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samedi 6 février 2010

TERJE ISUNGSET, percussionniste Norvègien à Pôle Sud

Hier soir 5 février à Pôle Sud, on pouvait entendre deux jazzmen européens les pieds bien ancrés dans leur terroir Européen ou mondial, mais y alliant le geste libre du Jazz et la tête dans les étoiles : le percussionniste et batteur norvégien venu du froid Terje Isungset et le dernier groupe du guitariste Danois Hasse Poulsen, les Progressive Patriots .

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Tout d’abord, le batteur et percussionniste Norvégien Terje Isungset, qui a enregistré son dernier disque « Hibernation » dans un igloo avec des instruments de glace qu’il a construits lui-même : percussions, trompette de glace et même iceofon.(glaçophone). Du Fridge Jazz, en quelque sorte...

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Le kit de batterie est réduit à la plus simple expression de ses timbres : une grosse caisse, une caisse claire et une cymbale où frétille une gourmette de billes métalliques. Il y a ajouté des instruments de sa fabrication construits à base d’éléments naturels. La cymbale charley est remplacée par tambourin polytonal plein d’esprits comme un dreamcatcher inuit et on aperçoit une rangée de rondins de bouleaux arctiques attachés, d’autres à terre, une cowbell rouillée, quelques cloches tendues sur une corde et un appareil de pierres et d’ardoises.

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Arrivé sur scène, c’est tout un paysage qu’il crée : le souffle du vent sur la banquise dans un tuyau, des sifflements parfois alterné de chants aigus et de grognements chamaniques. Cependant entre deux mystères, il sourit béatement comme un bébé, ce qui rajoute à l’exotique et inquiétante étrangeté de ces sons une dose d’humour.

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La grosse caisse est utilisée comme percussion tribale profonde de base, les cloches actionnées de l’autre pied en équilibriste/contorsionniste gracieux, le tambourin monte et descend par la pédale en bruissant de ses sonnailles comme un périscope musical dans les glaces arctiques ou un hochet fou, auxquels il ajoute de sa voix de chamane fragile des appels lointains vers l’infini qui résonnent dans l’espace clos de la salle comme dans l’horizon immense, créant un espace sonore inouï et dépaysant, rappelant parfois le lyrisme du saxophoniste Jan Garbarek, lui aussi Norvégien..

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Faiseur de feu sur la glace, il entrechoque des pierres de granit sans étincelles que sonore, les râcle sur l’ardoise d’un vibraphone de pierre (j’ai mal vu ce qui se trouvait sur cette table) aux profonds échos dub...

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[C’est lui qui déclenche dans cet art climatique la furie de la foudre et les bourrasques aux forces de cataclysmes, lorsqu’il entrechoque les rangées de branches de bouleaux arctiques contre la grosse caisse. A la guimbarde, on pense aux mongols qui l’utilisent parfois avec leur goût pour les sonorités diphoniques, mais qui dans sa bouche prend la modernité d’une beat box|http://www.youtube.com/watch?v=lBxEXsPi8WA&feature=related].

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Il finit en soufflant les derniers appels dans une corne creuse, celle dit-il, de la dernière chèvre norvégienne morte en 1983 qui lui fut offerte par son berger..

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Il vient d’enregistrer un nouveau disque d’ice music (musique de glace), avec de nouveaux instruments : une harpe de glace et une guitare de glace.

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La fin est naturelle et comique, avec la chute d’un fagot de brindilles qui lui tient lieu de baguettes tapoté par l’autre.

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Inouï et jamais vu, dépaysement garanti charme écolo-minimaliste, la musique de Terje Isungset ne ressemble à nulle autre au monde, en tous cas sous nos climats.... On peut juste regretter qu’il ne fasse pas assez froid chez nous pour son spectacle avec des instruments de glace, difficilement transportables... Quoiqu'il en ait déjà joués à Londres. Pôle Sud n’a jamais été aussi Polaire, mais est encore trop au Sud pour cela ; ( )

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 30 janvier 2010

Le groupe TRIBE ressuscite avec un nouvel album: REBIRTH (Commande de Drum_Bass.net)

La libération des noirs américains par l’obtention des Droits Civiques et donc de leur musique donna lieu à la fureur du Free Jazz, mais aussi dans les années 70s, à un courant plus Jazz Soul, Peace & Love, idéaliste de cette tendance libertaire, assumant à fond le côté funky et groovy, la Soul autant que le Jazz, et même les influences Africaines, toutes les facettes de la Great Black Music héritées du Jazz et de ses dérivés. Né à Detroit dans les années 70s, Tribe est un collectif né au lendemain du happening "An Evening With The Devil" alliant Danse, Poésie et Musique par le saxophoniste Wendell Harrison et le tromboniste Phil Ranelin, puis le trompettiste Marcus Belgrave, le pianiste Harold McKinne et le batteur Doug Hammond et fondèrent le label du même nom, mais se séparèrent en 1976.

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Mais c’était compter sans Carl Craig, l’un des fondateurs de la Techno de Detroit, qui reforme le collectif en 2007 et produit en 2009 leur nouvel album, « Rebirth » (RENAISSANCE).

A Detroit, un génération sauve l’autre.

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Chronique de l'album par mes soins à lire sur "drum_bass.net".

Vous y trouverez également d'autres chroniques de ma plume sur le dernier JimiTenor & Tony Allen, Karimouche, Panama 3, GHANA SPECIAL, etc...

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 26 janvier 2010

Le Quartet de Jazz PRINT aiss son empreinte à Pôle Sud

Print est un quartet de Jazz français né en 1997 renouvelant l’improvisation de l’aharmolodie d’Ornette Coleman dans la lignée de l’américain Steve Coleman et de son M Base, composé de Sylvain Cathala au saxophone ténor, Stéphane Payen au saxophone alto, Frank Vaillant à la batterie et Jean Philippe Morel à la contrebasse. On pouvait les entendre vendredi 22 janvier à Pôle Sud.

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Dès le premier titre, on peut entendre s’ébranler la belle machine, les deux saxophones taxiphonant de concert mais se rejoignant dans les unissons sur la rythmique vive et mouvante, à la fois efficace et très improvisée.

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Finalement, si l’influence de Steve Coleman se fait ressentir, ce serait plus par la liberté d’improvisation offerte à chaque soliste et même à la rythmique que dans ses aspects les plus Hip Hop ou ethniques, une version à la française, si j’ose dire.

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Quand on y pense, cette EMPREINTE (PRINT) laissée dans le sol qui donne son nom au groupe est mouvante, comme si cette ligne individuelle tracée en signature par chaque soliste où parfois ils se rejoignent était balayée comme des traces dans la neige balayées par le vent ou sur le sable emportée par la marée par l’improvisation.

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Les deux saxophones Sylvain Cathala au ténor et Stéphane Payen à l’alto (à revoir avec les « Progressive Patriots » puis Terje Isungset en solo à Pôle Sud le vendredi 5 février), à l’avant, frappent tout d’abord par le contraste entre la liberté de leurs solos et la rigueur de leur soutien mutuel l’un dessus l’autre dessous et vice versa, l’écoute et la justesse de leur jeu d’ensemble quand ils se rejoignent dans les riffs ou les unissons des thèmes réitérés jusqu’à la transe, ou qu’un geste imperceptible de la main ou du poing, garant du contrôle sur leur création, y mette fin.

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Le batteur Frank Vaillant est très actif, sait être un soutien précieux Jazz, martial ou Drum’N’Bass pour ses camarades puis déchaîner ses effets dans des roulements furieux entre un certain exotisme de la clavé ou du folklore latin à sa façon, syncrétique ou imaginaire avec la ferveur dans la découverte de l’homme afro-américain découvrant le feu de l’Afrique intact à Cuba et dans les Caraïbes, ou laisser ses baguettes diverses courir d’un élément à l’autre (sa batterie en comprenant beaucoup plus qu’une batterie Jazz standard, en plastique, cloches et autres percussions, mais la variété d’intensité et d’angle de ses attaques fait beaucoup aussi dans cette variété rythmique de tous les instants) avec une joie tambourinaire enfantine sur des jouets miniatures, le tout organisé/organisant l’ensemble avec un grand sens de la dramaturgie rendant universellement compréhensible ce répertoire très improvisé de l’ensemble.

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Enfin, Jean-Philippe Morel à la contrebasse, était, ce qui n’est pas commun, le seul à bénéficier d’une pédale d’effet. Mât et pilier du groupe en rythmique, il s’arrogea aussi quelques inpros et solos personnels, où la pédale semblait jouer un rôle d’écho pour prolonger plus que distordre les sonorités de ses cordes ou de son archet.

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Leur répertoire accepte autant les thèmes bien composés que les scories pour l’expérimentation de l’improvisation, pour voir où ça mène en se souciant d’avantage du voyage et de ses risques que du véhicule et en évitant soigneusement toute direction, toute destination pour le plaisir de cheminer ensemble ou séparés. Parfois aussi ils créent de miraculeuses surprises, lorsque de l’apparent informe naît à l’Eurêka de notre conscience le sens, la forme, la beauté devant nos yeux comme au premier jour du monde, avec cette soudaine et subite universalité que prophétisait Kerouac dans « Sur La Route » : « De temps à autre, un cri d’une harmonie limpide inspirait l’espoir neuf d’une mélodie qui serait un jour la suprême mélodie au monde et ravirait de joie les âmes des hommes. »

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Chacun tient à la fois tour à tour son rôle de soutien par rapport aux autres et a aussi ses moments d’improvisation soliste servie par les autres, et vice versa, avec un son de groupe mais aussi une liberté d’improvisation de chacun en et hors de l’ensemble qui fait du Jazz le plus bel exercice de démocratie musicale depuis près d’un siècle dans les collectives des parades New Orleans, qu’on appela ensuite Swing ou Bop ou Cool jusqu’au Free Jazz, puis emmena avec lui les fusions Rock ou Funk qu’il avait contribué à créer dans les années 60/70s, et flirte aujourd’hui avec l’électro, « la seule musique assez libre pour accepter toutes les autres » a dit quelqu’un, finalement à l’image de notre monde, avec des poches d’accalmies en oasis entre des urbanités de mégalopoles troublées, contraste qui en fait la beauté, ou nous la rappelle.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi 11 janvier 2010

DIEGO IMBERT et son Quartet : disque et concert magnifiques au Cheval Blanc

Né en 1966, Diego Imbert a été le contrebassiste de Sylvain et accompagne Biréli Lagrène. On l’a entendu il y a un an avec le projet « African Tribute To Art Blakey » avec le trompettiste Alex Tassel, membre de son quartet ce soir, comprenant aussi l’excellent saxophoniste Israélien David El Malek ) sur la droite et à l’arrière Franck Agulhon à la batterie (découverts dans le Pierre De Bethmann « Lithium » Quintet).

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L’album de Diego Imbert «A l’ombre du saule pleureur », écrit pour ce quartet sans instrument mélodique, mais aux riches fonds sonores des deux souffleurs à l’unisson, est une des meilleures surprises de l’année 2009, peut-être son plus beau disque de Jazz, car pour un premier album , il sublime l’improvisation par des compositions sublimes Bop/Cool ou Hard Bop.

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Quelques échanges de saxophone et trompette annoncent des coulisses l’arrivée des musiciens, puis entrent Agulhon et Imbert, chemises noires, Alex Tassel au bugle, chemise psychédélique colorée (il en portait déjà une avec Franck Avitabile au Strasbourg Jazz Festival il y a quelques années) et David El Malek, chemise orientale rayée, au saxophone ténor. La contrebasse d’Imbert croquenote « Le Garde Fou » entre les coups de cymbales martiaux drum’n’bass, modernes de Franck Angulhon, élément le plus moderne, à la Tony Williams, puis les magnifiques unissons de Tassel entre Miles et Chet et El Malek, en retrait, s’avançant comme sur la pointe des pieds comme pour ne pas briser le charme, comme Lester Young quand il ne supportait plus que la douceur des mocassins à pas comptés pour traverser la scène ou le monde.

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Ce premier titre de l’album reprend les recherches de Jazz modal où Miles Davis et son second quintet (Herbie Hancock piano, Wayne Shorter au saxophone, Ron Carter à la contrebasse et Tony Williams à la batterie) les avait laissées avec « Nefertiti » en quittant le Jazz pour le Rock en 1969 pour la liberté des ballades.

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A cette complicité entre les souffleurs, on pense aux couples mythiques trompette/saxophone : Miles Davis/John Coltrane, puis Miles Davis/ Wayne Shorter, Chet Baker/Gerry Mulligan, tant rien ne semble séparer l’alliance de ces deux voix : le bugle légèrement au-dessus, le saxophone venant le soutenir par en-dessous..

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El Malek prend son solo sur les lueurs rouges orangées des projecteurs. C’est un des saxophonistes les plus lyriques, poussant le sentiment jusqu’à la spiritualité d’un Coltrane avec la liberté d’un Wayne Shorter dans « Hand Jive» sur Nefertiti de Miles, semblant alors s’ennuyer du Jazz au point de jouer toujours les mêmes notes comme en boucles en laissant toutes les variations au seond quintette. Ici aussi, les variations viennent de l’orchestre, de la rythmique sur laquelle surfe le soliste, de la batterie qui se fait de plus en plus tourmentée à grands renfort de roulements et de breakbeat et le saxophone prend son envol à la Coltrane vers des galaxies voisines d’ «A Love Supreme », mais à la différence de Coltrane que sauvait sa spiritualité nous redescend des étoiles, retombe sur le thème, atterrissant en douceur comme en parachute juste sur l’unisson du bugle, revient au thème et à ses courbes impeccables.

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Après applaudissements et sourires, Imbert reprend sur le thème le plus rapide du disque, « 78 tours » (ainsi nommé avec humour en référence aux premiers disque de Jazz qui étaient des 78 tours, ce titre étant sur un rythme 7/8). Sur ce thème plus Bop, presque latin, les souffleurs évoquent certaines passes d’armes plus expérimentales des boppeurs de la Côte Est Charlie Parker et Dizzy Gillespie dans « Hot House » à leurs débuts, ou cherchant, lors de leur dernier enregistrement « à atteindre Leap Frog comme on chercherait à atteindre le soleil » (dixit Alain Gerber), mais sauvant leurs ailes de sa chaleur par la grâce de leur complicité, ou des West Coasters Mulligan/Baker sur « Utter Chaos » (enregistré à plusieurs reprises en prises très courtes) () ou le plus latin « Frénési ».

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Le leader Diego Imbert est indubitablement plus présent dans sa musique sur scène qu’on ne l’y entend sur le disque, sa contrebasse étant le mât dans la tempête, le pilier indispensable de cette musique dont il est l’auteur, l’élément le plus stable et dont elle émane, l’axe générateur autour duquel tourne son manège mis en branle par la batterie d’Agulhon, aux formes échafaudées au fur et à mesure par les deux lignes distinctes mais se rejoignant dans leurs unissons, haute et droite de Tassel, sinueuse mais qui vient toujours le soutenir à bon escient dans le retour du thème d’El Malek.

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Ils ont « bravé la neige », comme souvent lors de leurs concerts, explique Imbert, pour moi ils sont passés au travers, se sont fondus dans ses flocons, tant sa musique ressemble à ses cristaux par leur finesse où chacun a sa place. Pour un peu c’est la neige qui a été attirée, sachant qu’elle ne pourrait rêver de plus belle bande son pour sa chute.

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Suit « Les Dents qui poussent », la plus belle ballade du disque, composée par Imbert alors que son fils « Léo », dédicataire du titre suivant, pleurait en faisant ses dents. Une ballade comme Miles eût aimé en jouer encore avec le second quintet, si son tempérament qui le poussait à avancer toujours ne les eût pas considérées comme de «vrais résidus de poubelle de type My Funny Valentine, ces camelotes d’un autre temps écrites à l’usage des blancs !» (Miles Davis en 1975 cité par Alain Gerber dans « Miles Davis et le Blues du Blanc »). Alors Miles brûla ces vaisseaux d'émotion qu’il adorait encore trop pour s’en défaire avec le second quintet sur la scène du Plugged Nickel ou ailleurs.

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Cette ballade de Diego Imbert est sublime, limpide, avec le bugle chaleureux de Tassel à la Chet Baker (qui lui ne renia jamais sa Valentine, jouée ou chantée d’une voix d’age androgyne ou scattée dans l’aïgu, jusqu’à son dernier concert, même s'ilécoutait le technofunk "Tutu" de Miles Davis sur son walkman, comme si la dureté de sa vie passait sur lui comme de l’eau sans l’atteindre ni lui donner envie de répliquer de la même façon, miraculeusement inchangé et toujours aussi sensible et fragile, malgré lui, lui fait dire Alain Gerber à Tadd Dameron, qui rêvait de cette « dureté » de Miles de cette froideur.) sur les balais tournoyants en ballade entre cymbales et toms d’Agulhon.

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Le genre de ballade à vous tirer des larmes de tendresse, qui vous remet les oreilles en place, vous les nettoie de toutes les pollutions pseudo/néo Jazz, néo Cool, de l’électricité du Jazz Rock, Funk, Fusion, Electro, que sais-je dont on se contente faute de mieux en se disant que le Jazz est aussi une musique de danse, ou de révolte, de liberté, larmes qui se prolongent sur le solo de saxophone d’El Malek, le plus humain et classique des grands lyriques actuels et sèchent à l’harmonie sublime de leur unisson final. Ça me fait même oublier Dave Douglas et Uri Caine à Jazzdor.

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Franck Agulhon poursuit en introduisant seul « Léo » (nom du fils de Diego Imbert aux « dents qui poussent ») de frappes Bop à la Art Blakey où l’on retrouve l’Afrique et ses tambours dans les toms, ses scintillements urbains par éclairs fulgurants dans les cymbales, la contrebasse qui revient comme la mise en marche d’un moteur ronronnant et les deux souffleurs dans le rôle des Jazz Messengers qui débarquent avec les deux souffleurs excellant dans ce style Hard Bop.

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El Malek montre son côté Hard Bop, le son bondit, Cannonballe, mais la colonne d’air reste droite comme un i, il s’envole, pousse jusqu’à la transe, au cri, à l’accélération de fusée Coltranienne de « Countdown », mais atterrit sur la basse moderne, jouée sur une seule corde sur les tapotements d’Agulhon, le bugle, se remet à nouveau dans l’orbite du thème, comme une capsule atterrissant en parachute et c’est agréable de ne pas prendre qu’un aller-simple pour l’inconnu. Tassel prend un solo à la Miles dans « Ascenseur pour l’Echaffaud » ou Clifford Brown dans sa réactivité immédiate aux nuances de la batterie qu’il avait avec Max Roach des tempos rapides aux ballades sublimes.

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Ce thème montre l’autre plaisir de ce disque, nostalgique lui aussi, qui nous rappelle les magnifiques bandes originales offertes par le Jazz américain aux films noirs, blancs, et polars français dans les années 50s pour ses tempos les plus vifs grâce à une efficace dramaturgie rythmique de ces histoires sans images mais non sans scénario ni suspense où se trame le drame dans la nuit noire et se tapit le crime. Je pense au très oublié mais magnifique « Le Désordre et La Nuit » avec Jean Gabin et Hazel Scott ou au plus connu « Liaisons Dangereuses 1960 » de Roger Vadim, censuré par l’Académie Française comme « adaptation libre ». On y perdait les costumes libertins XVIIIème de Choderlos de Laclos, mais on y gagnait une bande son d’Art Blakey et ses Jazz Messengers Hard Bop, ou latine sur le thème « No Problem », un peu de Monk et de Coltrane et Boris Vian, Jeanne Moreau et un Gérard Philippe de grande classe skiant aux sports d’hiver.

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Ce soir les applaudissements après chaque solo et entre les thèmes ne saluent pas les effets de manche et d’épate, de démonstration égotiste improvisée, mais la beauté lyrique de ce répertoire magnifique et simple à comprendre et l’exécution irréprochable, la mise en place et l’écoute mutuelle des musiciens, ce qui se fait de plus en plus rare.

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Enfin, « Cartagène » est un titre plus swing à l’ancienne, que Biréli pourrait jouer (à la manière de son original traitement country d’ »After You’ve Gone » sur le dernier album du Gipsy Project « Just The way You Are », mais qu’il n’aurait pas pu composer. Le Jazz a besoin des deux, d’improvisateurs pour jouer et de compositeurs pour renouveler le répertoire.

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Merci à Diego Imbert de raviver nos émotions du vrai Jazz avec ce beau disque et longue vie à ce quartet, qui mériterait bien un prix aux prochaines Victoires du Jazz...

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 2 janvier 2010

CongoppunQ : performance au Cheval Blanc

Après une pause avec Bumcello, le batteur Cyril Atef (Olympic Gramofon, M, Alain Bashung, l’ONB), présentait le 15 décembre CongopunQ au Cheval Blanc, son nouveau projet où il joue de la batterie des percussions, des samplers et claviers et du likembé (piano à pouces africain aussi appelé sanza) trafiqué électroniquement à la manière de Konono N°1 ou le Kasaï All Stars, dont il devient de fait l’un des pionniers en France pour le côté Congo, et qu’il considère comme des punks Africains, en duo avec le danseur et le performeur / décorateur d’intérieur Constantin Leu, alias Dr Kong, alias Oussama Jésus, phénomène barbu de deux mètres de haut né d’une mère Française et d’un père Roumain ayant fui le régime de Ceaucescu ... Ils ont déjà sorti le disqe "Candy Goddess" avec des invités sur Underdog Records, mais c'est sur scène, en duo, qu'il faut les voir.

