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vendredi 3 juillet 2009

BIRELI LAGRENE en Trio au Château Du Haut Landsbourg, revisite DJANGO REINHARDT

En seconde partie se produisait à guichets fermés le parrain de ce premier festival « Jazz et Jazz Manouche au Hohlandsbourg », et le plus célèbre des guitaristes manouches locaux (né à Soufflenheim en 1966), jusqu’aux Etats-Unis où il s’est produit au Carnegie Hall : Biréli Lagrène en Trio, avec Hono Winterstein à la guitare rythmique et pompe et Diego Imbert à la contrebasse, qui le suivent dans son premier « Gipsy Project » en 2001 au studio comme à la scène.

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Ils commencent par leur version très personnelle, plus proche dans son introduction lente du balancement des chevaux rythmant la musique Country que du Jazz Manouche, d’ »After You’ve Gone » (qui ouvrait leur avant-dernier disque « Just The Way You Are » en 2007, le dernier « Electric Side » étant plus Jazz-Rock électrique avec des DJs, mais il ne faut pas oublier qu’à 18 ans, Biréli, fort de ses débuts précoces à douze ans puis de ses premiers albums à quatorze ans, se produisait avec Jaco Pastorius en duo, et est d’ailleurs aussi un bassiste électrique exceptionnel aux heures les plus tardives des Jam-sessions : Michel Jehlen, émule local de Jimi Hendrix à « L’Esclave » et les murs du défunt « Piano-Bar » s’en souviennent!). Sur un signe imperceptible, ils accélèrent le tempo sur la basse. Biréli apporte une nouvelle idée à la guitare non pas à chaque chorus, mais à chaque fois que ses doigts touchent les cordes de sa guitare de haut en bas, jusqu’à une sorte de Flamenco-Rock, à la Country Ranchera Mexicaine sur la pompe libre et presque groovy d’Hono Winterstein.

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Suit une bossa nova lente, qui s’avère être « You’re Blasé », dont Ella Ftzgerald avait donné avec Stan Getz une version magnifique. Le tempo s’accélère, Biréli croise et salue au détour d’une dune prise en descente vertigineuse Django en « Sheikh Of Araby ». Ses montées et descentes sont vertigineuses.

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Suit le titre éponyme de leur album, « Just The Way you Are » de Billy Joel, mais sans le concours de Franck Wolf au saxophone. Cette fois-ci, c’est la chanson qui n’a certainement jamais connu un traitement Jazz Manouche, ce qui n’empêche pas Biréli, d’y citer « La Lettre à Elise » de Ludwig Van Beethoven (il lui en enverra plusieurs au cours du concert) en martelant du genou un tempo constant, puis part en Blues, ralentit sur la basse, avec la pompe d’Hono juste une mesure derrière.

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D’un raclement de cordes à vide informe en suspens sur la basse naît le standard « Them There Eyes » sur la pompe métronomique et précise d’Hono qui part en solo, très rapide à la « Koko « de Charlie Parker, quelques basses puis plus lent et sensible sur une seule corde, puis reprend le thème. Hono Winterstein est AUSSI un grand guitariste.

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Suivent quelques « extraits d’un Nouveau Disque à sortir en septembre », un Blues, un Rock lent, qui part cueillir des myrtilles sur le « Blueberry Hill » sur les traces de Fats Domino, mais toujours avec ce côté chaleureux au coin du feu des copains que les manouches d’ici partagent avec les cow-boys de là-bas, avant un solo de Diego Imbert cherchant la note de plus en plus bas sur l’accompagnement des autres avec le côté « tuk tuk » de Ray Crafford, guitariste [accompagnant Ahmad Jamal. Biréli part tout seul en une échappée Blues finale.

Biréli et son trio peuvent à la fois tout tirer vers le Jazz Manouche, et tirer le Jazz Manouche vers les autres musiques qu’elle soient Rock, Funk, que sais-je, ce qui est et a toujours été le privilège du Jazz au sens large et des musiques qui en sont nées. Ce ne sont pas seulement de grands Jazzmen manouches mais de grands jazzmen tout court.

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D’ailleurs ils repartent en funkysant … le « Minor Swing » que Biréli joue depuis le début de sa carrière , d’abord un peu méconnaissable à la Yorgui Loeffler, puis avec des échappées Tziganes, pour arriver à cette version temporaire, work in progress, évolutive, moderne, free, funky, mais respectant la structure et la mélodie initiales et ses grands breaks de contrebasse descendante, puis à nouveau boogiesé, rallongé, avec un SMS final à Elise de Beethoven.

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Autre thème de 1917, premier disque de Jazz du Dixie Land de l’Original Dixie Land Jazz Band cher à Django, « Tiger Rag » repris très rapide sur la pompe d’Hono, modernisé, revisité à la manière mandoline italienne et en valse (c’était pour Jelly Roll Morton un quadrille français), et qui finit en valse manouche.

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Improvisateur facétieux, Biréli aime à accorder/désaccorder sa guitare ou celle de ses partenaires PENDANT QU’ILS JOUENT, comme il l’a fait à Syvain Luc.

Suit « Danse Norvégienne » du dernier Django de « La Pêche a La Mouche » décomposé en Bossa sur un tempo à deux temps, mais emmené plus loin sur le manche, tandis que la basse et la pompe rappellent le thème.

Biréli l’entraîne sous ses doigts vers de nouvelles harmonies, des citations et références en cascade, d’un débit et en nombre trop importants pour les nommer ou les dénombrer, et finit en tremblotement de mandoline Napolitaine avant de se désaccorder au final.

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Suit le thème le plus emblématique de Django, « Nuages », qu’il ne jouait jamais pareil et électrisa comme sa guitare, (mais là encore pas tel quel, ou à la manière « Hot Club de France », que Biréli retrouva un temps avec son premier Gipsy Project, ni même à la manière plus langoureuse du second avec Dédé Ceccarelli, mais en prenant la liberté de suivre les nuages de son inspiration du moment tout en gardant le thème intact. Django aurait aimé, et qui sait d’ailleurs ce qu’il jouerait aujourd’hui ?

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Après ce classique, un autre plus surprenant, mais moment attendu des habitués de Biréli, l’heure du « Hono Show » d’Hono Winterstein « qui va vous chanter quelque chose ». C’est toujours la même chose, d’ailleurs, sa version à l’inspiration du moment du « Blue Suede Shoes » par Elvis Presley. Là le show qui précéda fut du très grand Hono par son potentiel comique comme entertainer, avec le concours bisoutant le micro d’une tzigane / cigale :tzigale alsacienne du « vititiculteur », tirant en longueur, le public toujours en avance ou en retard d’un fou rire pour marquer le tempo, laissant vieillir le King jusqu’à un Elvis « en fin de carrière à 135 ans » qui a failli finir en Johnny sur « Toute la Musique que J’aime », mais Hono ne reprend que les morts, mais nus épargna Michael Jackson!

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Autre hommage auquel on aurait pu ne pas s’attendre sans le connaître, l’hommage vocal de Biréli Lagrène crooner à « The Voice », Frankie « Blue Eyes » Sinatra, auquel il a dédié un album où l’on pouvait l’entendre chanter pour la première fois son répertoire avec une voix assez proche de l’original sur « Fly Me To The Moon ». Avec le temps, Biréli est devenu l’homme aux mille chansons, un vrai juke box, mais improvisant, scattant même dans aigus entre Chet Baker et Michel Legrand. Sauf que ce soir-là, la morgue du crooner avait été contaminée par la bonne humeur et les fous rires provoqués par les pitreries précédentes d’Hono Winterstein, mais on lui pardonnera aisément quelques imprécisions dans les paroles en se souvenant de sa prestation pour son annivesaire au Strasbourg Jazz Festival (qui se tient en ce moment d’ailleurs (du 3 juillet au 8 juillet 2009). Et puis, il a infiniment plus d’humour que Sinatra, et pour quelqu’un dont ce n’est qu’UN des talents, chante vraiment bien, et n’a pas la prétention de se prendre pour Sinatra. C’est juste une corde (vocale et démotionnelle) de plus à son arc. Et au vu de son talent, sa plus grande sagesse est peut-être dans cette humilité qui l’empêche de se poser et le fait continuer de s’amuser comme un gosse.

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Biréli Lagrène redevient le guitariste le plus rapide de l’Est sur la basse de « Night & Day », («avec ses cinquante doigts », chantait le groupe amateur à l’heure de l’apéro, sorte de « Au P’tit Bonheur » à la Tryo local avec une touche de manouche et tzigane) pris très rapide, et avec de vertigineuses montées et descentes d’accords sur le manche. Biréli joue autant de sa technique époustouflante / ébouriffante que du répertoire Jazz (intercalant quelques notes des « Four Brothers » d’Anita O’Day entre Nuit & Jour) mais pas seulement et des styles, presque funky sur la basse groove, drum’n’bass par leur modernité, est groove mais garde ses racines roots, est « groots », si j’ose dire, puis rejoint Django dans son « Artillerie Lourde ».

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Arrivé pour le Bis, Diego Imbert reprend en clin d’œil à Rick Hannah le riff de « Heartbreaker » de Led Zeppelin à la Charles Mingus avec Biréli à quatre mains, puis ils embrayent sur « Troublant Boléro » de Django, qui montre bien combien il était lui-même déjà ouvert aux musiques extérieures au Jazz avec cette basse libre dans ses improvisations, débutant pas forcément latin, puis soudain presque Flamenco sur la pompe d’Hono.

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Que sera ce disque en septembre ? S’il n’est pas encore parti dans une autre direction, peut-être SON PRORE DJANGO du moment, ni Hot Club, ni électrique, mais ouvert à tous les vents, les traditions du monde, voyageur comme les nuages et le peuple manouche...



Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 1 juillet 2009

Michel Bedin, Journaliste à JAZZ-HOT au Festval Jazz et Jazz Manouche au Hohlandsbourg

Après cette première partie, et en attendant Biréli Lagrène et son Trio, le public du Château du Hohlandsbourg a pu profiter de la science Jazzistique de Michel Bedin, journaliste spécialisé en Jazz Mnouche à Djangostation et à Jazz-Hot, première revue historique consacrée exclusivement au Jazz, du nom du livre de son fondateur, et du Hot Club De France Hugues Panassié « Le Jazz Hot », premier livre sur le sujet, car le Jazz fut considéré comme un art en France bien avant d’être reconnue comme tel aux Etats-Unis, si l’on excepte John Hammond. Il fut aussi, avec Charles Delaunay, le fondateur des disques « Swing », premier label consacré intégralement au Jazz en France et ailleurs, dont la première production fut l’enregistrement de Django Reinhardt et d’un quartet de saxophones franco-américain composé de Coleman Hawkins et Benny Carter et d’Alix Combelle et André Ekyan, puis les enregistrements du Hot-Club De France (qui s'appelait à l'origine les "Delaunay's Jazz".

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Evidemment, après-guerre, Hugues Panassié, après la seconde guerre mondiale, incarna plus le camp des figues moisies que celui des raisins verts, sa conception du jazz s’arrêtant au Blues, Dixie Land, New Orleans et Swing, et refusant de considérer Charlie Parker, Miles Davis et leur « Be Bop » comme du Jazz, ou simplement de la musique.

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Jazz-Hot suivit d’ailleurs le schisme de Charles « Œil » Delaunay (fils du peintre Robert Delaunay) en devenant dès 1947 une revue de Jazz moderne de cet ami de Boris Vian qui fit d’Hugues Panassié sa tête de turc dans les colonnes de « Jazz-Hot », l’appelant « le Pape Hugues », « Papanana », j’en passe et de moins respectueuses. S’arc-boutant sur ses positions, le Hot-Club De France excommunia, entre autres, le Hot Club de Strasbourg pour concert de Chet Baker!

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Michel Bedin, s’il n’apprécie généralement pas le synthétiseur, avait apprécié les interventions de Kuno Schmid la veille, car y faisant passer le SOUFFLE humain de l’accordéon ou d’un hamonica., et considère Jaermaine Landsberger comme un jazzman, et pas seulement un jazzman Manouche, de même qu’il y a des gadjé (non manouches) qui jouent du Jazz Manouche, et considère Biréli Lagrène comme du Bop manouche et pas seulement du Jazz Manouche.

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A propos de l’état-civil de Django Reinhardt, il nous précisa que le « Jean-Baptiste » Reinhardt présent sur son acte de naissance était son père, Django fut baptisé Jean Reinhardt, mais prit au début de sa carrière (accompagnant encore au banjo des accordéonistes musette) le surnom de Django (souvent orthographié Jean Got ou Jeangot).

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Il n’y a que trois festivals de Jazz Manouche à part celui-ci, tous liés à la vie de Django : à Liberchies, en Belgique où il est né, là où il s’est marrié et à Samois-Sur-Seine où il est mort, et celui organisé en Alsace, faisant suite défunt "Festival International Tzigane" à la Citadelle, par « Terre Des Musiques Tziganes », anciennement au Jardin des Deux Rives, cette année au Hohlandsbourg.

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S’il y a une riche école de Jazz Manouche en Alsace, et Thomas Dutronc en personne a pris des leçons avec Tchavolo Schmidt, découvert dans « Latcho Drom » de Tony Gatlif à l’époque ou Tchavolo jouait dans « Swing » du même Tony Gatlif.

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Cependant, dit Fabrice Steinberger, président de "Terre et Musique Tzigane", c’est hélas EN ALSACE QUE LES MUSICIENS MANOUCHES ALSACIENS JOUENT LE MOINS. Donc ce Festival a lieu d’être, et d’être soutenu et défendu.

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Michel Bedin rappelle que la Musique Manouche (ou Tzigane) a déjà inspiré à la période Classique Romantique Frantz Liszt, Frédéric Chopin et Béla Bartok…

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 30 juin 2009

SILVIA B PARIS Jazze au Château du Hohlandsbourg

C’était ce week-end la première édition du Festival « Jazz & Jazz Manouche au Hohlandsbourg », organisé par « Terre Des Musiques Tziganes » au Château du Hohlandsbourg construit en 1279 accueillant la musique des gens du voyage que sont les musiciens manouches comme des baladins du temps passé.

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Vendredi, le Festival accueillait Dino Mehrsteinl’organiste manouche allemand Jermaine Landsberger et le guitariste Suédois Andréas Öberg qui l’accompagne sur son dernier disque très groovy « Getting Blazed » enregistré à Los Angeles depuis lequel tous les américains se l'arrachent. Samedi, on a pu entendre Silvia B Paris et Biréli Lagrène, parrain du festival, en trio, et dimanche Di Mauro Swing et Yorgui Loeffler, accompagné de Costel Nitescu.

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Samedi 27 juin, c’était donc la chanteuse Silvia B Paris, qui a fait les belles nuits des mercredis du Club Raven cette année, accompagnée de l’équipe des jams de L’Artichaut (qui continuent en juillet): le guitariste américain Rick Hannah (partenaire entre autres d’Anita O’Day, de Chick Corea, Barney Kessel, Joe Pass, Jimmy Smith, Joe Farrel, Stevie Wonder), du pianiste Erwin Siffer (fils de l'humoriste Roger Siffer), de Raphaël Sonntag à la batterie et d’Anne List à la contrebasse (qu’on a pu entendre souvent au Piano Bar avec Pascal Pallamidessi et son propre groupe Jazz-Funk Moglaz), qui l’introduisent par un blues.

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Silvia B Paris arrive, magnifique et bronzée dans son armure de robe longue et manches lamées argent, plus « Silver Finger »« Gold Finger » mais en tous cas une héroïne à la James Bond, et commence par « Blues In The Night », interprété par Jimmy Lunceford et son orchestre (le meilleur Big Band pour les parties vocales) en 1941.

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Le vibrato est émouvant, et elle fait danser ses doigts vers les musiciens ou a sa ceinture, module les voyelles, les doublant et rallongeant avec swing à la Julie London sur les trilles d’Erwin Siffer, les entrecoupant du refrain « My Mamma Don’t Tell Me ».

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Elle continue avec « Honeysucle Rose » de Fats Waller entre ralentissements et accélérations sur la guitare à la Jim Hall accompagnant Ella Fitzgerald à Berlin.

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Avec un accent anglo-saxon, Silvia B Paris s’enquiert, « bichonne les musiciens », mais « ils font les timides», et enchaîne sur « Let There Be You », que je ne connaissais pas, avec un accompagnement à la Ahmad Jamal Three Strings, où ce rêve de Roger Rabbitt promet des huîtres et de l’amour…

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Elle poursuit avec « Summertime » de George Gerswin, débutant sur une guitare lente à la Ella Fitzgerald & Louis Armstrong dans « Porgy & Bess » sur les basses Bossa et les harmonies de la guitare. Soudain, la rythmique part sur un riff bluesy, la voix s’enfle dans les graves à la manière de la version psychédélique de Janis Joplin sur un changement de rythme obéissant au doigt et à l’œil pour le solo de guitare citant « Lullaby In Birdland » entre des trilles à la Tal Farlow /Berney Kessel/Jimmy Rainey avant le solo de piano et la montée de la batterie sur laquelle reprend la voix, finssant dans le tempo lent initial.

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Dans l’intro de « Night & Day » de Cole Porter, Silvia B Paris pointe les musiciens après la cliquetante horloge au « You, You, You » de l’introduction, tombée dans l’oubli après la version de Fred Astaire et Ginger Rodgers dès Billie Holiday, et que Frank Sinatra ne chantait pas, ni dans sa dans sa version « Swingin’ Affair », ni même dans sa version Disco. L’accent de Silvia B Paris rappelle d’ailleurs Sinatra. La version de Silvia B Paris est originale rythmiquement et dans sa prononciation, sa façon d’immiscer les paroles dans le solo Hancockien d’Erwin Siffer (sa principale influence, il a dirigé un temps au Piano Bar un trio PSE inspiré de l’ESP de Miles Davis).

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Silvia B Paris enchaîne avec « Black Coffee » () , un blues que j’ai découvert sur FIP par la version de Sarah Vaughan en 1949. Silvia B Paris la chante de façon émouvante entre café et cigarettes, peut-être plus proche de la version de Julie London.

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Après avoir fait saluer ses musiciens, Silvia B Paris poursuit avec « I Remember You » de Johnny Merce, sur un tempo plus lent que Chet Baker pour Pacific Jazz, moins pop, plus latine et bossa, très originale avec son solo de piano à la Antonio Carlos Jobim des inferniños dans son économie de moyens, suivi des paroles de plus en plus lentement, mais Rick Hannah « ne veut pas travailler », puis se fend d’un solo à la Jim Hall (l’un des plus grands guitaristes de Jazz au monde) accompagnant Paul Desmond dans « Bossa Antigua », «Manha de Carnaval » ou Lalo Schifrin dans « Bossa Nova Groove » et final sur « Yououououou ».

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En fait, Rick Hannah se réservait pour une surprise faite aux « fans de Led Zeppelin » : il esquisse les accords de « Stairway To Heaven » de Led Zeppelin en introduction au « I Love Paris » de Silvia B Paris, très lent, à la Hellen Merrill dans « No Tears No Goodbye », puis soudain plus rapide et fou, plus proche de la reprise de Charlie Parker et Billy Bauer ou Vanessa Paradis (que je n’aurais pas reconnue, sur, autre surprise, le riff de « Heartbreaker » de Led Zeppelin, avec un solo de Raphaël Sonntag à la John Bonham, le batteur surpuissant au son de camion de Led Zeppelin dans « Moby ( ) Dick» . La version la plus Rock et surprenante que j’ai entendue de ce standard.

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Silvia B Paris enchaîne avec «What A Difference Day Makes », autre chanson populaire venue du Mexique chantée par Maria Mendez Grever en 1934, traduite en anglais la même année par Adams et Roy en boléro romantique, puis la version de Dinah Washington remporta un Grammy Award Rythm & Blues et finit en disco avec Esther Philips, reprise ici sur un tempo très lent, puis Silvia B Paris sculptant ses mots avec sensualité dans les interstices des solos de guitare, basse et piano.

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Elle poursuit avec un blues, « Willow Weep For Me », (popularisé par Billie Holiday), dans une version tragique et dramatique jusqu’à mimer la folie en montrant son crâne comme le « Poinçonneur des lilas » ( ) de Serge Gainsbourg, rêvant de « se faire un dernier p’tit trou », mais qui n’en a pas fini avec la retraitedans une version tardive, puis elle va hurler son Blues comme une louve son blues d’un musicien à l’autre.

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Elle vérifie qu’il n’y a «que de l’eau dans les bouteilles des musiciens ». C’est prudent : Billie Holiday et Lester Young, quand ils enregistraient « All Of Me » qui suit, carburaient au «top & bottom », mélange de porto et de gin peut-être frappé (c’est infect, j’ai éssayé). Le début est original, puis très rapide sur un rythme de charleston. Silvia B Paris modernise les standards de l’intérieur par une sorte de talk-over entre les improvisations et chorus des musiciens et les breaks du batteur.

