale, mais son attitude restait Rock dès 1969, puis Funk dans les années 70s. Il a encore aujourd’hui, quarante ans après, un faux air de Little Richard dans son col roulé noir. Certes sur les tempos les plus rapides, il est moins survolté dans sa danse de mariage Weleba et ses mouvements de glotte acrobatiques qu’à l’époque dans Yeweyn Haregitu/Feleqleqe, mais franchement le groove est là, la danse aussi, et ces halètements rythmiques caractéristiques chevauchant entre gunnuck et duschmuck! Le tempérament, un zeste de crânerie 60ies/70ies et quelques baisers au public font le reste!

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Il tombe la veste, alterne ballade et morceau rapide et nous ramène à Addis Abéba avec Addis Abeba Beté (Je suis chez moi à Addis Abèba). Quelques ethiopien(ne)s dansent sur la scène.

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Puis arrive Mahmoud Ahmed, en costume traditionnelle Ethiopien : djellaba blanche, serre- tête vert jaune rouge (le Rastafaris me Jamaïcain vient d’Ethiopie et Jah Rastafari l’empereur Haïlé Selassié lui-même, après une prophétie de Marcus Garvey). Lui est né également en 1941, mais dans le Mercato (marché) d’Addis Abeba. Cireur de chaussures, il fut repéré par les musiciens de la Garde Impériale. S’il était plus un crooner dans les années 60s/70s, Mahmoud Ahmed n’était pas incapable de groove sur deux ou trois titres () et rock, voire de twist, et de cris, quand il imitait le paysan Ethiopien dans « Embwa », et encore aujourd’hui, roulant les rrrr sur la guitare Rock comme un lion rugissant sur « Belomi Benna », haranguant le public de ses Habet Habet!

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Il semble avoir mieux vieilli qu’Alèmayehu Eshèté, porté par la force tranquille et un groove infaillible mais terrien, bien ancré dans le sol, des vieux jazzmen ou bluesmen, ou son répertoire, moins juvénile, s’accorde mieux à la prise de l’âge, comme son éternel Ere Mèla Mèla, premier disque sorti chez nous en 1986, alors que beaucoup réduisaient l’Ethiopie millénaire (la reine de Saba en venait) et majoritairement verdoyante à la famine du Sahel.

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Les deux autres chanteurs revinrent pour le final chanter ensemble, communier encore cette belle communauté musicale transculturelle, et les deux plus âgés ne furent pas les derniers à faire applaudir le plus jeune. Si elle permet ce genre de choses de par le monde, la mondialisation a peut-être, par certains côtés, du bon....

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Autre grand musicien Ethiopien, Mulatu Astatqé, prévu le 10 juin à Contretemps, a dû hélas annuler son concert pour des raisons de santé.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 26 mai 2010

Dany Doriz et son Big Band jouent Lionel Hampton au Festival de Munster

En fermeture du Festival de Munster 2010, on pouvait voir le samedi 15 mai dernier le Big Band du vibraphoniste Dany Doriz dans un hommage au premier grand vibraphoniste de Jazz, Lionel Hampton, qu’il a bien connu et qui le considérait comme son fils spirituel, comme l’ancien président du festival, le vibraphoniste Michel Hausser, qu’il écoutait dans sa jeunesse par le conduit d’aération du Chat Qui Pêche, avant d’ouvrir son propre Club, le Caveau de la Huchette, à St Germain, ouvert tous les soirs, cédé ensuite à son fils Didier Dorise (Dany a dû américaniser son nom!), ici à la batterie, fan de Sam Woodyard (batteur de Duke Ellington.

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A l’introduction, sans le vibraphone, le big band fait penser par le piano de Pierre Cammas à celle de Count Basie, au centre de la rythmique entre Patricia Lebeugle à la contrebasse et Marc Fosset à la guitare (accompagnateur ici même de Stéphane Grappelli), très discret mais à la pulsation essentielle comme Freddie Green.