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Dr Kong fait partie de « Musique post-bourgeoise » qui recherche de nouveaux lieux et de nouvelles formes de relations entre public et artistes visant à ce qu’ils ne fassent plus qu’un dans une sorte de happening. Frank Zappa avait fait des essais dans ce sens à ses débuts en jetant de la nourriture de la scène sur le public, l’invitant à faire l’amour sur scène dans la libération sexuelle des années 60s. Jim Morrison avait assisté à certains de ces happenings et rêvait de cette communion, d’une communion totale avec le public dans un acte collectif, mais le show-business et les Doors ne le lui permirent jamais, alors que lui dès l’album « Strange Days » ne voulait plus être cette idole sexuelle pour les femmes et révolutionnaire pour les hommes, mais changer le monde. Cette déception n’est peut-être pas étrangère à sa fin tragique. CongopunQ pose aussi ces questions, de manière plus légère et moins idéologique. Mais le public est-il prêt à sortir de son rôle passif pour entrer dans le spectacle?

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La couleur est donnée d’emblée par Cyril Atef, en pyjama afro et bonnet gnawa (comme au dernier concert de Bumcello en octobre, en fait) : « Vous êtes assis ? Notre but est de vous faire danser ! ». Il commence, comme nous sommes dans un lieu du Jazz, par une improvisation.

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Constantin Leu/ Dr Kong/Jésus Oussama arrive lentement, religieusement, sur les basses de la « Sanza Music is good for you », hip hop comique prêchant les bénéfices de l’instrument sur la sanza à peine saturée, au son encore très pur, armé d’un rouleau de film plastique, vêtu d’une peau de bête et masqué de rouge et chaussé sabots/babouches remontant en cornes de rhinocéros.

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Atef part en batucada sur la caisse claire et la cymbale que Kong approuve de tout son corps d’une transe immobile et convulsive, puis se cache sous sa peau de bête.

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Dr Kong se dévêt, s’extirpe de sa peau comme un serpent d’une ancienne mue morte, tape dans une percussion puis la remplit d’eau et la verse musicalement. Il intègre l’absurde électroménager ordinaire d’une panoplie d’accessoires détournés, rendus inutiles par l’art, dans sa danse post-moderne ou préhistorique.

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Cyril Atef entonne «New World Disorder », la chanson la plus engagée et actuelle de l’album, où Black Sitichi énonce par des vocaux hip hop les extrémistes de tous poils qui terrorisent nos informations et alimentent la paranoïa, la peur de l’autre, par le « désordre du nouveau monde » et sa paranoïa : chrétiens à nouveau nés, jihadistes islamistes, Zionistes constructeurs de murs, hérétiques sans foi..



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En plus de ses qualités d’improvisateur Cyril Atef, se révèle aussi dans CongopunQ, comme dans Bumcello, un efficace compositeur de chasons format pop accessibles au plus grand nombre.

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Soudain arrive un des spectateurs (habitué des concerts Jazz du Cheval Blanc) qui vient participer avec eux, se mettant une peau de lapin comme barbe postiche, et adoubé par dr Kong, devient le « nain de jardin» du spectacle. Tout cela était bien entendu improvisé.

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Alors que Cyril Atef continue de jouer, Dr Kong nous fait du café sur une petite plaque électrique , annonce « CAFFFFFFE » au micro d’Atef, le verse dans des verres et le distribue aux premiers rangs. La générosité fait partie du spectacle, comme un pied-de-nez à ces temps de crise, une alternative collective à l’égoïsme.

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Plus tard, Dr Kong retrouve son métier de décorateur d’intérieur : il amène des tuyaux de PVC et les assemble en un grand cube, qu’il entoure de plastique noir, tend des cordes à linge dans le public, invité à les fier aux poutres de la salle, puis y étend son linge.

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Cyril Atef rentre dans le cube, n’en laissant sortir que son visage au sourire lumineux et ironique, profondément humain et radieux d’un soleil intérieur de tolérance envers toutes les cultures, et ses bras aux mains jouant « Whirl & Sweat », un thème instrumental de l’album sur son likembé trafiqué/saturé, en tirant des sonorités inouïes qui en font de fait l’un des meilleurs spécialistes en France, dans la lignée de KonooN°1 et des Kasaï All Stars en Afrique. Il y avait un côté camisole de force aussi, peut-être involontaire, quoique CongopunQ et Cyril Atef sont de douces folies plus intéressantes que la raison ou ce qui est accepté comme tel !

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Soudain, revenu à la batterie, il invite le public à rentrer à son tour dans cette cage, cette boîte de nuit prévue à cet effet pour danser sur sa musique de plus en plus électro-transe mais avec des moyens naturels, si l’on excepte le sampleur et les likembés trafiqués, en tous cas joués avec un jeu naturel..

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Sur l’instrumental « Red Car Go », je suis donc rentré dans la cage avec les autres, certaines y enlevant leur pull, mais pas davantage (nous sommes hélas en 2009), et Dr Kong vint nous y visiter, nous offrant sa seule expression de joie souriante (naturelle) du concert (où il avait un regard d’un vide sidéral incarnant l’absurde et l’incompréhension face au monde environnant), avec une idée pour la suite : «après on balance la cage dans le public! ».

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Ce que nous fîmes, comme pour impliquer de force les derniers « assis » de la salle. Il faut dire que CongopunQ a plus l’habitude de se produire dans des lieux de concert et pour un public debout, dansant, hurlant et en transe, et que la sale du Cheval ne sy’y prêtait pas vraiment, ce qui constitua un défi pour le duo : LEVER ce public assis.

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Une seconde vague de spectateurs goûta donc aux charmes de la cage, revenue sur scène, et je trouvai dans le plastique de ses murs des vertus d’élasticité percussives qui furent hélas fatales à certaines de ses arêtes. Je ne crois pas de toute manière que le but de CongopunQ est de garder la cage, sa construction, ou celle d’une tente scénique, d’une yourte industrielle pour les réfugiés de la musique, faisant partie de la prestation de Dr Kong.

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Ceci n’empêchait pas les éléments de la première vague de dériver entre salle, scène et cage dans une joyeux sac, ressac et raz-de-marée désorganisé, ou de retourner dans la cage voir ce que les autres y faisaient.. Ne plus voir qui est le public, qui les artistes était le but de cette déroutante opération appliquant à l’art l’engagement Sartrien (ils auraient dû avoir CongopunQ au Tabou, vous imaginez un peu Juliette Gréco et Boris Vian dans la cage!).

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Sorti de la cage, j’ai été moi-même réquisitionné par Dr Kong alors que je croyais pouvoir regagner ma place sans participer davantage. Dr Kong m’assit donc sur un tabouret à ses côtés, gonfla un coussin d’aluminium, puis le jeta à terre, m’intimant du geste l’idée de l’écraser sous mon pied. A sa mine défaite et déconfite, j’ai d’ailleurs cru avoir mal compris... Puis il se coiffa dudit coussin et alla parader sur scène en St Nicolas galactique...

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La chanson « Invasion Cow-Boys» (Invasion des Cow Boys graisseux !) avec ses strophes rappelant parodiquement les Sisters Of Mercy, que je croyais comprendre comme une critique des hamburgers made in US, fut adaptée à la population locale en nous offrant les bretzels locales (gâteau salé alsacien créé par un pâtissier forcé sous peine de mort de créer un gâteau où l’empereur pourrait voir « se lever trois fois le soleil »), grâce à l’entrelacement tressé de ses branches). C’est peut-être le cholestérol, ces cow-boys graisseux nous guettant après les fêtes ou une parodie des régimes?.

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Dr Kong devint aussi un chien sur « Candy Goddess », qui donne son titre à leur album, hymne funky CongopunQien à une déesse en sucre à la manière de la dernière reine Bumcelliienne « Lychee Queen », attachant d’une chaîne un portrait de berger allemand à son cou et aboyant à sa manière.

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Le concert se termina en bis par « N’importe Quoi», leur plus grand tube «passé sur les radios et les télés » (radio la mienne, télé pourquoi pas, à coup sur le net !), techno parodique aux vocaux exultant les vertus du corps vibrant au refrain hymne à l’absurdité de CongopunQ repris par le public à corps et à cris puis vendirent leur disque entre 10 et 15 €uros à leurs concerts.... Allez voir CongopunQ : ce ne sera jamais deux fois pareil.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 9 décembre 2009

MUAMMER KETEOGLU en concert , les Papyros’N et Les Tzigognes font l’ Histoire de L’Alsace à Strasbourg Méditerranée

Papyros__N_Ketncoglu_chante.jpgDimanche 22 novembre, le Festival Strasbourg Méditerranée proposait un concert du grand accordéoniste et chanteur aveugle Turc de Rebetiko Muammer Ketencoglu et son ensemble Zeybek. (en Turquie, les Zeybek étaient des bandits d’honneur, aussi appelés Effé réfugiés dans les montagnes d’Anatolie comme Memed Le Mince, héros de Yachar Kemal, dont il reste des danses, qui n’ont rien à voir avec le répertoire de l’orchestre (http://www.youtube.com/watch?v=VO1GfKlk2bo)) à la Cité De La Musique et de la Danse, puis un concert des Papyros’n invitant les Tzigognes de Jean-Claude Chojcan à la Salle Du Cercle de Bischheim.

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Le hasard des affinités musicales et de la programmation festivalière fait que, lorsque j’avais invité Monsieur Jean-Claude Chojcan, directeur musical et fondateur des Papyros’N et des Tzygognes dans mon émission « Terres Tribales » en octobre, il avait choisi en plus des extraits de leurs disques comme choix personnel un extrait de la compilation Sevdalinka Sarajevo Love Songs (parue chez Harmonia Mundi /Piranha) Sini jarko sa istoka sunce de…. Muammer Ketencoglu et son ensemble Zeybek, qui m’était alors inconnus, et alors qui nous ignorions tous deux qu’ils seraient programmés la même après-midi à un bout et à l’autre de la ville, ce qui malheureusement empêcha le second d’assister au concert du premier, étant en répétition !

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En plus de cette coïncidence théorique, quelle ne fut pas ma surprise encore d’entendre Muammer Ketencoglu commencer son concert par un Chant D’Amour Hongrois enregistré par les Papyros ‘N de Jean-Claude Chojcan dans leur formation la plus cosmopolite (Caroline Stenger violon, Ilona Kobalian flûte, le guitariste manouche Engé Helmstetter et son clarinettiste Fabrice Lauer et le contrebassiste de Jazz Gérald Muller, et le futur accordéoniste de Malétès Yves Bèraud) comme entrée en matière de leur premier disque « Eastern Ballades II (le premier étant un duo de guitares avec Pierre Grunert), comme pour confirmer mes théories ou évoquer les Papyros’N malgré l’absence de leur leader! Les musiques et les répertoires voyagent, et parfois se rejoignent miraculeusement dans un au-delà des frontières (titre du second disque des Papyros’N) qui appartient aux musiciens en ce que Joyce appelait une épiphanie, comme un clind’œil inconscient et musical de Ketencoglu à Chojcan.

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Après cette surprise, évidemment le répertoire de Ketencoglu et son ensemble Zeybek est le Rebetiko Grec ou Turc venu des Tavernes d’Izmir, interprété par lui-même comme accordéoniste (avec parfois des traits Tziganes dans le feu de l’improvisation) et chanteur d’une belle voix Turque allongeant les voyelles avec émotion et force, une chanteuse Grecque et une Turque, un darboukiste, un oudiste dans un rôle rythmique et un violoniste, dans une idée de réconciliation festive entre les deux communautés (les Grecs ayant fait partie de l’empire Ottoman Turc) et invita d’ailleurs le public à taper dans les mains et à danser si la place le lui permettait.

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Dans ce répertoire qui m’était inconnu, les chansons d’amour Rebetiko mélancoliques succédaient aux airs de danse de mariages grecs et turcs plus gais et rythmés, parfois dans le même titre, comme si par une mise en abyme d’une chanson intégrée dans le canevas d’une autre, rappelant les longues suites de la musique classique de cour Ottomane héritées des noubas (style musical avant de devenir synonyme de fête) arabo-andalouses censées rythmer la vie du palais et correspondre aux différentes heures de la journée. On retrouve encore ces structures dans les musiques d’Azerbaïdjan des populations Turcophones des anciennes Républiques Soviétiques comme Alem Qasimov.

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A 17 heures, on pouvait entendre les Papyros’n, Jean Claude Chojcan invitant la relève des Tzygognes (élèves de ce guitariste enseignant (), du nom de nos chères Cigognes et des Tziganes des musiques), invités par l’Association Ballade à un projet ambitieux : l’histoire de l’Alsace à travers les musiques évoquant les populations qui y passèrent/résidèrent : le Mur Païen du Mont St Odile nous vient des Celtes, le chou de la choucroute des Huns d’Attila, Gutemberg inventeur Strasbourgeois de l’imprimerie était un juif espagnol et le compositeur de valses Waldteufel un juif de Bischeim, rappelle l’écran…

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Cela me fait penser à une caricature parue dans un journal lorsque j’étais étudiant : un Alsacien en costume traditionnel s’y vantait d’être « d’une famille 100 % alsacienne » en montrant une galerie de portraits d’ancêtres Celtes, Huns, Suèdois, Allemands…

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Les Papyros’N sont les plus qualifiés pour ce projet, car la formation de Chojcan mélange depuis toujours les musiques balkaniques, Irlandaises, Tziganes et ont joué à Sarajevo et en Yougoslavie... Papyros'N et Tzigognes ont d'ailleurs adopté chacun à sa manière le style tzigane, en robe, foulard colorés, chapeau pour Chojcan ou ron de Charlot et nez rouge de grippe A pour l'un des deux jumeaux au violon.

Ils commencent par « Nishka Banja », paru sur le disque des « Tzygognes » «Musiques Traditionnelles d’Europe », air de Serbie, du nom d’ une des villes de bains turcs que les Turcs y érigèrent pendant l’occupation Ottomane, sur la bonne contrebasse d’Isabelle et la derbouka, où s’envolent les violons menés par la rousse Romane.

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L’Alsace Celtique (de 800 à 50 avant JC), dont reste encore le Mur Païen du mont St Odile et où l’emplacement de la Cathédrale était déjà un lieu de culte, est évoquée par deux airs irlandais interprétés par les Papyros’N sur leur disque Esatern Ballades III : Au-delà Des Frontières, territoire où ils mêlaient la musique Irlandaise à celle des Bulgarie dans Grankino Horo, des Balkans ou Amour de Dieu. Les Papyros’n ont d’ailleurs participe au Summerlied en 2008, où René Eglès tente de faire valoir nos origines Celtes.

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Suit un autre mélange Caucasien traité à l’ Irlandaise, Chamil, thème du Caucase dédié à cet imam résistant Caucasien, grand général de l’armée du czar Nicolas Ier, thème encore très connu en Turquie, et repris par les Papyros’N dans le même disque, pour évoquer les Grandes Invasions de nomades dont l’Alsace fut victime après la Paix Romaine du Vème au VIIIème siècle de notre ère, notamment par les Huns qui nous laissèrent le chou bouilli de notre choucroute. Là encore, au-delà des montagnes, on croit sentir dans les violons l’air marin de le la mer d’Irlande chatouiller nos narines, nos oreilles et nos jambes de ses gigues.

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La période de prospérité (du IXème au XIIIème siècle) de l’Alsace Germanique et des villes libres (comme Strasbourg) fut évoquée par une chanson en yiddisch chantée par Diane Caussade, D’r Maie, et le commerce international florissant, et les horizons lointains du commerce florissant par « Misirlou » thème de rebétiko Grec de Michalis Patrinos de 1927 passé par la danse arabe, et par le Rock des années 60s avec Dick Dale, remise au goût du jour par Pulp Fiction. Le répertoire Grec est une nouveauté chez les Papyros’N, depuis leur dernier album LAISSEZ PASSER (parce que les douanes et passeports énervent Jean-Claude Chojcan à chacun de ses passages vers la Yougoslavie).

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Les Malheurs revinrent au XV-XVIème siècle, avec les guerres Religion, l’Alsace étant Protestante, on envoya des soldats Suédois (évoqués par une Valse Suédoise) pendant la guerre de Trente ans, puis des français pour les déloger...

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Jean-Claude Chojcan précise que ces intolérances historiques, ethniques ou religieuses, devraient nous enseigner la tolérance envers toutes les cultures et religions, au moment où l’on parle d’Identité Nationale, quid de l’identité humaine ? Le nom de l’orchestre vient de Papirosen (papier à cigarettes en yiddisch), un tango juif désespéré du ghetto juif de Varsovie, que l’orchestre reprend beaucoup plus gaiement sur Eastern Ballads III «Au –delà des Frontières », mais orthographié avec l’y de Papyrus symbolisant la partition. Cet humanisme rajoute encore à la portée musicale et au mélange musical.

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Suit le gai Chant D’Amour des bergers de Roumanie (celui-là même qui ouvrait le premier disque Eastern Ballades II des Papyros’N et par lequel Ketenoglu avait commencé son set) joué un peu à l’Irlandaise dans la reprise accélérée par les violons et flûtes (Adeline Dillenseger, Clara Weill et Adeline), qui fait crier avec les musiciens et taper des mains le public.

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En 1648, l’Alsace devint Française par le Traité de Westphalie, puis connaît la Révolution Française en 1789, et Rouget De Lisle chanta sa « Marseillaise », notre futur hymne national, pour la première fois à l’Hôtel De Ville de Strasbourg. En 1792 fut créé le Conservatoire de Paris, puis l’Alsace devint comme la France Napoléonienne, et sa jeunesse subit les recrutements de l’Empereur pour ses campagnes, fournissant aussi à sa gloire 70 généraux qui donnent encore leurs nom à certains lieux de Strasbourg, comme la Place Kleber. Ces recrutements sont évoqués musicalement par des Danses de Recrutement tziganes extraites d’Eastern Ballads III Laissez-Passer, le dernier disque des Papyros’N. La musique de ces danses, les vins et les filles aidaient au recrutement des soldats. Le violon et la clarinette (Alice), lentes puis la contrebasse et l’accordéon (une autre Romane et Camille), d’abord lents, accélèrent soudain le tempo de cette danse pas si gaie à cause du périlleux départ à la guerre, mais qui l’est quand même pour donner envie, sur la guitare de Chojcan. La troisième est marquée du talon et du pied sur la scène par les musiciens. La joie des élèves Tzygognes et des Papyros’N plus âgés à jouer ensemble fait en tous cas plaisir à voir, dans une saine émulation et avec un jeu d’ensemble de qualité où chacun (e) trouve sa place, a sa minute de gloire par un solo.

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En 1870, après la bataille de Reichshoffen, l’Alsace redevient Allemande, pour une période de prospérité (malgré l’exil de 50 000 alsaciens), c’est une période de prospérité économique et de richesse architecturale car Strasbourg est la « vitrine » de l4allemagne contre la France, dont reste le Palais Universitaire, entre autres bâtiments. Dans une famille juive de Bischheim, naît Emile Waldteufel, qui va étudier à Paris et finira Directeur de la Musique et de la Danse de Napoléon III et de l’Opéra de Paris et compositeur de plusieurs valses, très prisées de la Reine Victoria. Si beaucoup d’entre elles sont oubliées, Amour et Printemps (Liebe und Frühling), qu’interpréta l’orchestre, reste dans les oreilles modernes par une publicité d’Assurances célèbre où elle évoquait le temps et la vie qui passe, d’abord lente, puis de plus en plus dansante, sur fond de portraits XIXème enrubannés..

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La critique de la Première Guerre Mondiale (1914-1918) passe par une chanson plus tardive, mais qui pourrait être d’époque, et fut censurée dans les années 50s lors des guerres Coloniales d’Indochine et d’Algérie : Le Tango des Joyeux Bouchers de Boris Vian, chanté Diane Caussade avec une véritable gouaille parisienne, d’abord lent, puis de plus en plus rapide sur les percussions martiales de Romain Schieber et Alexis par charges amusantes et efficaces et tous en cœur pour le final « Tiens Voilà du boudin ».

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L’Alsace redevient Française dans l’entre-deux-guerres, puis sera annexée par Hitler en 1939, Strasbourg évacué. Les Tziganes, comme les Juifs, furent victimes de l’extermination, représentés par un Chant Gitan de ces « nomades oubliés de notre nouvelle Europe » précise Chojcan, à la mode d’Au-delà des Frontières, mais chanté par Clara Weil, flûtiste des Tzygognes (qui n’a pas dû être facile à apprendre, vu la complexité de cette langue très éloignée de la nôtre) avec le saxophone alto déjà Balkanique à la Lourau de Jean-Baptiste Juszsczak sur le fond des autres musiciens.