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Comme Billie s’étourdissant de bulles dans « You Go To My Head », Silvia B Paris reçoit un verre de champagne, mais réclame des fleurs, puis nous fait clapoter la pluie de « September In The Rain », sur la basse et la guitare, le piano lents à la Jamal ou comme dans la version de Stan Getz et Peggy Lee, avec un solo de contrebasse d’Anne List et un autre d’Erwin Siffer en stop time au piano.

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Avant « The Man I Love » (« which one », lequel des trois est-il ?), Sivia B Paris nous montre comment tiennent les partitions d’Erwin Siffer : sous des cailloux en presse-papier, mais DU CHÂTEAU. D’abord lente et à peine murmurée, soudain la batterie rend la reprise très rapide à la Ella Fitzgerald quand il arrive enfin. Le solo de piano est Bop sur la batterie à réaction et les trilles de la guitare , avant un solo de batterie tout en bombes et en ras, guitare, basse et chant…

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Silvia B Paris a montré son humour dans ses présentations et son ubiquité rythmique dans ses reprises, elle était LA chanteuse glamour de ce festival.

Jean Daniel BURKHARDT

dimanche 28 juin 2009

Lisez ma dernière chronique de disqe sur la complile de Musique Panaméenne "PANAMA!2"....

Aimez-vous la Salsa? Découvrez son pendant Panaméen avec la compilation ""Panama!2: Latin Sound, Cumbia Tropical & Calypso Funk on the isthmus 1967-1977"!

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Si à cette période la « Latin Soul », aussi appelée Salsa bat son plein à New York (à grands renforts de musiciens latino-américains exilés et de portoricains) avec le label Fania, la musique Panaméenne a su à la fois aborder la tradition des styles Cubains, et la modernité Rock, Soul, Funk ou Calypso venus d’ailleurs et garder sa spécificité, les Tamborera ou Tamborito, versions locales de la musique Meztica, de la Cumbia ou de l’accordéon Vallenato de la Colombie toute proche, dont le Panama fut longtemps une partie, mais avec une insistance particulière portée aux percussions des noir qui lui est propre.

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Ma chronique de cette compilation est à découvrir sur "drum-bass.net"

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 19 juin 2009

BACK 2 THE DAYZ : KEB DARGE, FRANCKY HUTCHINSON ET NO STRESS AU CAFE DES ANGES : Rockabilly, Jump Blues, Northern Soul et Deep Funk

Triple-retour aux sources ce mercredi 10 juin au Café Des Anges: aux sources Rockabilly/Jump Blues 50ies, Northern Soul 60ies et Funk 70ies avec Keb Darge, Et aux sources de ce lieu, puisque No Stress y inaugura au caveau les soirées Acid Jazz dans les années 90s, où Francky Hutchinson était parfois présent.

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Francky Hutchinson, plus Brazil, commence aux premiers jours de la fusion Jazz-Funk Brazil avec quelques titres d’ « Early Days », toujours en activité, avec des voix entre Gilberto Gil et Caetano Veloso et un scat sur les claviers.

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No Stress lui succède en ping-pong avec un de ses arrangeurs préférés, Johnny "Hammond" Smith, claviériste et organiste sur l’orgue du même nom et arrangeur et chanteur Jazz Funk aux claviers gélatineux scintillant psyché sur un lit de cordes moelleuses vintage à l’unisson.

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Le Space Funk fait hurler ses sirènes au décollage sur des cuivres et claviers stellaires, rencontrant les esprits de voix horrifiques et spatiales vers des « Visions Of Tomorrow » de Science Soul Fever (si j’ai bien lu la pochette) : ils ont une culture Funk/ Soul que je n’ai pas, tous leurs morceaux sont des perles, et je ne peux pas leur demander ce qu’ils viennent de passer après chaque titre! Dans ce domaine, ils sont mes initiateurs et mes maîtres à chacune de leurs soirées! No Stress prend le relais avec une nouveauté au goût d’acid Jazz et de Milton Banana Trio.

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Francky enchaîne avec Marius Cultier, pianiste antillais, en trio dans « Disko Machine ».

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No Stress continue avec une chanteuse Soul « Make Me Feel Like Long Time Ago », puis Francky enchaîne sur Charles Williams, puis la guitare avec voix haut perchée à la Marvin Gaye du Bluesman Roy Buchanan qui se pendit en cellule de dégrisement, dans « Can’t i Change My Mind », ma chanson préférée, la plus sautillante et bouleversante à la fois, la plus funky()en version plus lente. Keb_Darge_Roy_Buchannan.jpg



Un des anciens Anges historiques du Caveau du Café des Anges est venue en apprenant le retour de No Stress.

Arrive Keb Darge, DJ Ecossais, spécialiste du Rockabilly & Jump Blues 50ies, Northern Soul 60ies (Soul froide anglaise) et Funk 70ies. Il commence par un Twist Jazzy Funky Soulfull Swinging London à la manière de la musique d’Herbie Hancock pour « Blow Up » de Mihelangelo Antonioni, où Jane Birkin fit ses débuts au cinéma.

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Les saxos et percussions attaquent, suivis de Joseph Henry, proto-James Brown ou bon imitateur Ecossais qui était aussi mégalo que lui avec ce « Who’s The King ( You Know That’s Me) », qu'il a fait découvrir par s compilation "Kings Of Funk".

Avec sa passion pour les raretés, Keb Darge exhume des pionniers ou des suiveurs méconnus de ceux qui ont fait une grande carrière, les fait revivre. Ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner sur l’original James Brown dans son « Papa’s Got A Brand New Bag », après un classique instru funky connu ici par le remix des Inuits que passent les Badass Funkstarz: « Hammon Groove ».

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Keb Darge aborde les années 70s par un air de Disco comme celui par lequel il remporta en 1979 une compétition de Disco à 22 ans. En tous cas, ça danse, le public hurle et sceame à sa crème comme James Brown dans les années 70s et lui-même danse encore parfois en des dance contests sauvages.

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Keb Darge sait aussi varier les plaisirs sur ces 30 ans 50ies-70ies, et est l’un des seuls DJs Funk à passer aussi du Rockabilly et du Jump Blues découverts au Cabaret de Madame Jo-Jos ( à Londres, tous les samedis) , qu’il préfère ces dernières années au Funk et à la Soul, qu’il joue depuis tant d’années, ce qui en fait le seul DJ déségrégé passant de la musique Black & White sans distinction. Pour lui « tant que le son est bon...».

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J’ajouterai d’un point de vue plus historique que le Rock’N’Roll fut volé aux Noirs par les Blancs comme le Jazz, que l’on a retrouvé des partitions de Boogie Woogie noires de 1880.

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D’ailleurs le premier Rock de la soirée sera « Let’s Boogie All Night » des Hot Rocks allemands, à la contrebasse obsédante, puis «I Got The Boogie", un Jump Blues par un Shouter à la Big Joe Turner qui chantait « Shake, Rattle & Roll » bien avant Elvis, digne des « Chicken Shack Boogie » (Boogie des boîtes poulaillers) d’Amos Milburn. Keb_gueule.jpg

Suit le torrentiel Jump Blues «Kiiiing Kooong » de Big T Tyler aux terrassant piano et saxo, que vous pourrez retrouver dans la complilation « Lost & Found Rockabilly & Jump Blues » de Keb Darge et Cut Chemist, son chauffeur de taxi .

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Le titre suivant me fait penser aux Rock’N’Roll de Boris Vian (mort il y a 50 ans) pour Henri Salvador comme « Rock-hoquet », aboyant, hoquetant, avec son saxophone hurlant et son final Be Bop, comme le Rockabilly suivant taxiphonant ses riffs obsessionnels jusqu’au solo.

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Suit Louis Prima italien de New Orleans, un des rares Jazzmen (trompettiste et chanteur) à avoir pu, comme chanteur, garder son public après la vague du Rock’N’Roll en s’y adaptant, avec son « Just A Gigolo/ I Ain’t Got Nobody » (deux standards séparés à l’origine), et finit « King Of Swingers » en ourang-outang dans le Livre De La Jungle de Walt Disney dont Louis Armstrong faisait l’ours Baloo.



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Wynonie Harris, noir et plus violent, ne parvint jamais à revenir dans les années 50s, mais chanta « Good Rockin’ Tonight » avant les blancs, dès 1948.

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Et Elvis Presley? Elvis était alors encore un fan tremblant de Rubberlegs Williams (à qui il piqua son jeu de jambes en caoutchouc, mendiant des autographes à Roy Brown , compositeur de « Good Rockin’ Tonight » qui lui écrivit ses tubes sans jamais un enregistrement ou royaltie de la part du Colonel Parker et mourut dans la misère. Une pensée pour ces héros noirs oubliés du Rock'N'Roll et Rythm'N'Blues.

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Ce qui manque peut-être à Keb Darge, c’est cette conscience historique, raciale, mais il n’en a cure, comme le public, d’ailleurs, dans leur hédonisme du son, de la joie, de l'insouciance. Je les comprends.

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Tiens le voilà, Elvis Presley, hoquetant son Rock’N’Roll, aboyant son « Hound Dog ». Non c’est en fait un de ces bons imitateurs Rockabilly récents, le mexicain Omar Romero & The Stringpoppers dans «My Baby Don’t Breathe ».

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Suit un Rockabilly à la Jerry Lee Lewis mais avec une guitare Country , puis une autre découverte récente de Keb Darge : une version de « Fever », qu’Elvis reprit après son service, mais par d'autres pseudo-Mexicains à somberos, les Londoniens Carlos & The Bandidos, en Rockabilly , embarqué sur les riffs de « Brand New Cadillac » du Rocker anglais Vince Taylor repris par les Clash dans « London Calling » ( sous le nom de Joe Struumer & The Mescaleros.

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Sans les anglais Beatles () Stones, Who ou Kinks, le Rock’n4roll serait mort de la répression américaine contre ses pionniers à la fin des années 50s.

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Pour leur défense, Elvis Presley et Johnny Halliday )après lui ont compris que le Funk était le Rock’N’Roll noir et Elvis engagea des choristes noires (dont la mère de Whitney Houston) et des cuivres, enregistrant même un album dans les studios Stax, et Johnny finit sa carrière avec un musicien de Ray Charles.

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No Stress revient avec du Reggae Funky de Third World : No That We Found Love”

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Keb Darge est aussi un pionnier de la « Northern Soul et du Deep Funk » (Funk Soul froid dont il fut un des initiateurs en Angleterre), avant Gerald Jazzman et DJ Gruyère, et passe les originaux de «Beggin’» par Frankie Vallie & The 4 Seasons qu’on connaît par Madcon, et plus tard l’original de « Tainted Love » par Gloria Jones en 1964, plus connu par Soft Cell.

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Dans une autre série de Rockabilly, Keb Darge passe « Stamped » des Scarlets, un Rock Psyché Garage Surf Music qui inspira le premier tube des Cramps « Bikini Girls With Machine Guns».

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En Funk, No stress répliqua par « Move On up » de Curtis Mayfield.

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Keb Darge nous renvoie à Memphis et aux années 50 avec « Luther Played The Boogie » de [Johhny Cashpour Luther Perkins, puis à une autre origine du Rock, le « Boom Boom » de John Lee Hooker, qui inspira « La Grange » des Texans ZZ Top.

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Bref, je me suis rendu compte que j’avais toujours eu honte d’écouter du Jazz devant mes amis qui écoutaient du Blues/Rock blanc 60ies/70ies, et d’avoir écouté du Rock dans les soirées Funk, alors que c’est la même musique par des blancs ou des noirs. C’est la plus belle leçon de Keb Darge, l’un des rares DJs Rock’&’Soul.

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 12 juin 2009

Le Festival CONTRETEMPS se met au vert sur les Pelouses Sonores de l’Orangerie

Après l’orage et quelques pluies suivant le set plus Jazz Funk qu'à son habitude de G Phil passant le superbe "Turkish Bath" de Weldon Irvin, les concerts des Pelouses Sonores gratuites ont pu se poursuivre sous le soleil dimanche 7 juin à L’Orangerie, avec deux Live, un set Reggae et du dub.

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Tout d’abord le MMEW (Musique Municipale Espérance de Wasselone), qui sous un nom pas très fun est la plus funky des harmonies locales grâce à un répertoire Soul 60ies et des arrangements sur mesure signés par le guitariste Bernard Struber (ORJA, Bernard Struber Jazztet et ZTet sur Zappa).

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Les deux excellentes chanteuses commencent par un medley du Stevie Wonder ave « Isn’t She Lovely », dont le bébé, la fille de Stevie Wonder qu’on entendait en 1976 dans « Songs In The Key Of Life » chante désormais avec lui sur scène, "Another Star", plus Brazil, servie par des nuances de Frevo des cuivres et anches, puis «Sir Duke » extraite du même disque, plus swinguant, en version instrumentale avec solo de saxophone, et finalement la ballade « I Just Called To Say I Love You ».

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Autre production du label Motown , la composition de son producteur Jerry Gordy « I’ll Be There » pour les « Jackson 5 » Il y avait aussi les « Jackson Sisters » qui enregistrèrent «I Believe In Miracles » en 1976, repris récemment en Dub Soul par les Dynamics qui se produiront à CONTRETEMPS en Live au Molodoï demain samedi 13 juin..

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Les cuivres firent de beaux fonds sonores derrière les chanteuses dans « Georgia On My Mind », standard de Jazz d’Hoagy Carmichael popularisé par Ray Charles.( ).

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Elles poursuivirent avec « Respect » d’Aretha Franklin, à l’origine chanté pour le respect plus racial que féministe par Otis Redding, qui disparut trop jeune dans le même accident d’avion que Buddy Holly et dont l’harmonie reprit plus tard le plus connu « Sitting On The Dock Of The Bay ». Sur ce classique « Respect », il faut reconnaître que l’harmonie était vraiment pêchue et à ses cuivres un swing impeccable. D’’Aretha, ils reprirent aussi « Chain Of Fool ».

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Suit un thème Disco d’Earth, Wind & Fire, « Keep Your Head To The Sky » avec un bel unisson flûté des saxophones.

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Elles enchaînent avec une reprise de la chanteuse Soul à voix très aigue Minnie Riperton dont « Lovin’ You » fut reprise dans la BO du « Journal de Bridget Jones ».

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Ils terminèrent par un medley endiablé de Kool & The Gang incluant « Ladie’s Night », qui fit danser Flore, Mélanie et quelques autres Soul Sisters comme à Woodstock, ou plutôt comme au Festival Soul Power de Kinshasa dont le festival diffusa en avant-première le film le mardi 9 juin () .

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Bref, ces reprises du MMEW furent les plus beaux hommages live à la Soul Music du Festival Contretemps. Le MMEW se produira à Wasselone le 20 juin à 20 h pour la fête De La Musique.

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En entracte, Daddy Roudy selecta des Dance Hall Vibes avec Skunk Head (qu’on retrouvera le 17 juin à Molodoï et le 21 juin Place Rouge pour la Fête de la Musique) anima dynamiquement un set Reggae Ragga.

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Suivit le groupe de funk local Greenstuff et ses compositions style Funk 70ies à s’y méprendre avec Pascal Beck (Sonando, VSP Orchestra) au trombone, Yan ( chant et guitare), Bill (chant et basse) , Piment (chant et batterie) et Smith (chant et claviers).

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Ils commencent par « Keep On Movin’», chanté par le guitariste, au trombone tailgate funky sur le fender rhodes et au chant énergique, suivi de « Boum Boum » (Shake It and Wait), avec un groove à la Jamiroquai et un scat du guitariste sur fender rhodes sur « I’m On My Way » et de « One More » avec de beaux unissons de cuivres et de voix où l'on reconnaît les qualités d’arrangeur de Pascal Beck.

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Sur un tempo lent, presque dub, de la guitare se greffent les cuivres à la Shaft, puis la voix, magnifique, angélique dans les aigus, avec la grâce d’un Jeff Buclley, du batteur chantant cet cette « Electric Girl », beau texte sur un magnifique fond sonore.

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Après le tempo One-two-three-four d’usage suit «We Do The Music Live », où le trombone de Pascal Beck évoque celui de Fred Wesley, celui de James Brown.

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Le Funk c’est le Rock électrique noir, après le vol par les blancs du Rock’N’Roll, via le Rythm’N’Blues et la Soul Music. Le terme vient d’ailleurs d’une insulte blanche portant sur la prétendue odeur des noirs, à laquelle les blancs ajoutaient leur fantasme : mélange de musique, d’alcool, de danses en transe du vaudou de Congo Square héritées de l’Afrique, de sexe et de sueur. Dans les années 50s, Horace Silver et son « Opus De Funk », Art Blakey et Max Roach assumèrent l’idée du Jazz Hard Bop « Funky », fait par des noirs pour les noirs, réhabilitant les rythmes ancestraux du Gospel , et les publièrent sur le label Blue Note. Puis James Brown les exhorta avec son «Say ItL oud, I’m Black and I’m Proud » au Funk.

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Une bonne intro de claviers plus tard, les cuivres attaquent à nouveau, rappelant les Brecker Brothers dans leurs unissons.

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Suit « Mystic Soul » avec un bon solo d’orgue 70ies du clavier, le mysticisme et la Soul, l’Âme noire du Gospel, devenu profane avec le Blues, urbaine et populaire avec le Rythm’N’Blues et le Funk, équivalents du Rock noir et le Funk.

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« Stop It Now », la dernière, est un autre thème aux unissons de cuivres efficace sur clavier et guitare funkys, pour fairefaire groover une Bithday Party, avec un bon solo de trompette.

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Le Bis apporta d’autres nuances encore, une batterie broken beat/batucada et un fender rhodes à la « In A Silent Way» de Miles Davis avec Herbie Hancock, Joe Zawinul et Chick Coréa aux claviers et John Mc Laughlin à la guitare, le premier disque « électrique » de Miles, mais un virage plutôt soft comme son nom l’indique, avant « Bitches Brew ». On retrouve dans cet « African Roads »ce groove presque immobile mais qui monte imperceptiblement vers l’intensité du trio basse/ batterie /rhodes comme dans « in A Silent Way », la guitare aux effets près de l’ampli avec la basse, le clavier/ balafon/marimba vibraphone de Roy Ayers, partisan de la fusion Jazz/Funk/Soul et les cuivres comme en un lointain écho psychédélique.

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Finalement, après cette introduction plutôt jam expérimentale, c’est le titre le plus africain, le plus proche de l’influence de Féla Kuti, fondateur de l’Afro Beat, aux cuivres rugissant comme un lion, chanté par le bassiste, et annonce un peu le concert de Fanga de jeudi . Bref, une longue impro 70ies magnifique, digne de Miles à l’Ile de Wight, inclassable « Call It Anything », mais ouverte à tous vents, aux horizons de tous les continents et à leurs influences.

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En dernier Bis, « Make Me Crazy, Electric Girl » a un côté plus Hendrixien à la « Voodoo Chile » dans la voix, les riffs et les cuivres en fond.

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Greenstuff devrait bientôt sortir son premier album.

Enfin, cette après-midi se terminait avec Dub In V.O., combo Lorrain samplant The Digital Garden (DJ) avec Nicolas (batterie), Julien (basse) et eP (rhodes, claviers), et ALX aux effets, qui viennent de sortir leur album « The Needle».

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En effet, ils utilisent beaucoup, dès le premier titre, de samples de films en VO sur des lignes Dub lentes, allongées, planantes, puis soudain plus rapides sur la basse et un synthé space 70ies en wah wah, aux coups de claviers et des clusts fracassants Jazz-Rock sur la drum’n’bass et le scratch des platines. Dès ce premier titre, on voit que le côté electro du Dub n’empêche pas l’énergie Live de se déployer librement.

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La basse reste mélodieuse dans ses lignes, bien placée dans les espaces entre Drum & Bass, à la « Birdy Nam Nam », mais avec un son plus live.

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Les cymbales s’obstinent en Broken Beat, mais les instruments sont modifiés par les moyens électroniques en live, ce qui fait du dub, plus que de l’electro, la seule forme de musique électronique improvisée intégrant le live dans une dynamique vivante. En fait le Dub naquit en Jamaïque d’un accident, un ingénieur du son ayant oublié la voix du chanteur dans un pressage. Or cette version instru marcha mieux que les autres, car les DJ et MC pouvaient y poser leur voix.

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[Les claviers se font aquatiques, à la Edgar Froese, presque sous-marins, attirant par le fond des samples ricanants à la surface quand le rythme monte à la surface. Sur les claviers sont 80ies ou proto-hip-hop tourbillonnent des scratches en typhons, puis tout redevient mélodieux sur un saxophone free digitalisé par le laptop sur la batterie.|http://www.youtube.com/watch v=Z3O_sGFrOm4&feature=related ]

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« C’est l’heure de l’apéro » et d’une « Chanson d’Amour ».