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Dany Doriz entre sur scène. Tous sont en costumes et cravates, même le batteur (pour lequel il doit faire le plus chaud). Et comme un feu d’artifice, ils enchaînent les tubes de Lionel Hampton de Flying Home (où le saxophoniste Illinois Jacquet gagna ses premier galons) à Hamp’s Boogie Woogie (composé par le pianiste Milt Buckner) sur la base du Boogie qui inspira aussi les Rocks de Boris Vian pour Magali Noël, à Air Mail Special (Lionel Hampton était aussi aviateur) composé à ses débuts pour le premier orchestre mixte (deux blancs/deux noirs) de Benny Goodman.

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Les thèmes sont repris par les cuivres et les anches en fond sonore pulpeux à souhait, puis en boogie-woogie par le leader, citant courtement le Night Train de Jimmy Forrest, et enfin encore après les applaudissements, à la manière de l’organiste de Duke Ellington Wild Bill Davis haranguant le public de ses One More Time ? dans April in Paris, puis se calmant par des ballades comme La Mer de Charles Trénet.

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Comme Hampton, qui était aussi un batteur foudroyant et un pianiste efficace dans un style percussif proche de son jeu de vibraphone, avec des traits de stomp et de boogie, Dany Doriz fit un temps un quatre mains avec son pianiste.

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Plus proche de Jimmy Rainey que de Charlie Christian, Marc Fosset donna un amusant solo de guitare, parodiant les guitar-heroes du rock, se traînant jusqu’à terre sur le dos puis faisant mine de manger ses cordes comme Jimi Hendrix (mais sa guitare jazz a l’air d’avoir une toute autre saveur que la seule électricité de la fender solid body d’Hendrix!).

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Chaque musicien de la section des saxophones et des cuivres eut sa minute de gloire en soliste swing, bop, cool ou en chase à l’ancienne sur Stealin’ Apples. La modernité de l’arrangeur se remarqua par un arrangement des plus modernes et funky, presque Hip Hop de l’antique Sweet Georgia Brown de New Orleans.

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Enfin, atout charme de l’orchestre, la chanteuse Gilda Solves de San Francisco scatta coome Ella (http://www.youtube.com/watch?v=tBD9oj_B1qs&feature=related ) sur Goodie Goodie (http://www.youtube.com/watch?v=T7CJA6ejd4w) et chanta Stardust (http://www.youtube.com/watch?v=g9mTsXLlXQo), sur lequel le vibraphone d’Hampton devenait émouvant, délicat comme des flocons de neige ou des étoiles.

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Comme l’a écrit Alain Gerber : «Lionel Hampton est un peu « l'idiot du village » du jazz, mais un idiot qui intéresserait son monde parce qu'il dit ce que le secrétaire de mairie n'ose affirmer... Hampton joue en effet, face aux Basie, Ellington et Goodman, le rôle du dérangeur hilare, du trouble-fête qui bouscule les règles de bienséance du jazz en plaquant des accords sur son iconoclaste vibraphone (instrument qu'il découvre par hasard dans un studio d'enregistrement !) sur des compositions qui deviendront des standards. Vibraphoniste, arrangeur, chanteur et chef-d'orchestre, Hampton s'amuse comme un fou (préférons ce terme à « idiot ») dans cette compilation idoine qui le présente dans différentes configurations (petites formations, big band) ou en compagnie de complices (Louis Armstrong, Benny Goodman...). » Et chacun sait que le fou du roi disait justement au roi impunément des vérités qui aurait coûté leur tête à tout autre!.

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En un mot, grâce à Dany Doriz et son Big Band, le Jazz de Lionel Hampton redonna au public ce qu’il donnait de son vivant : de la joie et de l’émotion à l’état pur, à ceux qui sont trop jeunes pour l’avoir entendu de son vivant, et le Festival de Jazz de Munster confirma par la même occasion être le plus proche de l’esprit du vrai Jazz dans notre région, sans additif ni organisme Jazzystiquement modifié!

Jean Daniel BURKHARDT

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