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La fille de Jean-Claude Chojcan monte sur scène avec une amie pour jouer sur une étrange flûte balkanique plate la vapeur dans Le Train de 7 h 43 (thème klezmer que les juifs jouaient dans l’entre-deux guerre en attendant le premier train de la gare de Varsovie, qui a donné le nom d’une fanfare locale : Le train de 7 h 45, à deux minutes près) (http://www.youtube.com/watch?v=0K1HkS5QZHI ), en souvenir des juifs Polonais massacrés, de toute cette joie de vivre du shtetl anéantie dans le ghetto de Varsovie D’abord très lent, le thème s’emballe avec l’arrivée joyeuse du train et le jeu collectif.

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L’Alsace redevient Française à la Libération en 1945, et est maintenant une capitale Européenne avec son Parlement européen, mais sommes-nous toujours à la hauteur de cette histoire, de cette tolérance ? Pour évoquer les tracasseries douanières aux frontières, ils terminent par Les P’tits Papiers de Serge Gainsbourg pour Régine, qui ne pensait pas aux Sans-papiers déjà modernisé par Christophe Burger, chanté par Clara Weil avec cette fois une gouaille toute française.

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Pour le bis, ils terminent par une « Danse Roumaine ».

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Longue vie et carrière aux Papyros’N et Tzygognes. Les groupes de Jean-Claude Chojcan restent, par contrainte d’abord, à personnel très changeant, mais il a fini par y trouver une façon de faire originale et nomade, unique dans la région, entre enseignement et renouvellement permanent pour alimenter les meilleurs groupes de la région (Zakouska, Bal Pygmée, qui seront à La Laiterie le vendredi 18 décembre avec Karpatt).

Jean Daniel BURKHARDT

Pour l'avenir, les concerts des Papyros'N -Concert avec chorale à Bouxwiller(38mn de Strasbourg) dimanche 13 décembre 18h -Concert avec chorale à Dossenheim/Zinsel (41mn de Strasbourg) Samedi 19 décembre à 20h

Et l'année prochaine: -Enregistrement du prochain CD « BalsiKa » Papyros’N- Les Tzygognes et les musiciens de Tuzla 16-17 janvier et 6-8 février au Studio Downtown à Strasbourg ET SURTOUT EN JANVIER, LORS DE LA QUINZAINE "BALADE DANS LES BALKANS " À HAGUENAU FAISANT SUITE À DES ACTIONS PÉDAGOGIQUES DE JEAN-CLAUDE ET DES PAPYROS'N À L'ÉCOLE DE MUSIQUE DE HAGUENAU ET DANS DES ÉCOLES PRIMAIRES DE LA VILLE •Concert Papyros’N-Balsika (grand-orchestra 20musiciens): MUSICIENS D'ALSACE ET DE BOSNIE Vendredi 22 janvier à 20h Salle de la Douane à Haguenau (concert avec entracte) •Heure de musique à la Médiathèque de Haguenau(musiques poèmes des Balkans projections d’images) samedi 23 janvier 15-16h30 •Animation musicale avec les élèves du Conservatoire et les élèves de l’école de musique de Haguenau Dimanche 24 janvier 15h30-17h Musée Historique Chapelle •Animation dans divers lieux de Haguenau Salle du Corbeau(Douane)- Chapelle des Annonciades Samedi 30 janvier de 15h-18h30 (15 musiciens+élèves école musique de Haguenau)

samedi 28 novembre 2009

le DJ DOMU arrête sa carrière musicale (traduction de l'anglais)

Salut à tous. DOMU qui était au Rafiot ce printemps, quitte le monde de la musique. Vous trouverez l’original de sa déclaration sous ce lien :

et ci-après mon humble traduction de ses propos. J’ai essayé de coller à son texte quitte à aboutir à des formules maladroites en français, plus que de faire joli en trahissant ses propos. Ils sont déjà beaux en eux-mêmes, ce que j’ai lu de plus beau par un DJ depuis « Electrochoc » de Laurent Garnier, et intéressants pour eux-mêmes comme expérience musicale. Pour respecter ce qu’il dit, j’envoie cette traduction à tous mes contacts intéressés par les musiques électroniques ou qui étaient au Rafiot,et sur mon blog:

"C"est fini. Je ne peux pas entrer dans les raisons personnelles, mais bien sûr vous laisserai quelques eplications sur comment j'en suis arrivé là. ça me fait un peu comme fuir une vie de crime ou la Mafia. Je suis Carlito, J’ai finalement rompu avec la vieille dangereuse façon de gagner sa vie. J’espère juste que Benny du Bronx ne me flingue pas alors que je prends le dernier train hors d’ici. Le fait est que je ne suis plus Domu. C’est un personnage, et l’a toujours été, et depuis le Vendredi 13 Novembre 2009, il n’existe plus. Pas plus que Umod, Sonar Circle, Bakura, Yotoko, Rima, Zoltar, Blue Monkeys, Realside, ou n’importe lequel de mes autres noms sous lesquels j’ai sorti de la musique. J’annule tous mes plans et n’en accepterai plus aucun. Mon Hotmail est fermé, mon Twitter est fermé, et mon Facebook est fermé. Si l’un de vous veut me parler et me connaît assez bien pour avoir mon numéro de portable, alors il est toujours le même, et sentez-vous libre d’appeler n’importe quand. Mon autre adresse email de laquelle je me sers occasionnellement est toujours ouverte pour ficeler et détacher des liens s’arrête.

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J’avais commencé à changer, et pour le pire je suis maintenant sûr. Ma confusion augmentait, mon insécurité et mon amertume me dépassaient, un manque de direction créative et de concentration me menaient à quelque chose de très sombre. Je me suis senti si déprimé par tout ça. Croyez-moi j’ai cherché dans mon âme longtemps, et dur cette année pour retrouver les raisons pour lesquelles je fais cela, mais je ne peux pas les localiser. Trop de moi est embrouillé là-dedans, et personne ne devrait jamais donner autant de lui-même ou d’elle-même à un travail. Avant je croyais à tout ça, que je faisais et jouais de la musique pour un certain type de personnes, pour des gens qui ne voulaient pas adhérer au mode de vie « normal », les libres-penseurs, le type de gens indépendants ou ouverts qui étaient ennuyés par les genres, l’industrie principale, les plans directeurs ou les formules toutes faites. L’underground. Mais je ne pense juste plus vraiment que la bataille ait besoin de moi. Elle est passée à une autre génération, qui le fait à sa façon, et je n’ai pas le désir d’essayer ou de me faufiler et commencer à proclamer que je me bats pour un combat qui n’es plus le mien. Je suis un homme vieux de 31 ans. Je ne peux pas clamer que je porte un flambeau qui signifiait tellement pour moi à 15 ans. A 21 peut-être. Mais maintenant, après l’avoir fait dix ans à plein temps, je pense que j’ai dit tout ce que j’avais à dire. Ma lumière créatrice s’est effacée. Peut-être parce que j’ai commencé si tôt, qui peut le dire? Mais je me sens satisfait que ce soit le cas.

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J’ai passé des moments merveilleux. J’ai parcouru le monde, bu et fait la fête et ai gagné ma vie décemment en divertissant les gens tout au long de mes 20 ans J’ai rencontré des gens incroyables dans des villes que je n’aurais jamais rêvé que je visiterais, partagé mes pensées et collecté la sagesse d’une large étendue de gens vraiment profonds et beaux. Mais j’ai aussi rencontré de vrais trous-du-culs, et j’ai pu ressentir que j’en devenais un. En passant des disques que je n’étais pas sûr d’aimer à des gens qui n’avaient aucune idée de qui j’étais, j’étais devenu froid, froid à la musique, aux réactions et au point de tout cela. Je changeais ce que je pensais aimer, pour être aimé. Je ne suis pas un chaméléon. Je ne suis pas Madonna, je ne peux pas rester sur la même ligne des styles actuels et continuer de changer avec eux juste pour rester à la mode ou maintenir une sorte de statut crédible ou de carrière. J’ai eu mon moment. Si vous me connaissez bien, vous aurez sentiun changement en moi depuis les deux dernières années. J’ai toujours souffert de problèmes de confiance, mais je sais que ce n’est pour cette raison que je jette l’éponge. Je sens que j’ai tellement à changer ce que je pense être « moi » pour continuer. Ce en quoi je crois, comment parler aux gens, comment se comporter.

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[Je ne pense juste pas que je puisse être aussi arrogant et dur pour m’obstiner encore. Il y a tellement de bruit là-dehors que les gens doivent crier de plus en plus fort pour être entendus.

Et pour quoi? Je ne vais pas me relancer dans quelque chose en quoi je ne crois plus pour un revenu qui est de manière très stressante inégal, et le plus souvent quand il ne l’est pas, très bas.|http://www.youtube.com/watch?v=NB9LegnHXCA&feature=related]

J’avais l’habitude de dire que je le devais au “combat” pour continuer. Ma croyance en cela a décliné ces dernières années aussi. Oui nous avions besoin de Coltrane pour aller à contre-courant, pour sacrifier son bien-être et sa vie pour créer du bel art. Nous avions besoin de tous ces êtres créatifs et uniques brûlant brillamment dans leur âme, nos influences et idoles qui créèrent la musique et les mouvements qui peuvent nous fournir le jugement sain, le refuge et le sens pour nos vies confuses. Mais la musique a pour moi perdu certains des ces sens comme moyen. Elle est partout, tout le monde en fait, en joue, en distribue, et essaie d’en vivre. Tellement de gens ont une voix maintenant que c’est dur de choisir ce qui est le tranchant de ce que je sens vraiment en ce moment. J’ai été engourdi par la plus grande passion de ma vie, et j’ai besoin de l’abandonner un moment pour voir si je peux jamais la retrouver comme elle était.

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[Certains ont attribué un sens et une compréhension à certains de mes travaux. Je sais qu’ils sont spéciaux pour certaines personnes, et mon message fut compris par quelques-uns, que je suis très reconnaissant d’être venu me connaître pendant toutes ces années. J’ai été assez chanceux pour avoir avoir pris le train en marche pour un moment, ai été reconnu par des gens très spéciaux et talentueux et ai gagné le respect de mes pairs et accompli une foule de choses en un temps très court. Il y a eu de grands sommets pendant que je jouais de la musique pour toutes sortes de foules, créant une atmosphère et la contrôlant. J’ai senti la joie et l’adrénaline courante du succès, accosté le vide et le désespoir du club vide le floor (sol) difficile à émouvoir. Maintenant que je reconnais que j’ai fait tout ça, j’ai besoin de le mettre derrière moi et de continuer à avancer, et la seule façon de le faire est de disparaître. Cela doit cesser à un moment , et comme je continue de le dire, tout est fini. Je ne veux pas perdre tout le reste de ma vie pour ça. Je n’y crois juste plus assez pour faire ce sacrifice. Les gosses mènent la lutte maintenant. J’espère en avoir influencé certains, je sais que je l’ai fait, et cela me fait partir l’esprit tranquille. Je n’ai pas gâché 10 ans de ma vie, je sais que j’ai apporté de la joie et de l’espoir à beaucoup de « dés affranchis », d’esprits ouverts, d’outsider musicaux ou de dévoués à la danse. Il y a aussi des gens qui créent des choses en utilisant une technologie d’une façon que je devrais essayer et rejoindre, mais je n’en ressens plus le désir.ils le font mieux que je ne l’ai jamais pu jusque-là. C’est maintenant leur temps, et le mien est passé. Vous pouvez penser soit que je suis incroyablement brave de l’admettre ou incroyablement faible et stupide d’arrêter. Mais c’est comme ça que je le sens. J’allais dans le mauvais sens dans bien des aspects de ma vie et je besoin de commencer à changer. Je n’ai aucune idée de combien de temps cette partie restera, mais ce site ne sera pas là pour toujours. Sentez-vous libres s’il vous plaît de le copier et de le coller et de le faire passer pour le préserver, pour laisser les autres savoir pourquoi je suis parti, en assumant que quiconque s’en préoccupe.|http://www.youtube.com/watch?v=NB9LegnHXCA&feature=related]

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J’ai des larmes dans mes yeux maintenant. J’ai tellement de gens à remercier pour tout le support personnel et professionnel qu’ils m’ont apporté pendant toutes ces années, mais je le ferai personnellement en temps utile. Mais je voudrais remercier chaque de ceux qui m’ont acheté une chanson, qui ont payé un ticket d’entrée, ont dansé ou sont juste venus me parler de vie, de musique, du monde ou de n’importe quoi d’autre. Vous m’avez donné une existence comme dans un rêvé et bénie pendant de nombreuses années. Si j’ai inspiré qui que ce soit, alors je suis un homme heureux. Vous m’avez tous certainement inspiré, et je veux utiliser ces années de voyage et de partage à bon escient, pas cette haine et cette confusion que je ressens envers tout cela maintenant. J’ai besoin de trouver un sens à la prochaine phase de ma vie. Alors je vous fais mes adieux à tous. Je suis juste trop sensible pour garder la façade de quelque chose qui ne semble plus bien. Je savais que cela viendrait un jour, peut-être certains d’entre vous qui me connaissaient l’ont vu aussi. J’ai tellement de respect pour mes pairs et professeurs qui continuent le combat, et veux que la nouvelle génération accomplisse le mieux qu’ils peuvent pour eux-mêmes et leur art. Je ne suis juste pas un militaire de carrière. J’ai fait mes années d’exercice, et je suis dehors.

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[Je vais tous vous quitter avec ça. La vie n’est pas X-Factor (la “Nouvelle Star”). Personne n’a un Dieu qui donne le droit à ses rêves ou à ses ambitions de se réaliser. J’ai travaillé dur et ai eu beaucoup de chance. J’ai suivi des opportunités, en ai gaspillé d’autres. Je n’ai aucun regret, autre que de ne pas m’être arrêté quand j’ai su que je devais le faire l’année dernière. La seule chose que vous ayez pour vous guider à travers votre vie est votre instinct. Parfois la bonne décision n’est pas la plus facile, mais entre votre conscience et votre intuition, vous trouverez la réponse. Ecoutez-la s’il vous plaît. C’est vous. »|http://www.youtube.com/watch?v=I4NcMfy56lM&feature=related]

DOMU

Quelques liens encore actifs de ses projets présentant d'autres artistes sur My Space:

-Domu Presents TrebleO

-Domu Presents Pete Simpson (excellent chanteur Soul)

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 25 novembre 2009

Electrik GEM & Fanfaraï ouvrent le Festival Strasbourg Méditerranée

Samedi 21 novembre dernier, le 6ème Festival Strasbourg Méditerranée s’ouvrait à Strasbourg par un concert de l’Electrik GEM à l’Auditorium de la Cité De La Musique et de La Danse.

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L’Electrik GEM s’est créé au festival Strasbourg Méditerranée il y a deux ans à partir du Grand Ensemble de la Méditerranée qui réunit des musiciens de plusieurs formations de l’Assoce Pikante qui pimente la scène locale de parfums d’ailleurs: Dimitar Gougov à la gadulka (vièle bulgare) de Boya et des Violons Barbares, Lior Blindermann (oud), Yves Béraud (accordéon) et Etienne Gruel (percussions) de Maliétès, en concert jeudi 26 novembre avec Gastibelza à la Salle de la Bourse et le samedi 28 novembre au Préo d’Oberhausbergen, Grégory Dargent (oud, guitare), Jean-Louis Marchand (clarinettes) et Fabien Guyot (qu'on a connu spécialiste des batteries et casseroles de cuisine au Troc Café) de l’Hijâz Car et de Nicolas Beck.

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Pour se donner une dimension plus Rock, Grégory Dargent est passé à la guitare électrique (à laquelle il accompagne Babx), et ils ont ajouté la folie de Jean Lucas (trombone libre) de La Poche a Sons entre autres, le Rock de Vincent Posty (basse électrique) de Zakarya entre autres, Fred Guérin à la batterie et de trois chanteuses Awena Burgess, Christine Clément (Ionah, Polaroïd 4, To Catch A Crab) et Sandrine Monlezun, bref un all-star de joyaux issus de ce qui se fait de mieux dans la région en Musiques Traditionnelles, réuni dans l'écrin et l'éclat électrique d'un projet très original.

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Ils présentaient ce soir-là leur projet « Radiopolis », dont le titre éponyme ouvrait et fermait, avec plus d’énergie encore, ce concert, et pour lequel ils ont lancé des souscriptions pour un disque à paraître. Bref, une musique alliant l’authenticité traditionnelle des voix et sonorités acoustiques, mais aussi urbaine et Rock, comme une radio des villes mondiales en hommage à l’Alexandrie cosmopolite, dépassant les clichés sur les Musiques Traditionnelles de manière décoiffante et excitante où chacun trouve sa place et se ressource en un maelstrom d’énergie débridée : sur les cordes pincées de l’oud de Lior Blindermann et frottées de l’archet de Dimitar Gougov et les percussions ethniques d’Etienne Gruel et contemporaines de Fabien Guyot, le trombone de Jean Lucas ajoute son souffle gueulard et sa puissance à la clarinette volubile, Vincent Posty son attitude Rock poussant Grégory Dargent et Fred Guérin et ses roulements au crime, les chanteuses ajoutant leurs voix douces d’abord, puis de plus en plus aïgues et fortes à chaque reprise vocale dans une transe entêtante et irrésistible.

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Les musiques traditionnelles ont aussi leur place dans leur répertoire, qu'ils échangent gaiement : des envolées tziganes de cavalerie, un rébetiko grec pur jus (Blues des tavernes grecques, spécialité de Maliétès avec son pendant Grec) chanté par Yves Béraud d’une belle et forte voix, un chant polyphonique Bulgare (dont Dimitar Gougov dirige une chorale) par les chanteuses en bis.

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On put ensuite finir la soirée, emporté par la fanfare Fanfaraï () aux chèches multicolores et au soprano free jusqu’à la Salle De La Bourse et danser sur des airs arabes de raï de Khaled, Cheikha Reimitti, Rachid Taha, gnawas, latins, balkaniques ou autres, connus ou non, toujours festifs, aussi bigarrés que leurs costumes et d’une modernité fervente dépassant les genres en les respectant, pour le plus grand plaisir des danseuses du ventre et des danseurs d’ici ou d’ailleurs jusqu’ à près de mi(lle et une)nuit .

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Le festival se poursuit jusqu’au 5 décembre dans les salles Strasbourgeoises avec concerts, contes, expositions, débats, et j’en passe.

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 17 novembre 2009

Un Thé à Londres : Jazzdor donne carte Blanche au Loop Collective

Le 11 novembre, Jazzdor invitait à découvrir à l’heure du thé (16 h-18 h) deux formations de la jeune scène Jazz Londonienne au Club du TJP par une Carte Blanche au Loop Collective (), collectif créé en 2006, dont c’est la première représentation Outre-Manche.

On pouvait entendre tout d’abord le duo d’Alex Bonney (trompette et bugle) et Dave Kane (contrebasse).

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Le duo pratique l’improvisation libre, free. On voit, on entend que les deux instrumentistes ont le don de la mélodie et le sens de l’harmonie dans les morceaux les plus calmes et écoutables. C’est peut-être moins déroutant à VOIR qu’à ENTENDRE sur le disque. On comprend davantage en concert que ce type d’improvisation post-standard semble n’avoir pour les deux instrumentistes comme référence immédiate que la mise en place, le jeu de l’un par rapport à l’autre, sans thème ni mélodie, ce qui peut dérouter.

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Cependant, au premier rang, un jeune enfant allongé fait danser ses bras et ses mains à leur musique, capable peut-être de plus de naïveté, ne cherchant pas du SENS à tout prix, ou des références connues, contrairement à moi, disponible à l’émotion pure.

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En effet, la contrebasse de Kane esquisse un rythme dans lequel la trompette de Bonney intercale son souffle, ses mélodies, comme deux instruments du Jazz hors des clichés et qui nous appellent à nous en défaire, à redécouvrir le groove d’une contrebasse, le seul souffle musical d’une trompette modifiée de sourdines jouée chacune comme une expérimentation pure et sans filets.

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Ils nous invitent à redécouvrir l’imprévu, quand ils ne sont plus eux-mêmes, que la contrebasse se fait berimbau tapoté de l’archet, percussion Africaine, grincement pur, la trompette gémissement à ras de terre dans la sourdine, à entendre pour la première fois les pistons pour eux-mêmes, à apprécier les variations d’intensité et de tempo pour elles-mêmes, les instruments pour la surprise qu’ils nous font, leurs possibilités inouïes.