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Cela ressemble à du Lee Scratch Perry

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Ce père Jamaïcain du Dub, sorcier des studios, accompagna un temps Bob Marley et les Wailers avec ses Upsetters, produisit quelques-uns de leurs chefs d’œuvres, mais sortit une de leurs chansons par un de ses groupes, ce qui provoqua leur rupture quand ils l’envoyèrent à l’hôpital. Il est assez fou pour avoir par deux fois détruit volontairement son studio par le feu puis une inondation, met fin aux interviews en allumant de l’essence et en dansant la danse du feu sur la terre battue de sa maison où poussent des palmiers, arbore une barbe teinte de bleu et une couronne de montres pour rester en décallage horaire permanent, et vient, à plus de 70 ans de sortir un nouvel album «The Mighty Upsetter »!

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Mais à partir de cette technique, Dub In V.O. savent intégrer des cris féminins entre plaisir et souffrance, et même à la Asian Dub Foundation dans le clavier des influences d’harmonium portatif Pakistanais sur un sample de Nusrat ou Ustad Fateh Ali Kahn et Jan Garbarek de « Ragas & Sagas » , ce qui montre leur ouverture aux cultures du monde.

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« Venez par ici tout contre moi », dit le DJ, « Viens vers moi, petit, je vais te faire du bien » surenchérit un sample de voix féminine et sensuelle, avant des accélérations de Beats de plus en plus violents.

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eP, aux claviers, est celui qui improvise le plus, sur des voix à la Massive Attack dans « Side Effects », le meilleur titre au niveau de l’improvisation collective.

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Suit « Loov Guru », puis «Bagdad Cola », planant et avec une clameur orientale mêlée avec succès à une voix de cantatrice aigue ou hurlant de terreur dans un film série B de Russ Meyer ou au Retour horrifique du Sacre Du Tympan scratchée en tourbillons avec des tremblements de claviers et d’effets.

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Un autre titre aux influences ethniques utilise des samples de qânun syrien sur les claviers Ethio-Jazz, puis les vagues électroniques se font de plus en plus violentes.

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Dans une peite mélodie électro, on croit reconnaître une phrase de Thélonious Monk, avant un dub final en bis, lent, puis samplant des diodes hurlantes.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 10 juin 2009

CONTRETEMPS RENCONTRE PREMIERES : DORIAN CONCEPT et NIKKI LUCAS, PABLO VALENTINO & TAL STEF

Pour sa seconde soirée, le Contretemps s’associait au festival de théâtre « Premières » pour animer sa dernière soirée au Maillon Wacken.

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Pablo Valentino, qui a ravi et fait monter au plafond et miauler de bonheur le « Chat Perché » tout l’hiver de ses soirées Chat Groove les jeudis et Chat House les vendredis, n’a pas encore sorti son double Hip Hop « Kid Sw!ng » auteur de « Basquiat » et du LP « 6th Grange Street » à venir en juillet sur son label FACES RECORDS, du placard, mais une avalanche de cuivres et de rythmes Brazil pour faire danser et tournoyer cheveux aux vents comme un cyclone, un ouragan son amie la Fourmi Toupie Derviche Funky aux yeux verts, ouvrait le bal.

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Suivit leViennois Dorian Concept, qui a troqué très jeune sa Nintendo contre un clavier synthétiseur pour produire cette étrange musique électronique improvisée, modifiée mais belle. Gilles Peterson le compare déjà au pionnier de ces claviers, Jo Zawinul. Il vient de sortir « When Planets Explode »

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Il est accompagné de Cid Rimon aux baguettes sur batterie électronique. Il est parfois indianisant et planant comme sur les soufflets d’un harmonium portatif, ou par sa vélocité la musique Japonaise de koto, puis trouve sur son MicroKorg la folie des « Toccata & Fugue » de Jean-Sébastien Bach jammant avec la distorsion sonore d’un Van Halen des claviers, mais aussi les bruits de la jungle naturels et d’autres plus aériens, incarnant sous ses doigts la canopée de sa structure et l’oiseau qui s’en envole à tire d’aile.

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Le jeu de Dorian Concept est, me dit-t-on, très visuel, entre clusts, scratchs et bouton de Nintendo de son enfance sur la Drum’n’Bass de son batteur. C’est vrai que par moments on pense à Jo Zawinul dans les aigus, et par ce côté très improvisé, jouant acoustique sur des instruments électriques. Il est entre le naturel et le modifié, joue plus électrique qu’acoustique, venu non du piano mais de la Nintendo.

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Soudain nous illumine un sample de voix Soul à la Gnarls Barkley sur les bonds mouvants de l’electro et la basse broken, les claviers qui semblent scratcher. Au moins s’amuse-t-il comme un petit fou avec une folie rare dans le Jazz actuel.

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Parfois il crée un monde aquatique par des aigus et des ralentis à la Edgar Froese sur les percussions rebondissantes de la batterie électronique.

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Sur une sorte de dub, il déploie de grandes orgues aux échos cotonneux, évanescents, stellaires. Son univers bascule entre mouvements de planètes et d’étoiles dans le calme de l’univers sidéral et de soudaines explosions où elles explosent, s’entrechoquent, se confondent. Les gracieuses comédiennes du Festival Premières agrémentent le set de mouvements harmonieux, robotiques ou ailés selon le rythme.

Arrive Nikki Lucas,, DJ Londonienne mais qu’on pourrait dire à sa musique du monde entier elle est cosmopolite dans le Rechauffement Planétaire positif de ses rythmes. Elle a commencé au sein du Lucky Cloud Posse, qui organisait les venues du légendaire David Mancuso. Aujourd’hui elle a son propre Radio Show « Future Fusion ».



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Elle commence par les percussions entraînantes de la Batucada Brésilienne modernisée par le Samba Reggae à la Olodum, qui évolue en Hip Hop Brazil « reprezenta », d’une voix qui devient rythmique sur les beats des autoroutes mondiales.

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Elle passe ensuite en Afrique avec un Soukouss Africain festif de Kenge Kenge porté par des balafons en hommage à Barack Obama. Un des comédiens, qui viennent de toute l’Europe et d’ailleurs, Africain, fait la danse du bâton. La sélection World de Nikki Lucas ravit toutes ces nationalités qui dansent.

Toujours en Afrique, mais plus funky, après l’Afro Beat (mélange de funk, jazz, rock et de musiques traditionnels Africains créée par le Nigérian Fèla Kuti), elle est aussi au courant du « Future Afrobeat » modernisé d’une clavé cubaine doublée d’une cymbale broken de l’Afrozen Orchestra avec le chanteur Chancellor Dedianga sorti en mars dernier sur la label Strasbourgeois Soultronik de Tal Stef, l’un des organisateurs du festival. C’est dire quand même l’ubiquité de cette globe trotteuse et les possibilités de connexions entre le local et le mondial.

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Sur l’écran , OPTIK HARTMAN, Vjay de Karlsruhe montre des lunes éclatant comme des bulles de savon autour d’un homme monté dans un arbre. Le saxo crie jusqu’à la transe. Une nuit bleue tombe sur la savane, dont les lunes deviennent des sphères étoilées stroboscopiques ou des flocons de neige sur un magma de bulles rouges. Les cuivres Afrobeat passent sur des claviers dub dans des Ombres sur fond vert, puis à un dub Oriental à la « Asian Dub Foundation » (maîtres Pakistano-anglais du genre) en moins violent, plus lent et planant. Envoûté, un derviche en pull rouge acrylique danse la techntonik en pantalon blanc et se contorsionne

Premieres_Nikki_Lucas_Mixe.gif . A la voix de Lee Scratch Perry, le père Jamaïcain du Dub, avec un trombone (Don Drummond des Skatalites? Non, il est mort trop jeune), son style me rappelle un peu les dub de Gainsbourg avec Sly Dunbar & Robbie Shakespeare par ses petites diodes rythmiques sur la batterie ou le « Kingston Kill The Sun » de Bernard Lavilliers. Quand le Reggae n’était pas encore Ragga, et le Dub la seule musique électroniquement improvisée…

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Des cadrans rouges se muent en scratches, en fleurs mauves qui s’ouvrent et se ferment à l’infini en éponges marines sur le rythme Banghra Indien de Bollywood qui se mue en Raï de Khaled à ses débuts accompagné d’un simple synthétiseur, Nikki Lucas par les harmoniums Pakistanais, sur lesquels danse Un danseur est au centre d’une floraison de pétales violonistes.

Après un passage dans l’Afrique du « Magic System », le flot se durcit en Ragga à la Bone T Killa sur des serpents spermatozoïdes en fleurs qui roulent en fleurs puis se rejoignent.

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Autres tropiques, les cuivres de la Salsa s’enchaînent sur le «Diamonds are a girl’s best friends » de Marilyn Monroe en robe rose fuschia » dans « Les Hommes Préfèrent Les Blondes ». Nikki Lucas revient en Afrique avec les Talking Heads, puis avec «Pata Pata » de Myriam Makeba reprise par une voix aigue et enfantine.

Plus tard elle passera du Funk sur un Tango’Rero (dont la partenaire semble la cape avec sa robe volante, et finira par en Disco avec « Everybody Dance » modernisé de diodes, laissant le public subjugué par ce mix Sound System Mondial.

Enfin, la soirées se termina avec un ping pong musical entre Tal Stef et Pablo Valentino, entre Disco, Brazil, Cuba, Reggae rapide/lent, Sol 70ies... On se serait cru revenu dix ans en arrière au Café Des Anges, où ils mixaient tous deux.

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Le premier grand DJ du Café Des Anges, NoStress, fondateur des soirées Acid Jazz des années 90s, y fera son grand retour ce soir mercredi 10 juin, dans la soirée « Back In The Dayz », avec un autre retour aux sources, celui du Funk vers ses racines Rockabilly/ Rythm’N’Blues/ Jump Blues avec l’Ecossais Keb Darge, danseur de disco victorieux en 1979 à 22 ans, puis doyen des DJs Northern Soul qui vient de sortir « Kings Of Funk ».

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 6 juin 2009

Décollage en WARM UP de CONTRETEMPS 2009

Le Festival Contretemps s’ouvrait hier au Rafiot. DJ Remsey Lef ouvrait le bal. Avec DJ Calhoun au sein des BUMS ( Bad Underground Mind Sleepers », il est membre du collectifs DJs Hip Hop les plus positifs de la ville, préférant organiser les soirées « LA BOUM » bonne enfant au Ganstarap violent et remerciant sur leur ancien site « à tous les artistes qui ne présentent pas les damoiselles comme des chiennes », et ils sont rares dans le Hip Hop. Sous le pseudo de Frankie comme Frank Zappa dont il admire le "Shekh Yerbouti" au point de l' avoir pris comme photo de profil sur son My Space(Numi, il vient de sortir son premier LP « Never ending, always building in jazz, soul & funk », featuring des MCS américains (Wilchild, Prince Poetry, Insight, Laws) et japonais (Suika), avec "Continue The Legacy" utlisant des samples de "You Can Have Water gate, but Give Me Some Bucks And I'll Be Straight" des JB's de James Brown et Macéo Parker.

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Il est certainement localement l’un des DJs les plus respectueux et connaisseur du background Funk (Fat Back ) & Soul ( « Honey » des Ohio Players )du Hip Hop, que je ne connaissais pas mais ai apprécié et sa programmation en est plus agréable, et même un peu Baba Cool avec les clameurs Peace & Love d’Arrested Developement, voix soulfull à l’unisson des aboiements de la meute de Snoop Doggy Dog qui s’en trouvent adoucis et moins ridicules. C’est vrai que frankie Numy partage sa coupe de cheveux ramenée en boules sur le haut du crâne sans les locks.

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Les BUMS, ce sont un peu, comme les Jazz LIberatorz à Meaux, nos Jazzmatazz dans l'esprit à nous. On souhaite à Frankie Numi et aux BUMS d'être "Never ending building in jazz, soul & funk" ("sans fin construisant en Jazz, soul & funk).

Le second DJ Set est celui de Pilooski, français d’origine Polonaise, ex-membre de Discodéine, et qui s’est très vite imposé au sein du D.I.R.T.Y. Sound System avec ses longs mixs et édits comme celui de « Beggin’» de Frankie Vallie & The Four Seasons remis au goût du jour par Madcon en 2008..

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Cela commence par des lignes plus lentes, en transe sur une basse disco à la « Another One Bites The Dust », fragmentées de cuivres secs électronisés en boucle sur un synthé cool, sur lequel se greffe une voix d’outre-tombe, à travers un tunnel puis à nouveau la basse. Mais le tout est harmonisé par la musicalité des transitions.

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D’une déflagration implosive comme la batterie de Joy Division, s’échappent et volètent de petites libellules synthétiques sur une basse de plus en plus funky qui se fait structurante au milieu de grandes orgues et de cordes venteuses de la disco sur un beat modernisé.

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Une voix paresseuse, langoureuse, sensuelle, évanescente l’adoucit sur des claviers dramatiques, amollit les beats, comme humanisés, contaminés par l’émotion vocale, humaine, comme dans la victoire pacifique de « The Little Trumpet » de Michael Winter où les instruments se libèrent en endormant les machines de la douceur de leur musique, puis jouent avec elles. Face au côté robotique, cauchemardesque de l’électronique technoïde, certains comme Pilooski savent faire passer une émotion, l’habiter, l’humaniser de cultures et de voix.

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Pilooski sait donner aussi l’âme d’une voix Soul ou Afro à son mix, durcir une guitare en beat dur. En modifiant les textures, il fait passer les éléments de rythmique en mélodie et vice versa par substitution.

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Sur le piano martelé et la basse groove, une voix souffle « I Want Your Love».

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A partir de ces éléments et effets disparates, disques, samples méconnaissables ou sons, Pilooski recrée un univers Peace & Love lumineux, Soul& Funky qui a l’authenticité et la cohésion d’originaux non modifiés. C’est là qu’on le voit ARCHITECTE SONORE et MUSICAL, comme un chef d’orchestre avec ses musiciens, avec ces éléments.

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Pilooski allonge les lignes Funk/Soul/Rock en boucles infinies par ses édits, prolongeant les parties qui l’intéressent en loops psychédéliques, puis joue des guitares et percussions comme d’un Xénophone BojanZien, d’un clavier vintage dont ils seraient les touches, tandis qu’une voix étrange s’interroge « Isn’t It Love ? I’m In Love, That’s True », en boucle, rythmée par percus et claviers qui font évoluer le mix vers un côté Afro-Beat.

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Le talent de Pilooski est de recréer une harmonie dansante et funky, dans l’esprit 70ies, mais AUJOURD’HUI, à partir d’éléments anciens ou plus actuels, modernisés par ses édits.

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La voix est à son tour modifiée en electro par le groove, recréant l’harmonie ou la modifiant pour rendre les ballades seulement émouvantes rythmiquement funky et dansantes, au goût du jour, leur redonner une authenticité rythmique, tribale par adjonction de percussions dans les lignes de basse.

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C’est le pianocktail rêvé par Boris Vian appliqué au mix qui mêle piano transe, basse disco et voix miaulante, mais pianocktail évolutif dans l’improvisation, il accélère le piano en salsa et sèche la basse en Northern Soul, fait du miaulement une voix de chipie R’N’B, puis la rend cosmique el la rendant évanescente juisqu’à n’être plus qu’un simple esprit fantômatique.

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Et pourtant quand tout ce beau monde qui ne s’était jamais entendu, n’avait jamais joué ensemble se rencontre dans ses platines, on accède à une unité, à une transe disco ou tribale d’un nouveau genre sur les percus et le piano, où tous se retrouvent dans une Jam historiquement impossible qui a germé dans l’esprits et sous les doigts de Pilooski…

En troisième DJ Set, Dusty des « Jazz Liberatorz », collectif de trois DJs de Meaux qui ont sorti en 2007, « Clin D’œil », l’un des plus beaux albums de Hip Hop Jazzy, Funky et Soulful et vraiment peace, où des MCs parlent et chantent du Jazz et citent leurs Jazzmen préférés sur des samples de Coltrane, Ahmad Jamal et une rythmique de vibraphones, batterie Jazz, piano, fender rhodes et solistes live, vraiment à la hauteur des « Jazzmatazz » de Guru, ce qui leur met un peu la pression pour la suite. Mais on peut vraiment écouter leur disque avec le même plaisir contemplatif qu’un disque de Jazz, ce qui est rare…

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Ayant un peu discuté avec Dusty, qui s’avère être vraiment sympa du haut de ses presque deux mètres, il m’a expliqué que ce qui semble sur l’album être des chansons en deux parties comprend en fait l’introduction et le titre pour chaque plage…

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Ils ont sorti depuis « Fruit Of The Past", récoltant en CD d’anciens maxis sortis avant l’album et un featuring de Mos Def, et des remixs.

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Dusty, vêtu d’un T-Shirt à l’effigie de Dizzy Gillespie, utilise en plus des platines un laptop aux autocollants « DIEUDONNE : J’ai fait l’con ». C’est bien de le reconnaître. C’eût été bien aussi de ne pas continuer! aux jambes de « Jazzy Sport ».

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Certes ce qu’il passe en soirée pour la danse est un Hip-Hop plus pêchu et funky, plus dansant que l’album (qui est plus un plaisir à se faire chez soi), mais montre son attachement au Hip-Hop, mais depuis ses racines Jazz, Soul & Funk. Ce n’est pas un mauvais calcul que de faire des disques A ECOUTER et des DJ Sets A DANSER. Deux fonctions de la musique, contemplative ou festive pour deux moments, publics ou plaisirs différents. Il passa un remix de « Tom Diner’s » de Suzanne Vèga en hip hop. Dans les autres titres Hip Hop, le Jazz est présent dans les riffs de cuivres reprenant un thème Hard-Bop

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Le lendemain, Samedi, il mixa un Set à la Jam-Session du Skate Park de la Rotonde pour les BMX, Skateurs et autres rollers. Là encore, dans un mix hip-hop énergique, il trouva le moyen d’intercaler des phrases de Jazz basse-piano-rhodes, avant « Jump Around » d’House Of Pain, l’un des groupes de Hip-Hop à s’être inspirés du Blues rural, thème allant bien avec les sauts des skate-boarders sur les rampes, enchaîna sur un piano festif et perlé, avant « When I Get Old », mais enrichissant toujours structurellement le mix et ses scratches sur deux disques bleu et rouge d’une rythmique Jazz avant un Guru de 1992.

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Il finit même par leur balancer pour finir « En Melody » , de Serge Gainsbourg, extrait de « Mélody Nelson », le premier morceau de Rock Français (au sens de ne valant rien au Rock’N’Roll anglo-saxon), dont il apprécie le groove puissant.

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Un peu plus tard, à l’exposition CITY4SALE, il apprécia dans le mix du DJ Tom Selekt (ex DJ Shann , le second Badass Funkstarz avec Sir Jarvis qui bootlegga « En Melody » avec Amy Winehouse dans « Stronger Than Melody » pour son label Badass 45 un instru Hip Hop 80ies Old School comme ce sur quoi les premiers MCs des Block Parties posaient leurs voix. Le Hip Hop s’est appauvri quand les MCs ont viré les DJs, justement, qui avaient la culture musicale, le lien au Jazz, au Funk. Aujourd’hui ils se contentent de scratches voire de beats electro pour poser leurs voix.

La soirée de Vendredi se termina avec KM3 (Kosmojazzcat), qui a fait venir de nombreux MCs et DJs à Strasbourg à ses soirées Deep Hop (Moonstarr & Voice, Wildchild) et participe au groupe Hip-Hop House « Rouge A Lèvres », avec lesquels on a pu l’entendre à Contretemps l’an passé.

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Malgrè l'heure tardive et un public clairsemé, il passa les « Talking Heads » , la plus belle réussite de fusion entre funk, new wave et rythmiques africaines, lui aussi un Fatback ("Backstrokin'") « Ugh » de Mr Scruff (invité au festival il y a quelques années, une voix Soul Indie 80ies sur des percussions collectives, et juste avant la fin une découverte récente magnifique : « Rushing to paradise ( Walking These Streets) » d’House Of House, un thème House au piano montant à la Massive Attack sur des voix-boiements et un tempo qui n’empêchent pas le solo de se développer naturellement et même de partir librement dans une ambiance à la Cinematic Orchestra. Thème idéal pour rouler de nuit ou rêver déjà de son lit.

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 2 juin 2009

FESTIVAL ELECTROGROOVE CONTRETEMPS 2009 du 5 au 14 JUIN (Pour "DRUM-BASS.NET")

Comme tous les ans, le Sixième festival Electrogroove Contretemps propose dans les salles Strasbourgeoises des concerts, des soirées et des évènements artistiques.