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Certes. MAIS même le grand contrebassiste de Jazz Charles Mingus (pourtant capable de violences musicales, mais encadrées par une forme, comme le cri de trompette ultime de son « Haitian Fight Song » ou « Moanin’» (), et l’un des Afro-Américains les plus engagés de son temps, réclamant des armes pour les Noirs en 68, auteur de Fables Of Faubus (http://www.youtube.com/watch?v=LtwxJJkMUF8)), déclarait à Sue Mingus ( qui le cite dans « Pour l’Amour de Mingus ») : « On fait pas n’importe quoi tout le temps », et à propos du Free Jazz : « Je ne sais pas s’ils ont essayé d’escroquer les Blancs ou s’ils se sont fait escroquer eux-mêmes. Ils ont essayé de tuer Bird. De dire que c’était quelque chose de nouveau. Mais on ne prend pas un produit de qualité inférieure pour le mettre à la place de la vaseline et dire qu’il est meilleur, alors que tout le monde sait que ce n’est pas vrai. Ils sont peut-être sérieux, mais leur sérieux ne m’est pas encore apparu. », ou encore «La musique doit avoir une forme, être issue d’une musique historique créée par un peuple. On ne peut pas contenter de types qui jouent des lignes différentes. Si vous étudiez la musique, vous pouvez tout faire, avoir de la variété. Quand chaque pièce sonne exactement comme la précédente, ce n’est pas drôle. J’aime que tout le monde crée collectivement, qu’il y ait un travail d’ensemble. Je veux des rythmes différents, des accords de passage différents ou une musique différente sans aucun accord. Mais jouer seulement free, n’avoir aucune notion de l’endroit où l’on va ou de celui d’où l’on vient…Si on veut m’opérer d’une appendicite, je veux être sûr que le docteur se souviendra de toutes les étapes. »

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Mingus avait même proposé à Duke Ellington en 1972 (cité dans les notes de son disques « Changes »: « Duke, pourquoi vous, moi, Dizzy , Clark Terry et Thad Jones ne nous associerions-nous pas pour faire un disque d’avant-garde ? ». Le Duke refusa : «Pourquoi revenir autant en arrière ? Ne faisons pas reculer la musique à ce point, Mingus. Pourquoi ne pas faire, simplement, un disque moderne ? »

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Mingus pensa à un disque intitulé « Avant-garde par Duke, Mingus, Diz, et caetera ». Mais Duke refusa, « tenant pour démodée la musique qu’on appelle aujourd’hui d’avant-garde. Et c’est vrai. Elle est démodée parce qu’elle est jouée par des débutants.».

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On peut donc demander aux musiciens de faire l’effort d’une forme, de compositions dignes de ce nom.

La meilleure preuve en fut qu’en seconde partie, pour le thé de cinq heures, on pouvait entendre un bon quartette du Loop Collective, Blink (http://www.myspace.com/blinkloop ), composé de la pianiste Alcyonna Mick, du saxophoniste et clarinettiste français Robin Fincker et du batteur Paul Clarvis.

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Dès « Mummy’s Boy », le jeu Tristanien dans les basses d’Alcyonna Mick montre une grande efficacité rythmique alternée de clusts éclaboussant le clavier, la batterie « Around The Bush » et le saxophone lyrique et libre volette de l’un à l’autre. Comme quoi on peut être libres et jouer ensemble à la fois.

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Alcyonna Mick () a un jeu Tristanien, mais plus violent. Leurs compositions ont une évidence harmonique et mélodique Rock / Pop, un charme dramatique cinématographique de BO à la Limousine ou Rocking Chair.

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Ils ont aussi la culture du Jazz et des Standards, Robin Fincker cite « In A Sentimental Mood » d’Ellington qu’il reprit avec Coltrane, pour un décrochage en ballade plus contemporaine sur les balais de la batterie.

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Evidemment, le Jazz Européen peut s’inspirer de ses traditions locales. Ainsi, dans « Contrebass », dédiée aux « petites cuillers de Paul Clarvis », le batteur les entrechoquait sur ses toms, comme les musiciens irlandais sur leurs cuisses, avec le saxophone de Robin Fincker jouant dans un style Balkanique lent, au son voilé à la Lourau, prolongeant le souffle jusqu’à la dissonance, puis rythmé, dans une transe chamanique poussée jusqu’au CRI Free, mais comme aboutissement final, pas comme tenant et aboutissant, comme principe de jeu, se calme sur le tinkty-boum de la cymbale pour repartir en dissonance et finir dans un souffle sur le piano en ragtime lent Tristanien.

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Dans « Fool », belle ballade, ils sont très proches du troisième courant de Tristano dans leur jeu collectif libre, et c’est quand même plus intéressant quand la musique est composée / arrangée correctement, un peu à la Baptiste Trottignon / David El Malek pour le côté anguleux des phrases sur les roulements de la batterie dynamitant le tout à la manière Bop, Hard Bop ou Néo Bop, à la fois capable de marquer le tempo et de pousser au crime.

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« Crunch » croustille de Funk sur la batterie et dans les accords du piano, puis le saxophone trouve et trace sa voie dans et à travers la rythmique forte jusqu’au cri, la fait monter en puissance. Le CRI est un paroxysme, une explosion, la libération d’une tension dramatique, l’exaltation d’une joie qui exulte, l’éclatement d’une révolte, mais ne vaut que PAR RAPPORT à son contraire comme le bruit par rapport au silence ou à la musique organisée, pas comme unique présupposé formel.

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Le Bis est plus lent, le saxophone boisé au son voilè, les balais amoureusement frottés sur les toms puis le saxophone s’envole à peine en une magnifique ballade.

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Dans la Poésie comme en Musique, c’est de la Contrainte que naît la Forme, pas de l’Informe sous prétexte de Liberté qui n’a de sens que comme expérimentation, et si possible qu’en Jam, et encore même là, il faut un discours commun, pour parler la même langue…

Le festival se pouruit encor usu'à vendredi avec ce soir à Pôle Sud Mathew Bourne, Barre phillips et Roger Turner puis le Quartet du tromboniste Suisse Samuel Blaser, Mercredi Henri Teier jouant Jacques Prévert à l'Illiade et Vendredi David Murray et son Latin Big Band jouant le répertoire du Nat king ole Español!

Jean Daniel BURKHARDT

Sol 12 et To Catch A Crab à Jazzdor

Sol 12 est un grand orchestre en forme d’hydre à douze têtes, sphinx masculin-féminin respectant la parité (6 hommes / 6 femmes, venus de huit pays différents), dirigé par luc Ex (bassiste de The Ex et 4 Walls) et Veryan Weston (pianiste de 4 Walls), avec Hasse Poulsen à la guitare, Franz Hautzinger à la trompette, Johannes Bauer au trombone, Hannah Marshall au violoncelle et à la voix, Ingrid Laubrock au saxophone et à la voix, Isabelle Duthoit à la clarinette et à la voix, une noire, Mandy Drummond au violon alto et à la voix, Tatiana Koleva au marimba et aux percussions et Tony Buck à la batterie. C’était mardi 10 novembre la Création de ce projet à Pôle Sud.

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« Andiamo », lance Luc Ex, qui a troqué sa basse électrique punk pour une guitare basse en bois, mais a gardé son attitude très punk dans son jeu, avec tout le corps porté en avant sur une jambe et de retours en arrière, semblant parfois jouer plus AUTOUR de sa basse que de l’instrument, dans un exercice aussi sportif que musical.

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Pour le reste, le traitement musical et le jeu est très contemporain, fait de frottements de cordes (ou d’un archet sur le marimba), de souffles furtifs et rythmiques stoppés dans leur élan ou de jeu de clés, de percussions sauvages qui ne marquent pas le rythme, suivis de loin en loin d’échos de cuivres et autres bruits, d’éclats tonitruants et de silences habités.

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Il y eut un magnifique arrangement du « Las Vegas Tango » de Gil Evans par Veryan weston, bien dans la manière des Sketches Of Spain arrangés pour Miles Davis, avec de magnifiques fonds sonores de l’orchestre, montrant qu’ils pouvaient AUSSI jouer de concert.

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Mention spéciale pour Isabelle Duthoit, la clarinettiste aux cheveux rouges écrevisse, qui outre un jeu très contemporain (souffles coupés, jeux de clés à vide et autres borborygmes), fit quelques démonstrations vocales intéressantes, un peu à la manière de Phil Miton (chanteur de 4 Walls), mais avec la grâce féminine en plus, un côté oiseau crieur plutôt charmant suivant sa voix d’un bras mobile, la poussant jusqu’au cri ou l’étouffant dans l’aïgu, au rugissement ou au bêlement, une vraie ménagerie intérieure!

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Johannes Bauer fit démonstration de ses talents bruitistes et musicaux, de l’un à l’autre, alternativement ou des deux ensemble, à plusieurs reprises. Dans le genre contemporain, c’est sûr que c’est un « maestro », comme l’a dit Frantz Hautzinger.

A un moment précis, on a pu presque retrouver le rythme festif du Jazz… Après, c’est une question de goût, et de savoir si le jeu collectif et généreux est le but ultime de la musique et du Jazz plus ou au moins autant que les bruits individuels juxtaposés…

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En seconde partie, on pouvait entendre «To Catch A Crab », duo de Pascal Gully (batterie, percussions, voix) et Christine Clément (voix, synthétiseurs, bugle, guitare et effets électroniques) au Club du TJP, que Jazzdor est content de retrouver après deux années ailleurs. Dès le premier titre « Invisible War », on voit qu’il y a un vrai univers, un talent mélodique, une harmonie entre le clavier, les deux voix et la batterie.

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C’était, je l’ignorais, l’anniversaire du Maestro Ennio Morricone ce 10 novembre (81 ans), « Longue vie à lui » lui souhaite Pascal Gully. Peut-être peut-on y voir une influence sur les paysages désolés, cinématographiques (), un côté « Il Etait Une (autre) Fois Ailleurs » de « To Catch a Crab », où parfois affleure un bugle solitaire en plein désert dans « Botanic », une bonne chanson pop tant pour le texte en anglais que pour la mélodie chantée par Christine Clément.

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La musique devient plus Rock underground quand Christine Clément martyrise les cordes d’une guitare électrique à plat sur ses genoux, puis l’ambiance se fait séductrice, vénéneuse sur les invitations de Pascal Gully («Come With Us Into a New Shelter ») sur fond de gongs et de batterie obsessionnelle, d’échos de guitare et de clochettes tibétaines de Clément.

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Le synthétiseur se fait harmonium sur les clochettes de Gully, comme dans « Drogenfähnder » atteignant une spiritualité universelle lente sur les baguettes ouatées, effilochées de Gully, sur lesquelles Christine clément sait construire un au-delà des langues, un esperanto de l’émotion (« A Star End, La Vida »), du murmure au cri à la Patti Waters. Gully avait déjà joué sur les langues et les poésies avec Da-Go-Bert ( Porquoi ce nom? « trois syllabes, nous sommes quatre », m’expliqua un jour l’intéressé) avec Géraldine Keller (voix, flûtes), François Heyer (trombone) et Jean-Christophe Kaufmann (guitare).

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Dans « Liquide », grâce à la sirène Clément, on croit entendre les cordes d’un qanûn absent, ruisseler les eaux d’un piano naturel englouti, un piano d’eau qui goutte près de la bouche d’une écluse électro de Gully. Christine Clément a un usage organique, naturel, presque écologique des moyens électroniques, en quelque sorte…

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Gully joue aussi des œufs percussifs dans « Folk » et des cymbales à la baguette, créant des frissons de glaciers, des échos de banquise, des chants d’icebergs, une musique de glace à la Terje Isungset (à Pôle Sud le 5 février), sur laquelle Christine Clément pose un chant diphonique, mongol, hinouit, puis ‘envole à la Lisa Gerrard de Gerrard de Dead Can Dance vers des paysages inouïs. Gully et Clément sont deux chamanes, lui urbain, industriel, Héphaïstos ferraillant dans l’usine forge de sa plaque de tôle (remplacée sur ce proijet par un tar suspendu) aux lueurs rougeoyantes, elle sirène d’on ne sait quelle mer ou pythie sibylline sur un electro-dub acoustique créant un paysage imaginaire Morriconien, paysage désolé sur lequel claironne le flugelhorn de Christine Clément sur les percussions tribales de Gully, entre Miles, Chet et la poésie atmosphérique d’un Molvaer dans cet environnement plus naturel que son laptop, Gully joue aussi d’un grand gong tournoyant.

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Sur le « dernier morceau », l’orgue se fait suave et groovy, pop et la voix de clément rappelle Portishead, plus Jazzy, Soul sur la batterie légère et ses ras ethniques. Le clavier scratche Gully, puis se fait Floydien, psychédélique.

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Dans le Bis percussif electro, le souffle de Clément retrouve le personnage de la petite fille haletante qui a peur de la nuit noire et de la Machine qu’elle joue dans certains titres de Polaroïd 4 (http://www.myspace.com/christineclement ), son autre groupe avec Christophe Imbs et finit en cri final mongol.

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C’est de la pop travaillée à la manière de la musique contemporaine, mais en restant intuitive, laissant la place à l’improvisation, en un mot excitante et audible, qui nous fait aimer la pop et ces moyens contemporains plus que la décevante pop actuelle et l’ennuyeuse musique contemporaine. Un vrai univers fascinant et varié.

PS: pour l'album déjà terminé, "To Catch a Crab" est à la reccerche d'un label, avis aux amateurs

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 10 novembre 2009

Archie Shepp Phat Jam à la MAC de Bischwiller

Archie Shepp est un des héros historiques du Free Jazz né en 1937 qui a commencé avec Coltrane, milité pour les droits Civiques Noirs, Malciolm X et le Black Power, a aussi fait du Funk avec Attica Blues, joua avec Chet Baker peu avant sa mort (qui ne comprenait qu’il ait autant « horreur du silence »), s’est calmé dans les années 80s sur des gospels lyriques en duo avec le pianiste Horace Parlan, a joué avec des Gnawas et monté son label "Dawn Of freedom"dans les années 2000s….Il est donc logique de le retrouver aujourd’hui avec Phat Jam, un projet Hip-Hop (il en a déjà monté un avec Chuck D et Public Ennemy) incluant Napoleon Maddox, rappeur et beatbox de Iswhat !?! et le batteur Hamid Drake, qui après avoir commencé par le Funk, est devenu le batteur de Peter Brötzmann, puis de William Parker.

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Il a ramené de la première prestation enregistrée de cette formation à Milan le saxophoniste Italien Cochemea Gastelum au saxo alto, rajouté un certain Patterson au clavier et une basse électrique.

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Ils commencent avec « Dig » d’Iswhat !?!, le groupe Hip Hop de Napoleon Maddox avec Oliver Lake avec le beatbox puis le rap de Napoleon Maddox et la puissance du saxophone de Shepp sur un tempo plus rapide que sur l’album avec Olivar Lake. Shepp intercale ses solos alternés avec le saxophoniste italien. Maddox rappe « You got to do what you need to do » sur leurs bons riffs funkys, qui rappellent que le hip hop vient de loin dans le Jazz (Gospel, Swing, Bop, Rythm’N’Blues, Soul, Funk, Hip Hop), puis beatboxe avec la batterie d’Hamid Drake pendant le solo de l’italien. Le clavier donne un liant 70ies à la Lonnie Liston Smith, auquel Patterson fait penser avec sa barbe poivre et sel. Archie Shepp a toujours la grande classe dans sa tenue vestimentaire : chapeau et costume noir, cravate et chemise blanches. Son style est à la fois lyrique dans ses solos et offensif par ses riffs en rythmique. Cette formation est aussi une belle combinaison intergénérationnelle du Jazz, du Free au Hip Hop.

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Ils poursuivent avec Casket, (pas le chapeau, la boîte dans laquelle Maddox refuse de se laisser enfermer). C’est le thème de l’album « Phat Jam in Muilano » le plus bouleversant et lyrique sur une basse lente et les claviers rajoutant un côté Brésilien à la belle mélodie des fonds sonores magnifiques des deux saxophones, avec un superbe solo de Shepp sur la basse.

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Le beatbox de Maddox est vraiment un instrument à part entière, entre turbine et boîte à rythme vocale, vivante, humaine. Son flow y est aussi plus lent, musical et sensible, surfant sur le saxophone et le clavier, c’est un vrai chanteur, pas seulement un rappeur débitant des mots au kilomètre/seconde.

Shepp est aussi un enseignant, aux Etats-Unis, où il a pris sa retraite, mais aussi de par le monde, invitant lors de son dernier passage une de ses élèves locaux, et ici cet italien.

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Archie Shepp continue avec « Trippin’ », un Boogie Blues de sa composition , présenté comme « un voyage psychologique » (il parle un français à l’accent américain moelleux, d’une voix éraillée), extrait de son précédent disque « Gemini » sur une bonne basse basse Rythm’N’Blues pur Jook Joint et la Beatbox de Maddox. Tout le Jazz se retrouve dans son solo de saxophone (http://www.youtube.com/watch?v=iKaKrxaDXkc&feature=related ), depuis le Gospel de cette citation d « Oh When The Saints Go Marchin’ In ». Il chante d’une voix forte, il est aussi un extraordinaire chanteur de Blues, de ballades, des souffrances et des résistances de l’Âme noire (Soul), et un Blues Shouter qui hÛÛrle à la Howlin’ Wolf à la Eddie Cleanead Vinson dans l’aigu, rassemble en lui tout le Jazz, la Great Black Music, du Gospel à James Brown (« I Feeeel Good ».

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Napoleon Maddox reprend le micro pour « Ill Biz », « sur l’argent, qui voudrait faire tourner le monde rond, mais le monde a d’autres projets » sur la rythmique Drum’N’Bass d’Hamid Drake, la basse funky Hip Hop, le clavier et Shepp en fond sonore puissant. Maddox y dénonce les commerces illégaux : « le commerce de la drogue contrôle l’Amérique , le commerce des armes contrôle l’Amérique, parce que George Bush, fils de George Bush l’ancien président directeur de la CIA contrôle l’Amérique » chantait-il sur le disque et sur scène, mais maintenant qu’Obama est président, il a enlevé ces dernières attaques personnelles après la victoire, se concentrant sur la critique de l’argent qui a mené l’Amérique à la crise, puis passe aux beatbox en scratchant sur les saxophones. La modernité de Shepp le rend inusable, de tourner avec un tel groupe à plus de soixante-dix ans, alors qu’il n’a plus rien à prouver, pourrait se contenter de jouer des standards, mais justement c’est parce qu’il sait d’où viennent ces musiques (de l’esclavage et de la révolte des noirs), et qu’il l’a toujours expliqué à chacun de ces concerts qu’il va bille en tête vers les formes les plus modernes et actuelles de cette même contestation que sont le Hip Hop et le rap. C’est certainement sa formation la plus moderne depuis une dizaine d’années.

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Mais les ballades Soul et leur émotion ont aussi, justement, leur place dans le répertoire du Phat Jam, comme ce «Little ghetto Boy » de Donny Hathaway, chanté avec soul par le clavièriste avec un Shepp lyrique au saxophone. Le Jazz est aussi une musique de consolation et de dépassement de la souffrance, d’espoir qu’ »Everything is gonna be better » (Tout ira mieux).



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Archie Shepp recycle ses anciennes chansons, ses vieilles émotions et ses colères légitimes, comme “ Mama Rose “, dédié à sa grand-mère, dont il a fait « Revolution ». Sa grand-mère était esclave « née quand les noirs n’avaient pas de saxophones ni de trompettes, de trombones, ni même un tambours, n’avaient rien pour exprimer leur révolte que leurs propres corps ». Au début de sa carrière, il chantait un chant de révolte , «Hambone », rythmé récemment par son batteur sur son pantalon de cuir noir.

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Cette fois, c’est Napoleon Maddox qui l’accompagne d’un beatbox africain proche par ses cliquetis des tribus khosas Sud-Africains popularisés par Myriam Makeba dans sa « Click Song », origine lointaine du beatbox jusqu’en Afrique et dans ses percussions buccales.

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Depuis toute sa carrière, ArchieShepp explique et martèle à chacun de ses concerts l’importance de l’esclavage dans l’origine du Jazz. Il s’y révèle à la fois chanteur, bluesman et poète du « Matin Des noirs », dénonçant le meurtre d’un cousin par la répression policière lors d’une manifestation pour les Droits Civiques dans « Steam » (fumée), qu’il chante parfois lui-même, aussi bien que le crooner d’ « Attica blues », conteur, de cette voix profonde magnifique de ferveur, avec ce texte visionnaire où il voit « les étoiles brillant comme les yeux de sa grand-mère » dans ce blues d’un voyage de Chicago à New Orleans. Engagé, ce qu’il veut léguer à son peuple, à ses enfants, est un boulet de canon et la Revolution autant que la Paix.

L’âge n’a pas calmé sa révolte dans son essence, lui a peut-être amené la sérénité, la tolérance, et dans une interview, il disait de continuer à écouter Louis Armstrong.

Il crie : «NOUS SOMMES LES VICTIMES, je vais le dire à mes fils, de ne pas oublier de faire la REVOLUTION, RÊV-RÊV-RÊ-VOLUTION ».

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Maddox lui fournit un accompagnement constant et très varié avec les percussions africaines d’Hamid Drake, la basse lourde et groovy, dramatique.

Archie Shepp termine « Black Girl WET, WET, WET, from the heart», « Fille noire, mouillée du cœur », comme ses yeux humides de larmes et les nôtres. Deux enfants handicapés au premier rang mêlent leurs cris aux siens, communion de souffrances raciales ou physiques, de deux exclusions…

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Napoleon Maddox reprend le micro pour « The Life We Chose » (la vie que nous avons choisie) sur une rythmique Hip-hop collective et tribale avec les taxiphonies de Shepp et Gastelum, le rebond funky du clavier de Patterson, et chante avec le public.

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En souvenir de John Coltrane, ils reprennent aussi « Afro Blue » que Shepp lui attribue à tort, puisqu’il est du percussionniste Afro-Cubain Mongo Santamaria qui en donna une version plus « roots » avec percussions et flûtes.

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Napoleon Maddox s’est révélé rappeur mais aussi chanteur, beatbox mais comme un vrai jazzman et même un soliste, tout simplement émouvant autant qu’incisif dans son message. C’est une version plus funky avec le beatbox de Maddox et jouée par Archie Shepp au saxophone soprano oriental rappelant le dernier Coltrane, citant « Summertime ». Comme Coltrane, qui mourut jeune, Shepp double son saxophone d’un second, mais comme il est plus vieux, ce serait plus comme King Oliver doublant son cornet de Louis Armstrong.

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Maddox assura un Bis Hip Hop / Beatbox avec Shepp jusqu’au cri, puis Shepp un second Bis sur un autre de ces Blues Funky dont il a le secret sur New York, avec un faux départ « STOP », le public dansant avec lui debout sur son Blues chanté/crié/shouté/hurlé/balancé/swingué/funkysé… STOP! pour de bon cette fois.

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Archie Shepp, Maddox et leur groupe nous rappellent à la fois toutes nos raisons originelles d’aimer le Jazz, et lui rendent son acuité, sa modernité, son urgence sociale et révolutionnaire ICI ET MAINTENANT où tous ces styles se retrouvent.

Jean Daniel BURKHARDT

dimanche 8 novembre 2009

Le Trio » Rooms » d’Hans Lüdemann et le nouveau quartet de Dominique Pifarély à Pôle Sud pour JazzD’Or

Hier soir, on pouvait assister à une seconde soirée Jazzpassage à Pôle Sud, avec un autre double-plateau franco-allemand et franco-américain : le trio Rooms du pianiste allemand Hans Lüdemann avec Sébastien Boisseau à la contrebasse et Dejan Terzic à la batterie en première française et la Création du nouveau projet « Out Of a joint » du violoniste français Dominique Pifarély avec le contrebassiste Bruno Chevillon, le saxophoniste américain tim Berne et son pianiste Craig Taborn.

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Hans Lüdemann est né à Hamburg en 1961 et étudia à Cologne. Le contrebassiste Sébastien Boisseau a réenchanté le début de ce millénaire de ses « Fées et Gestes ». Le batteur Dejan Terzic m’était jusque là inconnu.

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Après une introduction iconoclaste au fender rhodes, Hans Lüdemann se lance dans un premier thème dans l’esprit du pianiste aveugle Lennie Tristano et de son troisième courant d’un Be Bop ouvert aux influences baroques de Jean-Sébastian Bach, calme puis plus énergique, en passant parfois par le ragtime d’un film imaginaire, ou rappelant Keith Jarrett dans sa façon de prolonger ses phrases d’un climat à l’autre, avec des tempêtes de clusts violents dans lesquelles Sébastien Boisseau tient le mât, le gouvernail solidement.

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Dejan Terzic se montre dans son accompagnement d’abord percussionniste plus que batteur, très fin, jouant de clochettes attachées à un portant ou des cymbales avec des baguettes ouatées et d’un petit xylophone (de l’autre côté de la batterie) ou voilant ses toms d’un linge pour en assourdir le son, puis jouant d’un balais de bois en fagot, mais sut aussi monter en puissance avec Lüdemann.

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L’attitude du pianiste pendant ce première titre très long et évolutif rappelait un peu celle de Bill Evans : comme arc-bouté, immergé dans le piano à s'y noyer, le visage parallèle au clavier. Une mèche rebelle lui épargne le déficit d’image de la raie sur le côté de Bill Evans et il ne porte pas de lunettes.

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Le second titre, une ballade, fut plus dans la manière de Bill Evans dans la forme, avec une belle mise en place à la fois libre et solide de Sébastien Boisseau très originale dans ses solos et un parfait détachement de ses solos originaux à la manière de son contrebassiste Scott La Faro, et aussi cette façon d’accélérer imperceptiblement le tempo par groupes de notes sans avoir l’air d’y toucher dans « Come Rain Or come Shine » et « Autumn Leaves » dans « Portrait in Jazz ».

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Après information, il s’agissait d’un standard de Berthold Brecht et Hans Eisler « Über Den Selbstmord » (Sur le Suicide), écrit pendant la guerre quand ils étaient exilés en Californie.

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Les juifs allemands avaient alors aussi leurs raisons d’avoir leur Blues, autant que les afro-américains sinon plus, leur Sehnsucht à l’Européenne, leur Saudade venue du froid.

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Enfin, une troisième pièce, ils jouèrent "Blues in Black and White", d’inspiration Africaine, musique que Lüdemann a beaucoup étudiée et jouée avec Ali Keïta au balafon et la chanteuse Dobet Gnahoré dans son Trio Ivoire, et, quoique l’orchestration fût plus jazz, il trouva des nuances de balafon ou de likembé ou sanza (piano à pouces africain) amplifié des Konono n° 1 ou des Kasaï All Stars dans l’intérieur des cordes du piano, Sébastien Boisseau celles d’une kora dans les cordes les plus aigues de sa contrebasse et Dejan Terzic tint le rôle d’un Art Blakey africain et joua de son petit xylophone comme d’un balafon.

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En bis, ils terminèrent par une ballade rendue groovy par la basse et la batterie.

En seconde partie, on pouvait entendre la création d’ « Out Of Joint » d’après une phrase d’Hamlet de Shakespeare : («Le temps est hors de ses gonds ») et les titres des morceaux sont dans cet esprit funèbre, dernier projet du violoniste français Dominique Pifarély () avec Bruno Chevillon à la contrebasse et les américains Tim Berne au saxophone alto et son pianiste Craig Taborn.

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On a pu découvrir Dominique Pifarély dans les formations de Louis Sclavis, et j’avais apprécié dans « Les Violences De Rameau » leur respect puis leur décrochage violent de la musique du XVIIème siècle en ska.

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Tim Berne a un talent certain pour faire durer jusqu’à la transe répétitive ses riffs de saxophone qui évoluent lentement sur la rythmique de Craig Taborn, Marc Ducret (à Jazzdor le mardi 17 novembre avec Samuel Blaser et en Masterclass "Speed Dating" le 18 à Pôle Sud de 15 à 18 h) et Tom Rainey à la batterie, arrivant à créer une mélodie insistante et obsèdante à partir d’un jeu libre et sauvage qu’il structure peu à peu de l’énergie du Rock ou du Funk.Avec Pifarély, il assura dans un contre-chant / contrepoint du violon en des volutes infinies mais toujours justes.

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Craig Taborn excella dans les accords complexes puis isolés en un jeu touffu ou se réduisant à une goute d’eau sur les touches, puis partant en des violences insoupçonnées sur le groove au naturel de la basse de Chevillon. Avec le violon, on pouvait parfois penser au Council Of Balance de Steve Coleman, avec qui Taborn a joué sur Lucidarium.

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Et finalement, cette seconde partie était aussi bien dans la manière de Lennie Tristano en Quintet avec Lee Konitz et Warne Marsh aux saxophones (dont le style de Berne serait une modernisation car il garde le goût pour la fugue et les chases au plus près des autres musiciens). C’est Tristano qui initia ces structures complexes où chacun était une voix suivant son propre chemin mais inextricablement liée aux autres, soufflant cet air frais passant sur la west Coast pour la dépasser à tue-tête. Gageons que son esprit était un peu parmi nous à travers eux…

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Le festival se poursuit ce soir avec le nouveau Phat Jam d’Archie Shepp où officient le rappeur Napoleon Maddox de Iswhat !?! et le batteur Hamid Drake, à 20 h 30 à la MAC de Bischwiller. Un car affrèté par Jazzdor part à 19 h 30 de la Place de La Bourse de Strasbourg et vous y ramènera.

Jean Daniel BURKHARDT

samedi 7 novembre 2009

MGT et le Tetraband de Bojan Z ouvrent le Festival Jazzd’Or à la Cité de la Musique et de la Danse

Hier soir s’ouvrait le 24ème festival Jazzd’Or, le festival de Jazz contemporain de Strasbourg, qui se tiendra du 6 au 20 novembre prochains.

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Pour cette première soirée, on pouvait entendre un double plateau Franco Allemand Jazz Passage, avec un trio de guitaristes émérites : MGT (pour l’autrichien Wolfgang Muthspiel, l’australien Slava Grigoryan et l’américain Ralph Towner, pour la première fois à Strasbourg), puis le nouveau groupe Tetraband du pianiste Bojan Zulfikarpasic (dit Bojan Z), très funk avec le tromboniste de Brooklyn Joshua Roseman et la rythmique anglaise de l’Accoustic Ladyland, à savoir Ruth Goller à la basse électrique et Sebastian Rochford à la batterie.

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Le trio MGT s’est créé lors d’une tournée en Australie et regroupe trois générations de guitaristes. Tout d’abord sur scène le plus jeune Slava Grigoryan, guitariste classique australien né en 1976 au Kazakhstan qui a commencé avec ses frère et soeur violonistes des Grigoryan Brothers Edward et Irina et que s’arrachent tous les orchestres philharmoniques, mais au style très flamenco sur une guitare classique joua une composition de Bill Lovelady : « Sounds Of Rain », faisant penser à la pluie par les variations de son impétuosité/intensité sous ses doigts de la douceur à la violence, alliant la prestance baroque à la Solea du Flamenco. Déjà une magnifique et magistrale leçon de guitare.

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Il fut suivi par le guitariste électrique autrichien Wolfgang Muthspiel, né à Judenburg en 1966 et frère du tromboniste Christian Muthspiel le guitariste électrique du groupe, mais qui en faisait un usage très musical, sans aucune saturation, sur une « silent guitar » sans caisse de résonance et réduite au manche et à une demi courbe vide reposant sur sa cuisse, et joua « Water », sorte de bossa doublement bègue grâce à l’utilisation d’un sampler enregistrant la rythmique pour improviser ses arpèges dessus.

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Wolfgang Muthspiel fut influencé vers 15-16 ans par un album solo de Ralph Towner, guitariste américain né en 1940 à Chehalis, spécialiste de la guitare douze cordes en métal et pilier du label ECM depuis 1974. Lui aussi a un style proche du baroque, et, dans les plus hautes cordes, la finesse d’une harpe dans ce « Solitary Woman », sorte de bossa baroque (http://www.youtube.com/watch?v=xTSuQUuOhWM).

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Après cette introduction de saine émulation et influence de ces trois guitaristes, ils se rejoirent en trio comme en Australie, où Towner fait la rythmique, Grigoryan, les arpèges et Muthspiel les résonances électriques en écho sur une guitare électrique à caisse, et vice versa, et jouèrent plusieurs titres de leur album, une musique magnifique où chacune de ces individualités sur un instrument différent, trouvait sa place dans un son collectif.

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Outre ces compositions, Towner et Muthspiel jouèrent en duo le standard « Solar » de Miles Davis et du pianiste Bill Evans, alternant thème et improvisation libre à tour de rôle.

En seconde partie, on pouvait entendre le pianiste et clavièriste Bojan Zulfikarpazic (http://www.myspace.com/bojanzed) et son nouveau Tetraband avec lequel il tourne depuis 2008. On a connu Bojan Zulfikarpazic (alias Bojan Z) depuis son arrivée de Yougoslavie avec Julien Lourau (http://www.youtube.com/watch?v=GSDQzuJcjNE ), puis son propre quartet, à la tête d’un sextet multiculturel pour « Koréni » en Solobsession, aux Etats-Unis avec son Transpacifik Trio et dernièrement avec Xénophonia, où il faisait un usage peu conventionnel d’un fender rhodes trafiqué qu’il appelle Xénophone.

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C’est dire si son retour est attendu avec cette nouvelle formation très funk, avec lequel il vient d’enregistrer son dernier disque «Humus».

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Le tromboniste Josh Roseman de Brooklyn a été le fondateur des Brooklyn Funk Essentials avant de jouer avec John Zorn et la scène Underground New-Yorkaise, l’italo-britannique Ruth Goller à la basse électrique (la première fois pour Bojan Z qu’il n’utilisera pas une contrebasse, virage vers le Rock et le Funk) et le batteur Sebastian Rochford sont la section rythmique anglaise de l’Accoustic Ladyland. Josh Roseman (http://www.dailymotion.com/video/x4vfoz_grenoble-jazz-festival-bojan-z_music ) excelle tant à la sourdine que pour moduler les sons de son trombone de la douceur veloutée ou rythmée, swinguée, à la violence rageuse, gueularde, jusqu’au cri.

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Ruth Goller assura un groove constant et Sebastian Rochford, compositeur d’un des thèmes, montra sa faculté de passer du Jazz au Funk, au Balkanique aux rythmiques Drum’N’Bass les plus modernes, aux frétillements polyrythmiques (http://www.youtube.com/watch?v=NNplKq7E_xk&feature=related) voire déstructurées.

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Après « Numéro 9 » plutôt calme et Jazz, Bojan Zulfikarpazic dédia un titre plus violent « à nos chers banquiers », où il utilisa le Xénofone, mélange fascinant de son très aigre de saturation et inouï à la Soft Machine dans les graves déclenchant entre tempêtes, tsunamis et chants des glaciers sonores et autres paysages vivants, et de douceur très perlée, 70ies, dans les aigues, sans que l’on puisse déterminer quand il passe de l’un à l’autre, peut-être par le jeu d’un boîtier d’interrupteur. On pouvait en effet penser à des tempêtes de crise financières, se calmant en creux de vagues permettant le retour des parachutes dorés et primes en bonus aux traders, mais qui n’évitent pas la catastrophe apocalyptique finale de la misère mondiale..

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A d’autres moments, on croirait en entendant ce Xénophone être dans une taverne balkanique devant un orgue de Barbarie ou un de ces claviers de fortune qui y divertissent le public et accompagnent les chanteurs de leurs sonorités orientales et envoûtantes.

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Après plusieurs autres titres, il finit dans le style Balkanique prorre à Bojan Z depuis ses débuts, mais il n’aime pas la réduction de la musique Balkanique à ce qu’en donnent à voir les films d’Emir Kusturica et les disques de Goran Bregovic. C’est sûr qu’avec ce Tetraband, il en donne une version autrement plus moderne, urbaine, Jazz, Rock, Funk, et autrement plus excitante!

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Le Festival se poursuit avec une après-midi gratuite à la Médiathèque Centre de Strasbourg, avec à 15 h une rencontre avec Michel Dorbon, directeur du label de Jazz RogueArt, à 16 h un concert de la contrebassiste Hélène Labarrière en solo sur des chansons françaises, et à 17 h le film « Off The Road, Peter Kowald » de Laurence Petit-Jouvet publié chez RogueArt en 2001 suivant la dernière tournée américaine du contrebassiste allemand Peter Kowald, décédé deux ans plus tard.

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Et bien sûr, ce samedi soir 7 novembre, le festival se poursuit à Pôle Sud à 20 h 30 avec le trio du pianiste Tristanien Hans Lüdemann, Sebastien Boisseau à la contrebasse et Dejan Terzic à la batterie en première française, puis la Création du nouveau projet « Out Of Joint » du violoniste Dominique Pifarély avec le contrebassiste français Bruno Chevillon, le saxophoniste américain Tim Berne et son pianiste Craig Taborn.

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 3 novembre 2009

Le Maillon d’Hautepierre rouvre ses portes avec une FUNK'IN PUMPKIN PARTY

Fermé il y a quelques années par un incendie provoqué par une voiture bélier dans la bibliothèque et le théâtre, le Maillon Hautepierre rouvrait la semaine dernière grâce à l’association Soundsitiv, qui y proposera en janvier une programmation artistique basée sur les échanges entre les arts musicaux, urbains, picturaux et théâtraux. Pour la réouverture, la programmation originale (DJ Flying Fileas alternant avec trois groupes locaux : Soulfight-Gothic Soul, Julie Claden-chanteuse Funk Soul Groove et 7ème Soul-formation Funk Soul à la bonne section de cuivres) illustrait trois modernisations locales de l’esprit Soul.

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Tout d’abord, on a pu entendre Soulfight, formation créée en 2007 par: Aalik (voix, basse, guitares, et claviers) et Slybwoy (sampling and sound tweaking , art work) et la chanteuse Mélody dite Lil' Sugar, rejoints par Alex à la basse pour la scène.

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Slybwoy et Aalik viennent du monde de l’image, et ont appliqué aux compositions de Soulfight des procédés habituellement visuels de collages de samples.

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Dès les premières notes de claviers et les samples vocaux de « Princess Nothing » (interprété lors d’une prestation aux Nancy Jazz Pulsations), on entend avec une guitare Coldwave à la A Forest de The Cure, une de leurs influences new Wave (c’est quand même presque Halloween). La chanson parle d’une petite princesse idiote. En effet, Mélody la sublime du Lil Sugar (petit sucre) de l’émotion de sa voix veloutée et mélancolique.

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«I’ll Rise » est plus proche d’une autre influence du groupe, « Massive Attack », qui inventa le terme de « Gothic Soul » avec sa rythmique trip-hop et sa montée de claviers sur la basse funky. Aalik prend le rôle de Tricky asthmatique sans ventoline dans « Pumpkin » dans son vocal Hip Hop, etandis que Melody/Lil Sugar chante de manière aussi émouvante et sensuelle qu’Allysson Goldfrapp, une de ces chanteuses qui illuminent les deux premiers albums de Massive Attack et m’y font fondre, ou Portishead dans « Glory Box ». Mais la chanson parle d’une rupture amoureuse dont l’homme promet qu’il se relèvera.

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A un autre moment, Slybwoy introduit un sample de voitures dans le martélement dramatique du clavier sur la rythmique breakbeat d’une mélodie lente, envoûtante, vénéneusement persistante dont Lil Sugar est la sirène portée par les vagues sonores.

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Slybwoy introduit encore une ambiance de sanglots et souffles étouffés installent une ambiance sur des cris lointains, tandis qu’Aalik prend sa guitare, accompagnés de pas sonores dubbés, solitaires et fuyants, puis de plus en plus lourds comme les éléphants d’Hannibal ou ceux d’une armée dans des vagues de brumes fumigènes.

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La basse lourde et la guitare commencent « Tears On The Ground », autre émouvant duo de Lil Sugar et Aalik, sur le terrorisme, où deux terroristes sont prêts à agir, le garçon dit qu’il est temps, mais la fille pense aux futures victimes et prend peur, renonce, avec une belle voix ethnique en fond. Leurs chansons sont dramatiques dans leurs progressions comme des films sonores, racontent des histoires de notre monde troublé.

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Les lumières scéniques envoient des feux d’artifices rougeoyants autour d’eux sur une voix féminine samplée qui glisse, comme lisse. Mélody s’envole les bras étendus, puis sa voix puissante, profonde et orientale à la Dead Can Dance. Comme sa chanteuse Lisa Gerrard, Lil Sugar trouve pour "The Island" (critique de la télévisision comme une île déserte et autistique) au fond de sa voix la ferveur de musiques traditionnelles ou de spritualités apatrides car issus d’un folklore imaginaire qui leur est propre, se dédoublant, croisant le chemin des folklores existants, mais touchant universellement par leur émotion, accédant à un au-delà tribal urbain des langues et des traditions connues

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Lil Sugar chante ensuite « My (Little) Secret », autre chanson à secret où l’héroïne cache un crime qu’elle aurait commis sur la guitare wah wah, avec une voix à la Björk.dans sa fragilité Nordique. Slybwoy et Aalik ont écrit le scénario du futur clip de cette chanson, dont voici quelques photos, qui sera bientôt réalisé, et nous en apprendra plus sur ledit secret.

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Ils terminent par un sample en référence au Cinéma (David Cronenberg et Lost Highway de David Lynch, qui leur inspira « Ghost Highway » font aussi partie de leurs influences pour les ambiances sonores). Ils terminent par la musique de la scène finale de « Shining » de Stanley Kubrick, avec Jack Nicholson, musique à la fois Jazz nostalgique, européen par Ray Noble, avec un crooner sirupeux (« Midnight with the stars and you »), mais rendu inquiétant par le traitement sonore fantomatique et nébuleux et les réminiscences du film.

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Bref, Soulfight a prouvé qu’il avait un véritable univers fascinant à la fois séduisant et inquiétant, toujours émouvant.

En seconde partie, on pouvait entendre Julie Claden, qui vient de sortir son album « Behind The Line », avec la guitare funky de Kevin Weiss, accompagnée de Pilou Würtz à la basse électrique, et à la voix plus Soul.

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Grande et très belle, ses jambes immenses de libellule perchées sur des hauts talons, elle a un jeu de scène gracieux aux mouvements de bras amples comme les ailes d’un oiseau.

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Toutes ses chansons, aux textes en français, composées avec le pianiste de l’album Emmanuel Hoff et Gérard Raufast, parlent de la quête de soi, spirituelle et musicale, et du courage de s’assumer ensuite comme ce que l’on est sans concession.