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Contretemps_09_pilooski.jpgContretemps_09_Dusty.jpg L’allumage se fera par un « Warm-Up » au Rafiot le Vendredi 5 juin à 22 h : Vous pourrez y entendre les DJ Pilooski, membre du Dirty Sound System qui a remixé « Beggin’» de Madcon; Dusty, l’un des trois DJs de l’excellent groupe de Hip Hop «Jazz Liberatorz » de Meaux dont le premier opus « Clin D’œil » magnifiquement Soul et Jazzy à la Jazzmatazz a fait sensation en 2007; et pour les locaux KM3 (Deephop) qui joue avec le groupe Hip-Hop House « Rouge A Lèvres » vu l’an passé; et pour finir Deejay Remsey Lef alias Frankie Numi, qui après avoir été l’un des meilleurs DJ Hip Hop locaux avec les BUMS, vient de sortir son premier LP « Never endind, always building in Jazz, Soul, Funk » avec des MC américains sur le label Sleep Disorders.

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Samedi 6 juin, le Festival Contretemps rencontrera au Maillon Wacken le Festival Premières : Au programme, la Londonienne Nikki Lucas ex du Lucky Sound Posse, célèbre pour son radio show Future Vision entre Banghra, Africa, Raï et Batucada; l’Allemand Dorian Concept de Stuttgart qui vient de sortir « When Planets Explode »; et pour les locaux Pablo Valentino (Faces Records) et Tal Stef ( Soultronik ), le tout sur la VJDEO d’Optik Hartmann venu de Karlsruhe.

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Vous serez invité gratuitement à cette soirée pour l’achat d’un pass de 30 euros qui vous ouvrira toutes les soirées du festival, la solution la plus économique.

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Pour le dimanche 7 juin, les « Pelouses Sonores » se tiendront gratuitement sur l’herbe de L’Orangerie. Et là encore, outre le selector Reggae Daddy Roudy (Dancehall Vibes) et le très Funky Groovehunter G Phil, le festival a mis le paquet sur le Live avec des reprises de Funk par le MMEW de Wasselone dirigé par Bernard Struber et le groupe « Greenstuff » avec Pascal Beck et des jazzmen locaux, enfin Dub In V.O vous portera jusqu’à la transe verte.

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Le mardi 9 juin, c’est du Cinéma Star que le Festival prendra possession, avec dès 20 h en avant-première le film « Soul Power » de Jeffrey Levy-Hinte (filmé au festival soul de Kinshasa en 1974 le soir du match de Mohammed Ali sur George Foreman), puis une déambulation avec un Ciné Concert de « Radio Mentale », « The Party » de Blake Edwards préludant à une soirée mousse ou « Wild Style » sur le Hip Hop selon les salles, suivi de « Next A Primer On Urban Painting » de Pablo Aravena sur le graffiti, les clips du « Big Up Jazzmix » de Mezzo, des films Super Huit Pornos avec une Bande Son Live de Dr Donuts en guise pop corn, enfin une Soirée Mousse, DJ in The Bocal,clips et courts-mètrages et des Animations par Corrine dans des couloirs scénarisés par Maëlle Bernard, élève aux Arts Décoratifs de Strasbourg.

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Le Mercredi 10 juin, au Café Des Anges, la soirée « Back In The Dayz » remontera aux sources : celles du Rockabilly et du Jump Blues et Rythm’N’Blues avec l’Ecossais Keb Darge, mais aussi celles du lieu avec le retour très attendu du DJ No Stress, fondateur de Radio RBS, qui créa les soirées « Acid Jazz » en son Caveau dans les années 90s, et Franky Hutchinson d’Annecy.

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Le jeudi 11 juin, c’est à une « Afrobeat Explosion » que vous invite La Salamandre avec le groupe Fanga de Montpellier en Live, adoubés par le batteur de Fèla Kuti Tony Allen et le DJ hamid Vincent de Mulhouse.

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La soirée se poursuivra avec une session « Real House » au Living Room avec les DJ Simbad de Londres,

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Karizma de Baltimore et Dave Hydede Strasbourg.

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Vendredi 12 juin, au Molodoï, rentrez dans le « Computer World » des DJ électro du monde entier: Âme (Innervision) de Karlsruhe;

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Fulgeance, remixeur au funk destructuré de Sayag Jazz Machine et pour Jazzmin Records d’M-Swift ;

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le DJ et chanteur Arroop Roy de Tokyo|http://www.myspace.com/arooproy];

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et pour les locaux Caterva (Sens Inverse),

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Juliano et Ben G de Right On FM, et Fat Butcher Visual de Londres et VJ Ease en VJDEO rien que pour vos yeux!

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Enfin, Samedi 13 juin, toujours au Molodoï, « Pass Le Beat » remettra une touche de groove et de hip-hop dans un relais fourni, avec l’univers passionnant Jazzy Groovy de DJ Cam;

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la chanteuse explosive Suèdoise/Brésilienne de Londres Yarah Bravo découverte dans ses featurings avec DJ Vadim

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et les reprises reggae/soul des Dynamics en Live;

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et plus localement DJ Link (Nu Tropic, Jazzmin Records) (http://www.myspace.com/jazzminrecords ), le plus Brazil/Latino des DJ Strasbourgeois, et DanYDan, rédacteur en chef de "drum-bass.net" aux platines ainsi que Fat Butcher pour régaler vos pupilles.

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L’Art pictural et urbain sera aussi au rendez-vous avec des Expositions : Dripping Flow Painting à Avila à partir du 4 juin, et le 6 juin à L’Espace Insight, au RzoStore, un parcours urbain PERFFUSION, un Street Golf Contest et une Jam Roller Session au Skatepark Rotonde et des Apéros Groovys en terrasses.

Jean Daniel BURKHARDT

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JEU-CONCOURS : "drum-bass.net" vous propose de gagner des invitations pour la soirée du 13 juin (DJ Cam, Yarah Bravo & the Dynamics en Live, DJ Link et DanYDan pour les locaux).

Pour entendre les artistes du Festival, mes émissions "Jazzology" du jeudi 4 juin à 21 h, "Terres Tribales" du lundi 8 juin à 11 h et "Jazzology" du jeudi 11 juin à 21 h sur "Radio Judaïca (102.9 FM à Strasbourg ou "www.judaicastrasbourg.com" partout ailleurs) seront consacrées au CD promo du Festival et à ma propre sélection des artistes du festival!

lundi 1 juin 2009

NICOLAS DARY au FESTIVAL de JAZZ de MUNSTER

Comme tous les ans, le Munster Jazz Festival de Michel Hausser (vibraphoniste Bop depuis 1955 élu meilleur de sa catégorie en 1958 qui revint dans son Alsace natale en 1970 pour le créer dans les années 80s) est le Festival de Jazz le plus authentiquement fidèle au vrai Jazz de la région.

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Cette année, il avait invité Claude Bolling et de jeunes solistes étonnamment fidèles à l’idiome swing (François Biensan et Nicolas Montier, Stan Laferrière et son Big Band de L’air) ou bop de la grande époque, comme le saxophoniste ténor Nicolas Dary, qui a joué avec eux dans le Tentet de Laferrière, avec son quartet (Gilles Réa, guitare ; Mathias Allamane, contrebasse et Philippe Soirat, batterie), avec qui Hausser a déjà partagé, pour certains, la scène en club

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Cet émule des grands saxophonistes Coleman Hawkins, Lester Young et Don Byas a déjà enregistré « You », en duo avec Alain Jean-Marie, puis « I’ll Never Be The Same » en quartet et été adoubé par Harry Allen, autre ténor à l’ancienne vu ici l’an passé.

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Dès les premières notes de « My Blue Heaven » (Mon havre de paix, et non mon ciel bleu, dixit le père de Nicolas Dary, professeur d’anglais), on reconnaît dans le saxophone le velouté du son et le phrasé lent hérités de Lester Young sur les accords bouillonnants de la guitare à la Jimmy Rainey ou Gourley, son dernier guitariste à Paris avec « Les Poids Lourds » français. Dary lui fait écho en allongeant ses phrases à la Don Byas sur le tinkty-boum de la batterie qu’affectionnait Lester pour l’accompagner.

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La guitare de Gilles Réa est Jazzy, Bluesy, avec cette souplesse élastique dans la précision rythmique. Le solo de contrebasse est bien calé entre les accords de guitare et la cymbale charley répétant les figures rythmiques sous les derniers chorus de saxophone. La section est aussi à l’ancienne, forte, efficace et évidente, au service les un des autres.

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De Don Byas (que Michel Hausser a bien connu à Paris), ils reprennent ensuite « Slam-In-Around », dédié au contrebassiste Slam Stewart à l’archet chantant ( qui l’accompagna souvent. Don Byas goûtait aussi (comme Lester avec son « Be-Bop Boogie ») le Boogie-Woogie, origine pianistique noire du Rock’N’Roll, que Nicolas Dary joue sur un medium tempo.

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D’ailleurs Don Byas remplaça Lester Young (renvoyé pour superstition, ayant refusé de se présenter à une séance d’enregistrement un vendredi 13) chez count Basie entre 1940 et 1943, mais il était moins apprécié de ses collègues car moins bon camarade, cherchant toujours à posséder tout le monde et à gagner à tout prix, sorte de John Mc Enroe de la Jam-Session.

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Mais Nicolas Dary intercale dans ce Boogie Medium des phrases Bop d’ « Ow » Dizzy Gillespie , repris par le groupe vocalese Les Double-Six dans « Robbie Le Robot ».

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Dans ces phrases Bop dans un discours Swing ou Boogie, on retrouve cette ubiquité Jazzistique des grands solistes du JATP (Jazz At The Philharmonic) qui pouvaient tout jouer pour être ensemble, du New Orleans au Bop. En tous cas, c’est du VRAI BOP, pas du NEO-BOP. Lester Young, quant à lui, lassé des catégories qu’il avait lui-même inspirées, déclarerait un jour : « Je joue du ténor SWING. Je ne joue pas Cool ou Bop ». Le titre se termine en roboratifs roulements de batterie de Philippe Soirat.

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Le concert continue avec l’une des plus belles ballades que Billie Holiday ait enregistré avec Lester Young : «I’ll Never Be The Same » en 1937, qui donne son titre au disque du quartet de Nicolas Dary, avec une intro de Gilles Réa. Le saxophone est Lesterien au possible.

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Le texte de Malneck et Kahn est ambigu, sur le changement de l’Amour, positif, puis négatif quand il s’enfuit. Et en effet quand elle se brouilla avec Lester, nul ne sait trop pourquoi mais elle avoue l’avoir « froissé » dans « lady Things The Blues », rien ne sera jamais pareil, jusqu’à leur dernière rencontre télévisée en 1957 pour un « Fine & Mellow » bouleversant dans le solo de son Prez et le regard de connivence de sa Lady Day qui semble lui dire « Yeah Prez, c’est ça le Jazz et ça a toujours été ça », comme pour se dire une dernière fois que leur amour platonique avait survécu aux années.

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Gilles Réa s’adapte au répertoire et au style de Teddy Wilson avec un solo à la Django Reinhardt. Le solo de contrebasse reprend la mélodie.

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C’est merveilleux de voir de jeunes musiciens si fidèles à l’esprit d’un jazz qu’ils n’ont pas pu connaître de leur vivant dans la décontraction, l’émotion, la nostalgie même.

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Suit un Blues bop et rapide d’Eddie LOckjaw Davis, autre grand saxophoniste Lesterien dans ses Ballades, qui remplaça Lester Young chez Count Basie après sa mort dans les années 60, entre autres dans « Atomic Basie » () et joua jusque dans les années 80s ( http://www.youtube.com/watch?v=KDyrqFh3PLk ). Là encore on retrouve tout à fait le style des Jazz At The Philharmonic où il dut jouer aussi, avec ces riffs qui font évoluer le thème jusqu’à son climax, jusqu’au honk, au cri, en gardant la ligne mélodique à la Flip Phillips..

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Lester Young et Charlie Parker y gravèrent leurs rares enregistrements où le boppeur retrouvait son idole dans les conditions des Jams-Sessions du Reno Club de son enfance à Kansas City.

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Suivit un autre thème avec des citations d’ « I Could Write A Book » pris avec une puissance et une émotion à la Ben Webster, musicale jusque dans la lèvre sur l’anche, le souffle précédant et suivant la note, agrémenté d’un tempo Bossa et des phrases à la Charlie Parker dans « Star Eyes », puis reprenant des citations de Dizzy Gillespie. Nicolas Dary aurait mérité d’être engagé chez Count Basie. Le solo de guitare de oGilles Réa rappelle dans ce style plus bop et latin celui de Tal Farlow avec Charles Mingus et Red Norvo.

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Lester fut représenté par un classique de ses Kansas City 6 : « I Know That You Know » sur sur un tempo tout aussi rapide, avec le premier guitariste électrifié, Eddie Durham, bien imité par Gilles Réa dans son style guilleret et envolé, moins agressif que celui de son successeur Charlie Christian .

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Dary se lance dans une course folle et torrentielle tout en restant à la mélodie de la version originale.

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C’est à Kansas City, au Cherry Blossom, que Lester Young, alors inconnu, battit à l'endurance lors d’une mémorable Jam-session de plus de dix heures le ROI du saxophone Coleman Hawkins en 1934.

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Dans son break final de batterie, Philippe Soirat le fait court des toms aux cymbales, recomposant la mélodie entière par ces seuls moyens rythmiques comme seuls les grands drummers savent le faire.

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Autre Blues du répertoire de Count Basie, « Harvard Blues » est cette fois un Blues lent, où l’on retrouve la touche Lesterienne comme à la surprise de Norman Granz à Newport en 1957, lors de ses adieux à Basie après avoir failli à maintes invitations quand personne ne l’attendait plus, remplacé par le clone qui lui succéda, Paul Quinichette, qu’il surnommait « Vice-Prez », déclarant « Quand je l’entends je ne sais plus si c’est lui qui joue comme moi ou moi qui devrais jouer comme lui », et qui ne joua plus après la mort de l’original.

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La vraie victoire de Lester, qu’il refusa toujours, ce furent ces « Brothers » du Cool de la Côte Ouest, Stan Getz ou Art Pepper chez Stan Kenton et Woody Herman, qui n’étaient pour lui que des « copy-cats » qui la lui offrirent sur la postérité. Encore aujourd’hui, il y a davantage de Lesteriens.

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La section rythmique est bien aussi efficace que l'"all-american rythm section" de Count Basie ( Freddie Green à la guitare, Jo Jones à la batterie et Walter Page à la basse) par sa mise en place. On reconnaît le respect mutuel « sans se cogner le nez », disait Lester.

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Le Blues lent s’accélère peu à peu par l’intensité du jeu, ou plutôt s’approfondit vers le sol, comme s’il voulait s’y enfoncer à ras de terre.

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Nicolas finit en bis par « Body & Soul » (http://www.youtube.com/watch?v=5s04lbnu3T8&feature=related ), dédié à sa mère Marie-Hélène Delcroix , et le le cheval de bataille de Coleman Hawkins lors de son retour aux Etats-Unis en 1939, après sa retraite Européenne et ses disques avec notre Django national. Lester ne tarda pas à partir au service militaire, où l’on acheva de lui faire perdre ses dernières illusions sur l’humanité.

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Après la guerre, Lester passa ses quinze dernières années à éviter Hawk. Il n’était pas sûr de pouvoir renouveler l’exploit de le posséder une fois encore, question de moral, cette fois.

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Merci à Nicolas Dary d’avoir fait revivre pour nous tous ces héros du saxophone dont il si bien assimilé le langage, et à Michel Hausser de continuer à nous dénicher des représentants du VRAI JAZZ qu’il connaît si bien.



Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 29 mai 2009

DAVE HOLLAND et son Sextet à la Salle Des Fêtes de Schiltigheim

Pour son dernier concert de la saison, La Salle Des Fêtes de Schiltigheim invitait le 19 mai dernier le Quintet de plus de dix ans d’âge du contrebassiste Dave Holland, soixante-deux ans dont quarante ans de carrière depuis sa découverte par Miles Davis dans u Club Londonien, avec Chris Potter (l’un des plus grands saxophonistes américains de la jeune génération) au saxophone ténor, Robin Eubanks au trombone, Steve Nelson au vibraphone et marimba et son nouveau batteur Nate Smith à la batterie depuis « Critical Mass ».

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La veille, ils ont pu profiter à la faveur d’un « day off » de Strasbourg et de ses bières Fischer sur une terrasse de La Petite France.

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Ils entrent en scène avec « Step To It » avec la demi-contrebasse (pique et haut) groove du leader sur le batterie broken à deux temps de Nate Smith soutenant les unissons sax/trombone d’effets équivalents des souffleurs de la coulisse et des clés, allongés de lames de vibraphone qui évolue vers le latin à la Tito Puente, que Kevin Eubanks soutient à la cowbell.

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Chris Potter prend un solo à la fois lyrique et Bop dans ses stop-times constants le faisant évoluer par paliers. Il n’est pas un de ces saxophonistes à la colonne d’air et dorsale raide (comme Ellery Eskellyn, qu’il surpasse en constance et en swing), mais fléchit les genoux, tout son corps suivant son solo de bas en haut avec le pavillon de l’instrument sur la batterie de Nate Smith ( (également batteur du dernier groupe de funk Chris Potter depuis leur disque « Underground » en 2006). Son style est physiquement d’obédience Hawkinsienne, si l’on en croit les descriptions d’Hugues Panassié dans « dix Ans de Jazz ».

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Il a d’ailleurs montré avec son disque « Gratitude » qu’il pouvait s’inspirer sans les copier de tous les grands saxophonistes de Lester Young et Coleman Hawkins ( ) à Charlie Parker, à Ornette Coleman, John Coltrane, Eddie Harris Wayne Shorter, voire de Michael Brecker.

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On retrouve dans le solo d’Holland son grroove sur la drum’n’bass de Nate Smith pendant le solo de vibraphone de Steve Nelson. Dave Holland s’est toujours inspiré des jeunes musiciens qu’il a engagés, comme Steve Coleman. Le mordant des cuivres conclut en riffs le retour du thème.

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Le concert continue avec « How’s Never », dédié à Rio de Janeiro, qui commence par des touches rapides de Steve Nelson au marimba sur la batterie de Nate Smith, suivi des cuivres aux échanges alternés, puis du trombone de Kevin Eubanks puis du saxophone puissant mais déstructuré dans sa montée Coltranienne jusqu’au cri sur la basse groove et la batterie broken.

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Suit « Heaven Fun », plus swinguant, groovant , bop sur un tempo plus rapide, aux riffs de cuivres très entraînants, au solo de Kevin Eubanks au trombone très new Orleans, trouvant dans le seul souffle et la coulisse des effets étouffés sans sourdine.

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Dave Holland reste seul pour une intro de basse puissante, vibrante, en solo, à la Charles Mingus dont il joua la musique en quintet avec Steve Coleman dans les années 80s. Le solo évolue lentement, avec une tension dramatique constante vers l’explosion comme dans « Haïtian fight Song » de Mingus avec un suspense et un groove constant.

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Steve Nelson revient avec une sonorité de balafon (ancêtre Africain du vibraphone et du marimba), un côté gong de gamelan asiatique, suivi des cuivres à la joie débordante du trombone prenant au vol la ligne du saxophone sur la montée de la batterie broken.

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Les deux souffleurs sont à la fois proches d’une ligne mélodique, soutenant son rythme de leurs riffs à tour de rôle et totalement libres dans leur expression. Le Jazz c’est cette confrontation respectueuse à la contrainte d’autrui en restant soi-même, et vice versa, échappée individuelle et jeu collectif.

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Suit « The Winding Way » débutant par un solo de basse oriental à la Renaud Garcia-Fons, citant « A Love Supreme de John Coltrane.

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Chris Potter y coule un solo de ténor oriental avec le trombone en fond sonore, se rejoignant entre les accords orientaux sur les percussions à graines de Nate Smith.

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Kevin Eubanks prend à son tour son solo sur le saxophone en fond sonore, si moelleux qu’on pense à Johnny Hodges dans « Isfahan » de Duke Ellington. Le second chorus de saxophone rappelle un autre grand saxophoniste amoureux de l’Orient : Charles Lloyd, puis s’en détache par des phrases de plus en plus libres vers une montée effrénée entre les gouttes distillées par le vibraphone.

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Ils continuent avec « Lucky Seven », l’un des titres les plus enjoués, latin et groovy de leur disque « Critical Mass », servi par des riffs entêtants sur un tapis de lames groove du vibraphone sur une batterie d’une force et d’une modernité funky Bollywood à la « Blue Pepper » d’Ellington dont on a longtemps pas cru le Jazz capable au demeurant.

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Après un solo de trombone torrentiel de Kevin Eubanks, Chris Potter semble forer le sol dans les genoux avec la puissance de son solo puis s’en envoler.