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Elle commence « Behind The Line » ( titre éponyme de l'album interprété sur l’album avec la bonne attaque variée de Franck Wolf au saxophone et Serge Haessler comme section de cuivres à la Prince efficace et Grégory Ott sur la version acoustique et les chœurs des « Clac-Hoff »), sur laquelle elle s’envole sur la rythmique en français après le refrain en anglais sur sa renaissance grâce à cet album.

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Plus Bluesy, « Chacun Sa Place » parle aux autres avec compassion et tolérance, s’ouvre aux autres, les invitant à dépasser comme elle la fatalité malgré la dureté et la violence du monde, à prendre le contrôle de leur vie, parce que « chacun a une place, sa place ». « Ça ‘s passe » parle aussi de cette prise risque pour devenir soi-même, malgré la frilosité des autres qui disent de ne pas y aller.

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Plus calme et émouvante, « Mémoire » remonte au plus profond de ses souvenirs, de son histoire, jusqu’à la Shoah, puis « L’Empreinte De Cette Terre », plus ethnique et orientale, avec des voix orientales envoûtantes entre Real World et Dead Can Dance dans les violons arabisants, parle de son voyage initiatique au Maroc, aussi spirituel que géographique, jusqu’à l’illumination de la découverte du désert et de l’Atlas, avec un beau texte et une belle progression dramatique. Finalement, si ce n’est plus du Funk, c’est une façon aussi de l’orientaliser, de le faire voyager en d’autres contrées, de lui offrir d’autres paysages, moins urbains grâce à cet excellent arrangement. La Soul l’âme s’ouvre à ces ailleurs, à l’Orient, et à la propre histoire de Julie Claden.

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Finalement, Julie Claden a investi le Funk et la Soul de ses mots, de ses expériences, les a fait siens par cette quête de soi jusqu’à s’assumer totalement, de « Troque Ton Groove » scandant «Secouée, Obsédée» repris avec le public, sa passion de cette musique jusqu’à « J’me casse la gueule pour y arriver », à « L’Expérience » d’être elle-même envers et contre tout et tous et d’inviter les autres à faire de même dans « Chacun Sa Place », puis à s’élever enfin contre toutes critiques dans « Je Transgresse », s’assumer comme elle-même avec courage et splendeur. Cela donne à son album, et à sa prestation qui le fait partager, l’aspect d’un concept album ou «album d’apprentissage » comme on dit de certains romans, dans le partage avec les musiciens et le public.

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Elle a tracé dans le Funk et la Soul son propre chemin, faisant sienne cette musique née dans la revendication des droits civiques noirs et depuis non pas obsolète mais obtenue aux Etats-Unis, l’a intégré en elle-même pour raconter par chansons-flashs sa propre histoire jusqu’à l’acceptation d’elle-même, du collectif à l’individuel, au collectif, puisqu’elle les invite à faire de même.

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Si elle n’est ni noire ni Aretha Franklin, au moins a-t-elle habité cette musique, puis l’a habillée de ses propres mots, faite sienne, ce qu’aucune chanteuse Funk ou Soul n’eût pu faire à sa place, n’étant pas elle, et inversement. Finalement, Julie Claden touche par son univers, son courage et son énergie sur scène et ses textes simples mais forts et sincères.

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En troisième et dernière partie, on pouvait entendre le groupe Soul Funk 7ème Soul (parce qu’ils sont 7 et vous mènent au 7ème ciel de la Soul), qui a déjà joué au Parlement Européen et au Palais de la Musique et des congrès, tout à fait fidèle musicalement aux grands noms de cette musique tant dans la rythmique de Lionel MEYER (Guitariste) François KOEHLER (Bassiste) et Vivien RAUCH (Batteur) que dans la mise en place impeccable entre Rythm’N’Blues et JB’s de la section de cuivres (le plus difficile dans le funk, car elle remonte au Jazz, et même aux parades de la nouvelle Orléans comme la garante de l’authenticité de la Black Music) de Luc HENRY (Saxophoniste) Melanie DECQ (Tromboniste) et Alexandre SCHMITT (Trompettiste) , et aux textes en français composés par le chanteur Raphaël Bloch au total look Blues Brother (costume et chapeau noir, cravate noire et chemise blanche, lunettes de soleil). On sent que la Soul Music et le Funk, c’est sa vie, jusque dans un rapport spirituel à la musique, comme peut l’être le Rastafarisme pour certains fans de Reggae.

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Ils commencent par « Se réinventer », aux bons cuivres bien en place, sur le dépassement d’une rupture amoureuse, citant même l’ivresse Baudelairienne « de vie, de poésie, de vertu » pour oublier. La Soul Musique est la musique de l’Âme (Soul en anglais) humaine, de ses chagrins profanes et sentimentaux, adaptée du collectif noir à l’individuel universel), avec une belle introduction et un solo de trompette d’Alexandre Schmitt (ancien élève de Serge Haessler en trompette classique). Les textes de Raphaël Bloch parlent à l’âme humaine de ses soucis universels avec simplicité et force, et cette Soul dans la voix qui rendaient Otis Redding et Marvin Gaye irrésistibles. Simplement parce que Raphaël vit et traduit à la manière de cette Soul Music.

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« Chacun sa Reine » à la basse bien slappée et à la guitare funky, tous cuivres dehors, fut écrite par le cousin de Raphaël Bloch, et on y trouve cette phrase d’une poésie assez surréaliste : « Elle a mis du sel dans ma vie de girafe » ! On a pu entendre aussi un bon solo de saxophone sur la guitare wah wah.

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Ils jouèrent ensuite « Rencontre », sur une rencontre d’un chanteur Soul avec une chanteuse qui se voient d’abord sur scène, avec un bon solo de guitare.

Mais il leur arrive aussi de mêler la Soul à d’autres musiques plus latines comme la Bossa nova sur la clavé Brazil de la batterie sur « Toutes Ces Habitudes » qui appelle au courage de casser sa routine pour suivre sa propre voie vers sa passion, comme le fait Raphael Bloch, à ne pas se contenter d’êtres des parodies, des clones. Le mélange en tous cas est réussi et irrésistible, à la Banda Black Rio (le meilleur groupe de Funk Brésilien à mon sens) dans la section de cuivres un peu en arrière presque Ethio-Jazz ou fanfares dans cet habile décalage faisant sonner les mots du chant avant un bon break à l’ancienne et un bon solo de trompette. Ça groove bien souplement sur cette Soul Funky et légèrement Tropicale.

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« Jeu de Maux » parle aussi d’une relation entre deux personnes pas toujours simple. La Soul est, comme le Blues, le dépassement de la souffrance par la catharsis musicale, mettre des mots sur les bleus de l’âme pour les rendre plus supportables, ou au moins les partager avec le public, en faire de l’art, avec un beau solo de trombone lent de Mélanie Decq (que tout le monde appelle Miel, aussi venue du classique après un passage par le ska festif).

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Raphaël Bloch est avant tout un « Fan De Soul », d’Otis Redding, qui respecte jusqu’aux origines de cette musique dans l’intro comme un chœur de Gospel de « voix noires » passé dans le Jazz et le Do-Wop, puis dans la Soul, et qui évolue ensuite en Funk sur la guitare, refait tout le parcours ce ces musiques noires, « fan de soul et de Funk », de ce Soul Power de James Brown, montre qu’il en connaît aussi l’origine. Ils ont amené aussi un nouveau titre (en tous cas qui n’est pas sur leur disque ou My Space), critique des rencontres sur internet avec Miel et Alex bien en place sur les riffs de guitares et au texte gentiment ironique. Les paroles de Raphaël Bloch sont aussi un avertissement pour nous et notre monde, montrent ce que le monde perd avec son âme, sa Soul naturelle, dont il est l’un des meilleurs représentants localement. «Double Jeu » (http://www.dailymotion.com/video/x9b8nn_7eme-soul-en-concert-au-parlement-e_music ) est une bonne synthèse, sur une guitare digne du Blufunk de Keziah Jones dans « Rythm Is Love » (http://www.youtube.com/watch?v=8kKZxbgBL68 ) puisqu’il y adapte dans un texte à double-sens le vocabulaire amoureux à la musique, à son désir et à son manque dans le silence où il sent encore « l’essence de sa présence » , comme les mystique orientaux parlaient de Dieu comme l’Adoré. Bernard Lavilliers a aussi écrit une belle bossa nova sur ce thème : « La Musique ». Enfin, ils terminèrent par un bis avec un scat de Raphaël Bloch.

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Bref, cette soirée a montré que le Funk étaient bien présents dans la scène locale, mais plus que copiés en vain de leurs pionniers, ils avaient évolué vers la New Wave avec Soulfight, accompagné le parcours de Julie Claden jusqu’à l’Orient, et étaient toujours vivaces chez 7ème Soul, modernisés par des textes simples et universels qui parlent à l’âme, ce qui est l’essentiel…

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 30 octobre 2009

NICOLAS FRAISSINNET, MONSIEUR LUNE, LEOPARLEUR et YAN CAILLASSSE au Préo d’Oberhausbergen pour Amnesty International

Ce samedi 24 octobre, Nicolas Fraissinnet venu de Paris, Lausanne et de l’Antarctique, Monsieur Lune de Paris, Léo Parleur (originaires de Strasbourg, même si leurs tournées les emmènent souvent loin d’ici) et Yan Caillasse (le groupe de Yan Siptrott, comédien que j’ai connu au lycée il y a vingt ans, devenu compositeur et chanteur de « Rock à texte » à Paris). Bref, deux à découvrir et deux retours chez nous.

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On a pu voir d’abord Nicolas Fraissinnet et son univers fantastique, humoristique de pingouin et de fée partant « Avec le vent ».

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Il a quelque chose de Nilda Fernandez dans la fêlure de la voix, sans l’exotisme hispanisant et les cheveux, ou Louise Attaque mais avec un tempétueux piano et des envolées magnifiques.

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En seconde partie, on a pu voir Monsieur Lune et son groupe intéressant à voir pour sa diversité capillaire : Monsieur Lune a une tête un peu ronde et les cheveux parfaisant sa tête de lune ronde, « Cheveu », le guitariste, aussi au cavaquinho et à la mandoline avec des cheveux longs et des pattes à la Stéhan Eicher, un violoniste barbu de trois nuits, un bassiste aux cheveux courts laissant pointer la banane comme les Forbans ou L’Affaire Luis Trio, et un batteur surnommé John Malkovich aux mèches chouette effraie au tour du crâne dégarni.

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Nicolas Pantalacci, chanteur de Monsieur Lune, a une voix qui me rappelle dans son innocence le premier chanteur que j’aie vraiment aimé : le Yves Simon des années 70ies celui de « Diabolo Menthe » découvert trop tard, bien après le lycée mais qui émeut quand même et de « J’timagine », des « Merveilles de Juliet » ou de « J’ai Rêvé New York » pour l’Amérique et la révolte Rock, un texte en collage de citations, des guitares folk et des illusions Baba Cool de « L’Amour Dans L’Âme », de la folie de croire encore en ses rêves ou à un monde meilleur, qui fait encore du bien même trop tard.

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Un côté américain d’ici, aussi dans les arrangements, parfois country à la Française pour « Lunette », qui « n’en porte pas et lit des bouquins trop longs », personnage émouvant, Sud-Américain dans le cavaquinho, Napolitain dans la mandoline, chanson française mais assez d’ailleurs pour nous faire voyager.

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Et puis dans les textes et la musique, il y a cette émotion qui parfois vous prend le cœur jusqu’au bord des larmes, quand il nous parle de ses rêves d’astronaute avortés, mais nous dit que les chansons, la musique servent à « se rappeler, oublier » nos rêves, et lui permet de partager avec nous les siens.

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Quelquefois il s’abandonne à la violence Rock, comme dans « Reviens Pas », repris en chœur avec le public, trop ironique pour qu’on y croie, « T’es bien plus belle quand t’es pas là », mais où il est bien moins ridicule que notre Johnny national sur un texte équivalent et tellement plus frais, moins réchauffé, moins maccho, car il n’a pas peur de montrer sa fragilité aussi plus proche de nous.

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Il détourne aussi avec tendresse et irrévérene les classiques comme « La Belle Au Bois Dormant » de Charles Perrault quand elle lui manque.

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Enfin, il flirta avec la science-fiction avec Benjamin Gage et la Fin Du Monde, et se souvint avec émotion des premières bises au Lycée (quand on se dit que c’est sans conséquence) quand son père disait que « jamais Yannick Noah ne gagnerait Roland Garros ».

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Bref, sa voix rappelle un peu celle de Raphaël, mais son univers est tellement plus varié qu’il mériterait au moins le même succès, sinon davantage…

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En troisième partie, on pouvait entendre les Léoparleur, groupe local à l’origine, qu’on a connus Funk-Rock Psychédélique «Fonkadélic Méthane » en 1992-1999, Chanson Française mêlée de musiques traditionnelles pour leur premier album acoustique « Revoir La Mer » en 2002, plus hispanisant/latino voire punk pour leur troisième « Tout Ce qui Brille » en 2006 et qui, à force de tourner partout ailleurs qu’ici dans leur petit camion bleu, ont trouvé le moyen de sortir leur dernier album « Faut Du Rêve », enregistré dans le désert d’Andalousie, en Allemagne, au Japon, mais pas encore en France!

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Je plaisante, je les aime trop et suis trop content de les revoir, j’avais oublié qu’ils étaient aussi bons. Bien sûr le temps passe, il ne reste des pionniers que les inséparables frères Oster : Josef à la guitare et au chant, et Simon à l’accordéon, et bien sûr la Toulousaine Maya Martinez, multi souffleuse qui après le saxophone dans « Le Grand Lustucru », berceuse horrifique anti-fasciste de Kurt Weill, reprise sur chacun de leurs concerts, joue maintenant de la clarinette (comme leur invité Denis Léonhardt des Weepers Circus), du trombone (comme Jean Lucas), des castagnettes et chante également. Il y a un nouveau batteur (mais l’ancien est passé chez Yan Caillasse) et un bassiste électrique a remplacé la contrebasse Gavroche de Grégory Pernet depuis un an, et une violoniste est là spécialement pour ce concert ce soir-là.

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Maya assure les textes en espagnol, dont « El Caracol Azul », écrit par son père, souvent suivie de Simon. Ils ont toujours la même énergie sur scène, un peu Rock desperado, entre Chanson Française pour les textes et attitude punk à la Ramones ouverte aux musiques traditionnelles.

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Sur le dernier album, ils ont mis en musique un nouveau texte de leur parolier officiel Yunus Emré (poète derviche turc du XIIIème) ajoutant « C’est mon affaire » (chanson de révolte contre Dieu qu’il aille à la Taverne ou le regrette à la Mosquée), qui précède « Ma Vie » (questionnement en abîme sur le sens de l’existence humaine allant jusqu’au refus du suicide) sur un rythme Flamenco Rock finissant en ska quand le rythme s’accélère. Entre un Djalal-od Din-Rûmi mystique et fondateur des derviches tourneurs (à qui il lança un jour « Si t’as trouvé, pourquoi tu tournes ? ») et un Omar Khayyâm poète astronome et jouisseur aimant les femmes et le vin désespéré accusant Dieu quand sa coupe se brisait (« Tu m’as barré la route du plaisir, Seigneur/ C’est moi qui bois, c’est toi qui es ivre Seigneur ! ») dans ses Robayat, Yunus Emré avait une position médiane ou passait de l’un à l’autre : à la Taverne un jour et se repentant ensuite de poèmes à l’Adoré, Mystique à l’état sauvage comme Arthur Rimbaud trouvant dans ces allers-retours sa liberté et une ferveur égale répondant aux questions que pose la souffrance humaine, mais y trouve aussi sa profonde humanité et sa modernité presque Baudelairienne, entre révolte et Mysticisme.

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Ce qu’on entend du dernier album promet qu’il sera tout aussi intense que les précédents, et apportera son lot de nouvelles influences, cubaines électriques côté guitare avec une citation de la version « El Carretero » de Guillermo Portabeles à la manière du Buena Vista Social Club et avec un style plus énergique de Papo Ortéga Y Cubanoson, voire électrique de Marc Ribot reprenant Arsénio Rodriguès l’aveugle merveilleux du très Cubain lui-même.

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Autre grande et surprenante réussite, dépoussièrante au possible, leur version punk toute coulisse de trombone dehors du classique musette « J’ai l’Cafard » de Fréhel, chanté par Simon Oster l’accordéoniste, faisant de cette chanson désespérée à se jeter au fleuve l’expression d’une saine et rageuse révolte..

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Ils finirent ce set, raccourci de leurs super-ultra-utiime Bancos de bis successifss par l’heure tardive et la venue encore de Yan Caillasse par « Les Adieux », extrait de leur album «Tout Ce Qui Brille » et sa guitare desperado et le saxo de Maya puissant mais suivant dans ses riffs sa ligne oblique entre Lester Young et celui des Béruriers Noirs. Bref, les Léoparleur se sont rappelés à nos cœurs, et on attend avec impatience le prochain concert et la sortie de leur prochain album dans leur propre pays et à Strasbourg !

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En dernière partie, Yan Caillasse, groupe de Yan Sipptrott, que je connais depuis au moins vingt ans, puisque nous étions ensemble au Lycée et à l’Université de Lettres, puis il s’orienta vers le Théâtre et devenu Comédien monta à Paris, créa ce groupe de « Rock à Texte », pour lequel il écrit les textes à la fois poétiques et librement engagés et dont il est le chanteur, avec Lionel Fouchet à la guitare, Grégoire Butraeye au violon et à la 2ème voix, Eddie Claudel à la batterie et Morgan Michaud à la basse.

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Nous entrons dans son univers par « 100 Bêtes de Foire » qui ouvre son second album « (Remuer) Ciel et Terre », qui fait suite à « Un Chien De Ma Chienne », Cirque fantastique et horrifique, avec « la femme en sucre, qui ne peut s’empêcher de s’auto dévorer », avec un côté Freaks, mais qui ressemble aussi à notre monde, où l’on trouve « des politiciens, les derniers de leur race ». Et tout de suite, c’est sa puissance vocale à la Bertrand Cantat (c’est lui d’ailleurs qui me fit découvrir « Aux sombres héros de l’amer ») qui surprend, par rapport à sa voix un peu baba cool/guitare sèche d’il y a quelques années. Le cheveu, qu’il portait long, est plus court, mais sa formation théâtrale lui a donné une énergie et une ubiquité scénique irrésistible sur ses chaussures à pointes montantes, il agrippe le micro comme un mât dans la tempête, court et saute de toutes parts, défie ses musiciens ou tambourinesur l'ampli. Quant à la musique, on retrouve le fan de Métallica (au rouleau compresseur duquel il ne me convertit jamais) et d’Angepour le côté Rock poétique psychédélique, que nous vîmes ensemble le Jour Des Anges au Café Des Anges en 1990.

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Il poursuit avec « Le Ciel se couvre mais on s’en fout », plus dans sa première manière entre Musette et Rock’N’Roll, à propos du le réchauffement climatique sur une valse trash façon « Vie De Chien » des Négresses Vertes à la guitare sinueuse et avec un violon Folk à la Malicorne (autre découverte que je lui dois, dont nous essayions, en vain, de reproduire le bourdon vocal).

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La chanson suivante est un Reggae Trash au texte en forme de supplique Moyenâgeuse priant Dieu et Jésus ironiquement (les murs de l’amphi tremblent encore de son « We Will Rock You » de Queen à un professeur d’Ancien Français!), entre Folk Moyenâgeux Malicornien (qui nous était plus utile comme support d’Ancien Français que les Chansons de Geste ) et énergie Rock. L’apport de Malicorne est d’avoir su reprendre de vieilles Chansons Moyanâgeuses avec des mélodies magnifiques, mais avec des arrangements Folk-Rock Psychédélique plus modernes, sans les dénaturer.

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De l’Ancien Français, il remonte au latin avec « Memento Morti », critique de toutes les Religions et idéologies meurtrières au nom de leurs morts dont « les crânes en charpie supplient qu’on les oublie » auxquels il oppose « La Vie coûte que coûte » (Quoique lui prétende « n’en déplaise aux experts de tous poils, cette chanson ne peut se chanter qu’en pensant à la cueillette des champignons »), de plus en Rock. Virage plus Rock avec « Entre Ciel et Terre » (presque le titre éponyme de l’album «(Remuer) Ciel et Terre », sur la guitare à la Métallica (plus dans les solos que dans la rythmique en fait) et le violon Folk, et Yan claquant la cymbale entre ciel et terre.

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Si « C’est un plaisir partagé », il ralentit tout de même le tempo avec « Chien Caillou Chien Fou », mélopée sur les résonances de la guitare et de la basse entre la soumission canine et le côté sauvage, loup qui demeure (« Tu peux compter sur ma mâchoire pour devenir le gardien de tes jours »), qui sur un guitare psychédélique évolue en gutturalités mongoles presque diphoniques, puis se fait de plus en plus Rock lorsqu’à la fin Yan « Lâche les chiens ». Le meilleur ami de l’homme est encore un loup apprivoisé, et certains même en font une arme...