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Après le solo de vibraphone, pris par cette belle énergie, le vieux lion barbu devenu blanc Dave Holland semble retrouver le sourire béat et solaire de sa jeunesse chevelue, quand il accompagnait son découvreur Miles Davis à la basse électrique à l’Isle Of Wight ou dans « Bitches Brew ».

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Aujourd’hui c’est lui qui se refait généreusement une jeunesse avec ces jeunes loups sur la Drum’N’Bass de Nate Smith. Le Jazz a toujours évolué dans ce va-et-vient générationnel entre expérience des anciens où passe la tradition orale et ouverture des plus jeunes où continue de vivre sa musique ici et maintenant.

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A l’inverse, Chris Potter, s’il mène maintenant sa propre carrière, continue de jouer avec le quintet de Dave Holland ou le trio de Paul Motian. C’est aussi grâce à cette humilité qu’il est aussi bon. Dans leur retour au thème, sax et trombone jouent au chat et à la souris à s’attraper pour mieux se rattraper d’extrême justesse, se céder le passage, se laisser passer l’un l’autre en une course sans fin du chien après sa queue.

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Chacun y met du sien, différents mais avec une énergie semblable dans leurs effets : le crié du saxophone et le bari éléphantesque du trombone coulissant, la frappe de la batterie et le slapping de la basse, le tintinnabulement du vibraphone courant gaiement de l’un à l’autre, à chacun tour à tour la fois liant et élément perturbateur, rythmique et mélodique…

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Enfin, en bis, le Quintet a joué « Easy Did It », autre thème festif dédié à la Cité de New Orleans, berceau du Jazz, avec une basse en effet un rien bayou quand on y pense, une batterie de fanfare et des échanges des souffleurs en mélopée collective à l’ancienne du trombone « tailgate » dans les basses et du saxophone en place de clarinette. Ils semblent jouer chacun pour soi et pourtant se retrouvent toujours.

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Leur liberté n’est pas si loin du free jazz, comme certains des premiers Jelly Roll Morton avec Natty Dominique et ses Kings Of Jazz, poussant l’improvisation collective aux dernières extrémités de l’harmonie, rapprocherait cette origine du Jazz et l’harmolodie d’Ornette Coleman, comme semblait vouloir le dire Paul Issenmann, cornettiste du meilleur groupe de Dixie Land local, Les Célestins.

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Bref, Dave Holland et son quintet ont présenté un Jazz actuel, ouvert à tous les vents historiques du Jazz mais pas que, et à ceux des musiques du monde (leçon apprise du M’Base de Steve Coleman).

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 22 mai 2009

OZMA en Concert au TAPS SCALA

Ozma est une formation locale dédiée à ce qu’ils appellent « le Jazz Funkamétrique », substance « Ozmique » faite de Jazz, de Funk, de Rock et d’incursions dans les musiques traditionnelles, qui serait une merveilleuse bande-son à des poursuites en Taxi jaune New-Yorkais, symbole de leur premier album

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Après un premier album en 2005, ils ont remporté en 2006 le premier prix au Tremplin Jazz de la Défense, puis sont partis en tournée, en Europe, au Burkina Faso en 2008, et reviennent d’Inde, ont sorti un album Live et vont en sortir un troisième, avant de partir au Brésil!

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Le tromboniste Guillaume Nuss a fait ses classes dans le Big Band de Bischeim (le plus proche de la musique de Count Basie), et va bientôt être remplacé, trop occupé, le batteur Stéphane Scharlé anime « Les Mercredis Du Live », où il invite des musiciens à jouer avec lui au Café Des Anges, le saxophoniste David Florsch a fait les belles nuits des Jams de La Grotte, Adrien Dennefeld était déjà venu dans cette salle avec l’Aleph Quartet et Edouard Séro-Guillaume est à la basse électrique. C’est dire s’ils sont actifs localement ET ont une ubiquité internationale.

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Si on n’était pas tombé sur une blague absurde de restaurant Chinois où l’on mange avec des fouchettes, des autocollants du groupe disposés par David Florsch sur chaque chaise proposaient au verso la « Playlist » (sous réserve). J’avoue avoir triché en échangeant pour les besoins de cet article…

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Le concert commence avec « Sisor Narbu », avec un trombone assourdi sans être bouché de Guillaume Nuss en souffle de ballade et un solo de saxophone de David Florsch citant « It Ain’t Necessarily So », qui soudain attaquent sur le groove de l’orchestre par des riffs entêtants. Fausse alerte. Mais le saxophone part en échappée sur la rythmique pour un solo en stop time sur la batterie broken beat. On voit déjà leur maîtrise du groove et de la mesure, des surprises et de l’intensité musicale.

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Dans le même style, Adrien Dennefeld proposa « Vent De Terre », évocation d’un vent de marée mais venant, à l’inverse, de la Terre ferme, avec des souffles de trombone inquiètants, des douceurs puis soudains une tempête balkanique.

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« Jade » est un morceau plus ancien, avec David Florsch au soprano, aux unissons sax/trombone presque tziganes dignes de fanfares Balkaniques sur la frappe plus souple de la batterie, puis un soprano aux accents classiques, à la maîtrise à la Steve Lacy, avant de revenir aux magnifiques fonds sonores avec le trombone, puis de refaire souffler la tempête venue des Balkans.

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Toujours issue de leurs voyages, on aura appris avec leur « Vilnusian Dance » que Vilnus est aussi une jolie ville, pas seulement tristement célèbre pour un procès retentissant.

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Côté Rock, «Voïk» était un titre plutôt calme annoncé au goût des fans de Radiohead.

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On aura pu suivre une journée de «Nana Bozo», lapin des villes inventé par Stéphane Scharlé, des taxiphonies du petit matin par les cuivres à la paix du soir sur le groove, puis subir une empoignade avec « Prise Triviale»…Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils savent choisir leurs titres, à la fois évocateurs, humoristiques et énigmatiques, gardant leur mystère.

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Le bassiste Edouard Séro-Guillaume, discret mais d’un groove efficace et constant, eut son moment de gloire vocale avec « Blah », extraordinaire baragouin entre mots incompréhensibles, scat inspiré, fredonnement musical jouissif et beatbox rythmique cool, étrange mais passionnant.

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Il faut dire que le public, de leurs amis pour certains, n’avait pas forcément suivi leurs lointaines pérégrinations scéniques, le succès les ayant emmené loin de notre région.

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Mais pas chiens, ils acceptèrent de jouer en bis le titre le plus varié du premier album, « 7 Jewels » (que je me permis de réclamer, étant marqué sur la Playlist), débutant plus rapidement que sur le premier album (le second contient une version Live) par des cuivres taxiphonant comme des taxis jaunes dans les embouteillages New-Yorkais, puis, s’envolant en unissons riffés superbes portés par une basse carrément groove et une guitare funky, avant un break et la surprise terrifiante digne de la BO provoquant « Les Derniers jours de Laura Palmer » de David Lynch d’un énôrme break trash de la guitare, un délice de headbanger si on avait pu danser, où se pose un solo de saxophone surpuissant arrivant SANS EFFETS de pédales à un son digne de Michael Brecker ou Eddie Harris avec l’électricité! Un break en faux silence, puis le solo de trombone et re-funk groove final.

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Autre revendication d’une de leurs amies, ils finirent par « Endinng The Beguine » (détournement de « Begin The Beguine »), ou en effet, il faut attendre celle-ci, d’abord déjouée, décomposée par les mélodies du saxophone et du trombone jusqu’à ce qu’elle prenne forme rythmiquement, mais c’est peut-être plus jouissif encore que de la voir apparaître non comme un présupposé mais naître à nos oreilles à partir de ces improvisations libres.

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Bref, le groupe Ozma a fait une belle preuve de son Groove, son Funk et son Rock, ses Musiques Trads, sa cohésion de jeu et ses qualités de composition. On attend la suite avec le troisième album à paraître.

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 16 mai 2009

MARIANA AYDAR à la Salle Du Cercle de Bischeim

Mariana Aydar est une chanteuse Brésilienne de Saõ Paulo fille de Mario Manga, musicien de Premê, groupe d’avant-garde des années 80s et de la productrice Bia Aydar. A moins de 30 ans, elle est la chanteuse Brésilienne la plus intéressante du moment, et vient de sortir le 4 mai dernier son deuxième album « Peixes, Passaros , Pessoas » après « Kavita 1 » en 2007, qu’elle présentait hier en concert à la Salle Du Cercle de Bischeim.

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Elle est vêtue d’une robe-tunique rouge rosée biffée de dièses japonisantes imprimées en noir et accompagnée d’un jeune groupe, claviériste chevelu coiffé à la Jeanne D'Arc accordéoniste sur les titres les plus traditionnels, d’un bassiste et d’un guitariste électriques barbus, d’un percussionniste noir et d’un métis à la batterie, Duani, producteur du disque et « son amour ».

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Le concert commence par « Sem Ceremonia », l’une des chansons pop et rapides du dernier disque, avec des fusées de guitares à la "See Emily Play" de Pink Floyd et de grands orages magnétiques envoyés par les claviers, doucement rythmée par la voix de Mariana Aydar balançant entre tempo rapide et ralenti avec un accent de jeunesse à la Mayra Andrade, Capverdienne entendue dans cette salle.

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Extraite de son dernier album, on apprendra que « Palavras Não Falam » est la première chanson qu’elle ait écrite elle-même, avec un clavier Reggae et Soulfull soutenant la voix sans les efficaces cuivres de l’album, mais avec une agilité vocale m’évoquant Elis Regina sur les scintillements des claviers, et des percussions vocales rythmiques enfantines sur les sifflements des guitaristes en fond sonore.

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Finalement c’était bien son amie la Capverdienne Mayra Andrade qui l'accompagne sur le titre « Beleza » de l’album, alors que je croyais à une ressemblance générationnelle. Cette chanson offre une belle montée vocale sur « Sensual, Fenomenal, Ritual d’Exaltaçaõ » colorée de motifs pop kitsch répété du synthétiseur, soutenant les soupirs solaires qui m’émurent aux larmes à ma première écoute dont les échos se prolongent jusqu’au final.

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Suit un Samba, genre qu’elle dit les aimer beaucoup. C’est en effet l’amour de la samba comme « partie de l’essence brésilienne » qui a fait retourner Mariana Aydar au Brésil en 2006 «pour créer quelque chose qui partage cette expressivité.».

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Elle chanta tout d’abord « Manhã Azul » , une samba-choro accompagnée par le guitariste au cavaquinho, une de ces sambas mélancoliques à la « Manhã De Carnaval » de Luiz Bonfa () dans « Ofeo Negro » de Michel Camus, d’après la pièce de Vinicius de Moraès sur la musique d’Antonio Carlos Jobim.

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C'est une samba d’un de ces matins bleus de Saudade, cette nostalgie que les marins Portugais découvreurs du Brésil amenèrent avec le Fado où cette morgue se confond avec la douceur de vivre dans le bleu de l’aube lavée de pluie. Dans ce répertoire émouvant, Mariana Aydar fait penser à Elis Regina par sa justesse et la profondeur de l’émotion et l’allongement de certaines syllabes. Elle aimerait que nous comprenions les paroles. Nous aussi.

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«Florindo » est une autre Samba accompagnée d’une flûte qui ouvre son nouveau disque, remplacée ici par l’accordéon du claviériste. L’âme brésilienne s’est toujours interrogée sur le pourquoi de la souffrance, de cette mélancolie, de la fuite du temps et de la perte des illusions mais a toujours su aussi rendre cette douce tristesse dansante sur un rythme de samba, comme si les larmes ne pouvaient empêcher les pieds de danser, trouvant par là-même le remède à la peine.

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Suit un autre rythme Brésilien, le Xote, plus rapide, « Tà ?» interroge le nerf de la guerre et les mensonges des palabres, avec l’insolence et l’absurdité d’Elis Regina dans « Quaraquaqua (Vou Deitar E Roular) » dans son côté revendicatif.

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L’arrangement est original, modernisé par un clavier minimaliste évoquant à la fois la désuétude d’un orgue joué de Barbarie par le bassiste et la modernité electro dans ses prolongements de claviers doublés par le percussionniste. Le talent de Mariana Aydar est de moderniser la musique Brésilienne sans en perdre l’essence.

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Sur un tempo encore plus rapide et pop, « Pras Bandas De Là » de Duani évoque l’elasticité des allers-retours dans les voyages sur un arrangement pop. On pense à « Calcahnar De Aquilles » d’Elis Regina, quand elle cassait sa voix pour aller au bout des phrases sur un arrangement funky. Là encore, le clavier colore l’arrangement d’un océan kitsch acidulé avec les guitares.

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Quelques roulements de batterie martiaux en breakbeat annoncent le titre éponyme du dernier disque « Peixes, Passaros, Pessoas » (http://www.youtube.com/watch?v=eI417D0Zg_A ) ( (Poissons, passagers et personnes) (http://www.youtube.com/watch?v=8XdFiqoLeqE ) , la plus inquiétante, la plus violente et aux arrangements les plus modernes, a la guitare quasiment Rock voire Hard dans son solo, qui finit en cri suraigu, chanté cambrée vers l’arrière, comme celui d’Elis Regina au –dessus des flûtes de « Zazueira » (http://www.youtube.com/watch?v=PTJBkmmUYyI ).

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On comprend mieux à ses explications en anglais : « le texte est très fort : Nous vivons comme des poissons, passons comme des poissons dans la mer, et mourons comme des poissons étouffés dans un cri. »

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Elle reprend ensuite un classique Vinicius De Moraès et Baden Powell, « Consolação », modernisée par un tempo drum’n’bass et de guitares funky avant le solo de percussions. Elle semble s’arrêter, est applaudie et reprend de plus belle.

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Suit « O Samba Me Persegue », samba qu’elle a chantée sur l’album avec Zé Do Caroço sur l’album, avec une belle énergie de samba collective, et quelques pas de danse, comme Elis se renvoyant Sambas et Bossas avec Jair Rodrigues dans leur « Pot-pourri Do Morro ». Toutes deux sont de dignes descendantes de la Samba de rue, que Mariana a pratiquée avec Daniela Mercury au Carnaval de Bahia, et auraient pu défiler avec Carmen Miranda sur le rythme des mains du public et la batteria de Duani., même si Mariana Aydar et ses arrangements sont plus de la génération des Trio Electricos, du Rock et du Funk.

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Dans le bis prolongé, il y eut encore « beaucoup de Sambas » et une reprise en français d’ »Un Deux Trois » de Camille dont elle partage la folie vocale de tout remettre en cause avec un naturel presquu'ethnique et une déconcertante modernité, pris sur un tempo medium puis accéléré en Rock.

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Pour terminer un « Forro » avec Duani au tambourin, rythme du Nordeste. Les chanteuses de « Som Brasil » et danseuses de l’Association de Batucada « Orkhêstra » offrirent sur le bord de la scène le spectacle de leur jeu de jambes foudroyant.

Enfin, Mariana Aydar, qui nous avait fait penser à Elis Regina toute la durée de ce concert, offrit en dernier bis une reprise d’un de ses premiers succès, quand elle était elle aussi, en 1965, comme elle aujourd’hui, une jeune chanteuse qui monte, en interprétant « Menino Das Laranjas », qui n'avait certes pas les trois visages Jazz, Tango puis Blues à voix cassé final de la version d'Elis.

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Bref, Mariana Aydar a montré à la fois son ancrage dans les traditions des musiques Brésiliennes et son indubitable modernité.

Jean Daniel BURKHARDT

dimanche 10 mai 2009

URSUS MINOR en Concert à Pôle Sud

L’un des problèmes majeurs du Jazz moderne depuis le Free Jazz est qu’il s’est coupé de la danse, et avec elle du public populaire, du « grand public », au profit du Rock, du Funk, de la Salsa (anciennement Latin Jazz) et du Hip-Hop, en devenant une musique qu’on écoute respectueusement et assis, mais une musique d’initiés, élitiste, qui n'attire plus le jeunes.

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Ses formats d’improvisation de plus en plus longues, permis par les progrès techniques et le "Long Playing" excédant les trois minutes des années 20s, sont allés dans ce sens également. C’est pourquoi Miles Davis lui-même en est venu à faire du Jazz-Rock, pour participer au « Riot Going’On » prophétisé alors par Sly & The Falmily Stone, Eddie Harris et Roy Ayers du Jazz-Funk pour rester d’actualité, faire partie de la modernité musicale.

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On peut imaginer que c’est un mouvement similaire par rapport au Hip-Hop qui a poussé Tony Hymas (pianiste et claviériste anglais de Sam Rivers et Michel Portal sur « Minnéapolis »), le saxophoniste baryton François Corneloup et le guitariste Hendrixien Jef Lee Johnson (qui remplaça Vernon Reid dans les derniers concerts « Minnéapolis We Insist ! » de Portal, puis joua avec Hymas sur son disque « News From The Jungle» inspiré par les répressions policières racistes aux Etats-Unis) à fonder le groupe « Ursus Minor » ("La Petite Ourse"), titre également d'une improvisation space funk planante inédite au disque jouée à ce concert.

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Jef Lee Johnson a été remplacé depuis 2009 par Mike Scott, qui a joué avec Justin Timberlake et Prince.

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IMike Scot ne démérita pas dans le morceau de bravoure Hendrixien de Jef Lee Johnson aux riffs de saxophone iintroductifs nspirés de « Manic () Depression» ni dans les beaux échanges guitare / saxo à la manière du « Voodoo Chile », se renvoyant l’un l’autre riff et mélodie avec complicité et dextérité virtuose. Au point que, sans être informé, on n’eût pas vu la différence(j’avoue ne jamais avoir vu Jef Lee Johnson sur scène, et comme ils sont tous deux noirs portant des dreadlocks…). Il fut d’ailleurs adoubé d’un signe à la « You Did It » par François Corneloup en fin de prestation.

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Le premier album « Zugzwang » fut enregistré au Sons D’Hiver en 2003 avec Jeff Beck en guest.

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Jeff Beck est le plus humble et le moins connu des guitar-heroes anglais mais participa tout de même avec les «Yardbirds» au « Blow Up » d’Antonioni, après Clapton et avant Jimi Page, croisa le fer en Jam-Session avec Jimi Hendrix. Stevie Wonder écrivit pour lui « ( I ain’t) Superstitious » , qu’il enregistra avec Rod Stewart et son Jeff Beck Group, dont Ursus Minor fit une courte reprise comme clin d'oeil lors de ce concert, chantée par le batteur-chanteur Stokely Williams, protégé de Prince.

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Il y avait aussi sur ce premier disque la chanteuse Soul Motown Ada Dyer, dont Stokely Williams reprit le superbe « She Can’t Explain » avec des nuances androgynes dans les aïgues, des chanteurs Hip Hop américains et français et le batteur d’Happy Apple David King.

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Pour le second album « Nucular », Hymas, Johnson et Corneloup furent rejoints par le batteur / chanteur Soul Stokely Williams qui fut avec le groupe Mint Condition nommé pour deux grammy awards en 1997 et le rappeur Brother Ali en guest.

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Enfin, le groupe enregistra en 2007, toujours sur "Nato Hopestreet" (Cinénato) la Bande Originale du film « Coup De Sang » de Jean Marbeuf dont ils reprirent magnifiquement «Deeper Still », la plus belle ballade de Jef Lee Johnson et Tony Hymas, chantée en bis. Ce groupe permet aussi à Johnson et Hymas de composer de belles chansons aux formats pop magnifiquement chantées par Stokely Williams, comme « Almost Saw You », « The Choice », ou ce «Deeper Still », de créer un répertoire peut-être plus accessible au plus grand nombre « Jazz mais pas que », comme aimait l’écrire Frédéric Goaty dans « Tangentielles », supplément de «Jazz Magazine».

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En plus du plaisir de jouer en groupe (inventé par le Rock plus ue par le Jazz) avec ce son d'ensemble et de celui d’être en prise avec les combats et les musiques de leur temps et de toucher un public plus jeune, on peut voir celui communicatif de jouer une musique plus dansante, plus physique qu’intellectuelle, à faire bondir irrésistiblement sur place François Corneloup ET l’employé de Pôle Sud derrière son rideau, ce groupe donne aussi à ces improvisateurs émérites l’occasion de s’exprimer dans des formats plus courts, de s’essayer à des musiques traditionnelles comme le Flamenco dans « Gitans d’Avignon », ou un «Paso Anonyme», un « Petit Bonheur » de Reggae Funky, voire le twist-rock « Danse de Margot » sur la BO de « Coup De Sang ».

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Corneloup, surtout, souvent trop free en solo ou sur ses propres disques o projets , portait un chapeau de dame patronnesse en forme de «pork-pie-hat » à la Lester Young qui lui donnait avec son bouc un faux air de Charlélie avec ou sans Couture, et n’a jamais mieux joué que quand il s’est frotté aux musiques traditionnelles, bien cadré, porté comme ici par une section rythmique groovy, trad, ou Rock, ce qui lui a toujours permis d’accéder à l'évidence harmonique d'un lyrisme naïf et libre, depuis ses « Papillons Noirs » » sur le second Paris Musette. Pour Ursus Minor, il a composé aussi quelques reggaes très réussis, comme « Que la Terre m’entraîne », joué au soprano avec la précision et le charme abstrait d’un Steve Lacy.

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Merci à Ursus Minor de nous avoir montré que le Jazz pouvait encore être de son temps sans se trahir, étant selon une belle définition « la seule musique assez libre pour héberger toutes les autres ». Finalement le Jazz n’a jamais cessé de jouer à son inimitable manière des musiques qui lui étaient étrangères : Blues, Ragtime, Jungle, Swing, Bop, Cool, Free, Rap…

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C’était le sens de la « Latin Tinge » (touche latine de Jelly Roll Morton qui donna le Latin Jazz, puis la Salsa. Et grâce à Ursus Minor et d’autres, l’histoire continue aujourd’hui, et créera peut-être encore des générations de joueurs fous et d’auditeurs passionnés.

Dans ses Chroniques de Jazz "Fiesta In Blue", Alain Gerber écrivait à propos de la mort du Jazz qu'il préférait le voir mourir comme il était né et avait vécu, assassinné dans le coin sombre d'une ruelle mal-famée ou au bar d'un Jook Joint plutôt que s'endomir de vieillesse sans combattre dans l'ennui et l'eau tiède...

Jean Daniel BURKHARDT

dimanche 3 mai 2009

Réflexions sur BOB DYLAN au Zénith de Strasbourg: Times They Are A-Changing?

Bob Dylan est le plus grand auteur-compositeur américain vivant et en activité de Folk, Blues, Protest-Song et Talking Blues dès 1962 (pour son second album The Freewheeling Bob Dylan, armé seulement de sa voix nasillarde, de sa guitare et de son harmonica), puis de Rock poétique (« Subterrean Homesick Blues », « Highway 61 Revisited » et « Blonde on Blonde ») et de chansons d’amour («She Belongs To Me », « I Want You») jusqu’à son accident de moto qui le fit se calmer et enregistrer des disques de Country (« John Wesley Harding », « Nashville Skyline ») puis plus Rock (« Planet Waves », « Before The Flood »), revint avec toutes les émotions qu’on aimait chez lui, ce mélange de tendresse et de colère dans « Blood On The Tracks » en 1975, puis sortit « Desire », devint chrétien (1979-1981), joua pour le G7 à Lyon en 1996 et continue de sortir des disques gentiment Country Blues Rock avec ses amis, se laissa pousser la moustache en 2001 pour « Love and Theft », sortit « Modern Times » et « Together Through Life » aux influences plus Country Bayou Cajun.

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Rien que pour ce qu’il a fait jusqu’en 1968 ou 1975 il serait déjà le plus grand. Je suis né trop tard pour l’avoir suivi d’année en année mais il m’accompagne depuis une quinzaine d’années, m’a fait rêver et rire et il était au Zénith hier soir.

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Première bonne surprise à l’entrée, en retard aux mots de : « …and I hope that you’ll die… » Il chante encore « Masters Of War », la meilleure protest-song de « The Freewheeling Bob Dylan » accusant les « Maîtres de la Guerre » en costumes cravates dans leurs bureaux et leur promettant de chanter sur leur tombe jusqu’à ce qu’il soit sort qu’ils soient morts!

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L’a-t-il chantée quand il joua pour le G7 à Lyon en 1996 ? Je pensais à l’époque que les « Masters Of War » étaient le G7 et ça m’a beaucoup déçu d’entendre qu’il s’y produisait, mais je lui aurais pardonné s’il avait osé. Peut-être n'a-t-il accepté que pour la leur chanter en face?

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Au moins la chante-t-il encore, ou j’avais tellement envie de le croire que j’ai eu une hallucination auditive.

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Des gradins où je me trouve, on aperçoit sur scène quelques musiciens en chapeaux noirs, « men in black » en chemises blanches et cravates. Bob Dylan se permet une chemise rouge, un liséré mexicain rouge au pantalon, le visage élimé par les ans comme celui d’un loup et la voix toujours tranchante comme un rasoir (il n’a cessé de muer pendant sa carrière), est aux claviers, ne prendra la guitare que pour un titre, et joue toujours de l’harmonica dans son style inimitable, citant dans le final du second titre, extrait de « Modern Times », «It’s all over now, baby blue», extrait de « Bringing All Back Home » dans laquelle il abandonnait une fille, après avoir sur le même disque produit deux chansons d’amour magnifiques comme « She Belongs To Me » et « Love Minus Zero ».

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Ses derniers Blues-rocks comme “Rollin’ And Tumblin’” (extrait de son avant-dernier album “Modern Times », hommage au film « Les Temps Modernes » de Charlie Chaplin) rappellent les quelques fameux qu’il a écrits pour « Blonde On Blonde » en 1966, narcotique comme “Leopard-skin pill- box -hatqu’il a encore très bien joué sur scène en 2007,, ] amer sur ceux qui sont restés des Folkies comme “Absolutely Sweet Mary”, porté par un riff d’orgue roboratif « Swinging London » ou « Obvously 5 Believers » qui en valait bien deux ou trois concentrés.

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Certes, on reconnaît aisément les riffs de « Sweet Home Chicago » du bluesman Robert Johnson qui vendit son âme au diable à un « Crossroad » et le «Mannish Boy » Muddy Waters qui inspirèrent la mode du Blues anglais des Yardbirds avec lesquels débutèrent Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, qui, lors de sa tournée en Angleterre, lui donnèrent l’envie de faire du Blues Rock électrique avec leur version accélérée de son «I’m A Man».

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Je crois reconnaître aussi la version en son «If you’re looking for troubles… » d’Elvis Presley, première idole de Dylan, lors de son retour télévisé en perfecto de cuir avec des cuivres. Notre Johnny national l’adaptera dans «La Bagarre ».

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Bref, du Blues, du vrai, du viril, du noir, qui montre aussi que Dylan a passé quelques années dans le Rock et en a expérimenté les origines sur la route à ses débuts comme ses pionniers noirs en allant visiter son idole Folk Woody Guthrie, dédicataire de l’une de ses premières chansons () à l’hôpital de New York, après avoir lu son autobiographie « Bound For Glory » et participa à une séance de Big Joe Williams…

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Dans les notes de « Freewheeling Bob Dylan », il déclarait à propos de «Down The Highway » qu’il la tenait de lui et « Bob Dylan’s Blues », un Blues de sa composition, que pour beaucoup de musiciens blancs, le Blues était l’expression de la souffrance noire à acquérir, alors que pour les pionniers noirs, c’était justement le dépassement, l’exorcisme de la souffrance et de conditions de vie difficiles, ce qui montre sa lucidité sociale et raciale. L’accent particulier est toujours là, traînant, le timbre nasillard, dont il usait sur scène pour avoir l’air d’avoir plus encore roulé sa bosse dans les clubs Folks avant le solo d’harmonica.

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La voix est plus cassée, mais hurle encore avec les loups. Je préfère ces emprunts au Blues collectif passé dans le domaine public de la poussière des routes à celle des scènes qu’il a mérité par sa carrière à celui qu’il fit dans « Love & Theft » de « Gloomy Sunday » de Billie Holiday en changeant le texte et signant Bob Dylan. Son ingratitude opportuniste fait partie de sa légende : sur son premier album « Bob Dylan », il avait enregistré et signé «House Of The Rising Sun», ballade populaire de New Orleans déjà interprétée par Guthrie (http://www.youtube.com/watch?v=POQJUv_ebZo ) et le bluesman noir Leadbelly (http://www.youtube.com/watch?v=y5tOpyipNJs&feature=related ) que le chanteur Folk Phil Ochs, qui l’hébergeait et assurait sa subsistance, réservait à son come-back, et qui eut le succès que l’on sait par la version anglaise des Animals d’Eric Burdon, puis française sous le titre « Les Portes Du Pénitencier» par Johnny Halliday.

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Dans les thèmes, on peut rêver de ses anciennes chansons à l’écoute des nouvelles : des histoires de femmes emprisonnées par leurs parents dont la mère renvoie les invitations, leur père arguant de leur fatigue d’avoir perdu « tous leurs soldats en batailles ou en vain » aux fenêtres desquelles il chante sa sérénade comme dans «Queen Jane Approximately» sur “Highway 61”, son album le plus Rock, avec le Bluesman électrique Michael Bloomfield.

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Même dans le cynisme, le sarcasme de Dylan, il y a encore de la compassion pour l’autre, l’espoir de le voir évoluer, presque, quand il s’agit de femmes, de la tendresse… Les femmes lui ont toujours inspirée ses plus belles chansons d’amour, depuis « Girl Of the North Country », apprise d’un chanteur Texan et dédiée à Echo, sa petite amie laissée à Dulluth, sa ville natale. Mais si elles essaient de l’enfermer, il s’enfuit d’un « Don’t Think Twice, It’s All Right », alors qu'il venait de s'installer à New York dans Greenwich Village avec sa petite amie Suze Rotolo, jolie étudiante qui le politisa et qu'on voit avec lui sur la pochette de "Freewheeling Bob Dylan" avec lui .

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Cette tendresse protectrice à leur envoyer ses meilleurs souvenirs et même ses excuses nostalgiques par personne interposée, on la retrouverait jusque sur « Blood On The Tracks » dans « If You See Her Say Hello », pour une inconnue qui « devait être à Tanger », ayant suivi les Rolling Stones pour prendre « un Thé au Saharah » avec Paul Bowles sur la route de Katmandou. Dylan devait déclarer à une journaliste enthousiaste qu’il « ne voit vraiment pas comment on peut aimer expérimenter des sentiments tels que ceux exprimés dans « Blood on The Tracks » ». peut-être voulait-il dire que l’origine de cette beauté, de cette émotion retrouvée, était sa souffrance lors de son divorce avec Sara Gowns, la perte de leurs enfants, qui ne sont pas enviables…

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Dans sa nouvelle chanson “Levee’s Gonna Break” (http://www.youtube.com/watch?v=B-dgmpMfD3g ), on peut retrouver un peu « Blood On The Tracks », un côté « Meet Me In The Morning » avec le Band. En fait on peut toujours se faire son PROPRE concert, sa propre PLAYLIST favorite des anciennes chansons sur les nouvelles. Dylan n’est pas un juke-box de plus de trente ans…On a quand même l’impression d’entendre Dire Straits, qu’on aime infiniment moins que Dylan, même si le guitariste est bon, entre Mike Bloomfield et Robbie Robertson du Band.

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Derrière moi, une fille réclame « Hurricane », protest-song écrite par Dylan pour son album « Desire » fin 1975 pour la libération du boxeur noir emprisonné Hurricane Carter dont l’autobiographie l’avait touché, qui fut libéré peu après.

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Sur le même disque, « Joey »offrait les derniers hommages à Joey Gallo, un Maffioso notoire, assassiné dans la rue, qui détestait le Rock, ce qui est plus discutable, et lui fut reproché.

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Faudra-t-il le traiter de Judas pour mériter le « How Does It Feel ? » de « Like A Rolling Stone » comme les Folkies qui le huèrent à Newport en 1965 ()? En 1968, lorsque partout s’allumèrent des Révolutions qu’il prêchait depuis six ans, avec ses chansons en toile de fond, Dylan se relevait d’un accident de moto dans son ranch de Woodstock, qui au moins calma sa vie de fêtes, scènes, mauvais sommeil, alcool et pilules pour tenir inspirant les images de « Blonde On Blonde ».

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Les jeunes avaient mis des années pour agir, étaient en retard, lui en avance. Lui faisait de la Country avec « John Wesley Harding » , si l’on excepte la distance ironique d’ «All Along The Watchtower » dans « John Wesley Harding » regardant de sa tour d’ivoire Princes et Fous évoluer avec une indifférence à la « De La Nature » de Lucrèce et «Ballad Of Frankie Lee & Judas Priest » à la rythmique intéressante.

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Sommes-nous coupable de n’avoir pas su le suivre plus loin que 1976 ? Même si cette fille au moi-même ne le connaissions pas alors, nés trop tard pour avoir suivi sa carrière aux différents âges de nos vies respectives. Cela fait tout de même quinze ans que ses chansons de 1962-1976 m’accompagnent. Avec elles, j’ai rêvé, ri, espéré, été ému comme à l’époque, jusqu’à en oublier souvent la mienne à force de préférer celle des années 60/70s.

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Il faut dire que sa période chrétienne (1979-1981) ne donnait pas envie de le suivre, lui qui avait écrit en 1964 « With God On Our Side», dénonciation de l’Amérique puritaine justifiant par Dieu le massacre des indiens, les guerres contre l’Allemagne, vite pardonnée, certes, mais bientôt la Guerre Froide contre les Russes, mais laissait au public le soin de juger « si Judas Iscariote avait Dieu de son côté »!

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De cette période, on a cru reconnaître « Slow Train Coming », qui n’est pas la pire, avec « Knock Knock Knocking On Heavens’Door ». On peut préférer l'émotion de la quête et de la conversion les doutes du pêcheur aux certitudes du croyant. Ces chansons comme "You Gotta Serve Somebody" prenaient toute leur dimension avec les choeurs du Greatful Dead sur scène.

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J’apprécie néanmoins la voix de prêcheur maléfique qu’il en a gardé…

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Evidemment, lui chante ses meilleures chansons depuis 30/40 ans, à un public qui a de moins en moins vécu partagé avec lui l’époque de folie et d’insouciance qui les inspirait. Il a eu tout le temps de s’en lasser, et a bien dû continuer de sortir des disques pour sa maison de disques, et pour survivre, évoluer toujours et encore.

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Quelquefois, certains accords de guitare Folk d’une nouvelle chanson comme «Thunder On The Mountain » rappellent ceux de la « Ballad of Hollis Brown », sur un pauvre fermier qui tua femme et enfants poussé par la misère, mais se terminant sur une note moins sombre « Il y a sept personnes mortes dans une ferme de Dakota du Sud/ Quelque part au loin, il y a sept personnes qui naissent » comme certains mots qui reviennent qu’on retrouve, montrant l’engagement antimilitariste de Dylan quand les « fast bullet fly », que ce soit au Viet-Nam ou aujourd’hui en Irak, je suppose.

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« Tweedle-Dee & Tweedle-Dum » extrait de « Love & Theft », si l’on ne regarde pas sa moustache à la Gable en Rhet Butler, n’est pas si loin musicalement de « Highway 61 Revisited » pour les cascades guitaristiques, et le batteur frappe même méchamment sur ses fûts.

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Finalement, la place la plus enviable de ce Zénith est debout sautillant dans la nasse dansante des premiers rangs debout mais il faudrait se frayer un chemin à la machette à travers la foule compacte, pas sur ces gradins d’où l’on ne voit pas grand-chose! J’aurais pu lui glisser ma lettre de remerciement de 20 pages! Ce n’est plus de la musique mais du parcage cher payé!

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Soudain un tempo lent, entre Rock et Reggae ( il en a enregistré un, « Jokerman », au sortir de sa période chrétienne) condamnant les menteurs de tous poils.

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Mais… Mon Dieu ! NOÔON! Il nous massacre «Highway 61 Revisited », sa chanson la plus rapide, la plus Rock où Dieu, Caïn, Abel et Compagnie encombraient l’Autoroute 61! Il ne tient plus le tempo, et ces fins de refrains en « Highway Sixty-OooÔne » sont vraiment agaçants, comme s’il essayait de remplacer le kazoo-sirène de police en WIIIIZ de l’original, mais si le gyrophare avait usé ses piles fatiguées en quarante ans.

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L’autoroute s’est étendue, allongée jusqu’au Mexique. L’écologie ne s’est pas améliorée non plus, et cette décharge / embouteillage de pourritures physiques et morales doit crouler sous les immondices! Dieu ne menace plus Abel : « La prochaine fois que tu me verras arriver, tu ferais mieux de courir!» sur sa Harley Davidson et ne fait même plus peur : il est trop vieux et prend la diligence!

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Et son solo de clavier rajoute à l’insatisfaction. Il est meilleur guitariste, que diable !

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Il y a crime de lèse-majesté, mais comme c’est Bob le roi et créateur de Bob…

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Surtout que Dylan a montré jusque là qu’il PEUT encore jouer fort, vite et Rock, sur ses nouvelles chansons, alors pourquoi ralentir celle-ci qu’on aime davantage! Pour s’en/nous en dégoûter peut-être, aller de l’avant et ne plus jouer ces vieilles lunes comme il y a quarante ans, comme Miles Davis massacrant les standards au Plugged Nickel pour s’en défaire et passer au Rock? Manu Chao réarrange aussi "Malavida" de sa Mano Negra, mais avec des beats plus lourds, plus forts à défaut de cuivres, pas en ralentissant le tempo!

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« …Ah !!!» crie quelqu’un, le traitant de Judas? Cette fois, j’approuverais!

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Soudain, un dais d’étoiles blanches de pacotilles revêt la scène de ses lueurs, comme sur la pochette de « Before The Flood » , tournée de « Planet Waves » avec le Band, en 1974. On y avait justement dit qu’il chantait de façon ironique, méprisante envers le public, amère, mais par là même Rock en se moquant de lui, et content de malmener ses vieilles chansons par cette énergie acide. D’ailleurs ce n’étaient pas que des étoiles blanches mais la chaleur fauve des lueurs de briquets dans la nuit comme autant de wigwams, de feux de camp et de joie en son honneur. Justement il l’avait de manière encore rageuse quoique Country - Rock et traînante, « Highway 61 » ().

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Là, pas un briquet n’allume sa flamme quand il nous chante « Just Like A Woman », l’une de ses plus touchantes chansons d’amour de « Blonde On Blonde », sur « Queen Mary » qui fait tout comme une femme mais qui «casse comme une petite fille », qu’il avait chantée sur « Before The Flood » de manière émouvante. Mais ici, dans cette version trop lente et hachée, le tempo est absurdement dédoublé, comme si Dylan marquait le pas, mâchant ses mots, semblant volontairement en retard sur l’orchestre , parlant en talk-over plus que chantant sur de la Country trop sage, à la traîne avec son orgue poussif.

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Ralentir les Rocks, dédoubler le tempo des ballades déjà lentes, Bob Dylan ne ménage pas notre nostalgie de ses disques, ces chansons qui ont fait sa légende, pour lesquelles on l’a tant aimé.

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Mais peut-on lui demander de rejouer ces vieux titres « comme sur les disques », qui ont plus de quarante ans, donc dans son cas de les chanter de la même manière depuis quatre décennies, ce qui doit être lassant, le dégoûter de ses propres chansons. Mais qu’il respecte au moins notre nostalgie en ne les massacrant pas!

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Finalement, Dylan avait déjà proposé, sur « Planet Waves », en 1974, avec le Band, deux versions de « Forever Young » : une lente /medium sur une guitare mexicanisante au tempo parfait, l’autre trop rapide, plus courte, comme une blague, un clin d’oeil ou un essai en Rock, un lifting express en quelque sorte, plutôt amusant, reprise en remix rap pour une boisson gazeuse. La question n’est pas de ne pas toucher à ce qu’aimait, mais de ne pas en dégoûter le public, de le lui faire aimer autrement.

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Je préfère finalement l’entendre jouer ses nouvelles chansons COMME les anciennes à l’entendre massacrer mes souvenirs nostalgiques de ses chansons qui m’ont fait tant l’aimer.

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Voilà enfin « Like A Rolling Stone », chanson cruelle et cynique sur les Folkies et ceux qui n’ont pas su suivre le vent qui tourne de son virage Rock, puis, le temps lui donnant raison, se retrouvent « Comme une pierre qui roule, un parfait inconnu sans direction », sortie en single entre « Bringing All Back Home » et « Highway 61 Revisited », pour laquelle il avait appelé Mike Bloomfield qui s’acheta sa première fender neuve.

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Mais là encore, elle est ralentie, croonée, puis s’enraye au refrain, prolonge la fin des phrases avec ce débit qu’il a perdu. Aujourd’hui ne serait-ce pas à nous de la lui chanter ?

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Ou peut-être suis-je trop loin de lui sur ce gradin en ce Zénith, et le son met du temps à parcourir l’espace et des centaines d’oreilles jusqu’à nous?

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On comprend mieux le texte à ce tempo-là, qui laisse le temps de le saisir, mais je préférais en grappiller quelques mots à la diable que je chantais avec lui en fin de vers sur le tempo slow Rock original, porté par l’excitation et la cruauté de la charge.

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Et si son débit avait mué, comme sa voix plusieurs fois dans sa carrière?

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Fera-t-il un rappel ou nous la jouera-t-il à la Brel, refusant cette compromission au public ? Ça se remue sur scène dans les lueurs bleues du light show qui certes ne fera jamais oublier ceux psychédéliques des années 70s au Fillmore East, mais l’époque n’y est plus non plus et Dieu sait que je le regrette.