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Suit après une intro de guitare à la Pink Floyd dans « Confortably Numb » extrait de «The Wall » (qu’il m’a fait découvrir, mes parents s’étant arrêtés à « Meddle » et « More ») suivi d’un violon qui en rappelle les cordes, « Avec Moi », qui part plus Rock avec un texte aux magnifiques métaphores poétiques visuelles («harponne quelques comètes allées/hâlées/Halley ») et sonores (« perpétuelles tours de Babel aux toits amourachés ») à la beauté apocalyptique et à l’esthétique fantastique un peu BD à la Bilal ou Caza («On s’est couché sur les adrets… A l’horizon le bord du monde s’est mis à rougeoyer »). Avec quelques autres, comme « Vaches Sans Terre » sur l’exode rural, ce titre montre à la fois l’attachement à un terroir les deux pieds bien ancrés dans le sol et l’envol de l’imaginaire fantastique qui se cache au fond des forêts, qui ont toujours fait partie de l’univers de Yan Sipptrott avant Yan Caillasse.

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On part ensuite pour les tempêtes marines des « 40èmes Hurlants » sur un tempo d'enfer, hantés de sirènes pirates, corsaires, très Rock Celtique à la Louise Attaque dont la violence des vagues frise le Rock avec violence façon Noir Désir.

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Autre requin, mais de bureau celui-ci, mais qui n’en est pas moins vorace pour nous « tondre le dollar sur le dos », le fonctionnaire des Impôts « Ernest La Peste » qui rime avec « funeste », avec un côté du comédien Yan baladin ironique ménageant violence rentrée et douceur critique, un peu à la manière de Léo Ferré dans « Monsieur William » (Yan Caillasse a également dépoussiéré façon Zoo son «Merde à Vauban » sur un texte de Pierre Seghers), et un bon solo de batterie sur le violon.

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Plus violent et Rock, « Os Contre Béton » (enregistré avec Kemar des « No None Is Innocent » pour son débit rapide presque Hip-Hop, ou Hip-Rock, dont l’ingénieur du son Mazarin a enregistré les deux albums de Yan Caillasse.

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A cette soirée Amnesty International, ce texte prend tout son sens : « On ligote mes frères sur du poison, Os Contre Béton », avec un solo de guitare, citant les montées de l’intro de« Welcome To The Jungle » de Guns’N’Roses (Slash fut quand même un des meilleurs suiveurs de Jimi Page après Led Zeppelin), puis une accalmie, le creux de la vague (« Pour ta peine et pour longtemps, laisse-la planter ses dents ») avant la reprise de plus belle jusqu’au final.

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Après la violence de la bataille, Yan s’abandonne à une autre mélopée apocalyptique avec cette prière au « Dieu des cendres » (assez proche finalement du bourdon Malicornien) rythmée par une basse funky et des riffs rageurs, qui parle de la dérive sécuritaire où « Alice au pays des alarmes se balade la fleur au fusil », avec sa comptine détournée (« Prête-moi ta cage pour y faire un nid») de plus en plus violente de la « rage des vivants » qui ont perdu leurs illusions et leurs rêves . Il n’y a pas de renoncement, « J’entretiens mes charbons ardents jusqu’à ce qu’une solide main de fer nous impose une muselière », tandis que violon et guitare finissent dans les aigus. Cet album est plus sombre que le précédent, mais le monde l’est devenu aussi, et la rage soutient l’éveil de la conscience. Et Hubert Félix Thiéfaine et son "Chant Du Fou" fait aussi partie des références musicales que je lui dois.

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Autre critique prophétique de la dérive sécuritaire, « Welcome in Youpiland » (là encore du pur Yan), écrite avant l’élection présidentielle «de la chair à l’audimat pour faire de l’œil à l’Extrême Droite », avec son humour acide à la Reiser et Charlie Hebdo (« Trop de couleurs dans nos avenues, mais faut bien Germaine, qu’on nettoie les rues »). Le pire c’est que cette fois-ci « On l’a voulu ».

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Le concert se termine avec la Communion avec le public « Du Feu », d’abord Reggae comique, puis plus rock au refrain sur le pizzicato du violon : « Nous c’qu’on veut, c’est du FEU », des feux de St-Jean même en hiver, des feux de bengale tous les soirs!

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Yan Caillasse a trouvé sa Poésie Rock. Finalement Jim Morrison n’est jamais arrivé à rendre la sienne aussi universelle.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 21 octobre 2009

La Minor, Yom et le Koçani Orkestar terminent les Nuits Européennes par une grande soirée festive à Schiltigheim

Pour cette dernière soirée des Nuits Européennes 2009, on put entendre, lors d’une grande soirée festive, le groupe Russe de St Petersrbourg La Minor le « Nouveau Roi de la clarinette Klezmer » Yom, et la fanfare Macédonienne le Koçani Orkestar.

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La Minor est un groupe de Chansons des Rue, Cabaret et Chanson de Rues Jazy de St-Petersbourg, ville de Russie avec laquelle « Les Nuits Européennes ont tissé au fil des années un partenariat privilégié, y envoyant se produire le groupe Strasbourgeois signé par le label Tzadik de John Zorn Zakarya avant le festival et amenant La Minor à Strasbourg.

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Le chanteur Slava Shalygin a tout le charisme russe, entre mélancolie slave et invitation festive digne des boyards. Le saxophoniste Igor Boystov le suit tant pour vous fendre l’âme par une ballade que pour vous faire danser Jazz sur un standard New Orleans Russisé, ou partir en ska à la Madness, tandis que Sanja Ezhov à l’accordéon chromatique biélorusse (appelé bayan) est le garant du désespoir des marins russes, alors que Vassily Telegin offre un soutien solide à la contrebasse, que Voya Uspensky (guitare et banjo) ajoute une touche de jazz manouche façon balalaïka et et que Zhejna Bobrov à la batterie est à l’aise tant en rythmique qu’en solos.

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Comparé à Billy’s Band, invité pétersbourgeois des deux précédents festivals, imitateurs de Tom Waits à la Russe, je dirais que La Minor se rapproche plus de l’idée qu’on peut se faire à la base d’un groupe de cabaret Russe dans nos fantasmes. La touche qui sort de la seule Russie avec des velléités de passage à l’Ouest chez eux serait plutôt la furie du Jazz à l’ancienne qui les emporte de St Petersbourg à New Orleans, York ou Kingston via Chicago … Une bonne mise en bouche, festive et alléchante pour la suite…

En deuxième partie, on pouvait entendre Yom, qui s’est autoproclamé « Le Nouveau Roi De La Clarinette Klezmer », en hommage au premier Roi de la Clarinette Klezmer, NaftuleBrandwein (1889-1963), né en Ukraine, il en gardait des influences Grecques, Turques et Tziganes, et devint aux Etats –Unis la première star de la musique klezmer au temps du 78 tours. L’homme se produisait dans les années 20s avec autour du cou des néons rouges rappelant son nom, et jouait parfois pour le syndicat du Crime!

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Mais en ces temps d’ersatz et de contrefaçons musicales si souvent décevants une fois ouvert l’emballage prometteur, son titre n’est pas usurpé, d’abord parce que l’album de Yom «New King Of Klezmer Clarinet » joue, à une composition personnelle près, celles de Brandwein, ensuite parce qu’il les joue dans le respect de leur style original tant au disque que sur scène, accompagné d’une formation de jeunes musiciens équivalente avec Denis Cuniot (piano), plutôt classique ou jazz, et les frères Giffart, Alexandre au tapan (grosse caisse de fanfare balkanique) surpuissant et fidèle au style Balkanique, citant « Mesecina » de Goran Bregoviç et Benoît au tuba et trombone hurlant dans les aigus, dans l’énergie mais toujours dans la musicalité. Pour la mégalomanie du personnage, il se montre sur le disque sur un trône habillé de rouge, couronne sur la tête et lunettes de soleil, brandissant sa clarinette et sceptre sur les genoux, mais se produit vêtu d’une tunique noire à l’ancienne.

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Mais le JEU, lui ne trompe pas, Yom n’a pas volé sa couronne, et ne l’a pas obtenue par filiation lointaine, si respectueuse fût-elle, mais la défend bec et ongle sur scène. C’est bien le plus grand clarinettiste Klezmer que j’aie jamais vu jouer, des aigus perçants aux descentes vertigineuses, des notes tenues sur la longueur jusqu’au cri strident, ultime, mais toujours musical aux arrêts brusques ménageant la surprise.

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Il se montra plus sensible dans un duo mélancolique avec le pianiste, proche à un autre moment du Louis Sclavis de « Clarinettes » dans les basses d’un de ses solos puis repartit sur des rythmes plus fous encore.

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Certes David Krakauer, à sa place l’année passée, a modernisé le klezmer par l’énergie du rock et les interventions de Socalled le langage du Hip Hop, mais il n’a plus cette fougue conquérante, ayant déjà fait ses preuves, et rien ne vaudra jamais l’émotion d’un retour aux sources, aux origines de ces musiques par ces jeunes musiciens vraiment fidèles à son esprit, et l’émotion de voir le public aussi jeune qu’eux réagir à cette musique comme à un mariage juif universel, dansant, tournoyant, sautant en l’air, se prenant dans les bras, et l’ami Laurent Danzo en la plaza poussant son cri de mégaphone amplifié de ces mains comme une corne de brume….

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Bref, Yom et son groupe montrèrent que l’on pouvait allier respect de la tradition et du répertoire, folie du jeu avec un impact public maximum. Et ça rassure!

Enfin, la fin de soirée fut assurée par le Koçani Orkestar, fanfare Macédonenne de Koçani (), et la première à avoir rencontré le succès international grâce au « Temps Des Gitans » d’Emir Kusturica en 1997 avec « Kustino Oro », puis sortit « L’Orient Est Rouge », produit par le même producteur que le Taraf Des Haïdouks () Stéphane Karo et Michel Winter.

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Mais en 1999, le trompettiste leader Naat Veliov (http://www.youtube.com/watch?v=kvNc4xoQzW8 ) vendit leur nouvel album « Gipsy Mambo » au label turc Dunya sans consulter les autres, d’où la rupture car ils refusent de jouer avec une boîte à rythme.

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La scission des plus jeunes du Koçani Orkestar a donc abouti, étonnement, à un retour au style traditionnel avec l’arrivée du chanteur Ajnur Azivov, auquel ses cheveux longs donnent l’air d’un Indien d’Amérique du Sud (certains « cueilleurs », aux temps préhistoriques, ancêtres des turco-mongols, passèrent le détroit de Behring et s’installèrent en Amérique, d’où parfois cette ressemblance frappante, et la structure très proche des yourtes et des tipis) et chante admirablement, tant dans le festif que dans l’émotion, avec des prolongements extraordinaires des notes dans ballades, qui évoluaient parfois vers une atmosphère plus rythmée, mais laissa aussi la fanfare s’exprimer sans lui.

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Outre les cuivres, les anches et le tapan, l’accordéoniste fit sortir des chants d’oiseaux jusqu’au bout des touches du clavier dans le parfait styles des banquets de mariages tzigane roumains.

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Après les titres de leur album « The Ravished Bride », ils interprétèrent quelques succès de Goran Bregoviç pour Emir Kusturica dans «le Temps Des Gitans » comme « Borino Oro » ou « Underground », comme « L’Alouette » Roumaine, morceau de bravoure des violonistes Tziganes, modernisé en thème de fanfare militaire sous le nom de « Kalaçnikov » entrecoupée d’éclats de voix à la gloire des Tziganes, et « Meseçina » et même « Hava Naguila ».

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Ils reprirent ensuite pour le Bis leur rôle de fanfare au sens le plus ambulatoire du terme, descendant de la scène au cœur du public en délire, puis finirent par l’entraîner hors de la salle, jusque dans le hall de la Salle des Fêtes de Schiltigheim, sur «Moliendo Café » du Vénézuélien Hugo Blanco passé dans la Salsa. Mais ils firent toujours des emprunts aux musiques non-tziganes ou Macédoniennes avec succès, et on se souvient de leur extraordinaire version du Nyabinghi Jamaïcain « Oh Carolina » de Count Ossie & The Mystic Revelation of Rastafari, futurs Skatalites après mais plus authentiquement que Shaggy

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Bref, une soirée festive et riche en talent et en surprises pour terminer ce festival.

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi 16 octobre 2009

Niels Peter Molvaer et Bumcello à la Salle Des Fêtes de Schiltigheim

Hier soir jeudi 15 octobre, Les Nuits Européennes invitait le trompettiste Norvègien Niels Peter Molvaer et le duo Tribal Groove Bumcello (Cyril Atef à la batterie et Vincent Segal au violoncelle électrique).

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Niels Petter Molvaerest, avec Erik Truffaz, l’autre grand trompettiste de la scène Jazz/Electro Européenne et depuis « Khmer », en 1997, continue sa carrière en évoluant avec différents musiciens sans perdre le fil de sa ligne musicale.

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Il était accompagné d’Audun Kleive à la batterie et à un intéressant solo de cymbale entre ses mains et d’Elvind Aarstedt à la guitare, tandis qu’un vidéaste diffusait des images de traits bleus coulant comme des stalactites se croisant, d’explosions blanches d’action painting à la Pollock sur la batterie puis des musiciens en hologrammes blancs ou verts d’eau sur fond noir.

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Comparé à Truffaz, Molvaer est davantage un chanteur qu’un joueur volcanique et intuitif, et chante d’ailleurs souvent sur scène dans le micro du pavillon de sa trompette retournée, mais aussi à travers sa trompette, s’exprime dans un style très vocalisé).

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Comme technologie annexe pour changer le son, il utilise un laptop au lieu d’effets sur l’instrument pour entourer sa musique de beats naturels et de boucles, crée un univers – écrin, un paysage ethnique presque pictural, des échos lointains où il prend place.



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La référence à Miles Davis est la plus évidente là encore, mais si Truffaz s’inspire du Miles électrique des effets de Bitches Brew et de l’Isle de Wight, Molvaer aurait plus repris le flambeau du Miles atmosphérique des ballades, de « Kind Of Blue », à la présence entêtante car se fondant dans l’espace, l’occupant entièrement, l’enveloppant de ses douceurs, ou le contaminant au point de ne plus pouvoir faire la différence entre les deux et du dernier Miles de « Doo Bop » finalement inchangé quant au son même dans un contexte Electro-Hip Hop..

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Mais on peut aussi penser pour la magie inexplicable de son lyrisme, au charme mystérieux d’un Chet Baker, mort en Hollande, plus près de chez lui que des Etats-Unis, à cette justesse de l’émotion au-delà de la volonté même de l’artiste, sublimant sa vie tourmentée, quelque chose aussi de ce qu’il appelait le « mellow of the sound » (le moelleux du son). Qui l’empêchait de faire nettoyer sa trompette pour ne pas le perdre.

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[Enfin, peut-être est-ce justement le contexte où sont nés et évoluent Truffaz et Molvaer qui les rend différents : Truffaz plus urbain, souvent presque violent, capable de pousser les aigus jusqu’au cri ou de faire de sa trompette presque une guitare électrique, Molvaer plus proche des grands espaces de sa Norvège natale, où l’on croit entendre craquer/ chanter les glaciers fondant au réchauffement climatique, les grands espaces s’étendant jusqu’à l’horizon sans fin. Truffaz serait plus militant, ayant décidé de lutter contre le monde insupportable avec les armes du Rock ou de l’Electro, Molvaer plus contemplatif, en contemplerait des beautés rêvées ou réelles, ou un monde apocalyptique encore désolé vierge, ou déjà déserté.||http://www.youtube.com/watch?v=fh7b3G4cl1U&feature=related]

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Pour reprendre une comparaison littéraire, Truffaz peint le monde tel qu’il EST, Molvaer le rêve tel qu’il DEVRAIT ÊTRE. (http://www.youtube.com/watch?v=RQYbHCLn7cE&feature=related ). On a besoin des deux, selon les moments, les instants ou les choix de nos vies.

En seconde partie, on pouvait entendre le duo Bumcello, composé de Vincent Segal (l’un des pionniers du violoncelle électrique avec son album « T Bone Garnerius », effets et samplers ) et Ciryl Atef (batterie, percussions, samplers), musiciens de M(‘atthieu Chedid).

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Ils viennent de sortir leur sixième album « Lychee Queen ».

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Ils inventent en direct un folklore urbain improvisé, "animal sophistiqué", où le violoncelle de Vincent Sègal, parfois baroque et boisé, peut aussi être utilisé comme une guitare électrique destroy aux effets Hendrixiens, est samplé, envoyé, ou stoppé, utilsé avec des effets de reverb ou de distorsion, fait la basse à cordes ou reprend son rôle d’instrument à cordes frottées, étendu jusqu’aux vièles orientales () ou à la morin khur mongole, à un cheveu de crinière de cheval, fil musical distendu, et joué jusqu’à ce qu’il casse voire sirène electronique à la Kraftwerk sur le Boléro de Ravel et Police..

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Cyril Atef a enregistré « Olympic Gramofon » avec Julien Lourau. Ses looks ethniques sont déjà une attraction, entre turban, coiffes africaines ou masque de kendo (là il était en pyjama africain et bonnet gnawa tournoyant, plutôt sobre), et il joue de la batterie, du bidon d’eau, des percussions (se mettant des clochettes sur les yeux pour ressembler à un hibou-robot et venir au devant de la scène) et sampleurs lui faisant une voix de ballon à l’hélium, lance aux public des imprécations/incantations invitant à la danse et à la libération des corps, se fait chanteur Funk Soul, marquant les temps baragouinant son groove dans « Bakin’ in The Sun », vocaux hip-hop ou chant arabisant pour « Dalila », voire africanisant.

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En Bis, Vincent Segal, qui a une autite qui le rend « sourd comme Keith Richards ou Beethoven", parle des Rolling Stones à Hyde Park et cite «Simpathy For The Devil ».

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C’était le dernier Concert de Bumcello avant plusieurs mois, chacun partant vers ses propres projets, Segal avec Bassèkou Kouyaté, Cyril Atef avec Congopunq (http://www.youtube.com/watch?v=gp8zN22vA4k), son nouveau projet, le 15 décembre au Cheval Blanc de Schiltigheim.

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Le Festival s’achève ce soir avec une grande soirée festive : La Minor (Cabaret Russe), Yom (Le Roi Du Klezmer) et le Koçani Orkestar, à la Salle Des Fêtes de Schiltigheim.

Ce soir également, le Soul Jazz Orchestra, groupe d’Afro-Beat Canadien, sera à la Salamandre à 21 h 30!

Jean Daniel BURKHARDT

Mélissa Laveaux et Aronas : Les Nuits Européennes au-delà des mers

« Les Nuits Européennes » nous emmenaient jeudi soir 14 octobre bien au-delà de l’Europe et des mers, en présentant à la Salle Du Cercle de Bischheim la chanteuse et guitariste de Blues Haïtienne vivant au Canada Mélissa Laveaux et le trio du pianiste Néo -Zélandais Aron Ottignon Aronas.

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Mélissa La veaux est une chanteuse de Blues Canadienne d’origine Haïtienne qui est devenue la sensation de la scène Folk Blues Parisienne du Trabendo.

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Elle est accompagnée de Mano, contrebassiste joliment fredonnant en seconde voix et du batteur et percussionniste Sébastien Lété.

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Elle a sorti après de nombreuses scènes son premier album « Camphor & Cooper » (le camphre et le cuivre, deux thérapeutiques avec parcimonie, dangereux à forte dose, qui ont le même charme insidieux que sa voix et sa musique, à consommer sans modération).

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Extraordinaire guitariste de Blues skiffle, elle se dit d’ailleurs « amoureuse de ses guitares » pour introduire la chanson « My Boat », qu’elle lui dédie, la comparant à un bateau dans lequel «elle rêve de long en large».

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Elle chante d’une voix sensuelle, parfois enfantine, puis profonde en anglais, français (magnifique « Chère Trahison » ou « Koudlo » «C’est un coup de pied dans le ventre, …obligée d’expirer les chagrins …Je te déchirerai la langue ») , : et Créole, semblant parfois mêler les deux dans des expressions à syntaxes anciennes entre insulaires et cajuns qui nous semblent savoureuses et poétiques (« C’est un où qu’on aille »), même si l’on en comprend qu’un mot de temps en temps, devinant le reste. C’est un peu l’exotisme Haïtien Et Canadien qu’on trouve réunis en elle, un Créole d’Outre-Mer sur la guitare Blues très authentique et parfois des rythmes un peu Bayou.

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Du folklore Créole, elle reprit une Berçeuse Créole Haïtienne trouvée sur un vinyle de Marianne Jean-Claude après l’avoir entendu au Canada dans l’émission enfantine « Passe-Partout », disant à un enfant que «s’il ne se couche pas, des crabes vont venir manger ses parents », et ajoute, ironique, « maintenant, y’a pire que les crabes en Haïti et pas qu’en Haïti ».