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Voilà «All Along ( ) The Watchtower », peut-être la première chanson où il prenait de la distance envers ses engagements, préfigurant sa période chrétienne, jouée sous le regard tracé blanc sur fond noir d’un œil de Dieu Cyclopéen, entouré de flammes et de griffes en triskells formant une couronne de diadème au-dessus de lui. Le problème c’est que ce genre de motifs sont tellement passés dans la mode des survêtements avec le graf qu’ils sont dénaturés. Et puis aussi que son Dieu nous IMPOSE quelque chose, contrairement aux seules couleurs de jadis colorant les danseurs et musiciens.

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Sommes-nous des Caïns pour nous culpabiliser de la sorte ?

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Suit la chanson Country « Beyond The Horizon» la plus gaie de « Modern Times », on pense à la manière insouciante de « Peggy Day », mais on peut lui préfèrer sur ce « Nashville Skyline », son album le plus Country enregistré à la capitale du genre « Lay, Lady Lay » ( ) comme chanson d’amour ou les remords de culpabilité d’« I Threw It All Away » ou même la reprise avec Johnny Cash de sa « Girl Of The North Country » aux envolées finales magnifiques.

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Un album certes pas très Rock, mais émouvant, et qui si l’on passe sur la gêne d’entendre de la Country, ouvrit sa popularité au grand public américain, aux routiers et aux cow-boys, même si aux Eatats-Unis, cet électorat était souvent de droite, raciste et réactionnaire, donc opposé aux idées de Dylan à ses débuts…

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Sous l’œil unique du Serpent à Plumes sourcillant d’éclairs, il enchaîne avec une autre chanson récente énonçant ses griefs contre une femme à la manière mais sans les cuivres en fanfare de « Most Likely You’ll Go Your Way And I’ll Go Mine » dans « Blonde On Blonde » qu’il a remixée / reprise avec humour avec de nouveaux cuivres en 2007 en se mettant en scène hier et aujourd’hui avec des images de sa carrière dans le clip.

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Il a toute sa vie alterné caresses et coups de griffe, et c’est pour cela qu’il nous émeut et nous fait rire à la fois, qu’on l’aime autant, même aujourd’hui, envers et contre tout, tous et même souvent contre lui-même… Lui -même s'est décrit un jour comme un "trapéziste".

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Il l’a dit lui-même, nous ne sommes que des pions dans leur jeu, depuis « A Pawn In Their Game », dénonçant non seulement les assassins de Kennedy et Martin Luther King, les soldats et les policiers, mais le jeu politique dont ils n’étaient que des pions, preuve d’une grande lucidité politique.

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Qui est le pion, aujourd’hui ? Lui, celui de sa trop longue carrière, de sa maison de disque, ou nous de nos souvenirs, de nos irrémédiables nostalgies auxquelles nous le voudrions fidèle malgré le temps qui passe?

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A la fin du concert, la zone commerciale du Zénith était un cirque Barnum absurde et cher payé de produits dérivés : T-shirts cyclopéens, photos et posters de toutes époques, programmes et affiches du concert, plus que ses disques même récents, d’ailleurs., ou ses propres peintures, plus difficiles à trouver.

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Au bas de « Highway 61 Revisited », passée l’autoroute et ses embouteillages accumulés en décharge, on aborde « Desolation Row », cirque où se produisaient Casanova, Cendrillon, Robin Des Bois et le Bon Samaritain, mythes occidentaux ( ), mais si ridiculisés, happés par la réalité américaine d’ambulances et de drogues que le cirque ressemble aux neuf cercles de l’ Enfer…

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Tout y était déjà, vous dis-je, lui l’a toujours su, nous étions bien bêtes de croire trouver un message qu’il ne voulut jamais nous délivrer! "Ne Suivez pas les leaders et regarde le parcmètre" (Subterranean Homesick Blues)

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Reste le plaisir doux-amer de l’avoir vu en personne même de très loin, la nostalgie de voir que le temps a passé, même pour moi, alors j’imagine pour lui et ceux de sa génération… Ça valait bien mon article le plus long pour ses quarante ans de carrière…

Jean Daniel BURKHARDT

lundi 20 avril 2009

BOBBY PREVITE et son Pan-Atlantic Band au Cheval Blanc

Bobby Previte est un batteur de Jazz américain contemporain aux influences Rock et Groove qui a commencé par jouer du Rock , avec un son guitare et orgue que l’on retrouve dans son disque « Latin For Travellers » avec Marc Ducret et Jamies Saft.

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Après avoir déménagé à New-York en 1977, il joue avec John Zorn, puis fonde son groupe le plus fréquent « Bump The Renaissance » avec Wayne Horwitz et un personnel changeant, puis le trio d’improvisation incluant l' électronique « Groundtruther » avec Charlie Hunter et Greg Osby.

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C’est ce vendredi 17 avril la première de sa nouvelle formation, all-star européen, le « Pan-Atlantic Band » avec Nils Davidsen à la basse, le français Benoît Delbecq au fender rhodes, l’italien Gianluca Petrella au trombone et Wolfgang Puschnig au saxophone.

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On l’avait connu brun et moustachu, donnant ses ordres d’un micro avec oreillettes à ses solistes à Pôle Sud en 2001, il nous revient décoloré et avec une crête punk qui lui donne une nouvelle jeunesse insolente à la Sex Pistols ou à la Clash, un côté cyberpunk des garçons sauvages de William Burroughs.

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Sa frappe, elle n’a pas trop changé, mais évolue constamment pendant le concert, discrète en rythmique, groove ou plus appuyée, même sur des balais en fagots de lamelles de bois ou carrément rock, il use sur ces compositions de son cru de ses coups comme le peintre Jackson Pollock de sa penture en projetant le son ou les solos de ses collègues sur la toile musicale.

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Benoît Delbecq, au fender rhodes, donne un son évoluant entre le « Bitches Brew » de Miles Davis (cité dans un des titres) ou les cascades d’ « In A Silent Way », trouvant parfois la finesse d’un balafon et finit dans le son aigre mais passionnant du Xénofon de Bojan Z, et entre les notes fait preuve d’un jeu presque liquide coulant d’une touche à l’autre avec des échos, ou l’emportement passionné d’une bourrade violente sur les touches. Fan de phonétique et de musiques africaines et électroniques, il ne m’est jamais apparu aussi efficace et peu élitiste dans ses propres projets comme « Phonetics » enregistré à Pôle Sud en 2004, porté par les compositions autant que les servant pour obtenir ce son de groupe collectif.

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Des deux cuivres, qui ont improvisé le plus remarquablement, on a pu entendre quelques très beaux unissons de concert et chases efficaces dans les parties communes écrites sur les partitions.

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Dans leurs improvisations solo respectives, laissées à leur liberté par les partitions, Puschnig au saxophone s’est montré souvent trop free et empêtré dans des montées/descentes chromatiques pour ne pas ennuyer ou lasser, agacer, les oreilles sensibles ou celles qui l’étaient le moins au vocabulaire post-Ornette Colemanien.



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Gianluca Petrella s’est montré plus pertinent, quoique moins extraordinaire qu’avec son propre quartet « Indigo 4 », retrouvant parfois la première destination du trombone tailgate des fanfares de New Orleans, parfois joliment lyrique à la Glenn Ferris, ou plus aventureux, usant des sourdines davantage pour obtenir un son différent que moins fort, tenta même de se passer d’embouchure avec des effets éléphantesques, inventant un rôle du trombone dans un orchestre Jazz-Rock, genre qui s’en est passé dans les années 70ies.

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Le « Professor» (dit avec respect Previte dans un français approximatif et lent dans lequel Delbecq semblait très amusé de le laisser s’engluer) Nils Davidsen fut le plus discret mais son soutien fut impeccable, et même poussé jusqu’au Rock dans le final « The Inexorable March To Brutality » (« L’inexorable marche vers la brutalité ») où Previte frappa ses peaux avec une puissance toute Africaine, tribale et Rock, rejoint par les deux cuivres bondissants autour de sa batterie, venant comme le défier sur son propre terrain.

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Comme c’était une création, peut-être manque-t-on des références d’un disque (peut-être enregistré ce soir-là par un MD placé au milieu de la scène, et les compositions de Previte étaient présentées en première et sans qu’il en dévoile les titres, et peut-être le groupe n’était-il pas encore bien rodé, mais son jeu collectif semblait déjà remarquable.

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On a pu cependant apprécier les compositions et le jeu éclectique de Previte, moins proche de la gesticulation individuelle libre qu’un Jim Black, et son talent à composer pour des musiciens libres ou à laisser une part d’improvisation soliste à chacun dans ses solos, tout en maintenant une forme dans l’improvisation libre par son jeu toujours excitant et dansant.

Jean Daniel BURKHARDT

jeudi 16 avril 2009

Le HI-FLY ORCHESTRA a joué à la Salamandre

Ce dimanche 12 avril, le Hi-Fly Orchestra , groupe acoustique Jazz-Funk-Latino de Munich était invité en concert par G-Phil qui nous régale depuis quelques mois de ses soirées à entrée gratuite COLORS au Rafiot tous les premiers jeudis du mois (prochaine avec DOMU en guest le jeudi 7 mai jusqu’à 7 h du matin, car veille de fête )., avec une sélection d’instrus Funk, Groove & Latin de DJ No Stress en apéritif digne du Swinging London.

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Le Hi-Fly Orchestra se compose de deux cuivres : Florian Riedl (sax, flute), fondateur du groupe en 2005 et Johannes Herrlich (trombone), Christian Gall au fender rhodes, Jerker Kluge à la basse, Hajo von Hadln à la batterie, et Norbert Küpper aux percussions latines.

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Dès l’entrée de « Mrs. Shing-A-Ling »extrait de leur dernier album «Mambo Atomico », les deux cuivres sont funkys sur la rondeur groovy du fender rhodes et le tempo latin de la batterie et des percussions. Le solo de saxophone se place dans la lignée de Wayne Shorter période Blue Note funky (on pense à « Cantaloupe Island » d’Herbie Hancock repris en Hip Hop par US 3 avec des traits d’improvisation à la Charlie Parker révélant un grand improvisateur Jazz, ce qui est rare dans le groove, plus voué aux effets rythmiques.

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Le trombone aussi se montre langoureux sur cette samba groovy, alors que le saxo assure la cowell et la contrebasse jazze avec le fender rhodes. On voit déjà le bon son d’ensemble et le groove collectif jusqu’aux derniers riffs.

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Ils poursuivent avec de bons riffs à l’unisson du saxo avec le trombone et les percussions brésiliennes le soutenant d’une baguette, tandis que le trombone rappelle celui très funky du suédois Nils « Red Horn » Landgren et son Funk Unit, riffe à lui tout seul en stop-time, puis avec le saxophone qui prend son solo sur le fender rhodes au son pur Swinging London et même faire les voix féminines à la Brazil 66 de Sergio Mendes dans ses touches avant les riffs finaux.

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C’est incroyable qu’il existe encore des groupes aussi bons, capables de hausser l’arrangement acoustique à cette irrésistible énergie par la seule force du groove.

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Le troisième titre est plus rythmé par les claquements de mains du public déjà conquis avec les musiciens. Le saxophone est plus cool sur le fender rhodes soulfull dans ses rebonds d’une note à l’autre. Le solo de saxophone finit en cri free suivi d’un riff à l’ancienne préludant au solo de trombone. Ce sont de grands Jazzmen, capables de passer du lyrique au roboratif, force rythmique et d’improvisation.

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Ils reviennent de Bruxelles par Paris et continuent avec le titre éponyme de leur dernier album « Mambo Atomico », au bons cuivres Mambo, le piano bien au fond des touches sur la basse funky et les percussions. Les musiciens funky sont des rythmiciens, rarement aussi de grands improvisateurs de Jazz comme ce saxophoniste. Mais le groupe lui en laisse aussi l’espace en maintenant la ferveur du soutien funky de la danse.

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Le trombone aussi est un bon improvisateur sur la cowbell du saxophone sur les breaks de la rythmique, percussions et batterie se complétant dans leurs effets et improvisant ensemble.

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Suit une « Samba » ( ) en ballade où le saxophone prend une flûte très lente, jouant seul une mélodie bouleversante avec le trombone flottant en fond sonore, puis plus rythmé par l’entrée de la rythmique en gardant cette mélodie. C’est aussi à la fois beau lyriquement et groovy rythmiquement que du Lalo Schifrin dans « Bossa Nova Groove » avec Léo Wright à la flûte, ce rythme samba léger et ce piano fou qui accélère le rythme irrésistiblement jusqu’à la fin, et le miracle de nous faire passer de la mélancolie à la joie délirante de la fin très rapide.

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Suit leur « Hi Fly Stomp » au piano bien Boogie-Woogie groovy et aux cuivres taxiphonant des riffs comme dans une poursuite d’un vieux film polar en noir et blanc sur un rythme latin de la clave, entremêlant en chase leurs improvisations Bop avec dextérité sur les cymbales de la batterie et ses breaks sur un tempo très rapide.

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C’est fou de déployer toute cette énergie en cette ère électronique par des moyens 100% Live et acoustiques, et de voir que ça peut encore faire danser les gens en mettant du nouveau vin groove dans les vieilles bouteilles du Jazz…

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Suit « Samboogaloo », mélange de Samba dans la rythmique et de Boogaloo (Rythm’N’Blues Latin du Barrio) dans les unissons des cuivres, et le fender rhodes fait rouler ses vagues noires et blanches sur la clave, l’ensemble et son jeu collectif restant d’une irrésistible efficacité pour la danse.

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Suit leur version très personnelle du « Crosstown Traffic » de Jimi Hendrix avec plus de cuivres et le public chantant à l’unisson, le trombone puis le saxo improvisant sur le thème entre deux riffs et quelques chases jusqu’aux cris. On ne dira jamais assez combien les compositions d’Hendrix gagnent à être reprises par autre chose que des seules guitares.

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En bis, « Gettin’ Down », un autre thème rappelant le « Cantaloupe Island » d’Herbie Hancock repris par US 3 en Hip Hop, dont leur reprise montre qu’elle n’avait pas besoin de ça.

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Sur le second Bis, plus latin, on croit entendre Chucho Valdès au fender rhodes entouré des premiers cuivres historiques d’Irakere, Arturo Sandoval et Paquito D’Rivera.

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Bref, je ne savais qu’il existait encore un groupe aussi agréable et puissant, Jazz, Funky et Latin, capable de partager une joie musicale que je pensais disparue de la scène actuelle!

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La soirée se termina avec un mix Funky de Tobias Kirmayer.

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 10 avril 2009

L’OCELLE MARE ET XIAO-HE A STIMULTANIA, La BOÎTE A RIMES au JIMMY's

Depuis vingt ans, la galerie d’art Stimultania, qui a déménagé 33 Rue Kageneck près de La Gare à côté de la Maison de l’Image est l’un des lieux artistiques les plus passionnants à Strasbourg : expositions plastiques, apéro-concerts rock, trad ou electro-accoustiques décalés et accueillant les ateliers du CEDIM une fois par mois.

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Ce mois-ci, Julien Bourdier Martin y expose objets inutiles mais beaux aux matériaux hétéroclites et très belles photos du monde souvent « Sans-Titre » ou légendés de détails techniques, mais très poétiques d’une faille rocheuse naturelle, d’un CRS tournant le dos à la lumière d’une baie vitrée bulle, d’un temple au plancher troué en damiers et profond, d’un hippie dans un trou, de démolitions urbaines, aussi : notre monde.

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Pour le concert, tout d’abord, on pouvait entendre L’Ocelle Mare venu de Ribèrac (avec un nom pareil, je pensais que c’était une fille!), un jeune barbu en chemise à carreaux triturant un banjo.

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Sur « Porte d’Octobre » (titre de l’un de ses disques), il court sur les cordes en cascade pour rattraper le tempo d’un métronome posé au sol, puis quelques vents librement soufflés dans un harmonica ou d’une guimbarde ou d’un . On pense à Fred Frith et à un de ses émules Québécois, banjoïste free, à Derek Bailey aussi.

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Sur d’autres titres, il rythme sa musique des deux pieds sur une planche comme un bluesman rouge ayant appris l’art du pow-wow autour d’un feu, ou de pédales d’effets/ sampler.

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Oui , L'Ocelle Mare est entre un américain et un Chinois du banjo distordu, sonnant toujours du pied la sonnette d’un vélo ou d’un bol Tibétain. Quand il joue ses accords très haut, on croirait entendre un luth mongol. Il a aussi un usage original du diapason, utilisé comme médiator pour son pouvoir vibrant faisant passer les harmonies d’une simple note dans toute la pièce.

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D’ailleurs selon certaines théories sur les migrations humaines originelles, ce serait à l’origine le même peuple que les Mongols et les Indiens d’Amérique : des « cueilleurs » préhistoriques ayant passé le détroit de Behring en quête de nourriture. Pour preuve, on peut remarquer une curieuse adéquation entre la structure de la yourte mongole et du tipi (ou wigwam) amérindien! Peut-être tout cela était-il volontairement plus esquissé, cherché comme à tâtons, essayé/tenté que joué réellement dans un souci de laisser l’improvisation ouverte. Ce passeur nous a amenés de Ribérac en Amérique, en Chine.

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Xiao He, lui est un Chinois de Pékin jouant de la guitare, d’un lap top qui la modifie, et chantant à la manière diphonique des mongols des steppes.

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On découvre une guitare plus folk, plus proche des luths mongols et un chant diphonique aux aigus de cantatrice de Shanghaï, aux graves gutturales, puis poussées jusqu’au cri free, hululé sous son chapeau de feutre noir, une sorte de chamane oiseleur, puis se calme sur la guitare et finit en diphonique aigu chevrotant (les mongols imitent les cris des animaux dans leurs chasses). Les accords de la guitare bluesys ou folkeux, sont samplés en rythmique, allongés/modifiés, électrisés par les effets et le laptop jusqu’à devenir cithare chinoise, percussions d’eau électrique. A partir de simples cordes, d’effets et d’un ordinateur portable, c’est tout un univers envoûtant et personnel qui s’offre en écrin à la voix de ce chanteur fou, capable d’un théatre de marionnettes intime dont il serait toutes les voix de l’enfant ou la femme dans les aigus à l’homme ou aux êtres surnaturels dans les graves du chant diphonique, parfois aigres ou profondes, claires ou brisées, puis adapte ce style au ragga plus actuel dans le final.

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Dans les accents les plus graves sur les tempos les plus rapides, on croirait entendre le groupe Huun Huur Tu, comprendre des mots anglais « We Dream We Dream We Dream » mais on rêve à cette pleine voix libérée dans l’aigu,, naturelle puis diphonique dans le final.

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Echos, rebonds d’eaux à la Edgar Froese sur le laptop, intercalé de cithares chinoises. Comme dans la musique Chinoise Classique, la Nature occupe une grande place dans la musique de Xiao He, même si c’est par le truchement de l’électronique et de l’ordinateur. En fermant les yeux, on entend des harpes, des guimbardes, le sifflement d’une coulisse.

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Parfois les accords de guitare sont plus rock, les cris plus trash dans l’aigu. Les vocaux rauques se font bluesys, on entend tinter une cloche lointaine, puis comme la mélodie des glaciers glissants sous la fonte du réchauffement climatique avec déjà des grenouilles électro surnageant, et la voix de Xiao He hurlant avec le loup.

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En bis, des accords de folk plus cool des aigus aux cordes basses, puis les bruits de la mer et la voix, bruits d’eaux qu’il laisse en s’en allant jouer seuls la cascade, les oiseaux : un peu de sa Chine naturelle.

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Pour finir la soirée, il y avait une soirée Slam de la Boîte à Rimes (ma première) au Caveau du Jimmy’s Bar avec un « Bibliothécaire de la Vie », poète dégingandé et conteur post-moderne et l’autre plus un poil sur le caillou, plus hip hop mais à la poésie non moins essentielle : Ils ont la naïveté et la révolte, la folie et la poésie libre à deux, quatre lunettes curieuses ouvertes en hublots sur le monde et leur imaginaire, accompagnés un guitariste de bataille navale et invitant le public à se joindre à eux dans le set final par des exercices originaux : alphabet personnel, «dans une autre vie, je serais… », ou des extraits de livres… . Jean Daniel BURKHARDT

lundi 6 avril 2009

BRAD MEHLDAU et son Trio à la Salle Des Fêtes de Schiltigheim

Hier soir dimanche 5 avril, le trio de Brad Mehldau se produisait à la Salle des Fêtes de Schiltigheim. Né en 1970, le pianiste Brad Mehldau a commencé par le piano classique, puis le Rock et le Jazz dans le Connecticut, avant de remporter le prix de la Berklee School Of Music, et de suivre l’enseignement de Fred Hersch et Kenny Werner pour la composition. On le découvre au début des années 90s avec Joshua Redman sur le disque « Moodswings », puis sur son propre nom avec son trio constitué de Larry Grenadier à la contrebasse et de l’espagnol Jorge Rossy, remplacé en 2005 par Jeff Ballard, batteur de Chick Corea rencontré comme sideman avec Joshua Redman et Kurt Rosenwinkel, avec lequel il a enregistré à ce jour « Day Is Done », puis un double - Live au Village Vanguard. Brad Mehldau remporte partout un succès de Rock-Star, et reprend d’ailleurs parfois des morceaux pop de Radiohead ou même « Wonderwall » d’Oasis, voire « Black Hole Sun » de Soundgarden.

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Le début est lent, avec la contrebasse en contrepoint à la Scott La Faro (référence obligée à Bill Evans qui inspira contre elle à Mehldau des pages entières de liner notes à ses débuts, la considérant comme une référence plus raciale que musicale appliquée à un trio de jazzmen blancs. Il faut dire qu’en terme de déficit d’image, la raie et les lunettes d’un Bill Evans ne sont pas très enviables, mais ne doivent pas faire oublier sa musique, sa barbe d’homme des bois et ses habitudes narcotiques sur ses vieux jours …) et la batterie constamment sur la charley, tom et cymbale. Puis les phrases de Mehldau évoluent à la Keith Jarrett à Köln.

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Grenadier est le pilier, Ballard le moteur du trio, Mehldau en trace les lignes, les contours des phrases de l’un à l’autre. Il est clair que Ballard ajoute, comme dans la formation « Elastic » de Joshua Redman du groove, du drive, une énergie dépassant le Jazz stricto sensu, tout en pouvant aussi en suivre les codes, si on le compare à Jorge Rossy, plus Jazz.

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Suit un titre plus rythmé, plus Bop, la contrebasse plus en avant, montrant une grande complicité avec Ballard, plus ethnique, qui joue, en percussionniste, des toms à mains nues, et d’un petit tambourin à clochettes sur tréteau ajouté à sa batterie, ce qui donne une couleur caraïbe, orientale à l’ensemble. C’est une ouverture pour le Jazz que d’être Jazz mais pas que.

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Le tempo se fait Brésilien.

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Avec ce nouveau trio, Brad Mehldau a d’ailleurs composé quelques bonnes ballades bossa sur ce modèle, comme « Turtle Town » pour « Day is Done » ou « Secret Beach » pour le Live au Village Vanguard. Plage secrète, privée, intime, qui nous invite à la chercher en nous-même, à plonger dans ces émotions pures et les nôtres, en apnée ou à la recherche de petits riffs d’ »A Love Supreme » de Coltrane qui y sont immergés, et nous portent à la douce rêverie d’une sérénité hors du monde troublé du week-end de l’OTAN qui s’est terminé la veille.

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« No Politics, tonight » prévient Brad Mehldau.

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Le trio se cherche pour le plaisir de ne PAS se trouver, ou de se trouver ailleurs, autrement, où on ne l’attendrait pas, comme les vagues et la marée, les instruments passent du premier au second, au troisième plan.

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Finalement c’était « Samba De Grande Amor » de Chico Buarque, dont le trio avait déjà accéléré/ralenti infiniment le « O Que Sera ».

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Suit un blues rapide, à la Thélonious Monk des meilleurs jours, sans la bizarrerie ou l’obscurité qui était parfois la sienne, la difficulté de certaines de ses compositions, juste amusant et bonhomme, clair et limpide, avec des accélérations parfois à la manière de son ami Bud Powell en moins tourmenté, un Bud Powell qui aurait échappé à l’expression physique du mot Be-Bop à 18 ans («bruits de la matraque d’un flic raciste sur la tête d’un noir », dixit Dizzy Gillespie, ou d'un manifestant altermondialiste pacfique, s'ils savaient qui était Bud Powell). Le trio modernise agréablement ces formes anciennes, un peu à la manière de celui de Jason Moran, par des éléments portés à une intensité groove, rock voire drum’n’bass par Jeff Ballard.

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Un autre Blues plus à l’ancienne, plus enlevé me fait penser au « Vieux Piano d’la page » chanté par Charles Trénet qui s’éveille le week-end pour faire danser la jeunesse qui le regrettera toujours, et il le sait, ce brigand, les faisant de la joie à la nostalgie. Ah si le monde avait continué ainsi éternellement, avec des trios à la Nat King Cole, l’innocence harmonique et les phrases allègres d’un Ahmad Jamal, sans rap, sans techno. N’aurait-elle pas été plus heureuse, cette jeunesse? passerJe l’ignore, je suis déjà né trop tard. Le problème aussi, cher Monsieur Charles, c’est qu’ils n’étaient pas pour tout le monde, le piano, la plage et leur insouciance…

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Mais justement, le génie de Brad Mehldau c’est de nous montrer qu’un trio de Jazz aujourd’hui peut être actuel en restant Jazz, jouer de la pop, du Jazz façon electro ou des standards, bref être, aussi, encore, de son temps

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Justement, dans le titre suivant, à la manière de « Day Is Done » , ou « Knives Out », le trio se fait presque electro, avec Jeff Ballard en drum’n’bass, à la fois mécanique, presque robotique, machinale dans sa constance et organique, humaine car toujours à l’affût de l’improvisation une contrebasse aux lignes claires et limpides, bien fichée entre lui et le piano, avec un son de groupe à la E.S.T., trio du défunt pianiste suédois Esbjörn Svensson mort d’un accident de plongée dans la baie de Stockholm l’été dernier, ceci tout en gardant un son acoustique, sans leurs violences finales Rock d’EST parfois. Pour ceux qui aimaient cela, la formule a été reprise avec fender rhodes et samples par le trio EOL des frères Girard qui vient de sortir un Live au Canada. Chez Brad Mehldau, on retrouve ces réitérations, ce talent dramatique des histoires sans paroles, des précipités de Jean-Sébastien Bach dans les variations Goldberg, et une modernité à la Satie.

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Alors, plus Jazz du tout, Brad Mehldau? Et les standards alors, me direz-vous ? Brad Mehldau nous en réservait un fameux, qu’on lui connaissait moins que ceux de Guershwin, « Isn’t this a Lovely Day ? », immortalisé par Ella Fitzgerald et Louis Armstrong, le genre de chansons qui vous donnent envie de vous promener main dans la main un jour de printemps ou d’en faire un beau jour de tous les jours même en automne quand la pluie tombe et nous prend par surprise… Une personne s’en souvenait après le concert.

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Brad Mehldau l’a jouée intro et thème telle quelle pendant quelques minutes, débonnaire et romantique, mais c’était un peu trop simple pour ce fan de philosophie de jouer JUSTE un standard tel quel, même merveilleusement. Un peu trop convenu. Il fallait qu’il relève la chose d’un doux sadisme musical qui est sa part obscure…

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On a bientôt vu poindre à l’horizon de ce joli jour de pluie la nuit d’une autre phrase «We won’t say goodnight until the last minute », extraite de «For All We Know », chantée par Billie Holiday avec les violons de l’orchestre de Ray Ellis et ses chœurs dans « Lady In Satin », la moins désespérée de son dernier disque en forme de chant du cygne avec le filet de voix d’une voix brisée interprétant «le hit-parade du club des suicidés. Toutes les chansons n’étaient pas mélancoliques, cela dit : pour apporter de la diversité, ils en avaient retenu certaines de carrément lugubres », lui fait dire Alain Gerber ( le plus grand écrivain du Jazz vivant, on ne le dira jamais assez, surtout maintenant qu’on ne peut plus l’entendre sur France Culture ou dans « Le Jazz est un roman » sur France Musique !)dans son roman « Lady Day, histoire d’amours ». Elle enregistra encore un « Last Recordings » posthume, plus swing, comme si elle avait eu le temps de vieillir, enregistrant même quelques chansons qu’elle n’avait jamais chantées, mais sans ce tragique, cette urgence, comme déjà au-delà de toute souffrance, de toute fatalité, passée de l’autre côté…

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C’était encore un peu trop gai encore, il y faisait encore trop jour dans ce crépuscule de satin mauve, Brad Mehldau continua ce « Lovely Day » et cette nuit sans « goodbye » en solo, à la Chopin, en Nocturne à la Debussy, sublime, mais il nous avait quand même fait passer du sourire aux larmes. Pour me venger un peu, je dirais que c'est dans cette attitude d'autisme parallèle au clavier que Mehldau fait le plus penser à Bell Evans...

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Mais tout cela n’est qu’un jeu, une pose de l’artiste, un masque du saltimbanque qui rit ou pleure à loisir, comme l’expliquait la dernière Diva du Jazz Helen Merrill dans la pochette de son disque « No Tears, No Goodbyes » avec Gordon Beck, reprenant la phrase de Flaubert «Madame Bovary, c’est moi ». Un jazzman est multiple comme toutes les émotions qu’il nous inspire.

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Mais faire changer le public de sentiment, pour cet art du sentiment instantané, furtif, mélancolie et joie toujours mêlés, c’est l’apanage, le privilège des plus grands musiciens depuis Ziriab, créateur des « noubas » arabo-andalouses au IXème siècle et ce Calife de Cordoue qui promettait une bourse d’or assurant une vie de musique sans souci financier au musicien capable de capter son sentiment et de l’en faire changer… Pour ce seul moment miraculeux, Brad Mehldau aurait mérité cette récompense…

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Après trois bis, dont un Hard-Bop sur « Airegin » composé par Sonny Rollins pour l’indépendance du Nigeria, avec solo de batterie -moteur d’avion s’envolant de Jeff Ballard, et un dernier faussement triste mais finalement gai par cette politesse du désespoir de ne pas nous laisser sur la seule tristesse qu’il partage Billie Holiday, le trio quitta la scène, nous laissant à la fois, successivement ou individuellement émus enchantés, ravis, surpris ou indécis… Il y en aura eu pour tous ses goûts, du classique au Jazz, au Blues au Brazil, au presque electro, par un trio piano basse batterie classique mais actuel… Allez voir Brad Mehldau : ce ne sera jamais pareil.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 1 avril 2009

Le Trio de Giovanni Mirabassi, Gianluca Renzi et Léon Parker à Pôle Sud

Leon parker est l’un des plus grands batteurs de Jazz des années 90s. Il avait débuté avec Jacky Terrasson ou David Sanchez comme sideman d’exception.

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Léon Parker a été pour moi le premier batteur VIVANT et contemporain à m’avoir vraiment touché, emmené ailleurs, dans son univers musical personnel dans ses albums « Above & Below » (1994) et « Belief ». (1996), habité de voix et d’instruments, variés, riches et dosés, avec des percussions plus ou moins fortes selon les plages, des climats changeants, de petites histoires sans paroles, une approche percussive de la batterie, de shakers et de son propre corps (en "body percussion"), murmurant avec émotion (« Close Your Eyes ») ou tonitruant, riche d’échos et de résonances qui en faisaient une peinture d’une vie imaginaire, inter-ethnique, harmonieuse, comme elle pourrait l’être dans un monde idéal, naturel et actuel à la fois, présent et rêvé.

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Leon Parker a montré par ces disques qu’il était un vrai musicien, et un compositeur, plus que le sideman d’exception de Jacky Terrasson et David Sanchez, avait créé son propre univers, sorte de forêt mondiale englobant les forêts et les villes dans sa canopée musicale bruissante de surprises, de musiques et de voix inouïes jusqu’à lui, résolument modernes autant qu’intemporelles, de l’ethnique à l’urbain.

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En 1998, « Awakening » était un disque plus spirituel, où il jouait de différentes percussions et d’un bol de méditation tibétain. Suivit un Live « The Simple Life », enregistré au Village Vanguard.

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A son départ des Etats-Unis, il déclarait être dégoûté du Jazz, et quand il vint à Strasbourg invité au festival Strasbourg Percussions de Jimmy Braun, mon ami, percussionniste recycleur, journaliste musical et bloggueur qui me l’avait fait découvrir, il ne s’y produisit que jouant des œufs ou de son corps en body percussion, puis dirigea un workshop en maître de cérémonie et présenta le dernier soir un spectacle ou chacun, habillé de blanc, selon son art, trouvait sa place. On l’a bien cru perdu pour le Jazz, ce qu’il faisait le mieux, où il pouvait avoir les échanges les plus fertiles.

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Une voix intérieure l’a poussé à revenir à la batterie et au Jazz, et moi-même, qui avais découvert ses disques trop tard, je fus très ému de le voir revenir avec le trio terrassant de Jacky Terrasson et Ugonna Ukegwo, puis agréablement surpris de le voir au programme d’un concert du trio plus sage de Giovanni Mirabassi et Gian Luca Renzi, puis à l’écoute du disque, on retrouvait sa patte, sa frappe variée et émouvante, toujours juste, ses progressions si belles, mais AU SERVICE de la musique de Mirabassi, ce qui est une grande preuve d’humilité quand on a entendu/vu de quoi il était capable par lui-même.

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Le concert commence par le standard « Why Do I Love You ? », au piano romantique sur la basse ronde, de petite taille et réduite à une tige, du bois et quelques cordes, sur les balais fouettant de Léon Parker qui fait monter la sauce en cavalcade des deux bouts des balais bruissants, puis frappant plus fermement du manche.

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La justesse de son tempo, son écoute constante des autres musiciens, sa réactivité à chacune de leur nuance, rend le foutoir organisé plus moderne et plus « improvisé », rock, d’un Jim Black presque désuet, ou d'un bavardage inutile, dépourvu de sens, mal à propos, le réduit à du n’importe quoi.

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Même sur cette ballade, quand le tempo s’emballe, Parker prend ses baguettes pour faire monter la sauce.

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Le bassiste Gian Luca Renzi joue et chante avec le fredonnement lyrique mais plus intimiste que son compatriote Rosario Bonnacorso, plus proche du bourdon plus ancien d’un Slam Stewart.

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Parker reste imperturbable tel un Bouddha (à qui Jack Kerouac comparait son homonyme Charlie Parker) derrière ses lunettes teintées, distille son approche à la fois mélodique et rythmique de la batterie, très personnelle.

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Mirabassi continue par une autre ballade, que Parker modernise de motifs drum’n’bass, fait voyager et vivre, douchant la mélodie d’un balais, d’une cymbale pendant qu’il rythme de la baguette sur la périphérie des toms, de l’autre parfois à plat, puis en tictac sur un troisième.

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Je sais bien qu’il n’est pas le leader ici (a-t-il jamais vraiment accepté ce rôle même dans ses propres disques ? Il semble davantage n’avoir jamais fait que servir la musique des autres, ce qui quand on connaît sa valeur, est la plus belle preuve d’humilité), mais placé volontairement sous la batterie, je ne vois que lui, suis venu pour lui, par la peur que j’ai eue peut-être de ne jamais le voir jouer de la batterie dans un groupe de Jazz quand il a cessé d’en faire en 2000, quittant les Etas-Unis « pour que ses enfants n’y grandissent pas » et dégoûté du Jazz, dans une interview dont Jimmy m’avait parlé à l’époque. Il tape encore sur sa caisse du plat de sa main comme sur une percussion, accompagnant la baguette du tom. Sur une autre ballade, « Vuelvo Al Sur » d’Astor Piazzola, Parker remonte le moral de ce thème beau mais triste rien que par ses bruissements d’ambiance sur les rebonds, les ricochets sur la peau d’un tom, puis une cymbale, enfin les deux, entre les silences et ce groove presque funky, machine et métal et pourtant organique, serpent de résonances métalliques qui se meuvent en échos.

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Leon Parker a toujours eu une vraie conception dramatique et spatiale, soliste et fascinante de la percussion appliquée à la batterie, une conception personnelle de l’instrument, à la fois rythmique et mélodique, sublime.

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Il retrouve son groove sur le tempo rapide, bop, pied sur la pédale charley, baguettes sur tom et cymbale avec des mouvements très rapides, fouettant le tempo puis lui imprime un rythme imperturbable, irrésistible sur les trilles pianistiques de Mirabassi, aussi très bon, mais avec quelque chose de grimaçant, de forcé dans ses mimiques à chaque présentations de chanson, ou simplement pour moi de moins mythique que Parker dans l’attention, l’affection que je lui porte, pour m’avoir fait moins rêver, avoir moins désiré le revoir jouer du Jazz, moins avoir craint de l’avoir cru perdu à jamais, si injuste que ce soit.

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Pendant le solo de basse de Gianluca Renzi, Parker tapote la charley, la cymbale pour accompagner le scat de Renzi, ajoutant son groove à sa voix, jouant même à la verticale à angle droit de la baguette sur la charley, puis finassant la mélodie rythmique presqu’à lui seul comme il l’a commencée en initiateur de ce groove.

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Suit « Last Minute », extrait du dernier disque de Mirabassi avec ce trio « Terra Furiosa », intro de basse puis thème et Parker d’une baguette, de sa main sur la peau, le métal et du pied sur la charley, construisant un groove mâtiné d’une clavé libre, puis le piano entre peu à peu dans le thème. Parker sait allier cet aspect ethnique et urbain dans sa musique comme nul autre, les deux jungles : celle d’Afrique et celle des villes, puis se taire, se faire discret devant les autres tout en restant indispensable dans sa discrétion même, à la fois lui-même et au service des autres, de leur plaisir qu’on le lit dans le sourire qui illumine le visage de Renzi qui le suit dans ses phrases, dans les phrases infinies de Mirabassi, tout est tendu, architecturé par ce groove constant, cette puissance animale qui peut partir d’un coup en batucada sur la cymbale en gardant la précision d’une machine à groove pourtant ethnique… puis revenir à sa plus simple expression de gong sur la cymbale.

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Léon Parker s’éloigne pendant le solo de basse de Renzi très lent, bluesy, citant « Summertime », bien organisé, émouvant et sonore, avec une intensité et une gravité, une prestance baroque de bois ancien, puis poussant l’instrument jusqu’au Jazz et à ses limites, au groove sur le piano au retour de la batterie.

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Sur un thème Hard-Bop de Miles ou Coltrane, Parker se révèle aussi un excellent disciple d’Elvin Jones dans la frappe percussive constante rechargeant l’improvisation des autres d’un rebond de cymbale, d’un ra bien placé, par cette puissance à réaction, il donne des ailes au piano et à la basse, des pas de géant, des bottes de sept lieues, cette liberté sublime du Jazz, puis ralentit le train pour l’atterrissage, joue comme à l’envers, à rebrousse-poil, baguette ou rythme, métal ou peau, ferraille et bûcheronne, fourrage et tape comme ce singe de « 2001 L’Odyssée de l’Espace » découvrant le rythme en frappant deux os, l’homme avec son premier feu. Il sait allier musicalité et sauvagerie, enfance de l’art et maîtrise acquise par l’expérience. Il faut aussi savoir tout oublier, se refaire une virginité artistique, désapprendre pour se retrouver ailleurs, autrement, différent, de plus loin, et plus fort de quelque chose qu’on a ramené de cette pulsation lointaine venue des origines des peuples à deux baguettes, changeante selon l’attaque, redevenant arme, sagaie, silex ou jouet d’enfant, grognant, lâchant toute son énergie de plus en plus fort, tambour battant des processions de New-Orleans et d’ailleurs, de toutes les luttes, turbinant, repartant d’un mouvement perpétuel, refaisant tout le chemin de la musique de percussion des déserts aux forêts, aux champs, aux villes industrieuses et aux robots futurs mais restant humain en intégrant l’animal machine. La basse rejoint son groove dans le final. Mirabassi selmble redécouvrir ce thème de Miles et Trane.

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En prélude au Bis, Parker frôle à la verticale, fait crisser à peine, résonner longuement en écho ses cymbales et même ce silence habité d’une vibration de l’air c’est encore de la musique, encore du Léon Parker.

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Mirabassi reprend « Le Chant Des Partisans » (http://www.youtube.com/watch?v=zZuAkZ3lGRk&NR=1 ) qu’il avait déjà repris en solo dans son Live « Avanti », pianiste engagé enjazzant les chansons populaires italiennes.

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Et même sur ce dernier disque « Terra Furiosa », ce « We Have The Blues, Mr President » qui le termine, n’est-ce pas la tristesse que Romano Prodi, qui avait délogé Berloscuni du pouvoir (je me souviens de la joie d’autres italiens en ce même lieu ce soir-là, ceux du PAF Trio de Paolo Fresu et Antonello Salis déclarant « aujourd’hui c’est la fête, parce que Berlusconi il est parti) n’ai pu former de majorité capable de régler les problèmes économiques ? Berlusconi est revenu. Mais Leoon Parker aussi.

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En tous cas c’était une grâce de revoir Léon Parker rejouer du Jazz, en espérant le voir bientôt dans des projets plus personnels, même si son indépendance et son engagement musical le font s’impliquer dans la musique des autres comme dans la sienne…

Jean Daniel BURKHARDT

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