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Elle reprit aussi «Evil » (démoniaque) du répertoire sa première idole Eartha Kitt (décédée le 25 décembre 2008), composée comme une allégorie de la chanteuse sorte de Screamin’ Jay Hawkins au féminin (mais ça fait plus peur au féminin) à la voix acidulée et à la présence extraordinaire, qualifiée « La femme la plus excitante du monde » par Orson Welles qui en fit son Hélène de Troie

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En seconde partie, on pouvait entendre Aronas, quartet Anglais du pianiste Néo-Zélandais Aron Ottignon avec Nick Fyffe à la basse électrique carrément funky et deux noirs, Jerry Brown à la batterie, trio enrichi de Samuel Dubois aux percussions caribéennes (où se retrouvaient une batterie et quelques toms brésiliens, quelques rondins caraïbes frappés transversalement, (merci à Axelle pour ces précisions en cmmentaire) ET, ce qui est plus rare -je crois n’en avoir jamais vus en vrai-, deux steel-bands originaires de Trinidad, sculptés dans des fonds de bidons d’essence depuis 1945, faute d’instrument sur l’île pour fêter la victoire alliée), qui n’ont jamais joué musique si moderne, utilisé, pour le steel band, presque comme un fender rhodes pour donner plus d’harmonies.

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Ils ont déjà sorti « Culture Tunnels», leur premier album.

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Ils définissent leur musique comme du « Jazz+Punk+Dance ».

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Le Jazz, indubitablement, est la base du répertoire de leur musique: on reconnaîtra un peu des Gymnopédies de Satie, ou le début de « What I’d Say » de Ray Charles dans « Hot Tub », ralenti, décomposé, puis hystérique, partant rencontrer le Coltrane d’« A Love Supreme », sur la plage du carnaval steel band, et reste la base aussi de la technique pianistique d’Aron Ottignon, de ses montées - descentes époustouflantes stride d’ « Happy Song » mais du Jazz il semble n’avoir pris que les crêtes d’intensité et les moyens d’y parvenir, appliquées à d’autres musique.

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Le punk est surtout dans l’attitude iconoclaste, l’envie de bousculer le Jazz, le look (Aron Ottignon arrive en veste fluo rose et verte sur un t-shirt de femme nue), avec des lunettes de soleil aux montures camouflage léopard camouflage et porte une crête frisée sur son crâne rasé, le bassiste a les cheveux longs et une barbe et fêta son anniversaire sur scène avec un bouteille de Vodka Absolut, et ils boivent de la bière. Peut-être les punk rigolos quand ils dansent leur danse « Starfish » (comme un étoile de mer allongée sur le sol), le bassiste jouant même couché sur le dos, invitant le public à faire de même!

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Et cette modernité est issue uniquement de leur jeu live, deleur mise en place et de leur énergie propre, SANS EFFET ELECTRONIQUE AUCUN, simplement chacun amène sa touche Jazz, Funk ou Trad à propos pour un bonne mise en place pour amener l’ensemble à une intensité rare dans le Jazz.

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Et quand le public se lève irrésistiblement pour danser devant la scène commence la troisième dimension « Dance» de leur musique, reprenant des chansons connues, mais utilisant juste une intro de trois notes de «Tainted Love » de Gloria Jones encore plus modernisé que par Soft Cell de l’inconscient collectif, réduit à un reiff et la répétant en remix live acoustique sur la basse disco funky jusqu’à la transe, si bien qu’à la fin on se croirait dans une discothèque intelligente quand ils font monter la jeunesse sur scène.

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Justement, il faudrait remplacer la techno inculte par des musiques de ce genre, vivantes, ancrées dans une tradition, remettant au goût du jour les traditions percussives qui ont fait danser le monde, mais modernes et intenses.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi 14 octobre 2009

Suite de la Saison de la turquie aux Nuits Européennes : Gevende et Ilhan Ersahin invitant Erik Truffaz au TNS

Pour cette seconde soirée de la Saison de la Turquie en France des le festival Les Nuits Européennes invitait le groupe Stambouliote Gevende et le saxophoniste Stambouliote, mais vivant à New York, Ilhan Ersahin invitait le grand trompettiste Suisse Erik Truffaz à ses « Istanbul Sessions », une exclusivité "Nuits Européennes 2009" qui n'a fait qu'une date à Paris et reprendra ses concerts en 2010.

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Gevende (http://www.myspace.com/gevende) est un jeune groupe rock-psyché-folk Turc formé d’Ahmet K. Bilgic (chant, guitare), d’ Omer Oztuyen (violon), d’Okan Kaya (basse électrique et chœurs), de Gokce Gurcay (batterie) et de Serkan Ciftci (trompette) et ont été influencés par leurs voyages en Inde, en Iran et au Népal.

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Le chanteur commence d’une voix très douce sur les percussions élastiques de la batterie, avec basse, violon et trompette presque sourds dans leurs échos en fond sonore. Soudain la basse se fait plus Jazz-Rock et l’archet du violon plus sonore en pizzicato, soutenant la spiritualité de ce chant spirituel et intime, et la trompette finit par jouer très doucement.

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Le guitariste actionne un sample ou une boîte à musique de l’hymne national Turc en introduction au second titre. Cette fois le chant plus rageur est scandé, rythmé sur la batterie par le chanteur avec des dons de comédien certain, où ses mains, ses poings, suivent les mots de son chant, même si on ne comprend pas les paroles. Soudain il sort de sa guitare un éclat de rire – déflagration, suivi par le violon. Le chant monte en intensité jusqu’au cri, suivi d’un bon solo de basse psyché sur les cymbales pendant cette déflagration rock de la guitare en écho, puis la soutenant, comme le solo de violon baroque sur la cymbale et enfin la trompette à la Truffaz, bleutée, ouatée, poétique, comme étouffée. Le violon termine sur la batterie martiale, et ils finissent tous de concert.

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Enfin quelques explications du chanteur, en anglais : «C’est notre 8ème ou 9éme fois France, la première fois dans un théâtre. Nous venons d’Istanbul, pas de Turquie, et ce que nous chantons n’est pas du Turc mais une langue improvisée par nos émotions ». Ils ont indubitablement les qualités d’inventivité individuelle et de jeu collectif de groupes Rock-Jazz comme Rocking-Chair, en plus traditionnel.

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Suit une belle valse par le violon aux trilles classiques et dramatiques sur la basse et trompette, puis un solo de la guitare partant d’un larsen aigu maîtrisé par le slide et évoluant en psyché 70ies sur la basse rock mais très musicale. La guitare se mêle à la basse en un cri de souffrance à l’unisson, une clameur rythmée, reprise au vol part la trompette dans un solo tragique s’incurvant de plus en plus vers le cri. La basse donne une mélodie aux frottements dramatiques du violon sur la cymbale musicale, la guitare arrête le tout brusquement d’un break, et la batterie reprend en dub. La guitare reprend en grattant les cordes, puis le violon et la trompette assourdissent la fin en silence. Sur ce morceau-là, il y avait vraiment une progression dramatique très forte.

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La chanson suivante, « Nayu », utilisée dans un dessin animé de Denizcan Yuzgul et Burcu Urgut offre un bon exemple de cette langue imaginaire improvisée sur une superbe partition. On dirait de l’indien, mais avec une technique gutturale turque. Peut-être le fantasme, l’idée qu’on pourrait se faire de l’indien sans le connaître ni le comprendre, une idée de l’Inde, une impression, une émotion, un rêve d’Inde. La voix s’envole, puis chute, dans le nœud mélodique formé par la violon et la trompette, puis s’assourdit jusqu’au silence. Mais peut-on vraiment improviser ainsi une langue inconnue, oublier les langues sues et connues et leur sens pour leur substituer un autre sens d’émotion mélodique pure, et serait-elle, alors, universellement émouvante?

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Finalement, ils ne sont pas complètement hors du monde, dans une « Music From Neverland » (titre de leur album : »Musique du Pays où l’on n’arrive Jamais», d’un pays Imaginaire de Peter Pan et Michael Jackson), puisqu’ils reprennent AUSSI un thème traditionnel Pakistanais, où ils ont voyagé comme en Inde, en Iran, au Népal, sur une tournée de 12 000 kms.

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Ce thème rappelle en effet un thème de rèbab du Kashmir Pakistanais, puis la guitare et la basse partent en Rock, la batterie en drum’n’bass, et les belles harmonies vocales (le violoniste chantant dans le micro de son violon) rejoignent celles de Nusrat Fateh Ali Khan et ses frères.

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Leurs voyages leur ont donné ces rythmes entêtants aux temps innombrables à la Steve Coleman, , que lui est allé chercher dans la numérologie Egyptienne mais qui évoquent aussi les mégalopoles urbaines quand on ajoute comme le chanteur un scat Hip Hop aux breaks violents de la batterie drum’n’bass.

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Evidemment Gevende est un groupe de Rock aux inspiré par les musiques traditionnelles plus qu’un groupe de Jazz, et ils ajoutent donc la destruction sonore iconoclaste, lorsque le guitariste pose sa guitare au sol pour obtenir des craquements, des grincements de larsens distordus de cette cithare sur sol destroy, tandis que la trompette s’envole, puis souffle dans ses pistons pour trouver un sifflement, des effets inouïs, sur une basse groovy à la Primus, puis dramatique soutenant le violon et la batterie drum’n’bass. Le rapport au sol, à la poussière, à la terre à travers la scène est peut-être leur forme de destruction Hendrixienne traditionnelle.

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Enfin le chanteur chante, clame et déclame leur dernier titre, proche des langues Pakistanaises et très énergique, « Celik Comak », où se retrouvent leurs influences World et leur traitement Rock psyché, sur lequel il présente les musiciens, mais ne joueront pas la reprise finale de percussion Pakistanaise de la version album (peut-être éxécutée par une rencontre ou un invité).

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Ils revinrent en Bis, remerciant comme on s’en va, pour un dernier titre indianisant et Folk 70ies (http://www.youtube.com/watch?v=PUxK5XjVvXg&feature=related ). Un groupe à suivre, indubitablement, qui a déjà un univers et un langage fascinant, quelqu'il soit.

En seconde partie, on pouvait entendre le saxophoniste Ilhan Ersahin, né en Suède de père Turc, mais qui vit à New York où il a un Club, qui invitait le trompettiste Suisse Erik Truffaz pour ses « Istanbul Sessions » (disque en pressage à Istanbul) mais qu’ils ont joué ensemble à New York, Istanbul et Izmir, avec des musiciens Turcs : Alp Ersönmez (basse), Turgut Alp Bekoglu (batterie) et Izzet Kizil (percussions), qui ne sont, eux, jamais allés aux Etats-Unis « parce que la Turquie doit d’abord se conduire en bon pays Européen », ironise Ersahin à propos de son entrée éventuelle dans l’Union.

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C’est sûr qu’ils feraient un tabac aux Etats Unis : le bassiste est surpuissant d’obstination rythmique dans ses réitérations des mêmes accords, tant dans le Rock que dans le groove et tout en musicalité, le batteur carrément Rock (plus encore que Gevende) et le percussionniste joue à la fois d’une conga et de percussion turques (darbouka, dhol sur trépied et à la main et clochettes : des sidemen de rêve, mais qui n’obtiennent pas de visa pour le Nouveau Monde.

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Sur ce répertoire encore inédit inspiré par la ville d’Istanbul, ses anecdotes, ses chats, ses problèmes aussi (le manque de Liberté en Europe est abordé dans « Freedom ») ou ses légendes, chacun donna le meilleur de lui-même.

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Ilhan Ersahin, que je ne connaissais pas, a la lisibilité cosmopolite d’un Wayne Shorter, parfois la puissance sonore d’un Akosh S sans ses dissonances et le groove d’un Ellery Eskellyn quand ce dernier veut bien jouer collectif, grâce à une colonne d’air imperturbable, mais est beaucoup plus égal que lui, toujours passionnant tant dans l’oriental que dans le Rock ou dans le Groove.

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Pour ce qui est de Truffaz, on connaît son parcours et son talent, mais je ne l’avais jamais vu jouer d’aussi près, ce qui ne m’a pas fait davantage comprendre les arcanes et les mystères de son utilisation des effets (samplers, wah-wah, distorsions et réverb) qui donnent à sa trompette des sonorités inouïes, comme s’il en prolongeait le souffle de l’unique tuyau à pistons en un orgue imaginaire grâce à eux. Si Médéric Collignon est le meilleur héritier de Miles Davis en France pour le jeu pur, et le dépasse par sa propre folie vocale et instrumentale, Erik Truffaz est, après avoir montré son talent pour les ballades soulfull avec Nyah qui amenèrent au jazz un public plus large, le plus bel héritier des effets du Miles électrique de Bitches Brew, et là aussi le surpasse par des effets plus contemporains, et la technologie a évolué, depuis qu’il a pris un virage Rock avec « The Walk Of The Giant Turtle », et s’ouvre maintenant à des projets World entre Paris avec Sly Johnson, Bénarès avec Talvin Singh, Mexico avec Murcoff et Istanbul avec Ersahin. Il est peut-être celui qui sait le mieux, au sein d’une même phrase, passer de la douceur miel à nos oreilles au cri ultime, organique ou électroniquement modifié.

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Porté par cette rythmique imparable, leurs échanges furent très complices dignes de ceux de Miles et Coltrane, Miles et Wayne Shorter, se suivant à la note, au souffle, à l’effet près dans leurs échanges, et la cohésion du groupe indubitable et bluffante.

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A Strasbourg, le Festival se poursuit avec ce Mercredi 14 octobre à 20 h 30 à la Salle Du Cercle de Bischeim la guitariste et chanteuse de Blues Haïtienne Mélissa Laveaux et le phénomène du « Jazz-Punk » Néozélandais, le trio Aronas d’Aron Ottignon!

Jean Daniel BURKHARDT

mardi 13 octobre 2009

Les Nuits Européennes amènent Istanbul à Offenburg

Le Festival Les Nuits Européennes est l’un des rares festivals Strasbourgeois à relayer cette année La Saison de la Turquie en France, avec le Festival Strasbourg Méditerranée qui se tiendra du 21 novembre au 5 décembre.

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Pour cette deuxième soirée à La Reithalle d’Offenburg, c’est la scène Stambouliote qu’il y invite, avec tout d’abord le groupe de musique musique soufie/ electro / vidéo « Istanbul Calling » puis le grand darboukiste et chanteur Burhan Öçal et son Ensemble Oriental d’Istanbul, jouant de façon plus traditionnelle le répertoire savant, populaire et Tzigane Turc avec des Tziganes Turcs. Le public Turc, allemand et français par l’ASSTTU s’est déplacé et cette belle jeunesse turque bouillonnante ajoutera ses danses et sa joie de vivre au spectacle de la scène.

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Istanbul Calling est une formation du producteur Oguz Kaplangi (synthétiseur et sampler), ex membre du collectif Zi Punt avec Huseyin Bitmez (oud et chant ghazel), Ayyup Hamis (ney, duduk, zurna), Amdi Akatay (darbouka et bendir) et Efe Isildaksoy (vidéo), qui a sorti son deuxième album en 2007 sur le label « Elec-Trip Series ».

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Dès «Her Daim » de l’oudiste et chanteur Hüseyin Bitmez, où le ney (flûte de bois turque utilisée dans la musique soufie) plane sur des percussions orientale est des basses beats du DJ, puis un dub oriental hypnotique à la Transglobal Underground, auxquels se mêlent bientôt la voix orientale émouvante et les cordes du compositeur sur le bonnes guitares rock groovy du DJ. On entend que, par des compositions respectueuses de l’improvisation collective et une mise en place sonore aux interventions bien réglées, musiciens Live et DJ cohabitent avec bonheur dans cet univers musical unique mais évoquant fortement la scène des clubs Stambouliotes des clubs (l’une des villes les plus actives musicalement), avec le même charme Cinétique universel que le Cinematic Orchestra, et l’exotisme de l’Orient en plus.

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Les vidéos ajoutent au tableau des vues magnifiques d’Istanbul, aux couleurs modifiées par des effets visuels fascinants où l’on retrouve toutes les images qu’on rapporte à cette ville : une danseuse du ventre vert lapis-lazuli, le pont sur le détroit du Bosphore entre Orient et Occident, qui traverse Istanbul entre Ortaköy (sur la partie européenne) plus urbaine où se concentre l’activité économique et Beylerbeyi, plus naturelle (sur la partie asiatique) parcouru par les ferry très appréciés par les habitants (dont certains vivent sur la rive Asiatique pour la qualité de vie et travaillent sur la rive occidentale), la Cathédrale Ste Sophie, devenue un Temple à la Sagesse après avoir été disputée par Chrétiens et Musulmans pendant longtemps, des autoroutes nocturnes aux voitures lumineuses, et des vues se mêlant en papillons, et finit dans les étoiles et sous la mer, accompagnant magnifiquement la musique.

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Sur « Tansu Kaner » (Sleepless Constantinople : Constantinople qui ne dort jamais), le DJ rajouta la magnifique voix de la chanteuse Ceren (comme l’héroïne de la Légende des Mille Taureaux de Yachar Kemal) Bektaç (comme le soufi Haçi Bektash Veli , fondateur des Janissaires et disciple de Rûmi, fondateur des derviches tourneurs). Il rendit aussi hommage au quartier musical d’Istanbul Beyoglu. Sur un autre titre, le flûtiste et parfois chanteur Eyup Hamis utilisa, après le ney et le kawal (flûte plus petite) le zurna, sorte de petite clarinette turque, qui souvent précède les manifestations publiques, avec un intensité Jazz et presque Rock dans le son perçant.

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Enfin, le percussionniste Hamdi Akatay termina à la percussion dhol arménien (gros tambour joué à mains nues ou avec des mailloches dans les manifestations ou par les janissaires partant au combat), sur un rythme qui, de Constantinople, inspira la musique Irlandaise.

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De jeunes Turcs et Turques dansèrent en ligne en se tenant par le petit doigt comme aux mariages et autres manifestations, ajoutant leur authenticité spontanée au concert.

En seconde partie, on pouvait entendre le percussionniste Turc mythique Burhan Öçal à la darbouka et l’Ensemble Oriental d’Istanbul, composé de Tziganes comme Ahmet Demikiran au cubus (sorte de banjo tzigane turc)., Vesar Akirlar (clarinette), Umit Adakale (seconde darbouka), le turc Mehmet Celiksu au kanun (cithare orientale habituellement sur table, jouée ici sur les genoux et sans plectres avec les doigts) et le grec Ismail Papis au violon, dans un répertoire Tzigane, Classique Ottoman et populaire Anatolien.

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Je me souviens d’avoir vu Burhan Öçal en solo à la darbouka au milieu des années 90s au Cinéma l’Odysée de Strasbourg.

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La prestation était dans l’esprit de son album « Grand Bazaar » et de celui déjà présenté devant Paris Hilton qui dansa à sa musique.

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Le temps qu’Ahmet Demikiran accorde le jack de son instrument, à la demande du public, Burhan Öçal fit entendre un duo de darbuka improvisé avec son percussionniste Umit Akadale.

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A la darbouka, il utilise toutes les ressources de l’instrument, avec un micro est placé à l’arrière pour rendre les effets intérieurs sur la caisse de résonance, tandis que l’autre main assure les percussions digitales, joue d’ailleurs aussi bien de cette manière transversale sur le genoux qu’à plat entre ses cuisses.

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Il commencèrent la première suite par le tango Egyptien «Ya Habibi Ta’ala » de la diva arabe Asmahan, récemment repris par le Kronos Quartet dans son dernier album, puis bifurquèrent vers la musique classique Ottomane de cour (qui utilisait plutôt l’oud et les percussions, peu la clarinette ou le violon), mais ravivée par cet instrumentarium plus Tzigane qu’Ottoman, où Burhan Öçal se révéla aussi un extraordinaire chanteur dans le style de Cinuçen Tanrikurir dans ses concerts de Fasil à la voix profonde et rallongeant les voyelles sur les rythmes arabes et turcs sur de longues suites où les titres se suivent sans pause, comme à la cour d’Istanbul ou encore dans la musique Tadjike, puis change de rythme comme une cavalerie bifurque en plein désert vers d’autres thèmes, tout en restant dans le même thème. On entend, même sans connaître ce répertoire, combien la musique arabe, turque et tzigane se mêlent sous les doigts de ces musiciens émérites.

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Les solos de clarinette entre tzigane, Jazz et klezmer, puis de violon dans les aigus, et Mehmet Celiksu au kanun, plutôt discret en rythmique, fut surprenant de finesse dans son solo, proche d’une harpe celtique à la Alan Stivell.

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Enfin, après ce répertoire classique mêlé de rythmes populaires, il termina par une surprise en terminant son set au tanbur (sorte de guitare turque effilée, instrument des baladins et des montagnes) et au chant par des Chants d’Amour et de Sagesse d’Anatolie, mêlées de danses populaires de cette région montagneuse et sauvage..

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Je n’avais pas vu la jeunesse turque danser, mais elle était plus nombreuse à le faire, de l’autre côté de la scène.

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Le Festival se poursuit ce soir 13 octobre 2009 à 20 h avec une autre soirée Turque : Ilhan Ersahin, saxophoniste porte-drapeau de la Saison de la Turquie en France invitera le trompettiste Erik Truffaz dans un projet Oriental Electro Jazz, puis Gevende, un jeune groupe Turc aux influences voyageuses de l’Inde au Népal et à l’Iran dans un esprit folk-rock psychédélique.

Jean Daniel BURKHARDT

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